PARTIE INTRA-CÉRÉBRALE DE LA VOIE OPTIQUE
Dans cette partie se rangent les centres ganglionnaires, les centres cni ticau.x et les faisceau.K médullaires ou radiations o[)li(|ues qui relient les centres ganglionnaires à ceu.x de l'écorce.
Centres ganglionnaires. — Les centres gangUonnaires ou primaires, interposes sur le trajet des libres entre la rétine et l'écorce cérébrale, reçoivent la terminaison des libres oplicjues.
Toutefois il est probable i|u'un certain nombre de fibres se prolongent sans interruption ius({u'au cerveau ; du moins la métbode des aliopbics M-l-elle révélé à Gudden l'existence d'iDi faisceau coriival liirccl, coinpi-ena n I d(^s libres croisées et non croisées. Si ce fait se vérifie cbez l'homme, il y aura lieu de distinguer dans les voies opli([nes des fibres longues ou directes allant d'un seul trait de l'œil au cerveau, el des fibres courtes ou indirecles interrompues par un relai dans les centres ganglionnaires.
FiCs fibres courtes, les mieux connues et de beaucoup les [)lus nombreuses, se IcrminiMil dans trois ganglinn^ (pii se répartissent en deux calégoi-ies, d'une part, le tubercule quadrijumciu antérieur, d'autre part le corps genouillé e.xterne et le pulvinar de la couche optique. (îall avait déjà remarqué (jue ces trois organes s'atrophient après la perte des yeux, et Gudden a mis le fait hors de
doute par Tablation de l'œil chez les jeunes animaux. Edinger de son côté nous a appris que l'importance des tubercules quadrijumaux est en sens inverse de celle du corps genouillé externe et du pulvinar. Chez les vertébrés inférieurs, les tubercules quadrijumeaux reçoivent ou émettent la presque totalité des fibres; ils sont tout à la fois le centre réflexe et le centre cortical. Chez les vertébrés supérieurs, à mesure que se forme le centre cortical par accroissement du lobe occipital, on voit grandir et prédominer le corps genouillé et le pulvinar. L'homme enfin, dont la sphère visuelle corticale est considérable, se faii remarquer par l'importance de sa couche optique et de son ganglion genouillé, comme aussi par la petitesse, l'état presque atrophique de ses trijumeaux antérieurs, relégués au rang de simples centres réflexes.
Tubercules quadrijumeaux antérieurs. — Rétrogradé chez l'homme, ne tirant de la bandelette optique qu'un nombre très restreint de fibres, le tubercule antérieur est un centre elTacé, qui se trouve bien encore sur la grande voie cérébrale, mais ne communique plus qu'en sens descendant avec l'écorcede l'hémisphère; il en reçoit des fibres et ne lui en envoie pas. Les fibres rétiniennes arrivent à sa surface, dans son stratum zonale et se terminent par de riches arborisations. Celles-ci entrent en contact avec les grandes cellules ganglionnaires des couches grises moyennes et profondes dont le cylindre-axe est constamment descendant; ce prolongement nerveux descend le long du pédoncule, de la protubérance et du bulbe, en suivant le chemin du faisceau longitudinal postérieur, et par ses collatérales communique avec tous les noyaux moteurs des nerfs crâniens, surtout avec ceux des muscles de l'œil, le moteur oc. commun, le ])athétique, le moteur externe. C'est donc là la voie re/îexe, par laquelle les impressions optiques actionnent les grandes cellules du tubercule quadrijumeau, lesquelles à leur tour provoquent dans la pupille, dans l'accommodation, dans les muscles extrinsèques de l'œil les mouvements nécessaires à la vision. Le faisceau longitudinal jjostérieurse prolongeant jusque dans la moelle, des mouvements de rotation de la tête (nerf spinal) et du tronc peuvent s'associer à ceux des yeux.
Ce n'est pas seulement avec la terminaison des fibres rétiniennes que les cellules ganglionnaires entrent en relation par leur vaste branchage protoplasmique, c'est aussi avec les arborisations de fibres cérébrales venues de l'écorce et de fibres sensitives du ruban de Reil qui arrivent de la moelle. De là des combinaisons multiples de mouvements automatiques ou volontaires.
Il faut ajouter que les tubercules quadrijumeaux antérieurs ne sont pas affectés uniquement au sens de la vue; ils reçoivent encore des fibres acoustiques de la voie centrale, et constiluent un centre réflexe double de la vision et de l'audition, pouvant fonctionner dans un seul sens ou dans les deux à la fois.
Corps genouillé externe et Pulvinar. — Le corps genouillé externe est ce ganglion en forme de cœur, qui est accolé à l'extrémité externe du pulvinar. On voit sur la coupe qu'il est comme enveloppé d'une capsule médullaire, stratum zonale, et qu'il est strié d'étroites raies blanches qui paraissent roulées surelles-mêmes et sont dirigées dans le sens de la bandelette optique. Entre ces raies sont de larges bandes grises qui renferment des cellules fusiformes ou
STRUCTURE DU TRONC CEREBRAL
étoilées, de inoyciiiie grosseur, de 30 à 40 p, un [wm plus grosses (|ue celles de la couche optique. La capsule extérieure est constituée par les fibres do la bandelette qui passent les unes en dessous, les autres en dessus ilu ganglion, en l'enchâssant dans leur df)uble nappe, et vont aborder la coucluMipI i(|Me. Les stries ou lames lilanches centrales sont les fibres de la bandelcl le (|ui se lerniinent dans le corps genouillé lui-uième.
iMonakow a distingué dans le corps genouillé externe un iKivau dorsal, un noyau ventral, et un latéro- ventral : les deux j)reniiers sont eux-uiènies divisés en deux groupes. Chacun de ces noyaux serait en rapport avec une partie dé- / finie de la sphère visuelle à l'aide de fibres corticales; c'est la partie postérieure du noyau dorsal ([ui recevrait les fibres rétiniennes.
On sait aujourd'hui que soit dans le cor[)sgenouillé externe, soit dans le jnilvinar, le tubercule quadrij. antérieur ou les lobes opti(jues des oiseaux qui rem|)lacent ces organes, les fibres rétiniennes se terminent |)ar de larges arborisations qui s'entrelacent avec les panaches prolo])lasmif|ues des cellules ganglionnaires. Ce sont donc bien là des noyaux terminaux pour les libres de la rétine. Ouantaux cylindre-axes des cellules du corps genouillé et du piilvinar, au lieu de descendre vers la moelle, comme ceuxdes tubercules quadrijumeaux, ils montentvers le cerveau, vers l'écorce occi|)itale où est Unir terminaison ; ils sont la deuxième section des voies optif[ues.
Outre ces fibres centripètes des centres ganglionnaires, Moiiakow avait soupçonné de par les dégénérescences l'existence de fibres ceïitrifugrf; allant du cerveau à la rétine. Cajal et v. Gehuchten ont reconnu qu'en elîet les cylindreaxes d'un certain nombre de cellules des centres (irimaires des mammifères ou des lobes o[)tiques des oiseaux passaient dans la bandelette o|Ui([ue, et qu'on retrouvait leur terminaison libre dans la rétine de tous les vertébrés au niveau de lacouchedes spongioblastes. L'action de ces fibres cérébrales centrifuges sur les éléments rétiniens est inconnue.
Le pnlvina)' ou tubercule postérieur de la couche optiijuc est celle saillie de la base du thalamus qui proémine par dessus les deux corps genouillés. Mal limité, variable dans sa formeet ses dimensions, tantôt régulièrement arrondi, tantôt conique à sommet mousse et à base antérieure, le pulvinar fait défaut ou reste rudimenlaire chez la plupart des animaux; il ne se dessine b:(Mi rpie chez les |)rimates et atteint chez l'homme sou plein dév(>lop])emenl. La cou[)e horizontale montre (|u"il a|i|)artient au novau ex(ernnd(> la loiiclie op[i(|He dont il est l'exti'émité posiérieure renllée. Les libres ipi'il rccoil de la racine inlerne de la bandel('tt(> opli(|ue lui arrivent par deux chemins, idininc nous I "avons dit |)lus haut : un faisceau supeiTiciel, |)assant par-dessus le coi'ps geiiduillé exleriu^, s'étale sur le pulv inai' (^t s'avance jusqu'au liers ninven de la face supérieure lil)re de la couche optique, dont il forme eu parlie le siralum zonale ; un faisceau profond se dirige par dessous le corps genouillé et s'enfonce dans le pulvinar dont iloccu|iela partie inférieui'c ou ventrale sousfonM(> d'une lame médullaire transversale.
La disposition des libres rétiniennes et des cellules iiei'\'eiises est la même dans la couche opti([ue que dans le corps genouillé externe.
Radiations optiques. — Les )\uUulions opliqucs sont les faisceauxde fibres
NÉVROLOGIE
qui relient les centres ganglionnaires à l'écorce cérébrale. Gratiolet , qui leur donna ce nom, avait reconnu en effet que les nerfs optiques ne s'arrêtent point définitivement dans leurs centres inférieurs, mais qu'ils envoient des expansions cérébrales aux centres supérieurs de l'hémisphère; seulement il croyait que ces expansions se distribuaient à la totalité de l'écorce et il en avait déduit des conséquences philosophiques qui ne peuvent plus se maintenir. On sait aujourd'hui que les radiations ontpourterritoire terminal le lobe occipital seul, et encore dans sa face interne seulement.
Les radiations optiques émanent : 1° du corps genouillé externe, de sa face
inférieure, d'où elles se placent profondément au-dessous des expansions du pulvinar; 2° du pulvinar, des deux mêmes couches qui marquent l'arrivée des fibres rétiniennes , c'est-à-dire du stratum zonale superficiel et de la lame médullaire profonde; ces radiations sont les plus considérables de toutes; 3° de la bandelette optique elle-même, si l'existence du faisceau cortical direct de Gudden est confirmée; 4° des tubercules qu. antérieurs, pour les auteurs qui admettent encore l'existence de fibres centripètes fournies par ces ganglions.
L'entrecroisement des radiations du pulvinar avec celles du corps genouillé externe produit une masse compacte de fibres qui enveloppent en corne d'abondance la partie externe du pulvinar et du corps genouillé ; c'est le champ de Wer^dcke (Déjerine).
Pour arriver du bord externe de la couche optique au lobe occipital, les radiations optiques, éparses à leur origine, puis ramassées en un faisceau qui constitue \q pédoncule postérieur de la couche optique, traversent d'abord le bras postérieur de la capsule interne. Elles occupent dans celui-ci la partie la plus reculée (segment rétro-lenticulaire), puis s'engagent dans le centre ovale du lobe occipital qu'elles parcourent d'avant en arrière en décrivant autour de la corne occipitale du ventricule latéral une courbe à concavité interne. Le centre ovale du lobeoccipital est constitué sur sa périphérie, au-dessous de l'écorce grise, par les fibres d'association et dans son centre par une couche médullaire à direction antéro-postérieure que Wernicke a nommée la substance sagittale. Celle-ci se voit très bien sur des pièces un peu durcies. On y reconnaît trois faisceaux également à direction sagittale : 1" autour de la corne ventriculaire, immédiatement sous l'épendyme, le tapetum du corps calleux qui revêt en couche mince les deux faces externe et interne du ventricule, et présente deux
STRUCTURE DU TRONC CÉRÉBRAL
ronforcements (forceps) le long île la face interne, an-dessus et an-dessoiis de Tergot de Morand ; — 2° en dehors du tapetuni, les radialions optiques, sous forme d'un large faisceau blanc qui contourne la face externe du ventricule, puis son extrémité postérieure pour aborder la pointe du lobe occipital et la face interne de ce même lobe. Dans la partie postérieure de la corne, une mince nappe de fibres opti(iues (voj?e sagittal interne, de Sachs) passe sur la face interne du ventricule ; — 3° en dehors du faisceau optique et reconnaissable à sa teinte légèrement grise, \e faisceau longitudinal i)ifiJi'icu.r, qui s'étend du lobe occi|iilal aux lobes antérieurs.
Centre cortical. — Tl est bien acquis aujourd'hui que le centre cortical de la vision est sur la face interne du lobe occipital et qu'il a pour limite certaine
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Se. ocr.
r nneus
Se. cale.
lingual