Orientation des coupes sur la moelle
Schéma indiquant la direction des coupes sagittale, horizontale et frontale.
NÉVROLOGIE
Chaque moitié de la substance grise a la forme d'une épée dite carrelet c'està-dire à trois arêtes, ou encore d'un croissant dirigé d'arrière en avant; les convexités des deux croissants se regardant et étant unies par la barre de la commissure grise, il en résulte sur la coupe une figure en X ou en H.
La substance grise de chaque moitié est divisée en deux parties, par une ligne transversale conventionnelle qui passe par le canal de l'épendyme, une partie ventrale, corne antérieure, et une partie dorsale, corne postérieure.
La corne antérieure regarde en avant et en dehors. Sa forme générale est arrondie ou quadrangulaire avec un contour découpé en pointes ou en lobes.
Fig. 120. — La substance grise de la moelle.
Figure schématique destinée à montrer la forme en H de la substance grise et ses rapports avec les racines nerveuses. La partie antérieure regarde en bas et à gau.;lie. On a enlevé 'en haut un anneau de substance blanche.
Elle se distingue à l'œil nu de la corne postérieure par sa grande surface, par son éloignement de la circonférence de la moelle et par les nombreux prolongements qui s'irradient de sa périphérie. On la divise en deux parties, la tète et la hase, sans qu'il y ait entre ces deux régions une ligne de démarcation bien reconnaissable.
ha. corne postérieure est toujours plus longue et plus mince. Elle est plus près de la surface extérieure qu'elle affleure presque à la région cervicale ; elle n'émet pas d'irradiations apparentes et elle est entourée par la substance gélatineuse de Rolando, substance transparente qui coiffe en V ou en croissant l' extrémité de la corne. La corne postérieure est partagée en trois parties : la tète (caput), renflement arrondi ou fusiforme, dont le sommet (apex) bien marqué dans les régions cervicale et thoracique, se voit au fond du sillon coll. postérieur— \q col (cervix), étranglement qui manque à la corne antérieure — et la hase. Les bases des deux cornes s'adossent et se pénètrent ; le point de rencontre s'appelle la région intermédiaire.
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Dans la portion Ihoraciquf de la tnoollc, siirloiit dans la région siipérienre de ce segment, on remarque sur le flanc de la substance grise une saillie triangulaire dont le sommet libre regarde directement en dehors ou bien un peu en arrière : c'est la cornelatérale (corne moyenne, tractus inlcrmédio-latéral). Elle fait défaut à la région lombaire ; on ne la reconnaît pas non plus à la région cervicale, où elle paraît être absorbée par le grand développement latéral de la corne antérieure quise projetteen dehors en saillie arrondie. Bien qu'elle appartienne topographiijuement à la zone intermédiaire, on la rattache ordinairement à la corne antérieure dont elle fait manifestement partie chez quelques animaux. — L'angle rentrant formé par la corne latérale et le col de la corne postérieure est occupé par un réseau de substance grise dont les mailles plus ou moins grandes circonscrivent des îlots de substance blanche. Ce réseau est la
Corne ant.
Suhst. /Je ftolan'lo
Fig. 121. — Los cornes île la substance grise. Topographie schématique des cornes antér. et post. du côté droit.
formation réliculée, indistincte à la région lombaire, bien marquée h la région thoracique, et de plus en plus développée à mesure qu'on se raiiproche du bulbe.
FjCs différentes cornes que nous avons décrites n'ont cet aspect que sur une coupe transversale ; si on regarde l'axe gris dans son entier, en élévation, on aura une colonne cannelée, composée de colonnes secondaires qui sont les cornes de la substance grise ; les colonnes antérieures sont essentiellement les colonnes motrices, et les postérieures, les colonnes sensitives.
2" Substance blanche. — La substance blanche doit sa couleur aux fibres nerveuses à myéline dont elle est essentiellement constituée. Elle forme autour de la substance grise une écorce ou manteau d'inégale éjiaisseur, que nous avons
NÉVROLOGIE
vue divisée en cordons antérieur, latéral et postérieur. La périphérie du manteau médullaire n'est pas continue; elle est entaillée d'abord de nombreuses
incisures par où s'enfoncent des cloisons de la piemère, puis par les sillons déjà décrits. Au niveau du sillon antérieur, l'angle est arrondi; il est vif au contraire à l'origine du sillon m. postérieur. La substance grise est recouverte sur toute sa circonférence par la substance blanche, sauf en un point, au fond du sillon médian postérieur, où la commissure grise est à nu. On a dit qu'il en était de même pour le sillon coUatér. postérieur; mais ni chez les animaux, ni chez l'homme, ni chez l'embryon, le sommet de la corne postérieure n'arrive jusqu'à la pie-mère; il en est toujours séparé par une couche de substance blanche. Il est juste d'ajouter que cette mince couche paraît être uniquement formée par le faisceau externe des racines postérieures, et que si on arrachait ce faisceau, on verrait le cordon latéral séparé du cordon postérieur et l'apex de la corne pointant au fond du sillon collatéral.
Fig. 122. — Formes de la substance grise aux différentes régions de la moelle.
Coupes transversales passant, de haut en bas, par : 1° la région cervicale sup.;2"le renflement cervical ; 3° la région thoracique; 4° le renfle-
lombaire ; 5° la sacrée; i
Ni l'étendue, ni la forme, ni la structure des diverses coupes ne sont identiques sur toute la hauteur de la moelle. Non seulement chacune des cinq régions que nous avons admises a sa morphologie propre et constante, mais dans chaque région chaque segment de moelle avec sa paire rachidienne a une certaine individualité qui distingue les coupes des différents niveaux, et on a pu dire que la forme d'une section de la moelle est l'expression de la nature intime et do la valeur fonctionnelle de la région où la coupe a été faite. Le renflement cervical se fait remarquer surtout par l'énorme élargissement externe de sa corne antérieure qui absorbe la corne latérale et par sa forte formation réticulée ; la moelle thoracique, par sa corne latérale et le type en H de sa mince substance grise ; le renflement lombaire par sa corne antérieure uniformément agrandie, sa corne postérieure large et arrondie avec un col peu marqué , presque semblable à la corne antérieure, et non plus effilée, fusiforme comme aux régions dorsale et cervicale.
Dans le cône terminal, la disposition se modifie de plus en plus à mesure qu'on se l'approche du filum. Déjà à la partie supérieure du cône, la substance blanche s'est considérablement réduite, et la commissure grise postérieure montre un développement insolite (D. =0 mm. 4). Au niveau du ventricule terminal, on reconnaît encore les cornes grises autour du canal épendymaire agrandi et changé dans sa forme (triangulaire, cordiforme, losangique), mais les cornes postérieures ne forment plus qu'une faible couche nerveuse. Au sommet du cône, la substance grise entourée d'une mince écorce blanche montre une masse uniforme dans laquelle la distinction entre les cornes antérieure et postérieure s'est elïacée, en même temps que par la disparition du sillon m.
ment lombaiie,5^ la legion postérieur les cornes postérieures tendent a former une masse 6» le cone terminal. . i i i- i n i • i.,
unique. Enfin dans la partie nerveuse du filum terminale,
c'est-à-dire sur une longueur de 6 à 8 cm. chez l'adulte, on voit
diminuer progressivement l'axe médullaire représenté par le canal central avec une double
écorce grise et blanche, où l'on distingue à peine une légère saillie à la place des cornes
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anl.i'Ticurcs ; cet axo embryonnaire est plongé dans une atmosphère de tissu cellulaire et adipeux, que traversent d'assez gros vaisseaux avec les nerl's coccygiens atrophiés (deuxième et troisième paires coccygiennes), et qu'enveloppe le fourreau de la pie-mère.
Les rapports quantitatifs des deux substances grise et blanche varient suivant les régions considérées. Gratiolet avait déjà établi une estimation générale. Stilhng, dont les chiffres diffèrent d'ailleurs sur plusieurs points de ceux de Gratiolet, a précisé ces rapports sur ses coupes en série et a établi leur loi de croissance et de diminution. Plus tard Flcclisig a repris ces mensurations pour chaque faisceau des cordons. Des données de Stilling il résulte que : lo La substance grise est sensiblement proportionnelle au volume d'ensemble de la moelle, très réduite à la région thoracique, très agrandie au niveau des renflements: elle mesure sur la coupe 4 mm. q. 5 à la partie dorsale; 24, 9 au renilement lombaire ; 19, 6 au renilement cervical. Elle s'accroit comme les nerfs qu'elle reçoit ou qu'elle émet. Mais cette loi de rapport entre la substance grise et les racines nerveuses n'est vraie que des cornes antérieures; les cornes postérieures y échappent en partie; elles sont peu influencées parles renflements, et leur volume qui est partout inférieur à celui des cornes antérieures le dépasse en deux points, dans la base du cône terminal, et dans la région dorsale (du neuvième n. dorsal au troisième n. lombaire). Peut-être cette dernière particularité est-elle due à la présence delà colonne de Clarke dans la corne postérieure. — 2° La substance blanche subit un accroissement presque régulier de bas en haut; il n'est interrompu que par une légère décroissance entre le troisième nerf lombaire et le douzième dorsal, et une autre entre le quatrième nerf cervical et lo bulbe. Elle est inférieure en surface à la substance grise dans le cône terminal, elle l'égale (22 mm.q. contre 21) au niveau du quatrième nerf lombaire et partout ailleurs lui est supérieure (24 contre 5 à la région dorsale, 42 contre 19 au renflement cervical).
•3° Canal de l'épendynie. — Le canal de l'épenchjme ou canal central est une cavité percée au centre de la moelle qu'elle traverse dans toute sa longueur. On appelle épendyme, de épi, sur et endnma, vêtement, le tissu qui forme la paroi du canal.
Le canal commence en haut à l'angle inférieur du quatrième ventricule, passe dans la partie inférieure du bulbe, puis dans toute la moelle, s'élargit en bas du cône médullaire pour former le ventricule terminal et de là très étroit se poursuit dans le lilum terminale, où il finit en cul-de-sac, jusqu'à une distance de 8 cm., quelquefois beaucoup moindre, de 2 cm. seulement. Chez le fœtus il descend encore plus bas et atteint le cul-de-sac durai, c'est-à-dire la fin du segment interne du filum. Il ne représente pas l'axe géométrique du cylindre médullaire; car placé près du tiers antérieur dans les régions cervicale et dorsale, il occupe le centre à la région lombaire et se dirige dans le cône terminal vers la face postérieure. Sa longueur est d'environ 50 cm. Large chez les vertébrés non mammifères et chez les mammifères inférieurs, large aussi chez l'embryon humain, il se rétrécit fortement dès le milieu de la vie fœtale, et n'a plus chez l'adulte qu'un di.xième ou même un demi-dixième de millim. ce qui le fait à peine visible à l'œil nu ; il devient très apparent si on laisse sécher une coupe de moelle qui a trempé dans l'alcool. La forme de sa section montre de grandes variétés suivant le niveau considéré et aussi suivant les sujets, ordinairement en fente dorso- ventrale à la région cervicale supérieure, ovale transversale au rendement cervical, circulaire à la région thoracique, ovale antéro-postérieure à la région lombaire, avec des formes accessoires en cœur, en losange.
Le canal de l'épendynie n'est autre que le canal ou tube médullaire épithélial de l'embryon, rétréci par la formation nerveuse qui l'entoure. La forme large embryonnaire persiste encore chez l'adulte dans le cône terminal et constitue le ventricide ierjjn'Ha? de la moelle, découvert par W. Krause en 187.'). C'est le cinquième ventricule des centres nerveux, car le ventricule de la cloison ne mérite ce nom ni par son origine ni par sa structure ; mais d'autre part le ven-
NÊVROLOGIE
tricule de la moelle, bien que dérivé du canal neural embryonnaire, n'est pas entièrement assimilable à ceux du cerveau; il est une persistance simple de l'état fœtal et non le résultat d'une dilatation de croissance, et peut-être eùt-ii mieux valu l'appeler le sinus terminal.
Quoi qu'il en soit, ce ventricule occupe la partie inférieure du cône terminal, au-dessous de l'émergence du nerf coccygien ; il correspond donc à la partie coccygienne ou caudale de la moelle que nous avons considérée comme frappée tout entière d'arrêt de développement. Quelquefois un renflement bulbeux audessus de l'origine du filum indique extérieurement sa présence. 11 est en général triangulaire sur sa coupe et fusiforme en longueur ; ses deux bouts supérieur et inférieur se continuent avec le canal épendymaire. Sa longueur est de 8 à 10""°; son D. transversal de 1""° à 0,5 ; son D. a. postérieur de 1 à 0,4; on le voit bien à l'œil nu sur une pièce durcie, et s'il a échappé si longtemps à l'attention, c'est que sa paroi postérieure rapidement altérée après la mort le laisse béant en arrière, ce qui avait fait croire à Stillingque le canal del'épendyme s'ouvrait chez l'homme en arrière dans le sillon médian postérieur du renflement lombaire. Le ventricule affleure en effet le sillon médian postérieur ou plutôt, car celui-ci est déjà effacé, la face postérieure de la moelle dont il n'est séparé que par une mince couche d'épithélium et de substance nerveuse. Il a la même structure que le reste du canal, une couche d'épithélium cilié vibratile, reposant sur la substance gélatineuse centrale.
Nerf coccyg.
Venir, terminal
Fi
Filum