‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 16 sur 194 · Structure do la dure-môre · texte numérisé non relu

Structure do la dure-môre

Structure. — La dure-mère crânienne, épaisse de plus d'un demi-millimètre, a un aspect fibreux, une teinte perlée, gris-rosée ; elle se rapproche beaucoup plus des aponévroses que du périoste. Elle est composée d'un grand nombre de lamelles conjonctives aplaties et superposées, fortement unies entre

elles; chaque lamelle comprend des faisceaux conjonctifs avec leurs cellules ordinaires, de nombreuses et grandes cellules plasmatiques de Waldeyer, et un petit nombre seulement de fibres élastiques.

Aussi la membrane possède-t-elle une grande ténacité, une faible extensibilité, une très faible élasticité; elle suffit cà contenir la masse cérébrale dans de vastes pertes de substance osseuse, elle se déchire rarement dans les traumatismes, mais se décolle facilement.

Sa face externe est, d'après les anatomistes qui admettent un espace épidural, tapissée par un endothélium entre et sur les prolongements filamenteux. Sa face interne possède sûrement un endothélium, qui paraît être pourvu de stomates établissant des communications entrel'espace subdural et les fentes lymphatiques de la dure-mère. On discute encore pour savoir si cet endothélium repose ou non sur une membrane élastique fenétrée, d'ailleurs très mince, qui serait analogue à la couche élastique des autres séreuses, et refjrésenterait avec l'épithélium le feuillet pariétal de l'arachnoïde.

Dans un grand nombre de points les faisceaux conjonctifs n'ontpas de disposition fixe et régulière, mais dans 'certaines régions ils sont orientés en direction définie. Sur la convexité, les fibres profondes sont dirigées en arrière et en dehors, les fibres superficielles en arrière et en dedans ; de chaque côté de la ligne médiane, les fibres transversales, assez espacées, ont un aspect pectiné et sont facilement éraillées par les granulations de Pacchioni. Dans la faux du cerveau les fibres rayonnent de l'extrémité antérieure de la base sur tout le bord con-

Coupe par la voûte crânienne d'un enfant; faible grossissement.

DURE-MÈRE CRANIENNE

vexe el se croisent en avant, avec d'autres irradiations venues de l'apophyse crisla-galli ; de ce même centre (l)ase de la faux) partent les fibres qui se déploient de chaque C(jté en éventail sur hx lente du cervelet.

]l semble bien que la dure-mère cérébrale soit formée de deux feuillets différents, inlimement unis d'ailleurs et composés chacun d'une série de lames conjonctives, un feuillet externe ou périosliijno, un feuillet inlerne ou durai proprement dit. Le feuillet exierne fonctionne comme périoste endocrànien, et concurremment avec le périoste externe ou péi icràne travaille à l'édiiicatiou de l'os; cette propriété ostéogénique disparaît presijue com])lètemcnt ii l'âge adulle, et on n'a pas à compter sur des régénérations osseuses après l'ablalion d'une partie tant soit peu étendue de la voûte; mais assez souvent chez les vieillards, les aliénés, les femmes euceiules, des ]ilaques osseuses qu'on Irouve sur la convexité, dans la grande faux, dans la tente du cervelet, rappellent le caractère périosli({ue de la dure-mère. Ce feuillet est aussi un peu plus mou et plus vasculaire, an moins chez l'enfant. Le feuillet inlerne est le feuillet durai jiropre; il se subdivise à son tour en deux couches très inégales, lacouche durale interne, et le feuillet pariétal de l'arachnoïde comprenant pour les uns l'endothélium seul, pour d'autres l'endothélium et une membi'anc élastique.

Les raisons qui portent à admettre cette dualité de ladui'c-mère crânienne sont les suivantes : 1° Les deux feuillets peuvent se séparer sans trop de difficulté dans le bas-âge, l'externe est le plus épais et contient les gros vaisseaux. 2° Ils paraissent être normalement écartés et distincts dans certaines régions, telles f[ue la cavité de Meckel, le sac endolymphalique. L'exemple des sinus est contestable. Trolard a cité un cas où sur toute la convexité, la région médiane exceptée, la dure-mère était dédoublée en deux feuillets de même structure histologique, faiblement adhérents. Nous verrons plus loin que dans le canal rachidien, le périoste et la dure-mère sont deux membranes distinctes, unies seulement au niveau du trou occipital. .3" La réaction pathologique n'est }»as la même pour les deux feuillets [P. Poirier). C'est essentiellement aux dépens du feuillet externe que se développent les sarcomes, les ostéùmes eu plaque ou en tumeur. Les pachyméningites ont une évolution dilTérente suivant qu'elles sont externes ou internes.

Vaisseaux et nerfs, l'j VaiMi'au.v. — Los arlcn'.^ de la duro-mùrc crânienne sonl relativement nombreuses el importantes, 11 faut compter en preraliTe ligne les trois artères méningées: la méningée anlérieure, petite branche dos ethmoïdales (oplithalmique), pour l'étage orbitairc — la méningée moyenne ou grande méningée, qui née de la maxillaire interne passe par le trou sphéno-épineux, accompagnée quelquefois par la petite méningée du trou ovale ; elles vont à tonte la région latérale de la voûte — enfin la méningée poftiérieure, branche de la vertébrale (Cruveilhier), qui entre par le trou occipital et se ilistribue àla tente et à la dure-mère cérébelleuse. Les artères accessoires sont : les rameaux méningés de la carotide interne dans le sinus caverneux on k sa sortie, de fophthalmique. de la stylo-mastoïdienne, la branche méningée de la pharyngienne ascendante, qui traverse le trou déchiré poHérieur, et les artères que l'occipitale envoie à l'ondocràne à travers le trou pariétal, le trou mastoïdirm ou môme les trous do la base. Ajoutons encore de petits rameaux fournis par la cérébelleuse supérieure à la tente du cervelet, par la cérébrale moyenne à la région latérale, par les artères des circonvolutions à la dure-more do la partie médiane, par la cérébrale antérieure au niveau du genou à la faux du cerveau {Srippeg, Langer). Tous les gros troncs de ces artères sont situés dans le feuillet externe de la dure-mère et font relief à sa surface; il résulte de cotle position qu'ils creusent dans les os des sillons vasculaires, et que quand ils sont rompus par un traumatisme l'épanchemenl sanguin se fait ordinairement entre la dure-mère et l'os. Les artères durâtes sont anasio-

NÉVROLOGIE

motiques, et peuvent notamment être toutes injectées, y compris les artères cérébrales (au moins chez l'enfant), par la méningée moyenne.

Toutefois cette richesse artérielle n'est qu'apparente. La plupart de ces vaisseaux sont périostiques et s'épuisent en rameaux perforants qui pénètrent dans le tissu osseux; les rameaux duraux proprement dits sont grêles et pou nombreux.

Le système veineux de la dure-mère comprend les réservoirs des veines cérébrales, sinus et lacs sanguins, et les veines durâtes propres. Nous ne nous occupons que de ces dernières. Si l'on veut se rendre compte de leur richesse, il faut examiner une tète d'enfant naturellement ou artilîciellement congestionnée ; la dure-mère parait noire et a l'aspect du tissu ércctile. On distingue deux réseaux veineux, un superficiel et un profond. Le réseau profond occupe le feuillet interne; il est peu développé, ses branches grêles limitent de larges mailles à dessin varié suivant les régions ; dans certains points ce sont de fines étoiles qui se montrent sur la face interne. Il présente une particularité remarquable; les capillaires et les radicules veineux montrent par places des dilatations ampullaires, qui injectées ont fait croire autrefois à l'existence d'un réseau lymphatique avec son aspect sacculaire caractéristique. Le réseau profond se déverse dans le réseau superficiel. — Le réseau superficiel est très différent. Il occupe la couche la plus superficielle du feuillet externe. Ici pas d'ampoules, mais un réseau de grosses branches limitant des mailles étroites, de formes très irrégulières, en buissons serrés sur la faux. Les vaisseaux efïérents vont se jeter, les uns dans les veines satellites dos artères, notamment dans les veines méningées moyennes, les autres dans les sinus de la dure-mère. La plupart de ces veines sont d'ailleurs d'origine osseuse, elles s'injectent par le diploé du crâne et restent en partie sur la table interne quand on décolle la dure-mère ; aussi le réseau diploétique et le réseau durai superficiel sont-ils largement communicants. Michel, chez le chien, et Langer, chez l'homme, soutiennent en se fondant sur leurs injections que le réseau veineux externe n'est pas relié au réseau artériel par des capillaires, mais que ces deux ordres de vaisseaux, artère et veine, passent directement l'un dans l'autre, à la façon des canaux dérivatifs, disposition qui permettrait une prompte évacuation du sang et serait une soupape de stireté contre la stase sanguine.

On n'a pas démontré dans la dure-mère l'existence d'un véritable réseau lymphatique canaliculé, car les réseaux injectés et décrits comme tels ne sont vraisemblablement que les vaisseaux ampullaires capillaires et veineux dont nous venons de parler. Jusqu'à présent on ne connaît comme voies lymphatiques qu'un système de fentes communicantes creusées entre les lamelles conjonctives, et endolhéliales au moins par places ; leur disposition rappelle celle des fentes cornéennes. Les injections montrent qu'elles communiquent avec l'espace subdural ou cavité arachnoidienne et y déversent leur lymphe ; quelques auteurs admettent en outre une communication avec un espace épidural. Est-ce au système lymphatique qu'il faut rattacher ces réseaux endothéliaux qu'Obersteiner décrit et figure autour des vaisseaux sanguins, et qu'il tend à considérer comme une annexe de ces derniers ?

La question des lymphatiques de la dure-mère ne saurait être considérée comme épuisée; car Mascagni, Fohmann, Arnold et récemment l'oirier ont injecté des troncs lymphatiques sur le trajet de l'artère méningée moyenne.

Les nerfs sont de deux espèces, vasculairos et sensitifs :

10 Les nerfs vasculaires ou sympathiques accompagnent les artères autour desquelles ils s'anastomosent en plexus serré. Les antérieurs et les moyens, accolés à l'artère méningée moyenne, proviennent du plexus sympathique de l'artère maxillaire interne; les postérieurs, du plexus de la carotide interne.

2° Les nerfs sensitifs ou nerfs propres, nerfs récurrents d'Arnold, provienncntdes nerfs crâniens; quelques-uns pourtant émanentdes nerfs sympathiques vasculaires. Cruveilhier recommande pour leur étude des pièces ayant macéré dans une solution d'acide nitrique. On dislingue : les nerfs antérieurs, très grêles, qui viennent du filet ethmoïdal de l'oiditlialmique (trijumeau) et se répandent dans la dure-mère de la gouttière ethmoïdale ; les nerfs moyens, au nombre de quatre ou cinq de chaque côté, qui naissent du ganglion de Gasser (Cruveilhier), s'irradient surla convexité, dans les régions sphénoïdale, temporale et pariétale, et arrivent au voisinage de la faux ; les nerfs postérieurs, au nombre de cinq ou six, Sappey dit un seul, cjui viennent de la branche ophthalmiquo dès sa sortie du ganglion de Gasser, se recourbent pour suivre un trajet récurrent, passent dans la gaine du pathétique et abordent la tente du cervelet par sa petite circonférence; de ce point ils s'irradient dans la tente et dans la base de la faux du cerveau qu'ils remontent jusqu'à une hauteur do quelques centimètres. — A la base du crâne, Arnold a signalé un rameau issu du ganglion

DURE-MÈRE RACIIIDIENNE

jiit;iilairii liu pncuniogastriqiii' qui, ])ar li^ liun (l(''i-liiri' |ios((''iieiir,va à la fosso occijiitale cl. il, la liranclic ilescendante ilu sinus lalrial.

La (l(:'scri|)(ion il'Arnolil et île Lusclika, qui ont étudié spccialcmont les nerfs do l.i, ilurrlurre, est (lillérentc de celle do nos autours classiques. Ils distinguent; l°le nert rccurroiil ilo l 'ophtlialniique, qui va se distribuer au sinus latéral, au sinus pétreux supérieui', et à l'extrémité postéi'ieure du sinus 1. supérieur. C'est celui fine nous avons décrit sous le nom de nerf postérieur, nerf de la tente : — 2» le nerf ri'curi'cnt du maxillaire supérieui', nerf qui s'unit au précédent ou bien suit une des iM'anclies de l'art, jiu^^ningée moyenne ; — 3o les deux nerfs récurrenis du maxillaire inférieur. Le premier, nerf ('jj/'neii.r do Luscbka, se di''lache au-dessous du trou ovale, rentre par le trou s])liéno-épineux, suit l'a. méningée el se distribue à la dure-mère du rocher, du pariétal, de la grande aile du sphéno'ide, en gé'uéral à la fosse moyenne du crâne. Le seconil. né ilu lingual, suit la gaine de l'Iiypogldsso jusqu'au trou condylien antérieur, passe par ce trou ot s'i'qiuiso dans la dure-nLère occipitale etles sinus occipitaux.

(Momnio on le voit, si on excepte le rameau du pneumogastrique, c'est le trijumeau qui f(iurnit la totalité des nerfs propres do la dure-rnèro. Luschka pensait que ces nerfs l'iaient exclusivement destinés aux os du crànc et aux sinus, d'où le nom fie sinu-osseux fpi'il leur donnait, do même qu'il appelait sinu-verlébraux ceux do la dure-mère racbidienne. 11 pensait que les nerfs des sinus jouaient un rôle important dans les sensations de tension sanguine et par suite dans la régulation v'asculaire,, opinion cf)rroborée par ce fait que Krausc a découvert des corpuscules de Paeini dans les sinus et sur lo trajet des nerfs pétreux. Mais il y a bien aussi dans la dure-mère elle-même des nerfs propres ti'rminés par fies plexus de libres amyéliniqiies [Alexander) ; ils abondent surtout dans la ré'gion latérale do la convcviti'', avec celle particularitc' que les divers points do la surface sont Inégalement desser\-is et qu'il y a des champs nerveux de valeur très dilférento. Du reste l'expérimentation et l'anatomie pathologique ont depuis longtemps démontré que la dure-mère est très sensible, et que son irritation provof^ue do la douleur, des convulsi(uis, des contractures.

IjOS fonctions de la dure-mère crânienne sont multiples. Elle est le |iérioste iiilerne du crâne ; elle est le rf''servf)ir veineux d(^ renci''|iliale, yi'àce aux sinus (|u'cll(' cnniicul dans son épaissi'iir ; par elle-même, i)ar ses canaux (ihreux extérieurs où [tassent les nerfs crâniens, par l'armature intérieure de la fanxdu cerveau et de la tente du cervelet, elle est un oreane de soutien et de protection jioui' la masse nerveuse lotalecomme pour ses ex])ansions périphériijnes.

I II — DURE-MÈRK RACIIIDIENNE

l.a (lure-nif'i'e racliid ien lU' dilTère d(> la dnre-mèr(^ crânienne i)ar ce fait fondamental (pTelle n'est pas |)éi-iosti(]ue et |iar plusicniis caractères secondaires.

Au niveau du trou occipital où elle commence, elle adhère encore intimement à la surface osseuse ; mais dès la troisième vertèbre cervicale, elle se dédoul)i(^ en deux feuillels, un feuillet externe ou périostifjue mime, f|ui se moule sur toutes les saillies et les dépressions du canal rachidien, un feuillet interne plus épais, la dure-mère proprement dite, qui correspond à la couche intei'ne de la méninge crânienne et se modèle sur la forme de la moelle, mais non sur celle du canal osseux. Cette dilîérence dans la disposition des deux portions crânienne et spinale de la dure-mère tient à l'adaptation de l'organe à un squelette différent ; le cerveau est dans une capsule osseuse rigide et continue, la moelle dans un tube à pièces articulées et mol)iIes.

La dure-mère rachidienne, le périoste étant désormais mis à part, est un cyliiitlre fibreux terminé on bas en entonnoir, et présentant des variations de calibre en relation avec celles de la moelle ; il est plus large au niveau des renflements, plus grand par conséquent à la région cervicale qu'à la région kunbaire,

HO

NÉVROLOGIE

Espace épidural

i^feV Dure-mère

Prolonrj. Ugam.

il est plus étroit à la région dorsale. La coupe transversale montre que ce cylindre ne remplit pas la totalité de la cavité rachidienne, et qu'il est séparé de la face osseuse revêtue de son périoste par un certain espace renfermant des veines et du tissu cellulo-adipeux; à son tour, il est loin d'être rempli par la moelle, dont il est éloigné par l'interposition de l'arachnoïde et d'une couche épaisse de

tissu sous-arachnoïdien infiltrée de liquide. Cette disproportion entre la moelle et son contenant, la membrane fibreuse, est surtout marquée dans les régions à mouvements étendus comme la région cervicale, La face externe de la dure-mère spinale n'est pas assimilable à celle de la dure-mère crânienne. Dépourvue d'adhérences sur la plus grande partie de son étendue, elle est lisse, tapissée d'endothélium, et limite en dedans l'espace épidural, que quelques auteurs, Waldeyer notamment, assimilent à un espace lymphatique. Cet espace compris entre le périoste de la dure-mère est

vaste, en arrière surtout contre les lames vertébrales, mais il est en grande partie comblé par des plexus veineux intra-rachidiens, du tissu cellulaire et une graisse molle, fluide, rougeàtre, facilement déplaçable, gélatineuse chez l'enfant, abondante surtout à la région sacrée.

De cette face externe partent deux espèces de prolongements duraux, les prolongements ligamenteux et les gaines durales des nerfs rachidiens.

Les prolongements ligamenteux n'existent bien marqués que sur la face antérieure. Ce sont des lames assez denses qui de la ligne médiane antérieure du sac durai se portent obliquement de chaque côté en bas et en avant et se fixent au ligament vertébral postérieur. Courts et serrés à la région cervicale, à peine reconnaissables à la région thoracique, ils reparaissentplus longs et espacés à la région lombaire. A partir delà quatrième lombaire, ils commencent à se condenser et forment une cloison de champ, forte, fenêtrée,qui descend jusqu'aux dernières sacrées et fixe tout à la fois le cul-de-sac durai et le filum terminale : c'est le ligament sacré antérieur de la dure-mère, de Trolard, ou ligament sacro-dural (Fig. 76). Le rôle de ces prolongements, multipliés aux points à mouvements étendus (courbure cervicale, courbure lombaire) est d'immobiliser l'étui durai dans le sens antéro-postérieur et de f amarrer à la partie antérieure du canal où sont les passages des nerfs rachidiens.

. — Durc-nière rachidiennc Coupe transversale.

DURE-MÈHE RACHIDIENNE

Los gaines duralc^ des nerfs coniplèlent ce système de (Ixalinn Iraiisversulo. Un nerf rachidien est, comme on lésait, composé de deux racines, une antérieure et une postérieure qui est ganglionnée. Cha(jue racine traverse la duremère par un trou indépendant, et à sa sortie reçoit de la méninge une gaine fibreuse propre qui l'enveloppi' jusqu'au delà du ganglion où elle se confund

Sac durai

Liy. vert. cnm. post.

.. Liij. sacro-rtnral

Cul ih< sac.

Lig. CDCcygieii

Fig. 70. — Ligament sacro-dural.

Le canal saer(' est ouvert par sa face postérieure; le sac durai et le Uçament coccygien sont tirés en arrière pour liien montrer le ligament (bleu) qui est placé de cliamp.

avec le névrilemme du nerf mixte ; il y a donc deux gaines distinctes pour cliaque nerf, jusqu'à la fusion des l'acincs. Au niveau du trou de conjugaison, elles sont reliées au périoste par des tractus fibreux. Dans la région sacrée, où les nerl's (Mit un long trajcl à jiarcourii' ])our aller àc la dure-mère au trou sacré, ces gaines sont remanpialih^ment longues.

La fuce interne de la dure-mère est lisse, liuniide, séreuse comn^e dans la région crânienne, mais avec cette ditférence (|u'clle est reliée régulièrement à la moelle par des cloisons nombreuses, dont les principales sont |)lacées latérah;ment (ligaments dentelés) et b^s autres sur la ligne médiane antéro-posté-

NÉVROLOGIE

rieure ; ainsi est empêché le ballottement delà moelle dans sa grande cavité fibreuse.

L'extrémité supérieure de la dure-mère nous présente la fusion des deux feuillets périostique et durai en une seule membrane qui adhère intimement non seulement au pourtour du trou occipital, mais encore à la face postérieure du corps de l'axis.

L' extrémité inférieure finit en cône mousse qui rappelle la forme du cône

ner (Arch. f. Anatomie 1890), qui a étudié le sac injecté, a trouvé sur cinq adultes, et conformément à Luschka, le cône durai à la seconde v. sacrée, le point le plus bas étant le bord inférieur de cette vertèbre. Il est un peu plus bas chez l'enfant. Sur vingt enfants de zéro à douze mois, le sac durai finissait entre l'extrémité inférieure de la seconde vertèbre sacrée et l'extrémité supérieure de la troisième ; ce dernier rapport existait dans les trois quarts des cas. Ces chiffres sont importants à connaître pour savoir jusqu'où peut s'étendre l'ablation du sacrum dans la méthode de Kraske. Pfitzner (Morpholog . Jahrbuch, 1884), qui a pris pour repère les trous sacrés, signale de notables diiîérences individuelles. Chez l'adulte comme chez le nouveau-né, le sommet du cône durai est compris entre le premier et le troisième trou vertébral ; dix-sept adultes, hommes ou femmes, donnent huit fois le second trou sacré, sept fois le premier et deux fois le troisième; cinq nouveau-nés une fois le premier, une fois le troisième et trois fois le second.

Dans la réalité, la dure-mère ne finit pas au sommet du cône durai. Nous verrons en décrivant le filum terminale qu'elle fournit une gaine continue et se prolonge sur lui et avec lui jusque sur la face postérieure du coccyx où elle se fixe par des filaments en éventail. Là, comme chez l'embryon, est la vraie terminaison de la dure-mère rachidienne. Cette partie amincie et étirée du sac durai est le ligament coccygien.

Fixée ainsi à ses deux extrémités au coccyx et au trou vertébral, limitée en outre dansses mouvements par ses attaches transversales à la cavité rachidienne (prolongements ligamenteux, gaines des nerfs), la dure-mère ne peut subir qu'une faible élongation. Celle-ci est à peine mesurable dans l'extension par suspension, elle n'est guère sensible que dans la flexion forcée où elle atteint

La gaine durale des racines rachidiennes Coupe transversale.

Dure-mère

Racine poster.

médullaire, mais ne lui correspond pas topographiquement. Tandis que le sommet de la moelle est au niveau de la seconde vertèbre lombaire, le sommet du cône durai, dont l'ascension a été moindre que celle de la moelle dans lapériode fœtale, correspond à la seconde vertèbre sacrée. C'est par erreur que quelques auteurs ont indiqué sa limite au commencement ou à la fin du canal du sacrum. Wag-

DURE-MÈRE RACIIIDIENNE

de 5 iï M iiiiH., dont une partie seulement se répercute sur la moelle, ainsi que nous l'exposerons en traitant de la fixité de la moelle.

La structure de la dure-mère rachidienne dilîère à plusieurs points de vue de celle de la dure-nièrecrànienne. Elle est, comme elle, une membrane fibreuse, éjjaisse, en arrière surtout, et composée de lamelles conjonctives superposées. Mais les fibres sont orientées dans un seul sens, elles sont parallèles et.verticales ; les réseaux élastiques, rares au crâne, sont ici abondants. Les artères,

Fig. 78. — Le Filum trriuinale.

I-e canal sacré et la rUu-e-more rachidienne sont nuverts par leur partie postérieure; la dure-mère est en bleu.

fournies par les brandies radiculaires des artères qui s'échelonnent sur le trajet de la moelle, sont peu importantes ; les mailles de leur réseau sont larges et verticalement dirigées, il n'y a pas de dilatation ampullaire des radicules veineuses, il n'y a ni lacs ni sinus. Les voies lymphatiques sont les mêmes. L'existence de nerfs, autrefois contestée, est aujourd'hui démontrée (Biïdingcf, Alexander), et comme pour la dure-mère crânienne on admet des nerfs vascu-

NÉVROLOGIE

lai res et des nerfs sensitifs ; quelques filets paraissent se rendre à la moelle en longeant les dents du ligament dentelé.

Comme nous l'avons dit, les anciens anatomistes ne reconnaissaient que deux méninges, la méninge épaisse, pachyméninge, et la méninge mince, leptoméninge, devenues plus tard la méninge dure et la méninge molle. La découverte du feuillet viscéral de l'arachnoïde, et l'assimilation que fit Bichat de la cavité arachnoïdienne à une cavité séreuse ordinaire conduisirent à distinguer et à décrire trois membranes, la dure-mère, l'arachnoïde et la pie-mère. C'est contre cette conception classique que s'est élevée l'école allemande dans ces dernières années, avec Luschka d'abord, puis surtout avec Key et Retzius, tout récemment encore avec Merkel. La séreuse de Bichat n'existe pas ; l'arachnoïde et la pie-mère ne sont séparables à aucun point de vue, ni par l'embryologie, ni par leur structure, ni par leur fonction, ni par leurs maladies ; il n'y a qu'une seule membrane ayant pour corps le tissu sous-arachnoïdien, pour limitante externe l'arachnoïde, pour limitante interne la picmère. Il faut donc revenir à l'opinion ancienne et ne distinguer cfue deux membranes, la dure-mère et la méninge molle séparées par l'espace subdural.

Je resterai fidèle â la description classique et cela pour deux raisons: lo Le changement proposé est surtout apparent. Il n'y en a pas moins une arachnoïde et une pie-mère, et ce n'est pas la peine de nier la cavité séreuse arachnoïdienne de Bichat pour la remplacer par l'espace subdural qui lui est identique. L'assimilation complète de l'arachnoïde à la pie-mère est contestable à tous les points de vue qu'on a invoqués, et s'il y a analogie, il n'y a pas identité ; sans compter que la structure Iiistologique de ces membranes est loin d'être complètement connue. 2o Du moment qu'au fond les divergences portent plutôt sur la manière de grouper les couches, il y a intérêt pour l'exposition du sujet à choisir le groupement le plus clair, le plus intelligible, et à ce point de vue la distinction formelle d'une membrane séreuse, l'arachnoïde et d'une membrane vasculaire, la pie-mère, s'impose à qui écrit pour enseigner.

arachnoïde

L'arachno'i'de est une membrane séreuse interposée entre la dure-mère et la pie-mère. Au témoignage de Ruysch, elle a été décrite pour la première fois par la Société anatomique d'Amsterdam (166i) qui reconnut le feuillet viscéral et lui donna le nom à' arachnoïde, membrane en toile d'araignée, nom jusquelà réservé à une des enveloppes de l'œil.

Elle se compose de deux feuillets, séparés par une cavité séreuse dont la coupe est une fente capillaire, et réunis en certains points, notamment au passage des nerfs et des vaisseaux ; il y a un feuillet pariétal et un feuillet viscéral. Lefetiillet pariétal a, été admis par Bicbat qui, reconnaissant la nature séreuse de la cavité arachno'idienne, fut conduit à la limiter extérieurement par une paroi continue avec la paroi intérieure ; mais ce feuillet ne se voit pas à l'œil nu et ne peut se disséquer, il fait corps avec la face interne de la dure-mère, sur laquelle il est représenté par une simple couche d'endothélium, suivant les uns, par un endothélium et une lame élastique suivant les autres. Le feuillet viscéral au contraire est isolable sous forme d'une membrane mince, transparente, invasculaire, de teinte blanc-grisâtre. Sa face externe est libre, lisse et humide, elle regarde la cavité séreuse. Sa face interne, celle qui regarde les centres nerveux, émet des prolongements filamenteux qui la relient à la pie-mère et constituent le tissu sous-arachnoïdien ; elle n'est donc libre et semblable à la face externe que par place, dans les intervallesen forme de voûte qui séparent les colonnettes sous-jacentes.

Il y a lieu de distinguer une arachno'ide cérébrale ou crânienne et une arachnoïde spinale ou rachidienne.

ARACHNOÏDE • 115

1 1. — arachnoïde gerp^brale ou crânienne.

Dans la description de sa disposition topograpliique, il n\^st question que du feuillet viscéral, le seul qui soit anatomiquement isolable. L'arachnoïde cérébrale couvre en masse les organes, c'est-à-dire qu'elle se modèle seulement sur leur forme générale, mais non sur les accidents secondaires de la surface ; elle n'entre pas, comme la pie-mère, dans les tissures ou les sillons. Aussi Magendie

Araclino'ide viscérale

Fig. 79. — Arachnoïde crânienne sur la base de l'encéphale.

Le feuillet viscéral est seul représenté. A droite, ce feuillet, partiellement excisé, laisse voir le cerveau et le cervelet avec leurs veines, recouverts par la pie-mère (U'apres HiBSCHFELn).

a-t-il eu raison de dire que l'arachnoïde s'adapte exactement aux formes de la dure-mère et non à celles des organes nerveux. Sur les parties en relief, comme le dos des circonvolutions, elle se colle en quelque sorte à la pie-mère dont elle est alors très rapprochée et difricilement séparable, et toutes deux s'appliquent

NÉVROLOGIE

étroitement sur le relief de la partie ; dans les scissures et les sillons, elle laisse la pie- mère plonger au fond de la dépression et passe directement comme un pont d'une lèvre à l'autre de la fente ; dans les grandes inflexions et les grandes irrégularités de la surface, sur la ligne médiane, elle s'étend par dessus les creux et s'éloigne notablement de la pie-mère qui forme les parois de réservoirs dont l'arachnoïde est en quelque sorte le couvercle. Ces réservoirs sont les confluents sous-arachnoïdiens.

Nous l'étudions d'abord à la base, puis sur la convexité de l'encéphale.

1° Disposition de l'arachnoïde sur la base du cerveau. — 1° Sur la ligne médiane, d'avant en arrière, l'arachnoïde dédoublée s'enfonce entre les deux lobes frontaux, mais seulement dans la partie antérieure, là où la faux du cerveau sépare complètement les deux hémisphères. Dans la partie postérieure, à 1 c. en avant du bord antérieur du chiasma, elle passe en pont sur la dépression préchiasmatique au fond de laquelle est le bec du corps calleux, et ferme le confluent antérieur. II en est de même pour la vaste anfracluosité losangique comprise entre le chiasma et les pédoncules cérébraux, au centre même de la base : l'arachnoïde limite le confluent inférieur d'où émerge la tige pituitaire qu'elle engaine. Puis elle passe sur la protubérance et le bulbe qu'elle enveloppe, soulevée par le tronc basilaire et les vertébrales.

Sur les côtés, l'arachnoïde couvre la face orbitaire des lobes frontaux ; elle applique sans l'envelopper le pédoncule olfactif dans le sillon qui le loge, mais enveloppe son bulbe terminal qui est d'ailleurs situé en partie dans une petite cavité durale, la tente des nerfs olfactifs. Du lobe frontal elle s'étend sur le lobe temporal par-dessus la scissure de Sylvius qu'elle clôt et transforme en un vaste canal, puis revêt la face inférieure des lobes temporal et occipital, et de leur bord interne passe directement sur le bord antérieur de la protubérance et le cervelet, recouvre la face inférieure du cervelet, y compris les dépressions qui circonscrivent le lobule du pneumogastrique, et du cervelet aborde le bulbe latéralement sur cette gouttière d'où émergent des nerfs crâniens échelonnés. EnQn, derrière le bulbe, la séreuse qui a tapissé les faces internes des hémisphères cérébelleux et a passé de l'une à l'autre en ne se déprimant que pour loger la faux du cervelet, se jette sur la face postérieure du bulbe et rejoint l'arachnoïde bulbaire sur les côtés postérieurs du 4" ventricule ; de Icà entre le cervelet et le bulbe un nouvel opercule arachnoïdien, formant un nouveau confluent, le confluent postérieur.

2° Disposition de l'arachnoïde sur la convexité. — Le trajet de l'arachnoïde est plus simple. Comme à la base, elle enveloppe uniformément la masse des circonvolutions du cerveau et du cervelet, sans pénétrer entre elles. Sur la ligne médiane, elle tapisse les faces internes des deux hémisphères ; l'interposition de la faux du cerveau sépare l'arachnoïde droite de l'arachnoïde gauche ; elles se rejoignent sous le bord libre de cette faux, et comme ce bord libre est d'autant plus éloigné du corps calleux qu'il se rapproche plus de son extrémité antérieure, il en résulte en avant un espace triangulaire où les faces internes des deux lobes frontaux sont au contact sur une hauteur de 5 à 6 mm., par leur deux pie-mères accolées, sans interposition ni de la faux, ni de l'arachnoïde ; cet espace sous-arachnoïdien en fente anléro-postérieure pointue en arrière,

arachnoïde

Collet.

Sac céréhrai

Sac cérébel.

s'élargit en avant sur le genou du corjis calleux et débouche dans le conOuent antérieur.

A la jonction du cerveau et du cervelet, entre le bourrelet du corps calleux, les tubercules quadrijumeaux et le vermis supérieur, l'arachnoïde passant du grand sur le petit cerveau, en se réfléchissant sur le bord libre de la tente cérébelleuse, forme un nouveau pont, déprimé par l'émergence des veines de Galien, et couvre un nouveau réservoir, le confluent supérieur. Ace niveau le sac aracluio'idien du cerveau s'unit avec celui du cervelet par une partie rétrécie ou col.

Bien que le feuillet pariétal et le feuillet viscéral soient séparés sur la |ilus grande partie de leur étendue, il y a cependant des points où ils se raccordent sous forme de ponts jetés d'une face à l'autre; ces ponts sont les graines arachnoïdiennes des vaisseaux et des nerfs, et la gaine de la tige pitui taire.

Peu d'artères traversent la cavité intra-arachnoïdiennc pour aller au cerveau, on ne peut guère citer que la carotide interne, et les quelques artérioles que les arlères cérébrales donnent à la dure-mère; mais de nombreuses et grosses veines émergent de la surface des centres nerveux pour aller se jeter dans les sinus. On en trouve notamment à la base au débouché dos veines sylviennes dans le sinus pétreux, sur tout le bord sagittal où s'échelonnent les veines tributaires du sinus 1. su- [lérieur, à la base de la faux qui reçoit les veines de Galien, le long du sinus latéral qu'aborbent à la fois des veines cérébrales et des veines cérébelleuses. Ces artères et ces

veines, quand elles traversent la ca-

. , , , Disposition d'ensemble du feuillet viscéral. Le

vite séreuse, sont enveloppées par sacrachidlen a été raccourci à dessein.

un manchon, une gaine arachnoï-

dienne, de sorte qu'elles ne pénètrent pas dans la cavité.

Il en est de même des nerfs. Les nerfs crâniens émergeant à la surface des centres nerveux rampent d'abord sur cette surface sous l'arachnoïde viscérale qui les soutient et les applique contre la face profonde. Arrivés au niveau du trou osseux de la base crânienne par où ils doivent s'engager, ils quittent l'espace sous-arachnoïdien, traversent obliquement la cavité arachnoïdienne et atteignent l(;nr canal de sortie ; le feuillet viscéral de l'arachnoïde se réiléchit sur eux, les emmanchoiine et s'unit au fiMiiliet pariétal eu formant un cnl-de-

Sac rachidk'ii

Fis.

— Le sac ararlinoïdien.

NÉVROLOGIE

sac avec lui sur l'orifice interne du canal osseux. Ces gaines arachnoïdiennes des nerfs en forme de tuyaux membraneux sont très courtes et le cul-de-sac est à peine appréciable ; pour les voir, il faut soulever avec précaution le cerveau de la base crânienne et regarder les gaines qu'on étire sans les rompre, ou mieux encore enlever avec soin la pièce correspondante de la dure-mère. Il n'y a d'exception que pour les gaines de l'olfactif et du facial, qui sont plus longues. La gaine de l'olfactif s'étend sous la lame criblée de l'etbmoïde. La gaine dufacial-auditif,car elle est commune à ces deux nerfs, se prolonge jusqu'au fond du conduit auditif interne, sur une longueur de plusieurs millimètres, et son cul-de-sac est près de la lame criblée du rocber. C'est à la déchirure de ces gaines et à la rupture de leurs culs-de-sac, qu'on attribue l'écoulement du liquide céphalorachidien dans les fractures de la base du crâne, notamment de l'etbmoïde et du rocher; il faut supposer alors que le liquide filtre non par la cavité ouverte du cul-desac qui mène dans l'espace subdural, espace vide, mais par l'intérieur de la gaine elle-même qui seul communique avec les réservoirs du liquide. Mais peut-être aussi y a-t-il dans ces cas des désordres plus graves que la simple déchirure d'une gaine ; Luschka attribue l'écoulement du liquide c. rachidien dans les fractures du rocher à la déchirure de la vaste citerne sous-arachnoïdienne qui siège entre le cervelet et le bord externe de l'isthme, à l'union de l'occipital et du rocher.

La dernière gaine est la gaine pituitaire. Emanation du feuillet qui sert de plancher au grand confluent inférieur, elle entoure la tige pituitaire sortant du confluent, jusqu'à l'orifice de latente durale de l'hypophyse où elle s'unit au feuillet pariétal.

L'arachnoïde crânienne, dans les points où elle est à l'état de membrane isolée, est une membrane conjonctive, non élastique. Elle est formée de faisceaux conjonctifs très minces, étendus sur un seul plan et s'entrecroisant en tous sens; de là un réseau plus ou moins serré, à mailles très irrégulières. Un tissu fibreux dense la double en certains points, comme au niveau des grands sillons, et surtout sur la périphérie du confluent inférieur, autour de l'hexagone artériel

. Tub. quadrij.

' Arach. vise.

Fig. 81. — Gaines arachnoïdiennes des nerfs crâniens.

Le bulbe et la pi-otubérance vus en place par leur face postérieure. Les nerfs crâniens et rachidiens émergent de ces centres nerveux en s'engageant dans les trous de la base du crâne.

arachnoïde

de Willis. Dans les régions où l'arachnoïde se confond avec la pie-mère, comme sur le dos des circonvolutions, les faisceaux conjonctifs |)renneul. ordinairement une direction allongée dans le sens de la circonvolution on du sillon. Les deux faces de la couche conjonctive sont revêtues d'endolhélium ; la face externe, qui regarde la dure-mère, a le même epithélium que le feuillet pariétal, en nappe continue ; la face interne ou ])iale possède également un épiihélium plat, à contours cellulaires peu distincts, qui se prolonge sur les trabécules arachnoïdiennes.

On ne connaît à l'arachnoïde ni vaisseaux sanguins, ni lymphatiques, ni nerfs. Elle est nourrie par le liquide céphalo-rachidien qui baigne sa face interne. On a bien signalé quelques éléments nerveux; Volkinann a trouvé un plexus chez les ruminants, Bochdaleck et Lnschka des filets nerveux chez l'homme ; mais ces observations déjà anciennes sont restées isolées et auraient besoin de confirmation.

I ir. — arachnoïde spinale ou

RAGIIIDIENNE

Dure-mère

Cône ter m.

Arach. vise.

Cai). aracli.

[Espace sous-Jur.)

Filnm

L'arachnoïde spinale (son feuillet viscéral) est la continuation directe de l'arachnoïde cérébrale qui entoure le bulbe. Elle aussi cngaine en bloc la moelle et la queue de cheval et représente un long entonnoir cylindro-coniqne ; mais elle diffère de l'arachnoïde crânienne par [ilusieurs caractères importants.

Tandis que cette dernière est en somme appli({uée sur le cerveau et le cervelet, l'arachnoïde spinale est juxtaposée plus étroitement à la dure-mère dont elle suit rigoureusement les variations de forme ; elle reste éloignée de la pie-mère et par conséquent de la moelle par un espace considérable^ et sensiblement égal sur les divers points de la longueur et de la circonférence. Sa disposition est donc régulière, et sa capacité beaucoup plus grande que celle de la moelle. En second lieu sa face externe est moins libre qu'au crâne, elle est unie au feuillet pariétal jiar des filaments très déliés qui cloisonnent la cavité séreuse ;

au contraire sa face interne ou piale est libre sur la ]dus grande partie de sa circonférence, et n'est reliée à la pie-nièrc, à dislance comme nous l'avons

Film» lenn.

.Espace !<fiii': arach.

{Nerfs]

Re/lex. de V arach.

Arachn.

Espace soi/ç-r/i»' Cau. artichn.

Dure-mère

Fig.82. — Disposition do l'arnclinoïilo à l'oxlréniité inlëriouro de la nioollc (coupes scliématiques longiludinale et transversale).

La coupe transversale passe par la queue de cheval. La pie-merc est eu rouge.

NÉVROLOGIE

dit, que dans quelques points définis, les racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens, les ligaments dentelés et la cloison médiane postérieure. Ces organes, tendus comme des rayons entre les deux méninges piale et arachnoïdale, sont engainés par du tissu sous-arachnoïdien. De là un vaste espace circulaire, entre l'arachnoïde et la moelle, à peine cloisonné, et rempli de liquide.

A la partie inférieure, l'arachnoïde se prolonge comme la dure-mère bien au delà de la moelle, jusqu'au sommet du cône durai (2" sacrée). Elle enveloppe en bloc la queue de cheval et au sommet du cône se réfléchit en cul-de-sac pour se continuer avec le feuillet pariétal.

La cavité arachnoïdienne ou cavité, espace subdural est traversée par les racines nerveuses antérieures et postérieures qui contiennent en même temps les artères et veines, et par le sommet des dents du ligament dentelé. Chacune

Cloison post.

Espace sous-arach,

. Racine post.

Cavité' s.-durale ' {arachnoïdienne)

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