‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 159 sur 194 · PLEXUS MÉDULLAIRES DE L'ÉCORCE CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

PLEXUS MÉDULLAIRES DE L'ÉCORCE CÉRÉBRALE

L'écorce cérébrale renferme une quantité considérable de fibres, les unes fasciculées ou isolées, les autres disposées en plexus. Leur abondance est en rapport beaucoup moins avec le nombre des cellules qu'avec la richesse de leurs expansions protoplasmiques ; aussi acquièrent-elles leur plein développement chez l'homme, et chez celui-ci à l'âge adulte. Plus ces fibres sont nombreuses, plus les cellules sont espacées pour leur livrer passage. Toutes sont myélinées, à l'exception des arborisations terminales (Voyez fig. 353).

Suivant leur direction, on les distingue en fibres radiaires el fibres tangentielles.

1° Fibres radiaires. — Ces fibres sont disposées en sens perpendiculaire à la surface ou très faiblement oblique. Elles abondent surtoutdaiis la partie centrale ou axiale des circonvolutions, car elles s'épanouissent dans sa crête ou partie libre, tandis que les parois et le fond des sillons renferment principalement des fibres transversales. On les voitnettementdans les deux couches inférieures, la couche des éléments polymorphes et celle des grandes cellules pyramidales, qu'elles traversent réunies en fascicules parallèles. Au-dessus elles s'éparpillent, et dans la couche des petites pyramides, ainsi que dans la zone moléculaire, elles sont à l'état disséminé, noyées dans le feutrage compliqué de ces régions. Les fibres radiaires sont constituées : l" par les fibres d'arrivée et de sortie, qui entrent dans l'écorce ou qui en émanent. Les fibres d'arrivée ou centripètes sont les fibres sensitives de Reil, les fibres sensorielles, les fibres du cervelet ou des ganglions, enfin les fibres calleuses et les fibres d'association dans leur partie terminale. Les fibres de sortie ou centrifuges sont les fibres de projection (fibres motrices, radiations thalamiques...) et les mêmes fibres des commissures et du système d'association dans leur partie initiale (cellules pyramidales, cellules fusiformes); — 2" par les cylindre-axes ascendants de certains éléments polymorphes et par les collatérales également ascendantes ou descendantes que présententun grand nombre de fibres, surtout celles des cellules pyramidales.

2° Fibres tangentielles. — Les fibres tangentielles sont ainsi nommées parc e qu'ellessont transversales, parallèles au plan de l'écorce, tangentes en quelque sorte à la convexité de l'hémisphère. Elles occupent toute l'éjjaisseur del'écorce cérébrale, mais elles présentent en des points déterminés des condensations qui

NÉVROLOGIE

les font apparaîU'e sous forme de bandes ou de stries, qui peuvent être visibles à l'œil MU.

On distingue de la surface à la profondeur :

1» Le réseau d'Exner ou couche tangentielle proprement dite. — Cette couche épaisse occupe la moitié externe de la couche moléculaire ; elle est formée par les terminaisons cyiiudraxiles des cellulesde cette couche, et parles collatérales des cellules plus profondes, ainsi que par les prolongements nerveux des cellules de Martinolti.

2° La strie de Bechterew. — Située dans la couche des petites pyramides, et particulièrement développée dans la partie postérieure de l'hémisphère, elle est composée de fibres qui courent parallèlement au grand axe des circonvolutions et qui sont par conséquent coupées perpendiculairement dans les sections transversales des circonvolutions. Elles constituent pour les parties superficielles de l'écorce un système d'association en longueur.

.3» La strie de Baillarger. — C'est un plexus serré en large bande qui traverse la partie moyenne de la couche des grandes cellules pyramidales. Celte bande se renforce dans le lobe occipital, surtout sur sa face interne, et constitue le ruhan rayé de Vicq d'Azijr ou raie de Gennari. Dans le lobe frontal, elle est fréquemment dédoublée; dans ce cas, la plus superficielle, qui correspond à la raie ordinaire des autres lobes, devient la strie externe de Baillarger, et la plus profonde, sur la limite des troisième et quatrième couches cellulaires, est la strie interne.

4" Les fibres tangentielles profondes. — Ces fibres remplissent la partie la plus profonde de l'écorce cérébrale, c'est-à-dire la zone inférieure des éléments polymorphes. Elles sont bien visibles surtout au fond des sillons; quand elles sont très développées, elles s'étendent en hauteur jusqu'à la strie de Baillarger. Cette bande, par sa partie la plus interne, confine à la substance blanche du centre ovale, occupée à ce niveau par les fibres arquées du système d'association. Kaes et Bechterew lui ont donné le nom un peu ambigu découche externe d' association de Meynert, la couche interne étant les fibres arquées.

Les fibres tangentielles reconnaissent trois origines principales : en premier lieu la terminaison arborisée ou dichotomisée d'un grand nombre des fibres radiaires, des fibres d'entrée, celles qui se terminent dans l'écorce au lieu d'y naître, c'est-à-dire des fibres sensitives, des tibi'es calleuses, des fibres d'association ; ensecondlieu les collatérales horizontales des fibres radiairesde sortie; en troisième lieu la totalité des cylindre-axes des cellules de Cajal et de Golgi, dont les expansions restent confinées à l'écorce cérébrale où elles sont nées.

3 TISSU DE SOUTIEN

Le tissu de soutien ne diffère pas sensiblement de celui de la moelle ou du cervelet. 11 est représenté en petite partie par le tissu conjonctif qui |jénètre avec les vaisseaux, en grande partie par la névroglie.

J^a névroglie forme à la surface une couche marghiale,épsi'\6se de 10 à 30 fx, que l'on a cru recouverte par un revêtement de cellules plates, cuticulum de

STUUCTUliE DM CRlWEAIt 629

I''lris(lil ; elle l'cii IVi'ii ic de m )in l)r('i i ses ccl 1 ii a l'a il; lires , doiil liiMiii'ini|i siiiil lixrcs |iai- li'ur c<ii'|)s du jiai' un pied sur la face iiilcriie do la |Mc-iii(''ri' et l'avdiMHMil par leur parliez libi'o dans la cuu(die inuléciiiairc. (jclle (|ui coiisliluo la (diarpciilo inlra-corticalc possède deux espèces de celi ii les : l(>s unes, (irieiilées en sens radiain% ciiuverles d'iwpa.nsious vai'i([U(Mises, sonl. les aneiiMines cellules de rèpendvine, (|ui (Mil ('mii plus ou iiioins loin de la pai'oi venlriciilaire ; les autres, sans orioiilatlon déleruiinée, appartenanL au l\-pe araclinif(jriiie et souvent unies aux vaisseaux, reconnaissent peut-être nue autre oriyiiio.

Les formes des cellules iii''vroL!;lii|iies s(jnt ti-ès variées; Hel/.ins les a l'amenées à (jiiatre types.

I>es vaisseaux (|ui pénélrent perpi^ndiculaii'eiiHMil à la surface en ( raîneut ave(; eux du tissu conjoiu'iif soiis-arachiioïdieii i|ui leur C(uislitue nue gaine lyin|)liali((iie, adventitielle ; sur les petits vaisseaux, cette taui([ue est remplacée par une gaine névroL;! i(pi(\ On n'a pas coiiHi'iiié l'exislence d'iiiie seconde gai ni; péi'i-ad\enlilielle, di'crile par llis, et qui corres[)Oiid peut-être simplement a de larges mailles du tissu de soutien, ni l'espace épicérébral du mèiiu^ auteur, ni les(>spaces péricelliilaires d'Obersteiner ( voy. plus loin : Vahscaux du cerveau).

La substance roiidamentale doit en grande partie son aspect linement granule à lacoupedes innombrables librilles nerveusi^s ou ranii licatioiis pi'olo|ilasmi(|iies i[iii la parcourenl ; mais elle pai'ait aussi contenir un cimeni, lornié d'uni' malièi'(^ linement ponctuée, trans|)areii te, donnant les réactions cliimi- (jues de la iieurokérati ne.

(Voyez lîel/.ins ; Biolog. Untersucb, I8!)i, t. VI).

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