COMMISSURES DE LA MOELLE
Les deux moitiés droih^ ci gauche de la inftelie sont réunies par la counnissure ; celle-ci esta son loui' divisée ou deux parties par rinter|)()sitiou du canal central, la coniuiissure antérieure et la commissure jtoslérieure. La commissure antérieure est sui'lout alTectée au croisement des fibres du cordon antéro-latéral ; la postéi'ieure, aux fibres du cordon p(3slérieur. Dans toutes diMix, mais à des degrés dilïércnts, les éléments qui s'entrecroisent sont de trois ordres ; il y a des cylindre-axes issus des cellules commissurales, des collatérales provenant des fibres des cordous, et des prolougemeuts protoplasmiques apparti^nanl aux cellules nerveuses qui habileiit la face interne des cornes. Par la commissure des cylindre-axes, un groupe de fibres d'un faisceau est totalement croisé et transporté du côté opposé à son origine ; la commissure des collatérales associe le cordon dont elles émanent avec la substance grise opposée, sans que les fibres mêmes de ce cordon soient pour cela croisées ; enfin les commissures ])roto])lasmiqucs, dans lesquelles s'entrelacent sans se fusionner li>s dendriles des
NÉVROLOGIE
cellules unissent directement les éléments des parties droite et gauche et font que toute excitation portée sur une cellule nerveuse voisine de la région centrale se répercute sur une cellule homologue de l'autre moitié de la moelle.
Commissure antérieure. — La commissure antérieure est composée de deux couches : une superficielle, épaisse, blanche, commissure blanche antérieure, une profonde, très mince, grise, commissure grise antérieure.
La commissure blanche, partie fondamentale du système antérieur des fibres de croisement, présente à la région lombaire son plus grand développement : son épaisseur est de 0 mm. 60, tandis qu'à la région cervicale comme à la région dorsale elle a seulement 0 mm. 20 ; elle n'est donc pas influencée par la quantité des racines antérieures, tandis que la commissure postérieure croît comme les racines correspondantes. Sa largeur est proportionnelle à celle de la moelle ; elle est de 1 mm. 20 à la partie dorsale, de 2 mm. 5 au niveau du septième nerf cervical; elle devient profonde et s'étale transversalement
Sill. méd. post.
Cord.post. \ Commis, gr. post.
; ; ■■■ Suhst. gelât, cent.
Commis, gr. ant.
Fig. 149. — Commissures de la moelle.
Les commissures antérieure et postérieure vues à un faible grossissement sur une moelle de bœuf colorée par la méthode de Weigert.
dans la moelle cervicale. Sa face antérieure est en partie visible au fond du sillon médian antérieur, en partie et sur ses côtés fusionnée intimement avec l'arête postérieure des cordons antérieurs; la partie visible, libre dans le sillon, présente sur sa ligne médiane un raphé saillant, point central de l'entrecroisement, et de chaque côté des orifices vasculaires et de minces fissures obliques, limita.nt de petits faisceaux, qui ne sont pas tendus transversalement, mais nattés sous un angle très faible; disposition qui rappelle sous une forme atténuée l'entrecroisement des pyramides du bulbe. Sa face postérieure, qu'on ne peut isoler qu'artificiellement, semble au contraire formée de faisceaux transversaux, non nattés. De chaque côté, engagés dans le réseau des fibres de la commissure et du cordon antérieur, on aperçoit à l'œil nu sur quelques animaux deux faisceaux longitudinaux qui existent aussi chez l'homme, mais à fibres plus dispersées : ce sont les cordons longitudinaux de la commissure, de Gratiolet
La commissure blanche a de grosses fibres mesurant l-i /x en moyenne; la commissure grise est une couche mince, dont les fibres fines prennent une disposition arquée à con-
GROUPEMENT DES FIBRES
cavité pOfiti''ricnro. Elles sont constiliiécs par l'cuitrocroisiMncnt ilos cylindi'O-axcs ilcs cellules comniissiiralos, qui vont au cordon antéro-laléral, par ilos collatérales de ce iiiéine cordon et cnlin par les prolongements protoplasniiques internes des cellules railiculaires. La partie blanche est essentiellement la commissni-e des cylindre-axes, et la partie grise la commissure des collatérales (Cajul).
La commissure antér. est traversée sagittalemcnt, dans les premiers temps du moins, par les filaments périphériques des cellules épithélialos épendymaires allant à la base du sillon médian ; elle renferme en outre des cellules de névroglie. Les éléments nerveux qui s'y entrecroisent sont ; lo les cylindre-axes des cellules commissurales disséminées dans tonte la substance grise, nombreuses surtout dans le groupe antéro-externe de la corne antérieure. Ces cylindres-axes, gros ou minces suivant leur cellule il'origine, traversent horizontalement la commissure, émettent à la sortie une collatérale richement ramifiée, puis se coudent à angle droit et montent verticalement dans le cordon antérieur en donnant de nombreuses branches lati-rales à la substance grise. D'autres prolongements nerveux vienni'ut suivant Gajal, des cellules curvilignes situées dans la zone périphérique de la colonne de Glarke et des cellules de la corne postérieure . 2o des collatérales du cordon antérieur, accessoirement du cordon latéral ; 3o les prolongements protoplasniiques des cellules radiculaires du groupe interne, prolongements réunis en longues touffes ou panaches et naissant du côté interne du corps cellulaire — Il ne vient rien des racines postérieures, contrairement à quelques auteurs qui ont considéré même récemment la commissure anlV'ricure commis le siège de l'entrecroisement sensitif.
La mince commissure grise renferme de nombreuses fibres île névroglie, et parait con- Icnir surtout les collatérales du cordon latéral.
• tu lrou\'e dans la commissure antérieure deux espèces de faisceaux lon^'itudinaux : 1° des fascicules disséminés dans la partie centrale de la connuissure, et qui se disposent au niveau du cône terminal en rangi''e arquée entre les commissures grise et blanche ; 2" les deux faisceaux compacts dont nous avons parlé plus haut (cordons longitudinaux de la commissure), qui sont situés entre la commissure blanclic et le cordon antérieur. La signification de ces fibres verticales est inconnue ; peut-être est-elle analogue à celle des faisceaux longitudinaux delà corne postérieure.
Commissure grise postérieure. — La coiumissure grise postérieure unit en arriére du canal central les bases des cornes postérieui'es. Elle existe chez tous les mammifères, souvent d'ailleurs très réduite. Elle est formée do faisceaux distincts superposés ; les fines libres méduUécs (6 à 8 fx) qui la composent a\'ec de nomijreux filaments névrogliqucs lui donnent sa teinte grise.
Son épaisseur est de 0 nnn. 115 aux renllcments cer^'ical et londjaire et de 0 mm. 03 à la région dorsale. Elle croit comme les racines posti'ricures. C'est qu'en effet la commissure postérieure est essentiellement constituée par l'entrecroisement, non de ces racines ellesméuii's, comme on l'a cru longtemps, mais de leurs collatérales ; ces libres lui arrivent surtout de la région externe du faisceau de Burdacli, elles traversent la commissure et vont (■■mettre leurs arborisations terminales autour des cellules du noyau de la corne postérieure. Il faut y joindre quelques collatérales émanées de la partie la plus reculée du cordon latéral, sans qu'on sache si ces fibres viennent d'un faisceau de ce cordon ou bien du groupe externe des racines postérieures. C'est ilonc le siège de Ventrecroixenient sensitif Aq la moelle, constatée par de nombreux physiologistes, entrecroisement qui n'est d'ailleurs que partiel et se fait presque uniquement par des collatérales. Par lui l'excitation sensitive des racines postérieures d'un coté est partiellement transportée sur les cellules de la corne postérieure opposée.
On décrit, depuis Cajal, trois faisceaux dans la commissure postérieure: lo un faisceau anlérieur, grêle, arqué à concavité antérieure. Né du cordon latéral {Cajal), il passe en avant de la l'olonne de Clarke et se termine dans la région intermédiaire aux deux cornes. 2° Un faisceau tnoijen, transversal, volumineux, qui existe seul dans le cône terminal. Les collatérales qui le constituent viennent de la partie postérieure du cordon latéral, passent à travers la colonne de Clarke, et se terminent dans la partie externe de la corne postérieure, dans son noyau et dans sa base. 3o Un faisceau postérieur arciforme, placé en fer à cheval sur le cordon de Burdacli. Ce faisceau serré est formé par des collatérales du cordon postérieur, de Goll surtout, et se termine dans la partie interne de la corne postérieure.
A ces éléments fondamentaux de la commissure postérieure, qui sont des fibres collatérales, il faut ajouter de nombreux prolongements protoplasniiques venant des cellules de Clarke et de la partie interne de la corne (commissure protoplasmique) et très accessoirement quelques cylindre-axes de cellules soit de Rolande soit de la zone prérolandique.
Système des fibres transversales. — La très granile niajoriti' des fibres de la moelle, (les libres relativement grosses qu'on voit par les procédés de coloration ordinaire,
NÉVROLOGIE
sont verticales, parallèles, au grand axe ; mais beaucoup d'autres sont horizontales, seulement elles ne se distinguent bien que par des procédés spéciaux de coloration, à l'or, à l'hématoxyline, au chromate d'argent.
Ces fibres transversales toutes myélinées chez l'adulte comprennent : 1° Les racines antérieures, au nombre de quatre à cinq sur une coupe ordinaire. On peut y rattacher les racines du spinal, qui depuis le premier jusqu'au cinquième ou sixième nerf cervical sortent du groupe externe de la corne antérieure, traversent la formation réticulée et le faisceau pyramidal latéral et émergent en avant des racines postérieures.
2' Les fibres d'origine ou de terminaison des cordons qui dans les deux cas courent horizontalement à travers la substance grise et la substance blanche après avoir quitté ou avant de prendre leur parcours vertical. Beaucoup de ces fibres sont isolées, d'autres sont groupées en faisceaux. On peut rattacher à ces faisceaux: le faisceau horizontal cérébelleux qui va de la colonne de Glarke au faisceau cérébelleux direct — le faisceau signalé
par Schiefïerdecker qui se porte du faisceau de Tiirck d'un côté au faisceau pyramidal opposé — les fibres radiales ou irradiations fasciculaires qui naissent de toute la périphérie de la substance grise, sauf de la face interne de la corne postérieure. Parmi ces fibres radiales, rappelons celles qui vont du faisceau pyramidal latéral à la corne antérieure.
30 Les fibres collatérales des cordons. Ces fibres se distinguent par leur finesse (de un à quatre fi] des fibres d'origine. Innombrables et groupées par fascicules qui longent les cloisons névrogliques parcourues en sens inverse par les prolongements protoplasmiques, ces fibres fines, nées à angle droit des tubes nerveux, convergent
vers la substance grise qu'elles couvrent de leurs ramilles. Elles abondent surtout dans le noyau plexiforme de la colonne postérieure, dans la colonne de Glarke et dans les parties antérieure et latérale de la corne motrice. Le plus volumineux de ces groupes est le faisceau collatéral réflexe ou f. seusitivo-moteur.
4° Les fibres avciformes qui entourent la périphérie des cornes grises : moins nettes autour de la corne antérieure, bien marquées et souvent fasciculées avitour de la tète de la corne postérieure, où elles sont constituées par les fibres des cellules nerveuses les plus périphériques de Rolando et par quelques collatérales obliques.
5° Les fibres commissurales des commissures antérieure et postérieure.
60 Les faisceaux de l^al (Wien. medic. Jahr., 1887). Pal a signalé chez l'homme deux faisceaux nouveaux que Waldeyer a retrouvés sur la moelle du gorille et sur la moelle humaine. Le premier existe à la région de passage dorso-lombaire ; partant de la circonférence postérieure de la colonne de Glarke où il semble entrer en relation avec les racines postérieures, il traverse d'arrière en avant la substance grise et arrive à la jonction de la commissure blanche et de la corne antérieure, où il se perd dans le cordon antérieur. Le second issu de la région centrale, surtout au voisinage de la commissure grise postérieure, se dirige obliquement en avant et en dehors vers la corne latérale qu'il traverse pour aller se confondre avec la substance blanche environnante. Ses fibres sont de moyenne grosseur ; le faisceau est épais d'un demi-millimètre. D'autres fascicules parallèles peuvent s'irradier de la corne latérale dans la région péri-épendymaire. Ce second faisceau a été constaté dans les régions cervicale et dorsale supérieure.
La signification des faisceaux de Pal est complètement inconnue.
Remarque historique. — Je ne puis marquer que quelques grandes lignes : l'important mémoire de Farabeuf (art. Moelle épinière, Dict. encycl. des Se. médic. 1874) a ouvert la voie à la synthétisation de nos connaissances. En 1881, Schwalbe publiait sa Névrologie, œuvre considérable dans laquelle tout le monde a puisé et puise encore. Dès la même
Fit
Vus sur la moitié gauclie de nouveau-né.
Fib. sagilt.
Fil). Irans.
Corne, ant.