C. sir>é lli/p. i^rotnb
Fig. 361. — Cerveau de mammifère.
Ces trois ligures, 353, 3Gf), 361, empruntées à Edinger, montrent sur une coupe sagittale schématique la disposition des parties de l'encéphale, et spécialement le développement progressif du manteau de l'hémisphère.
^rt/e réside dans les lobes opliipics, assimilables à nos tubercules quadrijumcaux et l'ablation des hémisphères n'entraîne pas la cécité cérébrale, comme chez les vertébrés supérieurs. A mesure que l'écorce apparaît, avec les reptiles, les phénomènes de conscience, tie volonté, de mémoire émigrentdu cerveau intermédiaire, du cerveau antérieur primaire au cerveau hémisphérique ; les anciens organes déchus passent au second rang et no sont plus désormais que des centres ganglionnaires réflexes, affectés à l'automatisme.
[Sur l'évolution phyIogéiii(iue, voyez Edinger, Cajal et ses élèves).
2" Evolution ontogénique. — Le cerveau de l'embryon humain n'est d'abord qu'une masse molle, translucide, de couleur uniforme, remarquable au point de vue chimique par sa richesse en eau. C'est au septième mois seulement que les cellules pyramidales apparaissent (Vignal) ; dès ce moment l'écorce prend le type nerveux et se distingue pai' sa couleur grisâtre du centre ovale à teinte violacée. Un mois plus tard les fibres nerveuses commencent à se myéliniser ; des stries blanches se montrent soit dans le centre ovale, soit dans l'écorce même sous forme de fibres radiaires.
Dans ce développement continu, on peut marquer trois étapes fondamentales qui correspondent aux voies sensitives, aux voies motrices et aux voies d'association.
lo Voies sensitives. — Los voies sensitives s'organisent les premières [Flechsig, Edin-
STRUCTURE DU CERVEAU
(IPr). Drs II," hiiil iiNiie ijjnis, soil, dans la calofle du ]irMl(jiic-ide cùrtdn'al, suil dans le cerveau inènie, des ganglions à l'écorce, elles prennent leur gaine de myéline el peuvent, coniluiru les impressions périp]iéri(iues.
A la naissance, le centre ovale est encore gélatineux et gi'is rosé : le ruban de Rcil est seul niédullisé. Les cellules pyramidales sont déjà bien formées, mais leurs expansions I rotoplasmiques basilaires et les collatérales nerveuses sont encore courtes et simples [Cajn!]. Flechsig pense qu'à ce moment et même dans le neuvième mois intra-utérin, le cei'veau peut être le siège de manil'estations psychi([ues ; il est apte à percevoir les iujpressions, et sans doute la conscience et la mémoire commencent à s'organiser. Mais la réaction motrice n'existe pas, les voies de conduction n'étant pas formées. L'homme est assimilable à ceux des animaux qui naissent aveugles, c'est-à-dire impuissants à voir, et dépourvus de mouvements volontaii'es, tels que le chien, le lapin. Or chez ces animaux, les centres psycho-moteurs sont inexcitables: les mou\-ements d'origine cérébrale (mouvements volontaires, modération des mouvements rellexes) n'existent pas, tandis que les mouvements réflexes d'origine spinale s'exécutent dans leur plénitude. Nous avons vu que, pour rhouune également, la moelle de\-ançait le cerveau dans son organisation, et qu'à l'exception lie ses voies cérébrales volontaires, elle était prête à fonctionner à la naissance. Tout autrement se comportent les animaux comme le porc, le cobaye, le hérisson rpii naissent les yeux ouverts, capaljles de voir et de conduire leurs mouvements ; leur écorce cérébrale liossède une organisation avancée et les centres psycho-moteurs, même sur le fœtus contenu dans la matrice, répondent à l'excitation [Soltinnnn, Tarchanoff).
2" 'Voies motrices. — C'est dans le cours du premier mois qui suit la naissance, ordinairement dans la deuxième ou la troisième semaine, que les voies motrices achèvent leur organisation. On voit blanchir le faisceau pyramidal, dans le pied du pédoncule cérébral, dans le centre ovale et dans l'écorce motrice. Dans le centre ovale, il se présente sous la l'orme d'un riilian blanc qui émerge de la capsule interne et se bifurque près du mantenu ci'rébral pour aboutir par une de ses branches à la parii'^tale ascendante et par l'autre à la frontale ascendante. Ce ruban est V anse rolandi que de Parrot. Les mouvements volontaires sont d(,>venus possibles, la volonté elle-même s'essaye sans doute une fois on possession de son instrument ; chez les animaux, les centres moteurs deviennent excitables.
30 Voies d'association . — Les deuxième et troisième mois ont réalisé un progrès important, la myélinisation du lobe occipital, par conséquent la constitution des voies optiques permettant la vision cérébrale. Avec le quatrième mois apparaissent ilans l'écorce les fibres transversales qui relient entre elles les cellules d'une même couche ou des couches voisines, et qui vont faire do toute l'écorce un système homogène solidaire, pourvu de tous ses lils de communication, apte aux combinaisons scnsitivo-motrices les plus variées, comme aux associations d'idées de plus en plus compliquées. La myélinisation ries fibres tangentiolles débute au quatrième mois par la couche superficielle ou réseau d'Exner et celle des éléments polymorphes ; au huitième mois seulement, elle se montre dans la couche des cellules pyramidales. A cette dernière époque aussi, le lobe fi-ontal, siège problable de la haute activité cérébrale, prend la couleur blanche caractéristiijue des libres complètement méduUisées.
.\rrivé au neuvième mois extra-utérin de son évolution, le cerveau de l'enfant est achevé dans son ensemble. Son centre ovale est complètement blanc : la période de sa myélinisation a duré douze mois. Mais son développement se continue et se perfectionne dans le délail. on voit encore apparaître de nouvelles fibres médullaires jusqu'à la fin de la deuxième année; au delà, la niasse des faisceaux blancs est telle qu'on ne peut plus reconnaître s'il s'en forme de nouveaux. Toutefois, en mesurant l'épaisseur comparative des couches de libres tangenlielles dans des points choisis do l'écorce, sur des sujets de divers âges, on peut se rendre compte que les fibres tangenlielles augmentent constamment pour atteinfiro leur maximum vers 40 ans, 40 ou oO suivant les sujets et iliminuer avec' la vieillesse.
On verra plus loiiiipit"' le cerveau augmente son ]ioids total jusipie vers ce même âge de 40 ans.
Voyez : Viilj)ius. Uober die Entwickelung.. . der Tangentialfasern. Ai-rli. f. Psi/rli. 1892: — et Â'(7t',s'. Ueber die markhaltige Eascrn in ilic (irosshiniriiide. Xcin-ol. Ceniralbl.
\ soi.
Cet accroissement des plexus inlra-corticaiix n'est au fond que l'accroissement des cellules nerveuses elles-mêmes puisque les fibres et leurs raïuilications ne sont que des expansions cellulaires. Les cellules ne croissent pas en nombre mais en étendue. Aucun éli'ment nouveau ne se forme ilepuis la naissance et même avant : toutes les cellules naissent à la fois, et dès l'époque embryonnaire perdent la propriété de se reproduire. Mais les expansions cylindraxile et protO))lasiiiique, leurs membres, s'étendent et se i-oinpliquent à mesure que le cerveau se développe et que l'intelligence se mûrit. Il n'est pas
défendu de penser, avec Gijal, que le travail ci'rébral, la culture intellectuelle ont pour effet, non point de créer des cellules, mais d'augmenter les expansions protoplasmiques et les collatérales nerveuses des éléments existants. L'arbre cellulaire étend de plus en plus ses branches; par là il renforce ses connexions premières avec les arbres voisins et se crée des associations nouvelles. Ces acquisitions matérielles, susceptibles d'être transmises par l'hérédité, sont le substratum anatomique des progrès réalisés par l'activité cérébrale.
Anomalies d'évolution. — 1" Gliose cérébrale. On rencontre dans l'épilepsie essentielle ties lésions de la névroglie qui affectent de préférence l'écorce des circonvolutions psycho-motrices et de la corne d'Ammon. Chasiin considère qu'il s'agit d'une gliose ou sclérose névrologique constituée par une prolifération exubérante de la névroglie qui étouffe les cellules nerveuses. Ce trouble évolutif non inflammatoire, dans lequel un des deux éléments (la névrogliej dérivée du feuillet ectoderniique devient prépondérant et fait avorter l'élément noble (cellules nerveuses), serait congénital et héréditaire. La maladie de Friedreich ou ataxie héréditaire est une aff'ection analogue ; c'est une gliose d'évolution localisée à la moelle (Déjerine).
Les idées de Chasiin ont été contestées par Blocq et Marinesco. Ces auteurs concluent de leurs recherches que la gliose n'est pas constante dans l'épilepsie essentielle, que lorsqu'elle existe, bien qu'affectant principalement la zone psychomotrice, elle est variable dans son siège et son intensité, qu'elle n'est pas pure mais associée à la sclérose conjonctive, que par conséquent, il est plus logique de la considérer non comme la cause de l'épilepsie congénitale mais comme un elfot, un reste inflammatoire des attaiiucs congestives qui frappent les circonvolutions rolandiques.
Voy. C'/ia.s//«, Sclérose névrologique ; Soc. Biologie cl Sclérose cérébrale, Arch. de ttiédec.e.vpérim. 1891 ; — Blocq et Marinesco, Lésions de l'épilepsie essentielle, Sem. médic. 1892.
2» Hétérotopie de substance grise. — Les hétérotopies ou formations anormales de substance grise sont fréquentes dans le cerveau. La statistique d'Utto donne pour 107 cas : cerveau 20; cervelet 80; moelle 6 ; protubérance 1. Dans les hémisphères cérébraux, on les observe le plus souvent, dans les 2/3 des cas, au voisinage immédiat des ganglions centraux, couche optique et corps strié, et delà paroi ventriculaire ; ou encore en plein centre ovale, et plus rarement auprès de l'écorce. Leur structure est celle de la substance grise normale la plus rapprocliée. Matell a récemment rapporté une observation d'hétérotopie paracorticale, chez une femme épileptique, qui présentait de la microcéphalic et de la microgyrie. Le centre ovale, dans les deux hémisphères, était occupé par une masse grise infdtrée au milieu des flbres do projection et d'association, et reliée à l'écorce par des ponts de substance grise ; sa structure était celle des couches profondes de l'écorce cérébrale.
(V. Otto, Hyperplasie dcr Hirnrinde, Virchow's. Archiv. 1887 ; — Matell. Ein Fall von Ileterotopie... Arch. /'. Psych. 1893).
"à" Microgyrie. — La microgyrie ou petitesse anormale des circonvolutions s'observe dans des conditions diverses. Tantôt elle existe seule, tantôt elle est associée à d'autres malformations, porencéphalie, absence du corps calleux... Elle peut être totale ou partielle. Les circonvolutions allongées, très petites, serrées les unes contre les autres, rappellent difficilement dans leur disposition le type classique. Les cellules nerveuses de leur écorce sont plus ou moins arrêtées dans leur développement suivant que la cause initiale réside dans le centre ovale ou dans l'écorce. C'est en effet à un arrêt de développement que l'on rapporte la production de la microgyrie ; cet arrêt peut porter sur la substance blanche et déterminer un plissement excessif de l'écorce, ou sur la substance grise corticale qui garde le type infantile. Cette anomalie un peu prononcée coïncide ordinairement avec l'idiotie (V. Otto, Zur Kenntniss der Mikrogyrie, Arch. f. Psych. 1892).