SUBSTANCE GRISE CENTRALE DU VENTRICULE MOYEN
La substance grise vontriculaire est la continuation de celle de l'aqueduc de Sylvius ; elle tapisse les faces latérales et le plancher du ventricule, la voûte étant réduite à un simple feuillet épithélial. Sur toute son étendue, elle est recouverte par l'épendyme avec ses cellules cylindriques vibratiles.
La substance grise des parois latérales, libre sur sa face interne qui ne porte que l'épendyme, est adhérente par sa face externe avec la couche optique et larégion sous-optique. Elle va s'épaississant de haut en bas. Elle est fusionnée en partie avec le noyau interne de la couche optique, et n'en est séparée que localement par le faisceau rétroflexe de Meynert, le faisceau de Vicq d'Azyr et le pédoncule inférieur du thalamus. Elle est beaucoup plus épaisse chez les mammifères non primates. On y trouve des celllules et des fibres nerveuses.
Les cellules sont nombreuses, tantôt éparses, tantôt groupées en ilôts. Edinger a décrit dans la partie postérieure un petit noyau, qu'il considère comme l'origine du faisceau longitudinal postérieur. La coloration par la méthode de Weigert révèle dans la substance grise une immense quantité de fibres fines ou très fines, quelques-unes même de gros calibre, dont l'origine et la destination sont à peu près complètement inconnues. Schûtz a montré queces fibres dégénèrent dans la paralysie générale, tout comme les libres corticales. Il reconnaît, outre les fibres disséminées, plusieurs faisceaux, dont l'un proviendrait de la couclio optique, tandis que les autres issus du ganglion de i'habenula et de la région infundibulaire, convergeraient vers l'aqueduc de Sylvius et, sous le nom de faisceau longitudinal dorsal, se prolongeraient jusqu'au bulbe. Nous nous sommes déjà expliqués à ce sujet (voyez page .569).
La substance grise du plancher ou commissure de la base est l'équivalent du raphé de la calotte, étirée en lame par la divergence des pédoncules cérébraux. Elle comprend, d'arrière en avant, la partie antérieure de l'espace perforé postérieur, les tubercules mamillaires et le tuber cinereum.
1" Espace perforé postérieur. — Cet espace est une couche grise traversée par des vaisseaux, elle renferme chez l'Iiomme des cellules ganglionnaires éparses, et chez beaucoup d'animaux la gang lion interpédonculaire (voyez p. 613). C'est l'aboutissant du faisceau rétroflexe habénulaire.
STRUCTURE DU CERVEAU
2» Tubercules mamillaii-es- — Nous avons ilcci-it plus hanflos liiliornilcs maiiiilliiii-cs iiicdiaris rl, lali'i-iui\ (|i.iii:î) avec leurs faisceaux. Nous ajouterons seulciiicnl (|ni: (l.'i.ns la couche supérieure ilc celle n'i^iim el. de la lame inlerpi'ilonculairo se xon'nt de nombreuses fibres croisi'os comme dans un lapIn' ; elles constiluenl le croisçmeid, anli'rieur d'ivliuf^er ou commissure fie Fm-rl . On a \ ii tuora tour dans la commissure île l-'orel une \i)ie d'union entre les cor])s de Lu\s mi enlri^ les miyauv rouges ou même rnlie couches (H)Uipies. Mais peul-iUre nVsl-i-e pas une \érilal)le comnnssure et, simph.'ment le liassagc croisé défibres allant ilc la couche optique au noyau lenliculairc (voyez plus loin: Sijs c cnmtti issin -al).
30 Tuber cinereum — La substance j,Màse du tnlu'r cinereuin, ('paissc de 1 mm. ii, s'élend, ilepuis le chiasma cpi'elli^ déborde en dessus, ju^ipTanx tubercules niamillaires. ]%lle est traversée dans sa partie inh'rieui-e par la stria allia, tubcris, dans sa partie supérieure par le l'aisceau saj^ittal cpii unit les ciirp-< mamillaii'es à l'espace perforé antiM'ieur ; elle contient aussi la partie initiale ou racine ascendanle des piliers antérieurs du trisone et la commissure de Meyni'rt. l'julin cHe abaudnnne quchpies libri's au chiasma et à la bandelette optique.
C'est à tort que Meynert a décrit le tuber cinereum connue une substance grise Immogène et lui a donné le nom de ganglion optique basai. Lenhossék a reconnu dans le tulier trois noyau.x distinels, alignés en sens antéro-|)ostérieur et séparés par des faisceaux de libres nerveuses qui concourent à les encapsuler. Il admet : tout à fait en avant, au-dessus du chiasma et presque hors de la région, le iini/au suprà-npliijup. petit, long de 1 mm. à peine, — derrière le chiasma, le noi/au niiti'vieur, le plus t,'ros, lon^' de 2 mni. 2, qui constitue la masse princijjalc du tubi'r. — \o noi/ini posliTO-ldlrral , long de 1 mm., situé entre le noyau précédent et le tnliercule mamillaire.
Commissure de Meynert. — d'Ile commissure, que nous décrirons plus loin en ilt'tail, est, sit uée sur la pi'i i plu'i'ie du tuber, dans la partie supérieure ilu chiasma et île la bandeliMIe optique, l'ille réunit les corps di; Luys et les noyauv lenticulaires.
il est remarquable que la substance grise centrale du ^•entricule moyen renferme plusieurs commissures : la commissure grise ou molle de la couche optique, la commissure de Korel et la commissure tle Meynert.
Bechterew a cru poiivoir conclure que la substance grise du troisième ventricule est un double centre, pour i'ér|uilibre du corps et poui' les rédlexes pupillaires n, la lumière. Les li'sions delà paroi ventriculaire produisent d'iinr jiartune dilatation extrême et une inertie di' la pupille, d'autre part de la titubaticm, des oscillations de la tète et des mouvements impulsifs.
§ II. NOYAU flAl DK
Lo iiovnii raïuli'' nu iiilra-vcnlriniiairi^ csl laiiissr sur sa face libro par ri''|i('ii- (Iviuc (lu viMilrirulc latéral. Sa substance grise est traversée dans sa partie e.xlerne par des sti-ies blanches, coniine le noyau e.xlerue de la couche optique ; ces stries, disposées suidunl dans le sens sagittal, re|)résenlenl la pi'Mii'd ration de faisceau.x inédnllaii'esijui arrivent pai' la ca|)sule interne. iMeynerl a désigné sous le iu)in de nucleus sepli, noi/du du srpInDi, un pi'olongenienl de la substance grise d(^ la lèlr, qui enloureen goulliere la l'aceexierne du sepinni lucidiini sur une hauteur de 8 rnui. J'Minger indique tout le long du bord e.xlerne, dans l'angle latéral du ventricule, un faisceau d'association à fibres courles qui suit toute la liiiigiu'ur el émet une ])artie des fibres sagittales dont nous aviuisparlé ; mais ce l'aisceau me |)araîl être le faisceau d'association occi[)ilo-fi-onlal, le(|url n'a aucune connexion avec le noyau inlra-ventrienlaire.
Outre sa névroulie et sa substance inlercellulaire (ineinent réiiculée. le novau caïulé renferme des cellules nerveuses muUi])olaii'es, de grande el de moyenne taille, il nombreux prolongements proloplasmiques. Ou y trouve aussi beaucoup de cellules du tvpe 11, c'esl-à-dire à cvliudre-axe court (Marclii).
Relations du noyau caudé. — Le aoyau caudé est uni avec l'écorce cérébrale, avec le noyau lenticulaire et avec le tronc cérébral.
l" Union avec l'écorce cérébrale. — Meyncrt avait décrit une couronne rayonnante (lu noyau caudé ; ses libres de projection émanant du bord externe du ganglion s'irradiaient dans toute la surface de l'hémisphère. Mais Wernicke a fait observer que les corps striés étant eux-mêmes une partie de l'écorce cérébrale ne pouvaient pas avoir leur fibres de projection dirigées vers le manteau de l'hémisphère ; leur couronne rayonnante va des deux ganglions, partie corticale, à la couche optique et au cerveau moyen. 11 adonc nié formellement l'existence de fibres cortico-striées, alors qu'au contraire les fibres cortico-thalamiques sont extrêmement nombreuses. Les radiations décrites par Meynert sont des fibres du corps calleux ou des faisceaux d'association (faisc. occipito-frontal). Wernicke, à son tour, a été trop absolu. L'observation directe et l'étude des dégénérations expérimentales ont démontré la présence de fibres cortico-striées, peu nombreuses, il est vrai ; ces fibres ne rentrent pas dans la catégorie des fibres de projection puisqu'elles vont de l'écorce à l'écorce, mais dans celle des fibres d'association. Celles qu'on a observées pour le noyau caudé proviennent des circonvolutions rolandiques et passent par la capsule interne. Elles dégénèrent consécutivement aux lésions de la zone motrice [Blanchi].
Récemment encore, Marinesco, ayant détruit complètement ou partiellement le lobe frontal chez des chiens et des singes, a constaté que celte ablation avait provoqué des dégénérations secondaires dans les corps striés et particulièrement dans le noyau caudé. La dégénération porte sur de minces faisceaux qui, par la voie du bras antérieur de la capsule interne, arrivent au noyau caudé; les uns semblent traverser directement ce ganglion : les autres, peu nombreux et très minces, s'épanouissent dans sa profondeur. Cette voie d'association corlico-striée laisse supposer cjue ces deux parties peuvent agir synergiquement (V. Marinesco. Soc. Biologie, 1893).
Enfin Cajal, sur le cerveau de petits mammifères imprégnés par la méthode de Golgi, a observé que des fibres de projection, nées des cellules de l'écorce frontale et appartenant probablement au faisceau pyramidal, émettent en traversant le corps strié de fines collatérales avec des arborisations variqueuses très compliquées. Ces collatérales sont très probablement destinées à entrer en relation avec les cellules striées, de même que plus loin elles se mettent en contact avec les cellules des noyaux protubérantiels.
On a décrit enfin comme faisceau cortico-strié la bandelette demi-circulaire qui va apparemment de la tête du noyau caudé au noyau amygdalien ; mais il parait démontré que son origine antérieure est dans le champ olfactif et non dans le noyau caudé.
2" Union avec le noyau lenticulaire- — Ces fibres lenticulo-caudées sont très nombreuses ; elles sont les unes horizontales, les autres verticales. Les fibres horizontales traversent le bras antérieur de la capsule interne, coupant à angle très aigu les fibres du pédoncule antérieur de la couche optique; on les voit bien, sur les coupes frontales de la partie antérieure, jetées comme des ponts, mêlés de substance grise, du noyau lenticulaire au noyau caudé. Les fibres verticales descendent de la face profonde ou inférieure du noyau caudé, traversent la capsule interne, et s'engagent entre les membres du noyaulenticulaire, dans ses lames médullaires qu'elles constituent en partie ; elles s'infléchissent pour pénétrer dans la substance grise de ce noyau. Il en est qui descendent directement dans le globus pallidus, sans passer par les lames médullaires.
3" Union avec le tronc cérébral. — A l'inverse du noyau lenticulaire, le noyau caudé n'est que faiblement uni à la couche optique, à l'aide de fibres qui abordent celles-ci par une voie détournée et non par le court chemin qui sépare ces deux ganglions. Ces fibres passent en elïet à travers le noyau lenticulaire, dans les lames médullaires, et se mêlent, au-dessous de ce noyau, à l'anse lenticulaire qui se distribue à la couche optique et aux ganglions sous-optiques (Voy. flg. 332).