‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 169 sur 194 · TOPOGRAPHIE DE LA SUBSTANCE BLANCHE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE DE LA SUBSTANCE BLANCHE

lo Centre ovale. — Le centre ovale contient toutes les fibres de projection, d'association et les fibres commissurales. Sur certains points ces fibres sont éparses, sur d'autres elles sont réunies en faisceaux. Dans la partie moyenne de l'hémisphère, les fibres de projection (couronne rayonnante) et les fibres calleuses ont surtout une direction transversale, tandis que la direction sagittale caractérise les grands faisceaux d'association ; les rapports

STRUCTURE DU CERVEAU

sont inverses aux cxtréinités de l'hémisphère, dans le loiie occipital et ilans la partie antérieure du lobe frontal. Au reste sur un cerveau Irais on ne peut, rien distinguer ; la substance blanche est lioniogùne. C'est seulement sur des cerveaux durcis par l'alcool ou par les bichi'oniates, et ([uel([uel'ois sur des cerveaux congelés, que l'on peut, à l'œil nu, l'econuaitrc les principaux systèmes de fibres.

Pour fixer la topographie des lésions du centre ovale, Virchow a proposé de débiter le cerveau en tranches horizontales, puis les morceaux étant rassemblés, de les rcc(juper en sens frontal. Pitres pratique une série de coupes transversales, parallèles à la scissure de Rolando et passant par des points déterminés (coupes de Pitres). Nolhnagfl fait de mémo et divise le cerveau en huit tranches, à l'aide de six sections calculées do façon à passer toujours par les mêmes points, quelle que soit la longueur du cerveau. Tous ces procédés s'appliquent aux recherches d'anatoaiie pathologique (Voy. Déjeviiie, .\nat. des centres nerveux, 1894). Enanatomie normale, il faut étudier le centre ovale sur des coupes aussi rapprochées que possible, et conduites sur un cerveau dans le sens horizontal, sur un autre en sens frontal : des sections parallèles à la scissure Rolando et d'autres antéro-postéricures serviront de complément. Pour les commençants il y a deux coupes fondamentales qu'ils doivent posséder : la coupe horizontale de Flerhsig (p. 4.')8) et la coupe frontale ou verlico-transversale passant par le pédoncule cérébral (p. 4."ii).

2» Capsule extrême. — La capsul(? extrême, située entre l'écorce insulaire et l'avantnuu', est essijiiti(jl|(Miient constituée par des fibres il'assocnation, fibres arquées unissant les circonvolutions lie l'insula entre elles et avec les régions voisines; accessoirement, par des fibres comnnssurales du corps calleux et de la commissure antérieure, et par de rares fibres de iinijcclion destinées à la couche optique.

3° Capsnle externe. — La capsule externe, ])la('ée enire ravaiit-mui' et le noyau lenliculaiie, prescid.o, connue nous l'avons vu, la forme d'un éventail modelé sur la forme de

F. ui'cif. Cnps. e.rt. F. t. s"/<. {ni i/iii')

Kig. :1T1. — La, (lapsuli.' e\lcrn(\ — D'après DèjKitiNi;.

l'insula ; sa base curviligne regarde en haut et en arrière, contournée par le pied de la couronne rayonnant(! et par le faisceau long, supérieur, landis qu(; s(3n soiiinjet. croisé par le faisceau unciforme, regarde en bas et en avant. Ses principales libres onl la direction radiée de ré\entail.

C'est un passage fort ( q)lexe île fibres de différente nalure. Le ]ilu-; iri-and nondire

d'entre elles sont des fibres courtes d'association, comme le monire la faiMi> t:tendue de leur dégênération secondaire dans les foyers hémorrhagiques de la capsule. 11 faut compter parmi elles des lilires pou nombreuses qui unissent le noyau lenticulaire (putamen) à l'avant-nuir et à l'insula. Nous trouvons en outre: lo dans la partie supérieure, les fibres autéro-postérieurcis du faisceau longitudinal supérieur et les fibres transversales des radialion^ ealliMises qui après a\'oir crois(j la. couronne rayonnante à son ]iied descendent à l'é-

NÉVROLOGIE

corce insulaire : 2» dans la partie inférieure, les fibres antéro-postérieures du faisceau uncifornie et de la commissure blanche antérieure, puis les libres transversales, nombreuses, qui vont de l'insula à la couche optique (pédoncule inférieur de la couronne rayonnante Ihalaniique).

40 Capsule interne — La capsule interne, dans sa partie moyenne typique, forme un V ouvert en dehors ; elle comprend un bras antérieur, lenticulo-caudé, un bras postérieur ou lenticulo-optique, plus long, et un genou.

Il importe de remarquer en premier lieu que, dans sa partie inférieure, la capsule interne est réduite à son bras postérieur, lenticulo-optique (v. flg. 370)|; en second lieu, que les faisceaux se déplacent en traversant la capsule, de sorte qu'aux différents étages, ils n'occupent pas la môme position. Bechterew ajoute qu'il n'est pas rare d'observer de notables différences individuelles dans la situation des faisceaux.

Nous étudierons la constitution de la capsule interne au niveau de la- coupe de Flociisig.

1" Bras antérieur. — Le bras antérieur est composé en grande partie de fibres horizontales qui hil lionnent, dans cette coupe parallèle à leur direction, un aspect lustré. Il contient :

1° Le pédoncule antérieur de la couche optique (fibres de projection cortico-thalamiques), qui le traverse dans toute sa longueur et forme sa masse principale :

2° Les fibres lenticulo-caudées, fibres d'association qui relient les deux noyaux striés ; elles coupent les fibres thalamiques sous des angles très faibles;

3" Les fibres cortico-striées, autres fibres d'association qui traversent le bras antérieur en faisceaux minces et peu nombreux, pour aller se jeter dans les deux noyaux, surtout dans le noyau caudé (v. page 618).

2" Genou. — Le genou est constitué dans sa plus grande étendue par le faisceau géniculé, et dans sa partie tout a fait supérieure par un mélange de fibres cortico-tlialamiques

Schématisation des faisceaux. — r.,e faisceau moteur et le f. sensitif sont supposés distincts.

(pédoncule antérieur) et de fibres lenticulo-tlialamiques. Ces dernières se rassemblenten faisceaux serrés et s'étendent transversalement de la couche optique au sommet du noyau lenticulaire.

30 Bras postérieur. — Il faut distinguer dans le bras postérieur un segment antérieur ou lenticulaire cl un segment postérieur ou rétro-lenticulaire.

Se(jm. ri'tr. l. --

--- C. opt.

STR UCT LIRE hU CERVEAU

Le sugnii'nl IcnliiMilaiic pniseiile ira\aril eu arriére :

1" Iji jiiu'lii' ta j)/iis jiiis/i'r/ei/rc du gi'iioii :

I.e fii/sreaii /t/jriiinii/a/ (|ui eorresjjoiiil à peu prés au tiers moyen ;

1!" Le fai.iceau aensilit' ou ruban de Reil, qui répond au tiers postérieur ;

4" Les fiôres corliro-lhn/(nni//ues l'épanduei^ sur toute la longueur du segment. Ces fibres i|ui dégénèrent dans les lésions corticales, descendent de l'écorce cérébrale a\ ec les fibres pi'donculaires et se coudent transversalement |)our pénétrer dans le noyau externe de la couche optique. Elles sont par suite verticales sur une partie de leur trajet intra-ca]5sulaire et liorizontales sur la fin île ce trajet. Elles font partie de la couronne rayonnante du thalamus et proviennent surtout du lobe pariétal.

o" Z/P.s" fihrex leiiticidn-tkalamiquex. Ces fibres traversent la capsule intei'iie comme des ponts jetés entre le noyau lenticulaire et la couche optique. Elles sont assez régulièrement es|)acées, et ne se condensent en l'aisoeaux que dans la partie supérieure du genou, ainsi i|ue dans la partie postérieure du segment que nous étudions en ce moment.

Le segment postérieur ou rétro-lenticulaire est entièrement occupé par les railiations optiques, ou pédoncule postérieur de la couche opliiiue. qui du |)ulvinar se dirigent horizontalement vers le lobe occipital.

Cette coupe ne montre pas le faisceau de Meynert ; car ce faisceau n'occupe que la partie tout à fait inférieure du bras postiiriour. Il passe horizontalement sous la couche optique et se coude à angle droit pour descendre dans le pédoncule cérébral. Le faisceau de Meynert est le faisceau cortico-prolubérantiel posti';rieur, des auteurs allemands.

Une partie du faisceau loni,'itud. iiilcrieur ]iasse au même niveau i[uc h' fai^i-eau de Meynerl.

J'ai suivi surtout la description di; Déjeriue. Mais on trouve dans chaque auteur un schéma différent de la constitution di; la capsule interne ; cai' on n'est pas d'accord sur le nombre et la nature des faisceaux qui passent à ce niveau.

Dans le bras antérieur, la plupart des auteurs allemands, à la suite di> Flechsig, décri- \ent encore : 1° un faisceau cortico-protubérantiel antérieur i|ui iiMil du loLe frontal aux noyaux supérieurs de la protubérance en suivant le coté interne du p/'doncule cérébral: un faisceau du noyau cauih'. (|ui de la tète du noyau caudé descend a\ ec le précédent et se termine dans la protubérance.

Dans le bras postérieur, on admet généralement depuis Charcot que la partie postérieure du segment lenticulaire, en arrière du faisceau pyramidal, est occupi'c par le faisceau sensitif, et les libres sensorielles. Charcot a montré qu'il existe un point, nommé par lui le carr efour senxit/f, dans l0([uel une lésion minime peut rendre insensible toute la moitié du corps opposé, on supprimant mi''me l'odorat, ce qui prouve que toutes les fibres se rassemblent dans ce point noilal. Les fibres sensorielles paraissent être un pou en arrière et en ilessous, d'autres disent en <ledans, des fibres de la sensibilité générale. Hiesel semble ailinottre au contraire, en se fondant sur queli[iies cas de dégéné'ration. que tout est nii'langé dans le bras postérieur, fibres pyramidales, fibres sensitives et fibres céréljelicuses.

Ti" Pédoncule cérébral. — Les voies sensitives liassent par la calotte. Nous ne nous occuperons ici que du pied du pédoncule.

D'après Déjerine, qui s'appuie sur une série d'observations précises île dégénéralions secondaires étudiées en coupes sériées microscopiques, toutes les fibres du pied sruit d'originecorticale, et sont par suite de toute longueur, et toutes ont leur origine en luanf du lobe occipital. Le pied comprend doux systèmes de fibres senleuient: les libres ]\vraiiiidales etlo faisceau do Meynert.

1° Le faisceau pyramidal occupe les trois quarts internes (ou même les quatre cin- (|uièmes). On peut le diviser on deux portions : le faisceau géniculé, portion crânienne du laisceau pyramidal, qui comprend le quart interne. 11 a pour origine l'opercule rolandique. pieds de Pa. de Fa et de /■'■'. et contient les fibres du facial inférieur, des muscles de la langue et de la déglutition ; — le faisceau pyi-amidal proprement dit. portion spinale du faisceau, qui vient des régions moyenne et supérieure des rolandiquos et renqilil les trois ipiarts moyens du pied.

2u Le faisceau de Meynert (faisceau de Tiirck de quelques auteurs, faisceau occipital, faisceau sensitif, faisceau cortico-protubérantiel postérieur d'ivlinger, faisceau du système latéral du pont de Becblerew) provient des deuxième et troisième temporales, passe par la partie la plus inférieure et la plus postérieure de la capsule interne, et occupe le quart ou le cinquième externe du pied pédonculaire. Il se termine dans les noyaux de la protubérance.

Flechsig et Zaclier répartissent le pied pédonculaire en quatre quarts: le premier (juart externe contient le faisceau do Meynert : le deuxième quart externe, le faisceau pyramidal :

NÉVROLOGIE

le troisième quart, un faisceau qui vient du noyau caudé (Flechsig), du corps strié et peut-être de Fa [Zacher] ; le quatrième quart ou quart interne, un faisceau émané du lobe frontal et du noyau lenticulaire IF/echsig), de l'insula et de la base du noyau lenticulaire (Cacher).

Le faisceau pyramidal proprement dit a pour largeur le quart du pied, Flechsig ; les deux quarts moyens, Charcot ; les trois quarts, Déjerinc. 11 y a là une grande discordance. Flechsig s'est guidé sur la myélinisation du faisceau chez l'enfant et peut-être à cet âge toutes les fibres ne sont-elles pas ache\'ées.

Au-dessus du faisceau pyramidal, entre ce faisceau et le locus niger, Flechsig indique

F. griiic-

Figure 373. — Le pied du pédoncule cérébi'al. Faisceaux du pied schématisés sur une coupe perspective. — Ija voie motrice en rouge.

un petit faisceau de fibres fines, qu'il appelle le ruban d\i pied et qui se terminerait dans l'insula. Bechterew en fait une voie sensitivc des nerfs crâniens.

CVoy. Déjerine, Fibres de l'étage inférieur du pédoncule cérébral, Snc. de Biol. 1 803 : — .^■acAer, BeitrœgezurKenntniss des Faserverlaul'es im Pes pedunculi. Arch. /'. J'si/r/i. 1800).

CENTRES CORTICAUX

On a longtemps considéré l'écotce cérébrale comme un organe unique et indivis, un réservoir où tout aboutit et d'où tout s'écoule, sorte de uiotorium et de sensorium commune. Gratiolet le premier démontra l'individualité des circonvolutions ; puis Bouliiaud et Broca découvrirent la première localisation, celle du langage articulé, et celle-ci était typique puisqu'elle était confinée dans une partie restreinte de circonvolution, dans le pied de F^. La doctrine des localisations se généralise avec Hitzig(1870) qui reconnaît l'excitabilité de l'écorce et indique la plupart des centres moteurs. Charcot la confirme chez l'homme, par des observations précises de clinique et d'anatoinie ])athoiogique. Ladécouverte des sphères sensorielles, de celles de la vision surlout, complète cette théorie nouvelle, dont les lignes fondamentales sont aujourd'hui bien établies.

Nous passerons successivement en revue la zone motrice, la zone sensitive et la zone sensorielle.

1° Zone motrice. — La zone motrice ou psycho- motrice comprend les deux circonvolutions rolandiques ou centrales, c'esl-à-dire la frontale et la pariétale ascendantes, avec le lobule paracentral et le jjli de ])assage fronto-pariétal infé-

STRUCTURE DU CERVEAU

rieur ou opercule rolaiulique. C'esl ce que déinonlrent de nombreuses observations suivies d'aulopsies, les inlorveutioiis opératoires daus les cas de tumeur

For. in/'. - Id/'i/ii r- In nfjiip

Fig. 374. — Centres corticaux.

I IcinisphfTe ffaui-'liG, face extLM-no. — En rouge, les centres scn:iitivo-moteur.=i ; en bien, les contres sensoriels ; en gris, les centres d'association des signes Un langage. — La position réciproiiue des centres de l'auilitiou verbale et de l'audition sini|)le est arbitraire.

OU aiiires lésions localisées, et l(>s expéi'inienlalions électri(|ues faites sur des sujets trépanés.

Ijiib pin (/( , iHi, iii/'. )

Ci'ilh-f l'ixHcl C. gimt. :' ('riUn'olf.

Fig. 37i). — Centres corticaux.

Hémisphère gauche, face interne. — En rouge, les centres sensitivo-moteurs ; en bleu,

les centres sensoriels.

Dans la zone motrice, les centres sont renversés, c'est-à-dire disposés en sens inverse du sujet deijout ; ceu.x de la face en bas, ceux des j)ieds en baul.

Lescentres des membres ni/t'/'i'eio-s occupent le lobule paracentral et le ([uart supérieur des circonvolutions rolandiijues.

NÉVROLOGIE

Les centres des membres supérieurs remplissent. les deux quarts moyens de ces circonvolutions.

Les centres de la face, de la bouche et du larynx, lequart inférieur des rolandiques et leur pli depassage.

A côté des centres moteurs, il faut ranger les centres coordinateurs du langage et de l'écriture, qui sont situés sur les frontières de la zone motrice. Ce ne sont point des organes directement moteurs ; ce sont des centres de coordination ou d'association qui agissent sur les vrais centres moteurs placés à côté d'eux et comme à leur portée.

Le centre du langage articulé est situé dans la partie postérieure ou pied de la troisième frontale gauche (chez les droitiers). Sa destruction provoque l'aphasie motrice ou aphémie, caractérisée par l'impossibilité de parler, de répondre à des mots qui sont pourtant compris.

Le centre de l'écriture, c'est-à-dire de la coordination des mouvements que nécessite l'écriture, occupe, d'après Exner et Charcot, le pied de la deuxième frontale gauche.

Constitution des centres moteurs. — Les centres moteurs sont des agglomérations de cellules nerveuses, surtout des grandes cellules pyramidales, dont les cylindre-axes deviennent fibres constitutives du l'aisceau pyramidal ou du faisceau' géniculé. I^ar ces faisceaux elles mettent en jeu les cellules radiculaires motrices des nerfs crâniens et des nerfs rachidiens.

Dès leur émergence au-dessous du point de l'écorce, dans lequel est leur origine, les fibres du centre moteur se rassemblent en faisceaux et traversent sous cette forme le centre ovale pour aborder la capsule interne. Do cette disposition en faisccau.x indivis, homogènes, il résulte que des lésions isolées du centre ovale, interrompant ces faisceaux qui sont les voies de conduction, produisent les mêmes effets que la destruction du centre même d'origine {Pitres). De là des paralysies partielles ou générales par lésion du centre ovale ou de la capsule interne. Quand il s'agit de centres coordinateurs, soit pour les images motrices soit pour les images sensorielles, l'aphasie produite par l'interruption du faisceau conducteur porte le nom d'aphasie sous-corticale et présente certains caractères cliniques distinctifs.

Multiplicité des centres moteurs. — Nous nous sommes bornés à indiquer les grandes divisions de la zone motrice en membres supérieurs, membres inférieurs et face. Mais dès le début l'expérimentation sur les animaux démontra que les centres moteurs étaient extrêmement nombreux. Dans le membre supérieur, il y a des centres spéciaux pour chaque articulation, pour la main, pour les doigts, pour le pouce. On a reconnu un centre pour le sphincter de l'anus, pour le sphincter de l'urèthre, pour le releveur de la paupière supérieure. Chaque groupe de muscle et probablement chaque muscle a son centre cortical.

11 en est de même chez l'homme, comme l'ont montré les expériences faites sur des sujets trépanés et les observations cliniques. On observe des monoplégies limitées à un segnjent de membre, à un groupe de muscles. Horsley a extirpé un tubercule qui siégeait sur le genou de la scissure de Rolando et produisait des convulsions limitées au pouce. Déjerine a vu une paralysie des quatre doigts, sans le pouce. .lastrowitz a cité un cas de crampe persistante et ancienne du gros orteil droit, déterminée par une tumeur grosse comme un haricot sur Pa gauche, à 4 cm au-dessous du bord sagittal. Péan et Gowers ont chacun opéré pour des convulsions du gros orteil, point de départ d'epilepsie corticale ; les convulsions étaient dues à une tumeur dans un cas, aune cicatrice dans l'autre, siégeant sur la partie la pkis élevée des rolandiques ( Vetter).

Dans la zone motrice inférieure, existent des centres contigus, mais distincts, pour le facial inférieur (centre buccal), la langue, le pharynx (centre de la déglutition), le larynx (centre de la phonation ou centre laryngé). Le centre du larynx, qui est un centre phonateur et non respirateur, parait avoir pour siège la partie la plus inférieure des rolandiques, c'est-à-dire leur pli de passage operculaire (Déjerine, Garel), à la même place que chez le singe [Horsieij) ; et son faisceau occupe peut-être dans la capsule l'angle externe du genou. C'est dans cet étroit territoire qu'aboutiraient les fibres du facial inférieur

STRUCTURR DU CERVEAU

(musi^les He la fente biuxalc), de riiypoylossc, du spinal, du icInssD-pliaryrifîicn et pcul-iM ro du pncumo??asl,rir|ue (dL'f,dutil ion).

Centres indéterminés. — Tnus les (■l'iitros uiusculaircs ne sont pas rnnuus. On if;n(n-e le lcrrit(jire des muscles suivants : niuscli's du tronc, muscles des yeux, muscles masticateurs, muscles du facial supérieur (frontal, sourcilier, orbiculaire). Wernicke place le centre cles muscles de la nuque dans le lobe frontal, immé'diatement en avant de la partie moyenne de Fa : d'aulres le mettent dans le pie<l de F^. Le roleveur de la paupière supiM-ieuii;, diuil la paralysie centrale a été observée plusieurs fois à l'état isolé, semble posséder un cenli'e autonome, qui est peut-être dans la pariétale inférieure (Lnnilouzi/]. A plus forte raison ne connait-on pas le trajet des faisceaux ((ui relient ces centres aux noyaux bulbaires. Pour les nerfs moteurs de l'œil notamment, on ne peut dire à quel niveau leurs fibres centrales quitlent le faisceau pyramidal pour aborder les noyaux du moteur oc. connnun, du patliétique et du moteur externe. On présume ([u'elles occupent la partie la plus interne du pied pédonculaire et qu'elles entrent de suite dans le raplié en pi}nétrant de bas en baul. plus ou moins confondues avec les fibres radiculaires. Bechterew avance que les cenires des mouvements des yeux, du nez et des oreilles occupent cbez les animaux la r('>^'iou lemporo-pariétale et qu'ils sont très peu excitables, parce que leurs fibres ne vont pas directement aux noyaux du tronc cé'rébral ; elles s'interrompraient dans la couche optique.

Bilatéralité de certains centres. — Les centres. (|ui commandent à des ori^anes dont les deux moiliés se contractent sinndtanément, sont bilatéraux : ils commandent ,-iu x nmscles des deux côtés. Tel est le cas de l'hypoglosse qui anime la langue. Si le cenlre cortical est atteint d'un seul côté, il n'y a ifu'une paralysie légère, du coté opposé ; pour que la paralysie de la langue soit complète, il faut ([ue les centres soient dédruits sui' les deux hémisphères. Inversement la destruction du faisceau ilc conduction d'un seul côté influe sur la motilité des nerfs droit et gauche. Nous verrons ]dus loin par (pielle disposition anatomique on peut expliquer ces phénomènes.

Beevor et Horsley admettent que. cbez le singe, il y a bilatéralité ties centres corticaux pour la mastii'ation, la déglutition, le voile du palais, l'adduction des cordes vocales, la prolraction des lèvres. Vetter reconnaît chez l'homme la bilatéralité pour les muscles ilu tronc et de la nuque (Hitzig), les muscles de la face (E.rner\. les mus(des masticateurs, les muscles de la langue, les muscles de l'œil et à un failjle degré les muscles locomoteurs du membre inférieur.

Les paralysies d'origine centrale, qui portent sur îles mouvements à double cenlre cortical, sont oi'dinairement de faible intensiti.'' et de peu de ilurée.

Centres d'association. — Nous désignims sous ce nom les territoires corticaux qui se soul fiiriiii's par la concurrence de plusieurs centres à une action unii[ue et commune. 'J'els sont les centres de la parole et de l'écriture, dans la sphère motrice, de la lecture et de l'audition des signes, dans la sphère sensorielle. On ne connaît que ces quatre centres, mais il doit en exister beaucoup d'autre.s.

Ils nous apparaissent comme des spécialisations corticales créées pai- certains actes devenus habituels et fréquemment répétés. Ce sont des perfectionnements ai'c|uis ; c'est pourquoi de tels centres ne siègent que sur un des deux hémisphères, sur celui ipii fonctionne à l'état Iiabituel, sur le gauche cbez les droitiers, sur le droit chez les gauchers. Quand ils sont détruits, ils sont très dillicilement supph''r\s par le côté opposé, parce qu'ils ne se dé* veloppent ([ue par une longue éducation et des aptitudes héréditaires. Plac(''S au voisinage des groupes corticaux qu'ils dirigent ou dont ils se servent, ils leur sont sans doute reliés par des fibres tangentielles et des faisceaux courts d'association.

Nous ne parlerons ici que des centres moteurs du langage et de l'écriture.

Le centre du langage articulé occupe le pied de F' du côté gauche. Pitres a décril au- Irel'ois un faisceau pé<liculo-frontal inférieur qui de cette région ii'ait nu Imlbe en passant par le bras antérieur de la capsule interne. Les auteurs allemands reconnaissent aussi une roie du lanrjriffe ou faisceau verbal, qui chemine d'abord isolément, puis rejoint le faisceau de l'hypoglosse à son entrée dans la capsule interne, et descend dans le tronc cérébral pour aboutir aux noyaux du facial et de l'hypoglosse. Mais c'est là supposer des connexions bien éloignées et injustifiées, puisque la destruction de la capsule interne ne produit pas l'aphasie. Le cenlre du langage n'est pas un centre directement moteur, en ce sens que ces cellules enverraient leurs cylindre-axes aux cellules motrices du bulbe : sa destruction ne provoque aucune paralysie, c'est un centre psycbii[uc coordinateur qui règle et associe les divers centres plionéti(iues moteurs nécessaires à la production tle la parole (centre laryngé, centre respiratoire, centre de la langue, de la bouche, soit (|uatre ou cinq nerfs crâniens ou rachidiens agissant simultanément). Tous ces centres sont placés immédiatement derrière lui. et c'i'st sans rloute par les fibres arqui'es sous-corticales rpi'il leur csl uni et qu'il les dirige. La destruction de ces fibres explicjue l'aphasie d'origine sous-corticale.

NÉVROLOGIE

Les mêmes observations s'appliquent au centre moteur de l'écriture, lequel occupe, d'après Exner, le pied de la deuxième frontale gauclie, en avant des centres de la main et du membre supérieur; sa destruction provoque l'agrapliie motrice. Plusieurs auteurs contestent l'existence de ce centre {Wetviicke, Déjei-ine). Mais à un point de vue purement théorique, il n'y a rien d'irrationnel à supposer que la pratique de l'écriture, nécessitant une coordination déterminée et fréquemment répétée de certains mouvements de la main et du bras, a fait se développer un centre unique spécial, qui dirige tous ces groupes moteurs.

2° Zone sensitive. — La zo7ie sensitive ou sphère sensitive est identique à la zone motrice. Telle est du moins la conclusion qui découle des dernières observations de dégénération secondaire par lésion corticale publiées par Flechsig et Hœsel, conclusions confirmées par d'autres faits du même genre, comme aussi par des expérimentations faites sur des sujets trépanés et chez lesquels l'excitation de la zone rolandique a produit en même temps de la paresthésie et de l'engourdissement dans le même membre. Déjà avant eux on avait observé que les champs moteur et sensitif se couvraient en partie {Munck, R. Tripier); mais il paraît acquis aujourd'hui qu'ils se couvrent complètement.

La zone sensitive comprend donc la totalité des rolandiques et peut-être d'autres parties de circonvolutions, s'il se confirme que certains centres moteurs, comme ceux de l'œil, sont placés hors des circonvolutions centrales. Elle comprend non seulement la sensibilité du tronc et des membres, mais aussi celle de la tête ; au moins cela est-il acquis pour le trijumeau, et on peut l'inférer pour les fibres sensitives de la langue, du pharynx, du larynx. Toutes les espèces de fibres sensitives, hormis les fibres sensorielles, y sont représentées, fibres des sensibilités tactile, thermique, douloureuse, et du sens musculaire. Enfin la répartition en centres secondaires est la même; les centres rolandiques sont des centres sensitivo-moteurs.

3" Zone sensorielle. — La zone sensorielle ou sphère sensorielle nous est déjà connue, l'allé comprend quatre centres distincts, tous situés en arrière de la zone sensitivo-motrice ; ce sont les centres visuel, auditif, olfactif et gustatif.

1» Centre visuel. — Le centre visuel (zone ou sphère visuelle) est essentiellement localisé dans la sixième circonvolution occipitale ou cuneus et s'étend sur le reste de la face interne du lobe occipital. C'est là qu'aboutissent les radiations optiques, continuation des fibres rétiniennes. Sa destruction produit la cécité.

Wilbrand a cru jyouvoir localiser le sens des couleurs dans la scissure pariétooccipitale, le sens de la lumière dans la pointe du lobe occipital, et le sens de l'espace entre les deux premiers; mais ces données ne sont point suffisamment établies au point de vue anatomique; il est possible que ces trois sens soient confondus et ne se dissocient en clinique que suivant l'intensité des lésions d'un même point {Vialet).

Comme pour la zone motrice, il s'est créé, à côté du centre visuel pur, des centres d'association optique, unis au premier dont ils dérivent par de nombreux faisceaux que nous avons décrits. Tandis que le cuneus est le cenlre de la perception pure et simple et que sa destruction produit la cécité complète, l'impossibilité de voir les objets, la face convexe du lobe occipital paraît être le centre de la mémoire optique (Wilbrand) ou des souvenirs

STRUCTUliE DU CEHVEAU

visiiols. r/psi là s'i'iiiiiianasineraienl los images visuelles avec leur signification. Sa destruction complète, par conséquent sur les deux lobes occipitaux, provoque la cécité psydiique. Le sujet voit les objets, mais ne les reconnaît plus; il est frappé d'amnésie optif|ue ; les lieux, les objets, les personnes qu'il connaissait n'éveillent plus en lui aucun souvenir.

Un second centre d'association, le centre des im(ir/c>< firKpIi'Kities, est plus sûrement établi ; il occupe le pli courbe (l(d)ule postérieur ou lobule angulaire de P-) immédiatement en avant du lobe occipital, et cela du cùtégauclie seulement cbez les droitiers, c'est-à-dire du côté du cerveau qui, fonctionnant le plus et le plus souvent dans la vision, s'est créé un centre supplémentaire, s|»écialisé pour une association opti(|ue déterminée. Sa destruction produit une des formes de l'apbasie sensorielle, la cécité verbale, consistant en ce f[ue le malade voit les signes figurés, lettres, Jioles musicales, cbillres, mais ne les reconnaît plus, et par suite ne peut plus écrire (agrapbie sensorielle); sa langue écrite est devenue une langue étrangère inconnue.

2" Centre auditif. — f^e centre auditif (spbère auditive) a pour siègi» la première temporale, TK II reçoit le faisceau acoustique qui lui apporte les fibres centrales du nei'f cocbléaire ; ces fil)res sont les unes directes, les autres indirectes, c'est-à-dire qu'elles s'interrompent dans le corps genouillé interne et le tubercule qiuidr. postérieur. La destruction de ce centre provo(|ue la surdité. On a constaté plusieurs fois l'alropbie de P cbez les sourds-nuiets ; on a observé également son état d'imparfait développement chez des sujets devenus sourds d'une oreille dans l'enfance, en même lein|)s f|ue la circonvolution du côté opposé (homonyme à l'oreille perdue) avait ac(|uis un volume ])lus grand, par couqiensation.

('omme |)our le cenire visuel, on constate la présence de centres d'association auxiliaires. Il est possible, mais non démontré, que, dans les deux circonvolutions sous-jacentes, T- et T'-i, se soit formé, et cela des deux côtés comme pour le lobe occipital, un centre de mémoire auditive. En tout cas, il est établi que la première temporale (lossède, en avant ou en arriére du centre auditif pur, un cenire de iiié))ioire audilire du Uni(ja.(]e, analogue au centre visuel graphique, et siégeant du côté gauche seulement. Ce cenire conserve et ])erçnit la signification du langage parlé. Sa destruction entraîne la surdité verbale, ou amnésie des sons. Le malade enlend ce qu'on lui dil, mais ne C(jmprend pas; sa langue qu'on lui (larle n'éveille en lui aucune idée.

Centre olfactif. — Le centre olfactif occupe dans la cinquième temporale le lobule de rhi|q)Ocampe et ](robablement la corne d'Ammon. Un centre secondaire paraît siéger dans le carrefour de l'hémisphère, à l'extrémité antérieure de la première frontale et de la circonvolution du corj)s calleux. Nous avons longuement étudié ses connexions (v. p. 547).

i" Centre gustatif. — Le centre du goût est de tous le plus mal connu. Ouel- (|iu;'s observations semblent montrer qu'il occupe le lobe temporal chez les animaux, et (jue chez l'homuie il es! en ])artic confondu avec le centre olfactif, ([u'il a par consé(|uenl pour siège également la ciu(|uième temporale. f)n ne sait rien de ses connexions avec les libres centrales gustatives du glosso-pharyngieu cl du nerf de \\'risberg.

NEVROLOGIE

Distribution fonctionnelle de l'écorce cérébrale. — La découverte de la superposition, ie l'identité luénie des zuues motrice et sensitivc nous oblige à modifier nos idées sur les centres corticaux. Il n'y a plus de centres moteurs, mais des centres seiisitivornoleiifs.

On doit aller encore plus loin. Ces centres corticaux sont en même temps des cer^res sécréteurs et des centres vaso-moteurs. Une foule d'émotions psychiques se traduisent par des phénomènes de ce genre ; la peur provoque la sueur, la diarrhée, la pâleur des téguments, l'arrêt de certaines sécrétions, salivaire, lactée ; la douleur fait couler les larmes, la honte se traduit par la rougeur de la face. On a vu des méningites de la convexité s'accompagner de sueurs héraifaciales. Bechterew a montré que l'excitation de certains territoires corticaux fait apparaitre des changements respiratoires, de la réplt4ion vasculaire du côté opposé, de la sécrétion salivaire, des mouvements dans l'estomac, la vessie, le vagin. Les centres contiennent donc toutes les catégories de fibres nerveuses. Il est bien possible d'ailleurs que ces phénomènes involontaires de sécrétion, de vaso-motricité, d'expression passionnelle, ne soient pas produits directement, mais par le concours d'un centre secondaire sur lequel agiraient les fibres corticales. Bechterew soutient que ce centre est la couche optique, car elle peut produire tous ces phénomènes automatiquement, après ablation de l'écorce.

D'un autre côté, tout tend à démontrer que chacun de ces centres, avec son innervation complète, représente un organe tiéterminé, qu'il est un centre organique. l^iW d'autres termes, il y a des centres de la main, de l'épaule, de la bouche, de l'œil, etc.. Le centre de la main, par exemple, est en relation avec ses muscles, sa surface tactile, son appareil sécréteur. Le centre visuel, comme l'avait déjà vu Adamkiewicz dans ses expériences sur la compression cérébrale, possède ses fibres optiques, ses nerfs de mouvement et de sécrétion. Ainsi se confirme l'idée de Meynert que l'écorce cérébrale est une surface sur laquelle se projettent nos organes.

C'est parce que les centres corticaux sont des appareils complets, des systèmes organiques, que Flechsig propose de diviser la surface cérébrale en deux territoires, celui des centres sensoriels et celui des centres d'association.

1" Centres sensoriels (Sinnes centruni). — Les centres sensoriels sont affectés à un organe des sens, avec lequel ils sont en relation directe. Leur fonction est celle de la perception simple avec sa réaction motrice élémentaire.

Ces centres comprennent le tiers des circonvolutions. Ils possèdent des fibres d'association et des fibres calleuses ; mais ils sont surtout caractérisés par leurs nombreuses fibres do projection, fibres du ruban de Rcil, fibres pyramidales, fibres cérébelleuses, fibres thalamiques. Leur myélinisation est tout entière achevée au troisième mois après la naissance.

Chaque centre possède son appareil moteur, qui tantôt est intercalé dans l'appareil sensitif, tantôt est dans son voisinage immédiat, à sa portée.

Dans cette catégorie se rangent : 1° le centre du tact, qui occupe toute la région rolandique, zone motrice des auteurs, et qui comprend comme voies principales le ruban de Reil et le faisceau pyramidal. D'après Flechsig, le faisceau pyramidal est destiné surtout aux organes à sensibilité tactile affinée, tels que les lèvres, les membres supérieurs, les pieds. — 20 Le centre de la vision, localisé dans la face interne du lobe occipital. On suppose que son appareil moteur (mouvements des yeux et de la tête) occupe la région pariétale postérieure. — 3" Le centre de l'audition, dans T' - 4° et 5o, le centre de l'olfaction et le centre du goût dans T'-'.

2° Centres d'association. — Les centres d'association sont les centres où s'emmagasinent les impressions fournies par les centres sensoriels ; ils deviennent par excellence le siège de la mémoire, du jugement, de la combinaison des idées, de la coordination motrice.

Ils sont riches en fibres d'association qui les unissent aux centres sensoriels, mais ne possèdent pas de fibres de projection.

Ils n'ont pas d'appareil moteur et ne peuvent provoquer des mouvements que par l'intermédiaire des centres sensoriels. Leur myélinisation est tardive, comme pour tous les organes dont l'évolution phylogénique est récente ; elle n'est pas commencée au troisième mois après la naissance.

Les centres d'association occupent les deux tiers de la surface cérébrale, et sont répartis en quatre territoires: la partie antérieure du lobe frontal, l'insula; une partie du lobe pariétal, et une partie de la surface convexe teniporo-occipitale. Leur incomparable développement constitue la suprématie du cerveau de l'homme sur celui des animaux.

Déjà nous avons considéré comme des centres définis ou spéciaux d'association, les centres du langage écrit ou parlé qui se sont formés les uns sur les frontières île la zone scnsitivo-motrice, les autres à côté de la sphère visuelle et de la sphère auditive. Nous en

STRUCTURE DU CERVEAU

nx'ons rpcnnnii i(ii;ifi'i' : le r(Mitri^ du laniiasp ai'liciili' dans le pioil df /''•*, le fcnlro d(?s iriouvcniLTif .s de rrcriliiri^ dans le pied de /''-, le rentre di:s images Ojttiqnes graphiques dans le lobule postérieur (pli courbe) do la pariétale inféi-ieurc, le centre des images auditives du langage dans la première temporale. Leur suppression produit l'aphasie, motrice pour les deux premiers, sensorielle pour les deux autres.

C'est au reste de la surl'ace cérébrale que s'applique le nom de sone latente, celli' ilont les lésions ne produisent aucun trouble caractéristique, ni dans la sphère sensitive ou motrice, ni dans l'exercice de certaines facultés. L'étendue de cette zone diminue de jour en Jour, à mesure que s'accroissent nos connaissances. Déjà nous soupçonnons dans la sm-l'ace externe du lobe occipital un centre de mémoire visuelle, et peut-être dans les deuxième et troisième circonvolutions temporales un centre de mémoire auditive. Il resti: encore à placer les centres sensitivo-moteurs des yeux, du facial supérieur, flu nez, d'une partie de l'oreille, des muscles dvi tronc.

D'auti'es centres d'association doivent exister sur différents points du cerveau, centres variables suivant l'éducation et le développement cérébral des sujets, puisque ce sont des acquisitions qui peuvent être récentes. On peut en supposer pour le calcul, le dessin, la musique, etc..

Les centres sensoriels sont des sens de perception simple, et les centres d'association dont nous venons de parler sont surtout des centres de mémoii'C, annexés à ces centres perceptifs. Il n'est pas défendu de penser avec Ilitzig, qu'au-dessus d'eux existent des centres psychiques d'association supérieure, et que si les idées se forment flans toute l'écorce cérébrale, c'est surtout rlans le lobe fi'ontal caractéristique du cerveau humain, que s'organisent la réilexion, les idées abstraites, la conscience, la volonté frihiatrice des centres sensitivo-nioteurs, en un nujt les manifestations éle^'i'es de l'intelligence humaine.

Comme travaux récents, Sur les centr(,'S corticaux : II<vsel. Die Ci^nli'alwinduiigen... ArcI). /'. /'si/v/t. ISII2; — Vetter, [leber die neueren Kxperimcnte ani (^Irosshirn, /Jeii/sr/i . Arr/i. /'. kliii. Mr///riii. l.Slli-; — • Fler/isig, lleber ein neues rMntlieilungsprincip der Crosshirn Oberfkcche Neurol . Centrnlhhitt . 1891: — l'itres. Centres moteurs corticaux. DSO.'i.

30 Sur les aphasies : Soc. de liiologie de 1S91 a l.Sllb; — Congrès de médecine de Lyon lS9i.

AIÎCilITRCTrRK CF.IÎVEAU

En résuiiianl les notions (|iie nous avons exposées dans les patres précédentes, il est facile de reconslitner dans s(>s i;randes lignes l'aicliileclure dn cerveau.

[.,'écorce grise de rhéniis|dière, terme su|)réine de l'évolution nerveuse et centre supérieur de sensibilité, de niouvetnent et d'idéation, est reliée par des voies nombreuses, d'abord à elle-même, c'est-à-dire àses dillériMilcs proviiues, puis au.x autres segments du système nerveu.x central.

VOIES INTER-CORTICALES.

Ces voies sont de d(Mi\ nrdi'cs : les unes sont limitées à un même liéniisphere, les autres s'étendent d'un hémisphère à l'autre.

1° Voies intra-hémisphériques. - KHes constituent le système d'association. IjCs voies de communication abondent surtdul dans les circonvolutions qui ne renferment pas de centres moteurs. Elles comprennent :

I" Les Rhres tangentielles, (jui sont intra-corticales, courtes par conséquent ;

2" Ees fibres arquées, tendues d'une circonvolution a l'autre ;

NÉVROLOGIE

3" Les faisceaux aiitéro-postérieurs à long trajet

f. loiigitud. sup.

f. longit. inf. f. occipito-frontal.

f. unciforme.

f. de l'ourlet ou cingulum.

4" Les faisceaux verticaux et transversaux des lobes frontal et occipital ; 5° Le trigone, en partie, et peut-être le tœnia semi-circularis ; 6° Les fibres cortico-striées.

2" Voies inter-hémisphériques. — Elles sont représentées par le système commissural. Les commissures fondamentales sont :

1" Le corps calleux, pour la convexité de l'hémisphère ;

2" La commissure antérieure pour le lobe olfactif et la base de l'hémisphère ; 3° La lyre du trigone pour la corne d'Ammon.

Le cerveau hémisphérique ou antérieur est uni à tous les autres cerveaux embryologiques et à la moelle, c'est-à-dire à toutes les parties des centres nerveux qui sont situés au-dessous de lui. Ces fibres d'union constituent le système de projection.

1° Union avecle cerveau intermédiaire (couche optique et troisième ventricule mo^'en). Cette union puissante, étendue, est réalisée par toute lacouronne rayonnante optique (fibres cortico-thalamiques), par la partie principale du trigone et par les fibres strio-thalamiques.

2° Union avec le cerveau moyen (pédoncules cérébraux, tubercules quadrijumeaux). Dans cette catégorie rentrent les fibres optiques du lobe occipital qui vont aux tubercules quadrijumeaux antérieurs, les fibres temporales acoustiques qui s'étendent au corps genouillé interne et au tubercule quadr. postérieur, l'anse lenticulaire qui aboutit au corps de Luys et au noyau rouge, les fibres cérébelleuses qui vont de ce même noyau rouge à l'écorce cérébrale ; les fibres motrices du moteur oc. commun et du pathétique.

3° Union avec le cerveau postérieur (protubérance et cervelet). — De l'hémisphère à la protubérance s'étendent : le faisceau de Meynert ; une partie des fibres acoustiques et des fibres sensitives, notamment celles du trijumeau ; une partie du faisceaupyramidalgéniculé(trijum. moteur, mot. oc. externe, facial), et les collatérales du faisceau pyramidal rachidien.

Avec le cervelet, les relations sont probablement entièrement indirectes, interrompues par le noyau rouge ou la couche optique.

4° Union avec l'arrière-cerveau (bulbe). Elle est représentée par la j)lus grande partie du ruban de Reil ou faisceau sensitif, et par la portion géniculée du faisceau pyramidal qui se termine dans les noyaux moteurs du bulbe.

S" Union avecla moelle. — Nous ne trouvons plus ici que le faisceau pyramidal, et peut-être quelques fibres directes des racines postérieures.

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