I. — STRATIFICATION DE L ÉCORCE CÉRÉBRALE
Si l'on C'xcciile la |ir('inii''r(' couclio ou niuclio mnli'M-iilairr, tmilrs li's aulK^s inan(|uenl d'Iinmogénéilc ; àcotijilos l'ieuiunts foridaiiieiitaux i[ue nous avons ilécrits, ollos renlVniHMit il 'autres éléments dos couches voisines, et sur leurs liiuitos elles passent insensilileniont d'une zone dans l'autre, sans être niéiiie séparées par les stries langontielles dont la principale louibe au milieu de la couche la plus homogène, celle des grandes pyramides. Aussi les autours ont-ils proposé des classifications diU'érentos. La plus classique est celle deMeynert (|ui comptait cinq couches de haut en bas : la couche granuleuse ou moléculaire, la couche des petites cellules pyramidales, la couchiî des grandes cellules pyramidales, la couche des cellules irrégulières, la couche des cellules l'usil'ormes. Nous avons, l'oinmi' Scliwalbe, réuni les deux dernières en une seule. Kraiise a admis sept zones. lûrllikrr, au contraire, suivi en cela par Golgi et par v. GchucliliMi, les a, ri'duites à trois : uni; couche externe, blanche; une couche moyenne, grise: une coaclie interne, de teinle jaunàtri', qui comprend toutes les grandes cellules pyramidales cl les éléments polymorplii/s.
La couche moléculaire et celle des petites cellules pyramidales mesurent chacinu! (1 mm. 2o : mais la première peut tripler, quand ses fibres tangentielles sonl bien développées, ce (pie l'on observe surtout au fond des sillons. La couche des grandes pyramides a 1 mm. et i)lus, et la (|uatrième couche 0 mm. 30.
(l'est Ivœllikcr qui a découvert la couche langentielle la plus superficielle, celle du n'^seau d'Lxncr ; mais c'est à Fîxner, Ivaes, Bechtcrew et Vulpius que l'on doil les connaissances les plus précises sur l'ensemble des fibres transversales. Le ple.rux d'E.rncr (fibres tangentielles proprement dites) possède une épaisseur moyenne de 0 mm. 3.ï ; la strie de Ijecliterew, de 0,30, et celle île Baillarger de 0,4.5. La richesse îles fibres tangentielles, et par suite la, largeur des bandes et leur ^•isibilité, varient suivant les régions du cerveau. Dans une même région elles s'accroissent avec l'âge, pour atteindre leur maximum vers 40 à 4o ans ; elles )iaraissent également être proportionnelles au degré d'activité' cérébrale. On a constaté leur atrophie dans l'idiotie, la paralysie générale et la sénilité ; la fonte des libres comniencc par le plexus d'Exner et se propage de là dans la profondeur; elle est ordinaire-
NÉVROLOGIE
ment accompagnée de l'atrophie des fibres nerveuses dans les corps opto -striés et dans la substance grise des ventricules.
(Sur les fibres tangentiellcs : Kaes, Die Anwendungder Wolters'schen Méthode... yV(?!<;'f)log. Centralbl., 1891 ; — Ueber die Faserreichtum..., Arch.f. Psych., 1893; — Ueber die markhaltige Faseva. .., Neurol. Centralbl., 189i : — Bechterew, Ueberdie œusseren Associatlonsfasern der Hirnrinde, Netirol. Centralbl ., 1891 ; — Vulpius,\}&hev die Entwickelung... der Tangentialfasern, Arch. f. Psych., 1892.
n. — VARIATIONS RÉGIONALES DE L ÉCORCE CÉRÉBRALE
Le type général que nous avons décrit dans l'écorce cérébrale se diversifie dans chaque région. Une même circonvolution peut présenter une structure différente suivant le point où on la considère; c'est ainsi que sur la face interne de l'hémisphère la première frontale et la frontale ascendante présentent des particularités autres que sur la face convexe, et que la troisième frontale se transforme progressivement de son origine à sa terminaison.
Nous étudierons les principaux types secondaires, ceux que nous montrent les circonvolutions rolandiques, le lobe occipital, l'insula, le septum lucidum et la région olfactive.
1" Région rolandique. — Dans la région rolandique, qui comprend la plus grande partie des centres moteurs, la couche des grandes pyramides augmente d'épaisseur, et les cellules pyramidales à leur tour sont d'autant plus volumineuses, qu'on se rapproche plus du bord sagittal de l'hémisphère. Dans la partie supérieure, et d'une manière générale dans la sphère motrice des membres ou dans leur voisinage immédiat, c'est-à-dire dans la moitié supérieure de la frontale ascendante, le pied de la première et de la deuxième frontale, le lobule paracentral et la téte de la pariétale ascendante, ces éléments, de grande taille, de forme massive, à large cylindre-axe, constituent les cellules géantes. Betz, qui les a signalées, a indiqué aussi qu'elles sont réunies en ilôts. Mahoudeau a reconnu que ces groupes, qui sont de véritables centres microscopiques, sont composés de trois à huit cellules ; leur nombre et leur richesse en cellules vont croissant à mesure qu'on se rapproche de la crête des circonvolutions. Cette disposition se retrouve aussi très nette et comme schématisée chez les singes ; elle est moins marquée chez le chien et le chat, chez lesquels la région du sillon crucial et le sillon coronalont une structure analogue à celle du lobule paracentral (Kowalewskaja).
2° Région calcarine du lobe occipital. — Une coupe perpendiculaire à la scissure calcarinc uionlrc au milieu de la substance grise corticale une large bande blanche
bien apparente, que Vicq d'Azyr a décrite sous le nom de ruban rayé et que, quelques années avant lui, Gennari avait déjà reconnue (lineola albidior) ; de là son nom de ruban de Vicq d'Asyr, strie ou raie de Gennari. Cette particularité s'observe sur l'écorce des lèvres de la scissure calcarine, et à un degré moindre sur le lobule lingual 0^, le cuneus 0^, jusqu'au pôle occipital.
Le ruban de Vicq d'Azyr, large d'un demimillimètre ou un peu moins, correspond à la strie de Baillarger, ici élargie et condensée. Il est formé par des fibres médullaires très nombreuses, à long trajet horizontal, qui s'entrecoupent en feutrage serré ; ces fibres sont presque exclusivement les collatérales des cellules pyramidales, collatérales dont les arborisations luxuriantes entourent les cellules nerveuses. C'est à ces fibres médullaires et non à la pauvreté des cellules en pigment que le ruban doit sa couleur blanche; de là sa coloration en violet foncé par l'hématoxyline.
Le ruban de Vicq d'Azyr occupe la couche des petites cellules pyramidales, c'est-à-dire une région plus superficielle que la strie de Baillarger dans le lobe frontal. Il y a en effet ici un certain bouleversement des couches cellulaires de l'écorce. Meynert et Hughenin ont décrit huit couches. Gajal, dans ses derniers
Se. cale.
Fig. 355. — L'écorce calcarine et le ruban de Vicq d'Azyr.
Coupe perpendiculaire à la scissure calcarine.
STRUCTUIU<: DU CKRVEAU
travaux", les a n'cluitos à cinq. Il arlmct, une couclio uiuli'culairo. une eouclie de cellnle.s iiisifnruies. une couche île petites cellules p) rauiidales, une couche de graniles cellules pyi-auiidales, une couche d'éléments polymorphes. La première et les deux dernières diffèrent peu du type clas.sique ; la couche des petites pyrauudes est occupée par le ruhan de Vicq il'Azyr; enfin il se surajoute à la disposition hahitiielle de.s zones corticales une coucho intei'calée entre la première et la deuxième, couche qui contient comme élément donunanl, di^s cellules fusitormes verticales, et à coté dés éléments analogues aux sponj;ioblastos de la rétine (Pour plus de détails, v. Dcji'n'nc, Anato?nie des centres nei'veux, 1894).
D'une manière générale, l'écorce de la région calcarine, qui répond à la partie fonda- ?uentale de la sphère visuelle, est très riche en fibres tangentielles ; le plexus il'Exner, la strie de Hechlcrew et les libres profondes il'association s'y voient avec une grande netteté.
30 Lobe de l'insula. — L'écorce de l'insulaest construite sur le type à quatre couche.s i(ue nous avons décrit, et se.s cellules présentent la même disposition que dans le lobe frontal. La dilTi'rence porte uniquement sur les plexus médullaires. Les fibi'es tangcid.iellcs sont l)ien mar(|uées il la siu'face et dans la profondeur, mais sont rares dans la partie moyenne ; la strie fie Baillargcr fait défaut. Les fibres radiaires ne présentent qu'un faible développement; elles appartiennent en grande majoriti' aux fibres d'association, soit des libi'cs arquées, solides l'ai.sceaux longituilinaux, libres (|ui, dans la profondeur, constituent la partie principale de la capsule extrême. Accessoirement les fibres radiaires contiennent des libres commisstu'ales du corps calleux et de rares fibres de projection qui se rendent au péd<incule inférieur de la<'oucbc o]iti(|ue.
[■> Avant-mur. — L'avanl-mur, claustrum, n'existe i|ue chez les maiumifères dont la scissiiri' de Syh'iiis est liien accusée. Pour M(!yncrt, il représente la partie la plus protonde ili< l'écorce insulaire, c'est-à-dire la zone la plus interne tie la couche des idéments ]iolymorphes, (létaclii''e du reste d(! l'écorce jiar rint(M'posilion île la capsule (^xtréme: il renferme comme iMéments dominants des cellules fusifoi-mes |iai'a.llèles k la surface. Pour Mondino. c'est un prolongement de l'c^'i-orce temporalr. Pour d'anli'es, c'est nue birmatioii qui se rattache morphologiquement au corps strié'.
bo Septum lucidum. — IjC septiuu luciduiu [\dyc/, [i. 417) nous re|in'sente l'i'corce ci''ri''brale à l'état de d(''veloi)pcment l'udimeutaire. Son \ entricule ne possède ni éjiendyme ni l'qtithélium. Chacune des parois lati'rales comprend les couches suivantes, coniotées delà ligne médiane à la partie externe : 1" uni; juinci< couche blanche, qui est libi-e dans la cavité' du ventricule de la cloison ri. qur ciuislitiient les libres tangentielles ; — S» une couche grise, plus i''|)aissi> à la partie inférieure du septum, et dans laipielle ou l'cconnait une zone superficielle ou ifderne de petites cellules pyramidales dont les sommets sont dirigés vers la ligne médiane, et les cylindre-axes en dehors sans qu'on connaisse leur deslinatiiui : um^ zone profonde ou externe de cellules fitsiformes : — 3" une couche blanche, extei-ne, dont les libres sont en grande partie constituées ]iar l'épanouissement du faisceau olfactif du Irigoneetse rassemblent à l'angle inférieur pour aboutir à l'espace perfon'' : — 4" umi couche épendymaire qui appartient anventricuhi lati'ral.
Cette disposition se retrouve chez un cerlain nombre d'aniiuaux. veau, monlnii, cbexnl. Chez d'autres au contraire (chat, chien, sonris, cochon, lapin), les la.mes droile el gauche de la cloison sont soudi'es en un sevil ferillet : il n'y a pas de ventricule : l'i'corce plus épaisse contient des cellules nerveuses plus nombreuses cl plus volumineuses, mais sans stralilicalion ]u'ononcée.
0" Ecorce de la région olfactive. — L'i'corce de la région olfactive, bien que consli'uite sur le type geiii'i'al que nous avon< déenl. pri'senle de nombreuses parlicularilés qui méi'itent d'être signalées. .\ cette région se rattaclient : la corne d'.Vunuon. le corjis godronné, les nerfs de Lancisi,le noyau amygdalien, la tubérosité'olfacli\ e. cl le IiuIIm' olfactif. Ce dernier nous est déjà connu.
Corne d'Ammon. — La, coi'ue d'Ammou et le coi'ps godi-oniu' qui lui est superposé con^llllleMl ili'ux eirciuivolutious cérébralcs, sinqililii'es dans leiu's conclies profondes; leurs couches superlieicUes se regardent à travers le sillon de l'hippocampe ^^f. Durai).
Le sillon qui b's sépare renferme un prolongement unique de la pie-mèi'c. Il ililfère des sillons ordinaires par sa profonileur, son enroulement eti haut cl en dedans, et ^m-lmil p,ir la disposition des nombreux vaisseaux que contient le feuillet pial. Ceux-ci cmpielenl sur les couches superficielles des deux circonvoluliousadjacentes et di''terminent entre elles une aillii''rence qui peut aller jusqu'à la soudure.
La corne d'.^mmou ciuuprend trois cnuches celluluires qui sont, delasurfaceà la profon-
NÉVROLOGIE
deiir, la couche moléculaire, la couche des cellules pyramidales et la couche des cellules polymorphes — et une couche blanche profonde (al vous).
1» Couche moléculaire. — Cette couche superficielle regarde le sillon de l'hippocampe. Elle est remarquable par son épaisseur et sa complexité. Les cellules de Cajal ou cellules pluripolaires, y sont rares; mais on y rencontre un grand nombre de cellules de Golgi, cellules à cylindre-axe court qui s'épuise surplace; toutes possèdent des expansions protoplasmiques qui sont les unes ascendantes, destinées aux zones supérieures, les autres descendantes pour la couche des cellules pyramidales et des éléments polymorphes.
On observe dans la couche moléculaire trois plexus ou bandes plexiformes superposées
. N. caudé
Fig. 3.5G. — La corne d'Ammon et le corps godronné.
Coupe transversale schématique. — Le corps godronné en bleu; la pie-mère en rouge. -- Les éléments fondamentaux sont seuls ligures. — Kn partie, d'après UÉJERl^E.
qui permettent de ladiviser en trois zones : l"la zone supcrricielle ou lame médullaire enroulée, en contact avec la pie-mère du sillon ; elle correspond aux fibres tangentielles superficielles de l'écorce ou réseau d'Exner : — 2o le stratum lacunosum., constitué parles grosses collatérales horizontales dos cellules pyramidales sous-jacentes. Elle doit son nom à un épais réseau d'espaces lymphatiques périvasculaires ; — 3" le stratum radiatum, dont les stries verticales ne sont autres que les tiges ascendantes dos grandes cellules pyramidales traversant un épais feutrage fibrillaire.
2" Couche des cellules pyramidales. — Cette couche renferme des cellules pyramidales de grosseur variée ; mais en général elle est dépourvue des petites pyramides de l'écorce typique ; au voisinage du corps godronné, les cellules atteignent une grande
STRUCTURE DU CERVEAU
taille et, ilovieniicnl, des cellules géanli's. Comme dans l'érori'o ("(^ndiralc. cllrs (■metlriil une ti^o asccnilanle qui traverse le stratuiri radiatum et se teruiiiio en bouquet épineux dans le stratiim laeunosiini : de leur corps partent des prolonf,,'euients descendants, en l'orme de i-acine. Le cylindre-axe descend ii travers la couche des cellules polyiuorplies à laquelle il abandonne quelques collat(''rales et, arrivé dans la substance blanche île l'alveus, s'y coude pour se continuer avec les fibres nerveuses de cette région. Oiichpictois il si^ biliirqiic, et peut-être une des deux branciios de bifurcation, la plus li'nui\ cst-cilc destini''c a la commissure do la lyre [Càjal).
La zone qui est immédiatement, au-dessus des corps eelbilniies es! \v slrnliiin liicidiin de ipiel([ues auteurs.
;i" Couches des cellules polymorphes. — Ou y renconli'e d'aboni îles cellides fusil'ormes dont le cylindro-a\e sort de l'écorce ])our passer dans les libres de l'alveus, puis des cellules de Golgi dont le cylindre-axe se rainiliesur place id des cellules à cylindrc-axo ascendant analogues à, celli's de Martinotti. Les prolongements nerveux des pyi'amides, en traversant cette couche, lui abandonnent des collati}rales dont l'ensemble forme' un plexus connu sous le nom de stritliim orii'iis.
Alveus. — L'ah'eus, inti}rposi> eniro la couche probinde de l'iM'orcc amnionienne et l'i-pendyine du ventricule lali''i'a.l. est la subsla.iiee lilaiirlie smis corlieale. Les libres qni le constituent sont les cylindre-axes deis cellules pyramid,-des el de quelques cellules delà couche polymorphe; elles se rendent les unes dans la limliria el jjar elle d.ins le pilier posti'rieur du trigone, les autres dans la sulistancc blanche de la. en-convolution de riii]qiocampe.
En rr'sumi', la corne d'Ammon possède comme idémenls bindamenlaiix les mêmes cellules pyramidales ou fusiformes qui' ri'corcc ordinaire, ici moins nombreuses et plus simplement disposées; leurs prolongements nerveux, libres de projection, et aussi fibres il'association et libres coniniissuralcs, se rasseudilent dans l'alveus avant de se répandre par le trigone et la cinquième temporale dans leurs territoires terndnaux. Les éh'ments d'association rapprochée se font remarquer nu contraire par leur uombri' et leur variété de bM'mi? : de là cette gi-ande rictiesse en libres tangenlielles et ces tiandes ou s'tratum qui s'échelonnent sur toute la hauteur.
Régions de transition. — La cni'ue ifAnuiion est ridiéi^ en deux points à la masse gi'ni'rale de ri'coree (-/'ndirale ; pai' sou biu'il iub'rieur elle s.' coulinue sans di'mareation avec la cinquièjne teuqjorale et par sou ex I i-iMui 1 1' auti'rieure a\'ec le bord externe dulobidc de l'hippocampe. Dans ces deux points rr'coree iiri'sente des caractères de transition.
La pai'tie de la i-irconvolutiou de l'hippocampe, T^, qui se relève sur la l'aci' interne do rbi'misplièri' el se recourbe comme pour loger la corne ir.\mmou iiorle le nom de aii/t/riiluin (lit de la corne). Di'jà s'y manib'stcnt la diminution des cellules pyramidales de petite et. de moyenne taille, et raugmentatiou des libres tangenlielles. Celles-ci, tri's é'paissics à la surface et bien visibles à l'iril nu, i.'onstituent la xubsluiirc vcliniléc d' AfnnldA\\\\ couvre de son feutrage blanc la partie la plus interne de T'^, et n'est ipie le plexus d'tjxnei- épaissi. L'aspect l'i'licuh'' est dû à ce que cette couche est termiui'e sur sa. face pi'ol'ouili' |iar une ligne feslonrii'e, dout. Ii's diMits si^ eoutinueut avec les faisceaux des libi'es i-adiaires. La substance ndieuli'e se continue avec la lame médullaire eni'oiili'e de la eorne d'.Vujmon. La subslani.'e blanche profonde, sous-corticale, du subieulmn eoutieul des libres lines qui sont destinées à former la commissuri; de la lyre et oeeu|ii'ul le \i)isinagi^ du verdi icule. et des libres i''paissos nées des cellules p\ ivi luiilales ; ces di'i'uières libres npparlîenneul principalement au faisceau d'association du cmguluin.
Corps godronné ou fascia dentata. — La petite cireonvolutiou du corps godronné est comme eiiclavi'e dans la concavité de la eoi-m: d'Ammou. Sa face superlieielle se juxtapose a eelli' de la eorne d'.Vmmon dans \c sillon de l'Iiip pocanipe et n'est sé'pari'C d'elle fpie par le mince prolongement de la pie-mère ; sa face |U'ofonile. au lieu de répondre à la substance blanche, est recouverte par la face profonde di' la corne. La eireoinolution godronni''e ligure donc une sorte do bourse froncé'C dont le hile, oux ei l eu haut, i-ei oil l'extrémité supérieui'O interne de la corne amnionienne {Dcjcvinr).
Cite possède trois couches qui sont de la surface, c'est à-dire du sillon de riiippoeanqie. à la profondeur: la coiu-lic midr'culaire. la couche des gi'ains el la eonelie îles idi'meids polymorphes.
Couche moléculaire. — Semblable à la zone homonyme de la eorne d'.Viiiiiion. celte couche contient surtout des cellules à cylindre-axe couri el ipn'lques cellides py rajiiidales déplaci'cs de la couche sous-jaeente. Les panaches des i,'rains viennent s'y l'panouir. On y observe deux plexus : un plexus tout a fait superlieiel, en mince lame, constitué' par les
NÉVROLOGIE
fibres tangentiellesqui forment le sfrniii/n marfjinal ; un plexus beaucoup plus épais, situé clans la lirofoadeur cX. fourni par les collatérales <les cylindre-axes des grains.
Couche des gi-ains ou des rc/lulef pi/ramida/es (xtratum gi-aiiulosum). — Cette couche est l'analogue de la couche des cellules pyramidales de l'écorce ordinaire, car elle renferme un petit nombre de pyramides typiques et un très graml nombre de petites cellules ou grains que l'on peut assimiler à des cellules pyramidales modifiées. Les grains sont de petites cellules ovoïdes, que l'on avait prises autrefois pour des noyaux névrogliques ou des cellules embryonnaires ; leurs expansions protoplasmiques émanent en bouquet du corps cellulaire, sans présenter de tige unique ascendante et vont s'étaler dans la couche moléculaire, rappelant ainsi le panache terminal des pyramides vraies : leur cylindre-axe descendant traverse les couches profondes en émettant des collatérales qui s'unissent en plexus autour des grains et autour des éléments polymorphes ; parvenu dans l'écorcc ammonienne, il s'y résout en arborisation terminale. Quelques auteurs pensent que ces cylindre-axes vont plus loin et font partie delà substance blanche del'alveus et de la fimbria : mais Cajal alTiriiie qu'ils se terminent autour de la tige du corps des grandes cellules pyramidales ammoniennes, et qu'ils représentent par conséquent un système d'association. Ces prolongements cylindraxiles îles grains ofl'rent une particularité remarquable: dans la zone ammonienne, ils se transforment en fibres inotissiies, c'est-à-dire qu'ils possèdent de distance en distance des renflements ou nodosités (fibres noueuses) formés par de petits amas protoplasmiques disposés en rosace. C'est le seul point do l'écorce cérébrale où .se rencontrent ces fibres moussues, que nous avons déjà signalées dans l'c'corce du cervelet.
Couche des cellules polymorphes. — Cette couche est analogue à celle de la corne d'.\mmon. Celles des cellules dont le cylindre-axe ne se termine pas sur place envoient leur prolongement nerveux à l'alveus et à la fimbria, en traversant l'écorce ammonienne qui sépare le corps godronné do la substance blanche.
De très nombreux travaux ont été publiés sur la structure de lacorne d'Ammon et du corps godronné. Pour la période antérieure aux découvertes de Golgi, nous nous contenterons de renvoyer à Mathias Durai : Lacorne d'Ammon, Arch. de uetirnlnfjie, 1881 et 1882; Giacomini , Fascia dentata, Arch. Uni. de Biologie, 1884 et Obersleiner, Anatomio des centres nerveux, 1 803.
L'application de la méthode de Golgi a transformé nos connaissances sur la nature et
la disposition des couches cellulaires. Gnhji, Sulla fina anatomia 1886; — Schœff'er
Beitrag znr Histologie der Ammonshornformation, Arcli. /'. micr. Anat. 1892 ; — Cajal, Résumé de ses travaux, dans Nouvelles idées sur la structure du système nerveux, 1894.
Voyez aussi Sala, Zeitschr. f, wiss. Zool.1891; — Azoxihnj, Soc. Biol. 1894.
Circonvolution lancisienne. — Après la formation du corps calleux, les écorcos céréhralos qui tapissent les faces opposées de la scissure interhémisphériquo se rejoignent l'une à l'autre en dessus et en dessous de cette commissure. Le corps calleux est donc recouvert sur ses deux faces d'une lame corticale, qu'on peut reconnaître même chez l'homme ad ulte.
La lame quirevétla face supérieure est conniiesous le nom d'iiiduseum griseu)n,\oi\e gris; elle mesure de 20 à40 fJi d'épaisseur, et se renfle en deux points pour constituer les nerfs de Lancisi (voyez p. 440). Nous avons décrit le ronflement médian ou interne sous le nom de nerfs médians do Lancisi, et le renflement externe sous celui de nerfs latéraux ou tœnite teclœ.
1" Les nerfs latéraux de Lancisi (strio longitudinale externe, tœniœ tectœ) sont cachés dans le sillon du corps calleux. Par leur bord externe ils se rattachent à l'écorce do la circonvolution calleuse. Celle-ci se fait remarfpier par le faible développement de ses fibres tangentiellos et la rareté de ses grandes cellules pyramidales. I^argc d'abord do 3 mm. elle se rétrécit dans le sillon du corps calleux jusqu'à 1 mm. d'épaisseur, et semble à l'œil nu s'y terminer brusquement. Mais en réalité, elle se replie à angle droit pour passer sur le corps calleux en constituant son induseum, que l'on ne peut ordinairement reconnaître qu'au microscope, en dehors do ses bandes de renforcement. L'induseuni est une écorcc extrêmement atrophiée, renfermant une couche grise entre deux couches blanches défibres sagittales.
Dans le renflement externe de l'induscum (nerfs ou stries latérales) on observe quelques petites cellules, qui ne sont mémo pas constantes. Les couches blanches superficielle et profonile ont la même signification que pour les stries médianes.
2° Les nerfs médians (strie médiane, nerfs de Lancisi proprem. dits) forment une saillie blanchâtre, épaisse de 0 mm. 3 à 1 mm. Quand ils sont bien développés, on peut dans leur substance grise reconnaître deux couches, une couche moléculaire, superficielle
STHUCTURR DU CKHVRAU
roritonant de rares éléinonU fiisifoi'nii;.s : une ciniclic pi iildnili', ihinl li's ci'llnlcs i)\ ()ïil(,'S se rapprochent (les cellules |iyraiiii(lalcs ilo ri^con-c iiiiriii.ili'.
La cnuciio blanche siipri^Ucielle et libre, ipii ruvèl. riniliisi'imi .liiisi (pic ses rciillcincnts ou stries, estime couehi: do fibres tan(renl ielles à dircctidii aiih'ro-pd^li'i'icurc : elle passe en arriére dans la substan(^e r('licid(;'e d'Arnold ((ui recoin ic 7''' et a la hm'^iiic si j<iiilic,i I ion. en avant dans la couche tan;j:entielle de la prciiiii're IVdiilali', an ni\eaii du bci' du corps calleux. La couche blanche [irolVuidc rcpri^sonte le ccnlrc o\al(; de la circdindliiiinn Lincisicnne. Los libres, également à, direclion sagittale et cdiisliliK'cs par les c\ lindrc axes descendants et coudés des cellules pyraniidah.'s, se conliiiiieiil on a\-ec le pi'diinciile
du corps calleux, en arrière avec la substance bhi iiclie de la ci rcdinnliil khi de l'Ii I ppdcam pe.
Au-dessous do l'induscuin est une couche né\ r(igli(pie niiiice (pii eiudie dos proldugciiionls entre les libres calleuses.
Il en est de la l'ace inférieure du cor|)s calleux coiiiiik.' ibi sa, face su|i('M-ioure ; iiarloiit où elle est libre, elle est recouverte par une couche corticale. (Test ainsi ipie liiiiiuenau a rocounii une mince écorce grise sur la l'ace \ entralo du corps calleux ipii recdii\ re le veuille i île du sepi iim. Gotio écorce est semlilalilo à c(jlle (pu tapisse les parois de ce \ enl ri -
. ('. tiiiujeiit.
.Sti-ir nii'd.