Le ventricule terminal
Coupe frontale du cône et du ventricule terminal.
Grandie du double (d'après Krause).
Le ventricule terminal reste sans changement et
avec ses mêmes dimensions de la naissance à l'âge adulte. Vers quarante ans, il commence à s'oblitérer, mais on le retrouve encore dans l'extrême vieillesse. On l'a constaté chez les animaux au moins chez les jeunes, et même dans l'embryon d'amphioxus. 11 ne faut pas le confondre avec le sinus rhomboïdal des oiseaux, qui siège à la moelle sacrée et non dans le cône, et qui est constitué par un épaississement de névroglie gélatineuse comblant le sillon postérieur et traversé par le canal normal.
(Sur le Ventricule terminal : W. Krause. Der Vcntriculus termmalis. — Arch. f. microscop. Anatomie 1875, — et Saint-Rémy, Portion terminale de l'épendyme. Thèse, Nancy, 1887).
Le canal de l'épendyme est essentiellement un tube épithélial. Son épithélium, dérivé de l'ectoderme qui s'est invaginé pour former le canal médullaire, repose sur la substance gélatineuse centrale que nous décrirons plus loin. Il est constitué par une seule rangée de cellules épithéliales cylindriques ; il y en a cent sur une coupe du renflement cervical. La cellule cylindrique regarde le canal par sa base qui porte des cils vibratiles très délicats ; ces cils sont de bonne heure inertes et se transforment partiellement chez l'adulte en un plateau cuticulaire. La partie périphérique de la cellule est pointue et se termine en un prolongement filiforme qui se perd dans la substance grise pour les cellules
MOELLE ÉPINIÈRE
latérales; mais, au moins l'a-l-on vu chez le nouveau-né, celui des cellules ventrales et dorsales traverse en direction sagittale la commissure antérieure et la commissure postérieure pour se terminer sous la pie-mère des sillons médians delà moelle. Entre les grandes cellules épithéliales, on voit des cellules intercalaires plus petites et des fibres de névroglie qui arrivent jusqu'à la surface.
Sillon mérj. ant.
Fig. 124. — Structure du canal do l'épendymc.
Coupe transversale grossie, les prolongements périphériques des cellules épithéliales sont schématisés. On ne voit que la partie centrale de la moelle.
Le canal de l'épendyme contient du liquide céphalo-rachidien en communication avec celui du ([uatriènie ventricule et avec celui qui entoure le bulbe.
Il est trôs fréquent do trouver chez l'adulte des oblitérations partielles du canal de l'épendyme; elles sont produites tantôt par <les amas épithéliaux provenant de la prolifération de l'épitliélium normal, tantôt par des végétations névrogliques contenant des vaisseaux et englobant les cellules épithéliales désagrégées. Fronimann en a constaté vingtdeux fois sur vingt-cinq moelles exammécs, le plus souvent à la région cervicale. Quand elles sont longitudinales, fait qui semble plus commun dans la portion sacrée, le canal parait double, en canons de fusil On ne sait s'il y a des cas do canal normalement et originellement double.
Schulz, qui a étudié plus récemment [Neurol. Cenfr., 1883) une série de vingt moelles d'adulte aussi normales que possible, a fait les constatations suivantes : quatre fois seulement le canal épendyniaire était parfaitement libre et son épitliélium normal (sujets de 13 à 3S ans) — quatre fois, canal libre mais avec amas cellulaires intérieurs — deux fois, lumière oblitérée à la région lombaire seulement — dix fois, par conséquent dans la moitié des cas, oblitération complète du canal dans toute sa longueur (sujets de 18, 22, 2G, 28, 35, 52, 53, 56 et 76 ans). Ordinairement quand le canal renferme des amas cellulaires, sa paroi est mal délimitée et sa couche profonde est inhltrée de cellules nouvelles.