‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 171 sur 194 · VOIE MOTRICE · texte numérisé non relu

VOIE MOTRICE

La voie motrice totale, de l'écorce cérébrale aux organes musculaires, se compose de deux voies secondaires : une voie cérébrale ou cérébro-spinale, une voie périphérique ou centro-rausculaire.

Réduite à sa plus simple expression, elle est formée de deux neurones, articulés entre eux,c'es^-à dire de deux cellules nerveusesavec leursprolongements. Le neui'one central va de l'écorce cérébrale aux noyaux moteurs du tronc cérébral ou de la moelle ; son corps cellulaire est la cellule pyramidale rolandique, et son cylindre-axe est la fibre du faisceau géniculé ou du faisceau pyramidal. Le neurone périphérique s'étend du tronc cérébral ou de la moelle à la libre musculaire; son corps cellulaire est dans les noyaux moteurs crâniens ou dans les cornes antérieures de la moelle, et son cylindre-axe est successivement la racine antérieure ou motrice et le nerf péi'iphérique centrifuge. Le sens du courant va de la cellule corticale à la cellule radiculaire, de celle-ci à la fibre, musculaire.

La paralysie résulte de l'interruption d'un des deux membres ; mais elle n'a pas, dans les deux cas, le même caractère. L'interruption du membre périphérique, telle que peuvent la produire la section du nerf ou la destruction de ses cellules radiculaires par une lésion de la moelle, produit une paralysie vraie et complète. La destruction du membre central, le segment |)ériphérique étant intact, n'entraîne qu'uneparalysie incomplète, celle du mouvement volontaire, et encore pas chez tous les animaux. Le membre périphérique n'entre plus en jeu sous l'influence de la volonté, mais il agit encore sous des excitations rétlexes, électriques, mécaniques (Edinger).

La voie périphérique est directe ; la voie centrale est croisée. Cette loi générale comporte toutefois certaines restrictions. Ainsi dans la voie périphérique, le nerf pathétique est complètement croisé; les nerfs moteurs oc. commun, masticateur, peut-être aussi le facial etl'hypoglosseou même encore d'autres nerfs crâniens, sont partiellement croisés, par une petite partie de leurs flbrcs. Dans la voie centrale, on présume, sans preuve d'ailleurs, que celle du pathétique est directe, pour contrebalancer la décussation des fibres périphériques.

Un certain nombre de muscles ont une innervation bilatérale, les muscles de la langue, du larynx, des yeux, de la face, les muscles locomoteurs, les muscles masticateurs ; tous ces muscles travaillent synergiquement, des deux côtés à la fois, au moins dans leur état habituel. De cette double source de motricité, l'une est principale, l'autre accessoire; la source principale vient du môme côté pour le muscle et son noyau d'origine, du côté opposé pour son centre cortical. C'est pour cela que Tinterruption de la voie motrice centrale atteint chez les hémiplégiques les deux membres inférieurs, très inégalement d'ailleurs, le côté non-hémiplégique ne présentant qu'une légère parésie ; c'est pour cela aussi que les paralysies centrales de ces muscles sont moins complètes et de moindre durée.

Le mécanisme de cette double innervation a suggéré plusieurs hypothèses. 1" Le croisement partiel se fait dans la voie périphérique. Ce fait a été constaté

STRUCTURE DU CERVEAU

loiir itlusloiirs iifrfs ciiiiiieiis iiioleiirs (It)iiL ([iielquos raciiios se (.Toisont dans (• raplic (lu Ironc crii'ljral, maisil osl irn raisciiililalilo (lu'il cii soil. de même

|)niir les racines anh'i'ieures des nerfs racliidiens. nn cnlrecriiisenienl nnniui' [mur la niajnrilc de se> ni

2" La voie centrah^ |in^sede tilires, el douljl(^ punr i|nrl-

NÉVROLOGIE

ques-unes (v. Unverrlcht, p. "525). 3" La voie centrale est croisée clans la majorité de ses Qbres, directe dans l'autre partie, elle présente une disposition en cliiasma. Ce sont au fond de simples suppositions, qui ne sont pas suffisatnment appuyée par les faits anatomiques.

La voie centrale est représentée par le faisceau pyramidal. On l'appelle encore le faisceau moteur , bien qu'il ne soit pas moteur par lui-même, il transmet seulement des excitations à des cellules motrices; le faisceau volontab'e, il serait plus exact de dire la voie de la volonté. Nous savons qu'il se développe tardivement, car ses premières fibres ne paraissent à l'état achevé que dans le mois quisuit la naissance ; nous savonsaussi que sa direction physiologique est centrifuge et que sa dégénération est descendante, son centre trophique étant les cellules de l'écorce cérébrale.

Nous avons distingué le faisceau pyramidal proprement dit ou spinal, destiné aux nerfs rachidiens, et le faisceau pyramidal géniculé qui est afTecté aux nerfs crâniens. Ils ont pour territoire d'origine la totalité des circonvolutions rolandiques. De là leurs fibres traversent le centre ovale en convergeant vers le bord supérieur de la capsule interne. Le faisceau pyramidal occupe le tiers antérieur du bras postérieur de la capsulp interne; le faisceau géniculé est immédiatement en avant de lui, dans le génou. Au soi'tir delà capsule, ils passent dans le pied du pédoncule cérébral, le faisceau géniculé dans le quart interne, le pyramidal dans les deux quarts moyens ; puis ils descendent à travers la protubérance et sur la face antérieure du bulbe. Dans son trajet le long du tronc cérébral, le faisceau géniculé s'épuise progressivement, car il abandonne ses libres après croisement, au moins pour la majorité, à plusieurs noyaux de nerfs crâniens moteurs. Le faisceau pyramidal reste seul à l'entrée de la moelle, se croise en grande masse et descend tout le long de la moelle en fournissant aux noyaux moteurs des racines antérieures rachidiennes ; une petite partie, le faisceau de Tiirck, poursuit son trajet directement et ne se croise qu'au furet à mesure de sa pénétration dans la substance grise.

La fibre pyramidale se termine au contact des cellules radiculaires motrices auxquelles elle transmet les impulsions volontaires. Mais cette transmission est j)lus complexe qu'on ne pensait. Cajala montréque lesfibres pyi'amidales émettent, le long de leur trajet, de nombreuses collatérales qui vont les unes à l'écorce cérébrale comme fibres d'association ou même comme fibres calleuses, les autres au corps strié, d'autres aux noyaux protubérantiels et par ceux-ci peut-être au cervelet, d'autres enfin aux divers étages de la moelle. Aussi quand un courant nerveux traverse ces longues fibres, il met en jeu un mécanisme compliqué ; il éveille sur son passage des cellules corticales, striées, protubérantielles, cérébelleuses, spinales, et autres, dont l'action inconnue s'ajoute à la secousse motrice pour produire cet acte éminemment intelligent, qui est le mouvement volontaire.

CIIAl'ITl!!'; CINOUIK.MK

VAISSEAUX DE L'ENCÉPIIALE

§ 1. — CIUCI'LATKIX .\l!TKi!li;i,Ll'; DK TlidNC CKIlKlîl'.AL (BULBE, ISTHME ET CERVELET).

La circii lal ion .irUTiCllc de Imis ces (ii-n-.incs cuiniii'is onirc l,i inncllc cl le cerveau esl ilii lioiiiaiiii' des arlùi'os vcrléliralc^, l)i'a iiclics des s( mis-c lax it'i'es.

L'arlère ccrlcb raie, ax'oir siii\ i le r;iiial des apoplnses I raiisvrrses,

perfore la diire-inère enire l'allas el rorei|)ilal , pi'iiétre dans le ci-àiie pai' le hou orcipilal el. giigne la gouttière basilaire. De la l'aie latérale du hiillie, elle s'est. |)ortéi' sur sa fac(^ autéi'ieure et, arri\'ée au sillon (|ui si'icire le Imlhe delà |M'otul)éi'auce, elle s'unil à au'^le a,i,nu ou nièui:' à angle droit avee. ki vertélirnle o|i|Mis(''e |tour l'ornier le Ironr hasilaire.

Li'S \ ('i'l,i''tirales soiil -^(iii\crit ;is\ im'l i-ii|iir^. l/imo nii les doux ppuvnnt (''h'e lii'icli'cs ili' ri'iti\ Sur .'iT snjcls, Mtn'innini tes a, truin r'i's 17 Ini^ iiH'i,Mli'N : (( luis la i,'ai]i-|]i' l'tail plus i,'rosso, 8 l'ois ta ilroiLe. el .'i l'ois l'um' avail un \(]tuiur' don lilr di^ l'aulif. Mmi, sui' '.','.> l'crveaux (le sujets sains d'esprit, a ronslali'' i\ur la i:au(dii' l'dail plus irrussc ilaus iMI p. 1(10 des ca^, la droite dans 2piiur lUll. Li^wcnfidd iimn- lil sujids dciuiie les clnll'res sunanis : la iramdic plus (,M'OSse, rl'i fois: la ilroih', Ml fois; IrvsdiMiv arlères (''ijales. Ci fois. (Juand la \ ri'hdirale est très piMili', rt rlli- pml n'f'Irr ipii' la luoitif' de l'aulrc, elle l'sl oi-dinan'euiriil suppléée par l'autre arliTc ou |iai' iiiu' lnvuirlu' anoi iualr.

La \-. i,'auclio est un pi'U plus dans l'axi^ de l'aïuie a-cfudanli', parrc qu'elle naît de la |i ii'lii' \ ecl icali' dr la soiis-cla \ irri\ rl uiiu, eounni' a di-(]ilc, i\r la pa liic li(ii-i/onl air ; celle illspo-,ili(Ul fa\ni'iS(' pi'Ul -id ri' les eud)olle> \-eii id lea les i,'aiudie,^.

Le I i'0)U' ou (trtcrc Imsihùrc, m'' ili' la ('(jn vei'gence des verl(''l)i'ales, est un ui'os vaisseau de 'i- nnu. di' l>. (2 luui. 'i à luiu. '.') ih^. I). iuléri(uir). Il s'étend du IkhiI inri'rieur au hord supérieur de la jirotubérauco, trajtd, (|ui mesure liTi a 'M) uiui. en niox'enue, souvent ununs ipiaud les vertébrales se réunissent tardivement. 11 repose eu avant sur la gouttiéi-e Iiasilaire osseuse, eu aiaa'éi'e sur le silliMi médian ou basilaire de la protubérance, sillon qui, d'ailleurs, ne [laiait pas être |)rotluit par son coulaet, car il o.Kislesaus ehangenuMil alors méuu' «pu^ l'artère est (b''p'léesur le l'iMi'. Il n'est pas rare eu ell'id de voir le troue basilaire (b'crire une courbe à eouve.xilé di'oile. Sur tout son parcours, l'artère est conteuui^ dans uu canal sous-aracbuo'idieu, canal protubérautiel nuMlian, qui s'ouvre en avant dans le contlueul central. (d elle est tl.xéeàla surfacedu |innl(le N'ande par des lamelles de tissu sous-aracbnoïdieii.

L'a. basilaire est originellement double, puisiju'elle i-e[)ié>eute les deii.x verli'bi-ales uiomiMilanéuieut unies ; la trace de cette duplicité se rtdrouvedans une cloison médiane |)lus ou moins longu et plus (ju moins profonde qu'on voit assez souvent partir de sa paroi antérieure, on encore dans son dédoubleraenl

NÉVROLOGIE

Camni.

partiel donnant lieu à des formations insulaires qui sont normales chez le cheval. L'éperon qui marque en bas l'adossement des deux artères vertébrales favorise les thromboses en ralentissant le cours du sang.

Au delà de la protubérance, le système vertébral artériel se redivise, le tronc basilaire se bifurque et donne ses deux branches terminales, les cérébrales postérieures qui font partie de l'hexagone deWillis.

Les collatérales importantes fournies par les artères vertébro-basilaires sont les suivantes :

Collatérales des vertébrales. — 1" La spinale postérieure, qui naît dès la pénétration de la vertébrale dans le sac durai; assez souvent elle vient de la cérébelleuse inférieure. Cette petite artère se dirige en ar-

-- . Cérébi'll. moy.

5p. ant.

Cérébell. inf.

Vertèbr.

Fie. 378.

Artères du bulbe, de la protubérance et du cervelet.

Vue de face. — D'après Hirsciifeld.

rière et en bas, elle se divise en deux branches, une ascendante très courte qui monte vers le bord

du plancher ventriculaire, une descendante longue qui commence la longue chaîne des spinales postérieures. La branche ascendante peut être remplacée par une ou deux arlérioles naissant directement de la vertébrale et montant derrière les racines du pneumogastrique. — 2° La cérébeUezise inférieure (cérébell. infér. et postér. ou vertébro-cérébell.). Très flexueuse, elle embrasse le bulbe, passant de sa face antérieure à sa face ])Ostérieure ; elle traverse les racines de l'hypoglosse, contourne ou traverse celles du pneumogastrique et arrive sur les côtés du quatrième ventricule, à 2 cm. au-dessus du bec du calamus, dans l'angle qui sépare le bulbe du cervelet; là elle disparaît en s'enfonçant dans la profondeur. Après ce trajet en anse double, elle se divise en branche interne ou médiane qui occupe la scissure interhémisphérique du cervelet et s'épuise sur le lobe médian, et en une ou deux branches externes ou latérales destinées à la face inférieure du cervelet. — 3° spinale antérieure. Elle naît de l'angle même de réunion des vertébrales ou à 1 cm. au plus en dehors, et descend obliquement sur la face antérieure du bulbe pour s'unira celle du côté opposé et commencer la chaîne impaire de la spinale antérieure de la moelle. Les deux spinales antérieuressont souvent asymétriques ; leur réunion peut se faire très près, d'où un losange ou un delta avec l'angle des vertébrales, ou bien à une distance de plusieurs centimètres seulement.

VAISSEAUX DE L'ENCÉPHALE

Collatérales du tronc basilaire. — 1° La cérébelleuse moj/eune (cérébell. iiiféT. oLaiilér.). I^apliis peLile des cérébelleuses, elle naît près de l'origine de l'a. i)asilaire, quelquefois de sa partie nioyeniie, passe sur les racines du mot. oc. externe, se dirige en deliurs vers le lobule du |)n. gastrique ([u'elle entoure en anse et se distribue à la face antérieure du cervelet. Les cérébelleuses uioyeriiies peuvent faire défaut d'un seul côté ou des deux, etsont alors suppléées soit par la cérébelleuse inférieure, soit |iar un rauieau du tronc basilaire. [>eur origine peut se faire à la fois sui- le I ninc basilaire^ et sur la vertébrale. — 2° 1,'nud'it'ive inlcrnc, [)elite artère ipii suit le nerf auditif, et se porte avec lui à l'oreille interne. — .3" La. cérébelleuse supérieure. Elle semble une brancbede bifurcation de l'a. basilaire, comme lacèrébrale postérieure, dont elle n'est sé()arée que par le tronc du moteur ocul. comuiiiu et dunt elle suit la courbure dans le silhm sus-protubèrantiel. Elle s'inllécliit en arc et s'irradie d'avant en ariière sur toute la longueur de la face supérieure du cervelet par deux brandies, une

t'erp/ji'U. sup. Chor. post.

F\g. lîT!). — Ai-tèi'L's (lu la iiroliiliijiviiice rl ilu cervelet.

Vue latérale. — D'après Ilirschfelil.

externe qui fournit à riiéuiispbèrc correspondant, une inlei iie ([ui donne deux rameaux à la valvule de Vieiisseus et au vermis supérieur.

La cérébolleuse supérieure est essentiellement l'artère du vermis supérieur ; toutefois, dès son origine et avant son arrivée sur le cervelet, elle émet des branches centrales qui s'enfoncent dans le tronc céri'bral , notammeni dan-; la partie supérieure de la protubérance, etdes branchesi)éripliériijues ([ui viuil sur le pédoncule cérébral s'anastomoser eu plexus avec des rameaux foui nis ])ar la cérébrale postérieure.

Celte artère jteut être ti'ès volumineuse et sup[)léer des céi'ébrales jiosh-rieures atrophiées Quelquefois elle se bifurque au niveau même du (nmc basilaire, ou hieii elle est accompagnée d'une ou deux branches accessoires ; c'est

NÉVROLOGIE

pour cela que certains auteurs décrivent deux cérébelleuses supérieures, placées immédiateuieat l'une deriière l'autre.

Les artères du bulbe et de la protubérance appartiennent vraisemblablement au type segmentaire comme celles de la moelle, mais les segments médullaires sont ici tellement déformés et les paires nerveuses crâniennes si difficiles à classer qu'il faut renoncer à établir une analogie complète. Tout au plus peuton considérer l'a. vertébrale, dans son trajet le long du premier nerf cervical, comme une énorme radiculaire de plusieurs paires nerveuses, dont les spinales postérieures et antérieures représentent les branches descendantes, et le tronc bisilairela branche ascendante. L'a. basilaire semble en effet le prolongement intra-crânien de l'a. spinale antérieure.

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