‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 33 sur 194 · CONFORMATION EXTÉRIEURE DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

CONFORMATION EXTÉRIEURE DE LA MOELLE

La moelle extraite du canal rachidien paraît finement plissée dans le sens transversal ; ces plis sont dus à la rétraction de la pie-mère qui n'est plus tendue ]iarses extrémités. Pour s'accommoder à rallongement et au raccourcissement de la colonne, conséquences nécessaires des mouvements de llexion et d'exlension, de l'augmentation ou de la diminution des courbures vertébrales, la moelle et son enveloppe intime jouissent d'une certaine ''lasticité ; elles se jilissent ou s'aplanissent suivant qu'elles sont relàcliées ou tendues. Nous avons déjà vu que, les organes étant en place, ces variations de longueur n'excédaient ])as quelques millimètres dans les conditions normales.

Dans le sens longitudinal, la moelle est parcourue par plusieurs dépressions parallèles, sillons de la moelle. Deux de ces sillons sont situés sur la ligne médiane, l'un en avant, l'autre en arrière, sillons médians ; les autres, sillons latéraux, sont sur les lianes, de chaque côté.

\° Sillons médians. — Le sillo)i médian anlérieuv suit la face antérieure de la moelle, depuis le collet du bulbe, où il est presque complètement comblé l)ar l'entrecroisement des pyramides, jusqu'à la fin du cùne terminal. Il est peu [irofond, de 2 à 4 mm., et n'entame la moelle que d'un tiers de son I). auléropostérieur; mais il est large, facile à écarter. Un double prolongement de la piemère y pénètre avec des vaisseaux importants. Son entrée béante est conformée en goultière à bords conv(\Kes pour recevoir les artère et veine spinales antérieures ; ses faces plates et lisses qui se regardent sans se toucher tombent ])erpendiculairement sur une rainure transversale dont le fond est la commissure

NÉVROLOGIE

Sillon méd. post.

" Epenrlym

-Canal centi: (formation) ...Sillon, mérl. ant.

blanche, surface OÙ l'on remarque au milieu un raphé saillant et de chaque cùlé des faisceaux obliques séparés par des fentes vasculaires.

Le sillon médian postérieur s'étend sans interruption du plancher du quatrième ventricule à l'extrémité inférieure de la moelle. Extérieurement on ne voit qu'un trait délié à cause de l'affrontement des bords sans biseau, et sur la coupe une fissure très étroite, profonde de 4 à 6 mm., aboutissant à une surface grise, la commissure grise postérieure. Ce sillon, quelquefois coudé à sa partie profonde, ne peut s'ouvrir qu'artificiellement, car il est occupé par une cloison de piemère, placée de champ et soudée aux deux lèvres de la fissure. 11 n'y a pas de gouttière à l'entrée, et on ne voit au fond ni le diverticule latéral, ni le raphé, ni les lignes vasculaires du sillon antérieur.

Ces deux sillons médians ne sont pas seulement distincts par ces caractères de profondeur, de béance et de rapports extérieurs, ils le sont encore par leur origine embryonnaire. Le sillon antérieur est l'intervalle naturel que laissent entre eux les cordons antérieurs de

Le sillon postérieur formé aux dépens de la cavité mnelle dans leur croissance nrolendymaire. Coupe transversale de la moelle d'un moeue Qdns leur croisbdnce pio

gressive en avant, tandis que le sillon postérieur est dès l'origine intra-médullaire; il représente la partie postérieure du tube médullaire primitif, isolée de sa partie antérieure qui devient canal de l'épendyme, et peu à peu transformée en une fente à parois purement conjonctives.

Quoi qu'il en soit, ces deux sillons médians séparent la moelle en deux moitiés, deux demi-cylindres symétriques ; il y a donc une moelle droite et une moelle gauche, comme il y a deux cerveaux. Le pont de substance nerveuse qui entre les sillons unit les deux moitiés de l'organe a une épaisseur de 2 mm. ; il constitue les commissures de la moelle.

2° Sillons latéraux. — 11 y a de chaque côté deux sillons collatéraux constants et deux sillons intermédiaires accessoires.

Le sillon collatéral antérieur placé à 2 ou 3 mm., en dehors du sillon méd. antér. ne mérite pas le nom de sillon ; ce n'est pas une dépression de la surface, c'est la ligne d'insertion des racines antérieures. L'arrachement de ces racines laisse à nu sur la moelle un ruban de 2 mm. de large, criblé de petites fossettes au point d'implantation des filets radiculaires ; la succession de ces fossettes artificielles a fait admettre un sillon collatéral antérieur. On le suit en haut jusqu'à la protubérance; plus on descend, plus ce sillon se rapproche de la ligne médiane ; il la touche presque à la fin du renflement lombaire, et disparaît avec l'émergence du nerf coccygien.

■ Cordon antérieur ■ Corne antérieure

Fig. 116. — Origine des sillons médians de la moelle.

^je sillon postérieur ép .. .

embryon de poulet (d'après Bal four).

MOELLE ÉPINIÈRE

Le sillon collatéral 'postérieur est au contraire une dépression réelle, une rditmre étroite chez l'homme, élargie en gouttière chez les grands animaux, qui à 4 ou 5 mm. du sillon méd. postér. reçoit les racines postérieures. Ces racines, bien que plus nombreuses et plus volumineuses que les racines antérieures, se ramassent dès qu'elles arrivent à la moelle en un cordon serré qui par des branches montantes et descendantes suit le sillon et le comble ; arra-

che-t-on ces racines, on voit que la rainure est peu profonde et qu'elle aboutit à la téte de la corne postérieure. Le sillon coll.

postér. suit toute la moelle, en ligne un peu ondulée, courbe surtout au niveau des renflements, et finit h la base du cône terminal.

Le sillon intermédiaire -pos ■ térieur est une fente linéaire, située environ à 1 ou 2 mm. en dehors du sillon médian postérieur. Exceptionnellement il a une certaine profondeur, mais ordinairement ilentame à peine la substance blanche. En haut il se prolonge sur le bulbe, en bas il finit vers le tiers moyen de la région dorsale; il est donc surtout cervical. Chez l'embryon on le suit jusqu'en bas de la moelle ; déjà sur des fœtus de six mois, je l'ai vu ne commencer qu'en haut de la région thoracique.

On voit quelquefois à la région cervicale un petit sillon intermédiaire antérieur, placé tout près du sillon médian et marquant la limite externe du faisceau pyramidal direct.

Les sillons interceptent entre eux des faisceaux longitudinaux de substance blanche irrégulièrement prismatiques, appelés cordons de la moelle.

Entre le sillon médian antérieur et le sillon collât, postérieur est le cordon antéro-laléral, qui comprend la plus grande partie de la demi-circonférence de la moelle. Il a une certaine autonomie auatomique et fonctionnelle. Le cordon postérieur s'étend de la ligne d'insertion des racines postérieures au sillon m. postérieur.

Le cordon antéro-latéral est à son tour un peu arbitrairement subdivisé en deux cordons secondaires, le cordon antérieur et le cordon latéral ; la ligne de séparation est la limite externe de la zone de pénétration des racines antérieures, en d'autres ternies les racines antérieures appartiennent au cordon antérieur.

Le cordon antérieur commence au bulbe avec les pyramides et finit en pointe au bout du cône terminal. Il n'occupe point la totalité de la face anté-

Conlon latéi'.

Si/l')ii mril . ant.

Sillon coU ant.

Fig. 11". — Face antérieure d'un segment ilo moelle.

A droite, les racines antérieures ont été arrachées.

NÉVROLOGIE

rieure de la moelle, et tandis que celle-ci s'élargit au niveau des renflements, le cordon antérieur va toujours en se rétrécissant à mesure qu'il descend ; dans la partie inférieure du renflement lombaire, il est même réduit à la zone radiculaire. Sur la coupe, c'est un triangle dont le sommet tronqué adhère en partie à la commissure blanche, dont la base convexe se continue avec la courbe du cordon latéral.

Le cordon latéral occupe toute la face latérale de la moelle et déborde sur la

face antérieure ; il s'étend entre les deux lignes d'insertions radiculaires. Sa surface extérieure très bombée montre de nombreuses fentes longitudinales à court trajet ; elle ne présente à la région dorsale aucune émergence de racines ; mais à la région lombaire elle laisse passer des filets ténus qui vont s'adjoindre aux racines antérieures, et à la région cervicale les origines du nerf spinal.

C'est sur elle que s'insère le ligament dentelé. En coupe, c'est un quadrilatère d'une aire beaucoup plus grande que le cordon antérieur et dans laquelle on distingue à l'œil nu des fissures et des cloisons radiées recoupées par des cloisons concentriques.

Le cordon postérieur correspond à la face postérieure de la moelle ; il comprend l'espace interradiculaire et les racines postérieures elles-mêmes. Il est inégalement large suivant les régions. Sa section montre une surface triangulaire dont la pointe mousse s'unit à la commissure grise, et dont la base extérieure se détache en relief sur la circonférence de la moelle, parce que sa courbe appartient à un cercle plus petit que celui du cordon antéro-latéral.

Dans la région cervicale et la dorsale supérieure, le sillon intermédiaire postérieur délimite, aux dépens du cordon postérieur et le long du sillon médian, un faisceau, large de 1 à 2™'" suivant les régions, qui va en augmentant à mesure qu'il s'élève vers le bulbe qu'il traverse. C'est le cordon de Goll. On ne le suit pas plus bas à l'œil nu; mais, outre que chez l'embryon il est visible jusqu'au filum, chez l'adulte il se reconnaît sur toute la longueur de la moelle par sa réaction pathologique individuelle.

(Pour la vue en coupe des cordons, voyez plus loin la figure 142).

Schulz étudiant des moelles d'adultes durcies au liquide de Muller a mesuré les diamètres des différents cordons en coupe transversale. Les chiffres suivants, moyennes do plusieurs moelles, donnent le plus grand D. do chaque cordon; pour le cordon antérieur, de

MOELLE ÉPINIÈRE

la face interne do la corne antér. au sillon niéd, ant,i''rieur ; pnnr le conlon laféral la ])lus grande largeur; pour le cordon poslérieiir, du sillnn c<ill. ijostt'ricur au sillon nird. |)os-

térieur.

Part, cervicale. P. thorac. Part, lombaire.

Moelles D. transversal l^mm;, 9,3 90

— U. ant. posi '.).() 7.8 S.O

Cordon antérieur ti'ansversal). . 1.0 1.0

— laléra! . . ' '. . 4.0 3,3 2.5

— poster 3. 5 2.9 2.8

Page 1