‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 17 sur 194 · I- Lig. dentelé · texte numérisé non relu

I- Lig. dentelé

""■ Arach. pariétale

Arach. viscérale Dure-mère

Fig. 83. — Arachnoïde racliidienno, vue sur une coupe transversale.

La dure-mère en bleu ; la pie-mère en rouge, recouverte par le tissu sous-araclinoîdien. La face antérieure de la moelle regarde en bas.

de ces parties reçoit, comme au crâne, une gaine arachnoïdienne, manchon infundibuliforme extrêmement court, qui sert de lieu de raccord aux deux feuillets de la séreuse.

L'arachnoïde spinale présente quelques particularités de structure. On distingue dans son feuillet viscéral, malgré sa minceur, deux couches différentes : une couche externe de fins faisceaux conjonctifs disposés longitudinalement et parallèles entre eux, mais non rigoureusement juxtaposés, d'où des fentes que comble le revêtement endothélial; une couche interne, réticulée, riche en fibres élastiques, montrant dans la direction de ses trabécules une direction surtout transversale. Un endothélium recouvre les deux faces de la méninge. H n'y a ni vaisseaux ni nerfs.

Elle est assez souvent le siège de plaques ossiformes beaucoup plus rares sur l'arachnoïde cérébrale. Ces plaques plus communes chez les sujets âgés et dans

PIE-MÈRE

les maladies clironiques des centres nerveux, se reiiooiilrenl aussi chez des sujets sains. Sur vingt moelles de sujets normaux, Scluilz les a rencontrées six fois, et quatre fois les sujets avaient de vingt-cinq à trente-cinq ans. Elles sont ordinairement multi|iles ; leur forme est étoilée. Jolies sont formées de fibro-cartilage iiililtré de sels calcaires.

PIE-MÈRE

La pie-mère est la plus interne des trois méninges. Elle se présente sous la forme d'une membrane mince, remarquablement vasculaire (matrix vasculosa), membrane nourricière de la substance nerveuse par les vaisseaux qu'elle porte, comparée par les anciens au chorion de l'utérus gravide. C'est un auteur monastique du moyen âge qui a traduit de l'arabelo mot membrane fine par membrane pie, religieuse, sans doute par opposition à la membrane rude et grossière, la dure-mère. A sa fonction vasculaire, il faut ajouter un rôle de contention ; Galien oljserve avec raison que sans elle la substance cérébrale s'affaisserait et se déformerait.

La pie-mère se comporte différemment sur la moelle et sur l'encéphale ; il y a avantagea commencer la description par la pie-mère spinale.

I t.— PIE-MliRE SPINALE OU RACIllf)IENNE.

La pie-mère spinale enveloppe en fouri'cau la moelle é])iuière et épouse rigoureusement sa forme. Elle est beaucoup plus épaisse que sur le cerveau, elle est dense, résistante, deini-transparenle ; isolée et détendue, elle est d'un blanc nacré. Quelquefois, à la région cervicale surtout, mais de préférence au bulbe, comme nous le dirons ])lus tard, elle prend une teinte ardoisée, produite par la pigmentation de sa couche profonde.

Elle contient la moelle qui la tend; cette tension fait paraître la moelle plus consistante qu'elle n'est par elle-même, sans sa gaine, et elle est cause que sur une coupe transversale fraîche la substance nerveuse fait hernie. Bien qu'elle envoie dans lamoellesur toute sa périphérie de nombreux prolongements radiés, il n'y a cependant pas adhérence de tissu, autre que celle qui résulte de cette disposition mécanique ; on peut, sans déchirer ou entamer la surface do la moelle, enlever la pie-mère par grands lambeaux ou même la retrousser complèlenient, il la condition d'opérer sur une moelle très fraîche, ou une moelle de nouveauné qui est plus ferme, ou une moelle qui a trempé dans l'alcool.

A la partie inférieure, la pie-mère entoure le filum terminale, prolongement atrophié de la moelle. Le filum comprend deux parties, une interne contenue dans le sac durai, une externe qui va de la dure-mère au coccyx. La pie-mère enveloppe le filament interne, intra-dural, et s'applique en haut sur la substance nerveuse que contient le filum ; en bas, dans les deux tiers inférieurs environ, où il n'y a plus de moelle, sur le cordon celiulo-adipeux qui la renqdace et qui renferme des nerfs et des vaisseaux. Il n'en est pas de même sur le filament externe, extra-dural par rapport à la cavité du sac. La gaine fibreuse qui le constitue et qui ])orlc le nom de ligament coccijgioi i'si un prolongement de la

NÉVROLOGIE

Cône term.

Dure-mère

Arach. vise.

Filum

dure-mère, du sommet de son cône étiré en tube mince ; elle contient des nerfs et des vaisseaux très fins qu'entoure une lame celluleuse. Cette lame est-elle une formation continue, qu'on puisse considérer comme la suite de la pie-mère supérieure ? c'est une question douteuse.

La pie-mère spinale est composée de deux couches, externe et interne, que, depuis Retzius (1875), on décrit de la façon suivante : 1» La couche externe ou superficielle, très variable chez les animaux, atteint chez l'homme son plus

grand développement. Elle comprend un plan de fibres conjonctives épaisses, serrées parallèlement, à direction longitudinale comme le grand axe de la moelle, et sur les deux faces de cette lame conjonctive un revêtement endothélial, l'un sur la face qui regarde l'espace sous-arachnoïdien, l'autre sur la surface qui confine à la couche interne. Cette couche est facilement séparable de la suivante, au moins chez le fœtus. 2° La couche interne ou profonde mince, mais ferme, est l'intima pia de Retzius. Blalgré sa grande minceur, on y distingue un plan central de fibres conjonctives rigides, à direction circulaire, qui ne sont pas exactement parallèles entre elles mais se coupent en réseau ; sur les deux faces de ce plan un réseau élastique, et sur la face périphérique de chacun de ces réseaux un endothélium. C'est entre le réseau élastique profond et la couche des fibres circulaires que s'intercalent quelquefois descellules ramifiées pigmentées, qui donnent à certaines parties de la moelle et de l'encéphale une teinte enfumée. Ce pigment est très abondant chez certains animaux, le mouton notamment; il n'est pas en rapport avec la couleur des cheveux.

On voit que les deux couches externe et interne de la pie-mère se regardent par une face endothéliale, et limitent un espace capillaire lymphatique, l'espace lymphatique de la pie-mère ou intra-pial. La face profonde ou médullaire de la couche interne, par conséquent de la pie-mère entière, est en rapport avec la mince couche marginale de névroglie qui entoure la moelle, et elle lui adhère, car sur la face interne de la pie-mère arrachée on retrouve souvent des lambeaux de névroglie. La grande majorité des observateurs n'admettent plus aujourd'hui qu'il y ait entre la pie-mère et le cerveau ou la moelle, ni la couche de très petites cellules que Fleischl a autrefois décrite à la surface de l'encéphale sous le nom de cuticulum, ni l'espace vide circulaire communiquant avec les fentes de la substance blanche, que His a appelé Vespace épispinal.

En résumé, la superposition des plans et des couches de la pie-mère est la suivante :

Cul-de-sac durai

Lig. coccyg.

Fig. 84. — Pie-mère du filum terminale.

La pie-mère (rouge) enveloppe étroitement le cône terminal de la moelle et le segment interne du filum; elle se perd sur le segment externe ou ligament coccygien.

PIE-MÈRE

Tissu sous-araclmoïilicn.

iEndotliolium.

Gouclie conjonctive à fibres verticales.

Enflol.liéliuni.

Espace lymphatique.

I EndoLliélium.

l Roseau élastique.

Coui-lie interne ) (^louche conjonctive à fiijres circulaires, (intima) J — cellules pigiiionlaires.

f Réseau élastique.

I Endotliéliura.

Névroglie marginale.

Les vaisseaux sanguins île la pie-mère ne sont autres que ceux de la moelle elle-même. Ils sont représentés par les artères radiculaires qui pénètrent avec les racines nerveuses antérieures et postérieures, et par les artères vertébrales que l'on peut assimiler à deux volumineuses radiculaires ; il en est de même des veines qui montrent une disposition très analogue. Arrivés à la surl'ace de la moelle ces vaisseaux, par leurs branches transversales et de nouvelles branches longitudinales qu'ils émettent, constituent le réseau anastornotique artériel etle plexus veineux delà pie-mère, tous deux beaucoup plus développés sui' la l'ace postérieure de la moelle.

Il faut noter les points sui\-anLs ; lo Le réseau sanguin spinal n'a ni la richesse ni les gros vaisseaux de la pie-mère cérébrale. Aussi dit-on généralement ([ue la pie-mère spinale n'est pas une vraie membrane vasculaire, mais plutôt, une gaine fibreuse de contention, un névrilemme, le cerveau d'ailleurs exigeant plus de vaisseaux parce cfue son activité fonctionnelle surpasse celle de la moelle. Kadyi, au contraire, qui a injecté un gi'and nombre de moelles, estime que la pie-mère rachidienne est proportionnellement aussi vasculaire que la pie-mère crânienne ; si les vaisseaux sont moins nombreux et moins volumineux, c'est que la quantité de substance nerveuse à nourrir (environ un cm. carré par section) est bien inférieure à celle du cerveau. Nous ferons observer on outre que la surface extérieure de la moelle est de la substance blanche ; or dans tous les centres nerveux les surfaces blanches, de faible activité physiologique, ont un faible réseau vasculaire, la nutrition des parties grises profondes étant assurée par des artères directes venues des troncs mêmes et non du réseau. C'est donc avec la pie-mère de la base du cerveau qu'il faut comparer celle de la moelle, et il est probable que leur vascularisation est relativement égale. — 2° Le réseau est contenu entre les deux couches de la pie-mère, entre la couche externe et la couche interne, par conséquent dans l'espace lymphatique intra-pial qui les sépare ; c'est de là que partent les branches perforantes qui traversent la couche interne et s'engagent dans les fissures de la moelle. Les gros troncs sont comme au cerveau dans l'espace sous-arachnoïdien. Quant à l'artère spinale antérieure, logée à l'entrée du sillon médian, en dehors de la pie-mère qui s'invagine toute entière dans ce sillon, elle est fixée à la face externe de la pie-mère par une bandelette 1 igamenteuse qu'on voit sur toute la hauteur de la moelle, bien marquée surtout à la région lombaire. Cette bandelette me paraît être constituée par du tissu sous-arachnoïdien, car elle se prolonge sur les racines antérieures. La veine ou les veines médianes, plus profondes que l'artère, et primitivement extra-piales, se trouvent emprisonnées dans la méninge par la coalescence des deux feuillets. — 3" Lo réseau A'asculairo est uniquement artériel et veineux [Kadiji) ; il n'émot point de capillaires, ceux-ci ne se montrent que dans la moelle. La pio-mèrc se nourrirait donc par le liquide céphalo-rachidien et par le plasma qui exsude des vaisseaux du réseau ; elle servirait de support au réservoir vasculaire de la moelle, mais comme elle ne possède pas de capillaires propres, elle pourrait au sens strict être considérée comme une membrane invasculaire, au même titri; que l'arachnoïde et le tissu sous-arachnoïdien.

L'existence de véritables /i/mplinfiques dans la pie-mère est très discutée. Mascagni, mais surtout Fohmann et Fr. Arnold ont injecté autrefois un riche système lymphatique montrant dos troncs gros et petits qui encadrent des réseaux serrés; on en trouvera un dessin dans l'Anatomie de Krause. S'agit-il de lymphatiques réels, comme Poirier tond à le croire ? ceux-ci appartiennent-ils à la pie-mère ou au tissu sous-arachnoïdien ? ou bien faut-il admettre avec d'autres observateurs que l'injection a rempli uniquement les gaines périvasculairos, gaines d'ailleurs endothéliales et lymphatiques qui s'ouvrent dans les espaces sous-arachnoïdiens ?

Il y a des nerfs nombreux. La couche externe de la pie-mère renferme un riche plexus

NÉVROLOGIE

de fibres nerveuses dont les mailles sont allongées dans le sens de la moelle et contiennent des cellules ganglionnaires à leurs points nodaux ; on le désigne quelquefois sous le nom de plexus de Purkinje. Les branches afférentes lui viennent des plexus sympathiques qui entourent l'art, spinale antérieure et les artères radiculaires, peut-être aussi des racines postérieures. Ce plexus, qu'on peut suivre même sur le filum terminale, est très probablement formé de nerfs vasculaires, sympathiques ou spinaux ; Retzius a vu les fibres qui s'en détachent perdre leur gaine de myéline et s'accoler aux vaisseaux. Existe-t-il aussi des nerfs sensitifs propres pour la pie-mère ? Aronson aurait suivi des nerfs émanés directement de la moelle, et allant se terminer dans la pie-mère par des corpuscules analogues à ceux de Meissner: Retzius indique des filcis qui se perdent dans le tissu conjonctif. De toute manière la question des nerfs de la pie-mère reste très confuse, et on ne doit pas oublier que plusieurs des faits signalés n'ont été observés que sur des animaux.

La pie-mère émet par ses deux faces des prolongements les uns externes, les antres internes qui l'unissent aux tissus voisins.

Les jirolongements externes sont représentés d'abord par les ligaments

dentelés que nous allons décrire, puis par des cloisons tendues entre sa face externe et l'arachnoïde, cloisons que l'on considère maintenant comme formées plutôt par le tissu sous-arachnoïdien et que nous étudierons avec lui, enfin par de fines lamelles qui s'engagent dans les racines nerveuses, ainsi que nousle verrons quand nous parlerons des rapports des nerfs avec les méninges.

Les prolong emeyits internes sont en revanche

elle est entourée du tissu sous-arachn. épipial qui engaine les très nombreux ; nous les

nerfs et les vaisseaux. Ni l'arachnoïde, ni la dure-mère ne , , . i-, -i

sont figurées. décrirons en détail avec

la charpente conjonctive

de la moelle. Nous verrons alors que sur toute la périphérie de la moelle, par toutes ses fissures et ses sillons s'engagent des lamelles de pie-mère qui se disposent en cloisons radiées, que ces lamelles pénètrent par des entonnoirs de la surface conduisant aux fissures, et qu'elles contiennent les vaisseaux médullaires auxquels elles fournissent une tunique adventice. Ces prolongements sont constitués essentiellement par la couche interne, l'intima pia ; mais il s'y joint aussi des fibres et des lamelles de la couche externe, qui s'enfoncent dans les parties évasées des sillons.

Il faut mettre à part le prolongement du sillon médian antérieur. Ce n'est pas un prolongement vrai; c'est un reploiement, une invagination de la piemère toute entière dans un intervalle naturel, dû au type morphologique de la moelle et non à la pénétration de vaisseaux dans une masse pleine. Plus tard il est vrai, et même dès l'enfance, les deux pie-mères droite et gauche du sillon

PIE-MÈRE

Ganglion

dentelé

se soudent en un seul feuillet qui donne l'aspect d'une cloison ordinaire; la distinction originelle n'en est pas moins fondamentale.

Ligaments dentelés. — Les ligaments dentelés sont deux bandes fibreuses festonnées, étendues de cbaque côté de la moelle et sur toute sa longueur, entre la pie-mère et la dure-mère. Ils sont placés dans le ])lan frontal ; ils ont donc une face antérieure et une face postérieure, un bord interne et un bord externe ; ils divisent la cavité cylindrique que circonscrit la dure-mère en deux demi-cylindres communicants, l'un antérieur, l'autre postérieur.

Le bord interne ou adbérent est rectiligne et mince ; il s'attacbe à la couche externe de la pie-mère, qui présente en ce point son maximum de densité et d'épaisseur ; la ligne d'insertion correspond à la face latérale de la moelle, au cordon latéral qui se trouve ainsi divisé topograpbiquement en deux moitiés, entre les racines antérieures et postérieures. Le bord externe ou libre est épais et festonné; il est décou|)é en une série de dents dont le sommet seul se fixe à la dure-mère, tandis que les arcades intermédiaires sontlibresde toute adhérence. La face antérieure ou ventrale est en rapjjort avec les racines antérieures et leurs vaisseaux ; la face postérieure ou dorsale avec les racines postérieures et leurs vaisseaux, au cou avec les racines du spinal.

Chaque dent ou feston, en forme de triangle à bords concaves, se fixe par son sommet quelquefois prolongé en languette à la face interne de la duremère ; ce point d'insertion es! toujours situé entre les orifices que traversent les racines des nerfs racbidiens, sur la même ligne verticale et à égale distance de la paire rachidicnne supérieure et de la paire inférieure ; il y a donc alternance régulière entre les points

de sortie des racines et les dents du ligament. On compte ordinairement vingt-

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