‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 58 sur 194 · PÉDONCULES CÉRÉBRAUX ET TUBERCULES QUADRIJUMEAUX · texte numérisé non relu

PÉDONCULES CÉRÉBRAUX ET TUBERCULES QUADRIJUMEAUX

(cerveau moyen).

La vésicule cérébrale moyenne ou cerveau moyen, interposée entre le cerveau intermédiaire (couches optiques) et le cerveau postérieur (protubérance et cervelet), se fait remarquer par la simplicité de son évolution. Chez les vertébrés non mammifères, elle atteint un assez grand développement en devenant les lobes optiques, renflements volumineux d'où naissent les bandelettes optiques; mais chez les mammifères, son accroissement s'arrête de bonne heure et c'est chez l'homme, des cinq parties originelles de l'encéphale, celle qui prend le moins d'importance soit comme masse soit comme valeur fonctionnelle des centres nerveux qu'elle contient.

La base et les parties latérales du cerveau moyen deviennent les pédoncules cérébraux, la voûte, les tubercules quadrijumeaux. Ces derniers sont nés de la lame quadr'i jumelle, épaississement de la voûte, (ju'uu premier sillon antéropostérieur sépare d'abord en deux tubercules, droit et gauche, homologues des lobes optiques des vertébrés non mammifères, et qu'un second sillon transversal recoupe ensuite en limitant lesquatre tubercules quadrijumeaux. D'avant en arrière, le cerveau moyen de l'adulte n'a guère que 1j mm., chiffre qui

NÉVROLOCIE

représente toute la croissance longitudinale delà vésicule embryonnaire; et comme c'est au niveau même du cerveau moyen que s'est faite la forte flexion crânienne qui a coudé l'encéphale à angle droit sur la selle turcique, la base et la voûte de cette partie cérébrale ont pris un inégal développement. La base, mesurée du bord supérieur delà protubérance au bord postérieur des tubercules mamillaires, correspond au pli même de la flexion et ne mesure que 10 mm., tandis que la voûte, de la valvule de Vieussens aux pédoncules de la glande pinéale, atteint 17 mm. Nous avons ditailleurs que cette partie rétrécie de l'encéphale méritait seule le nom d'isthme, dans lequel on a compris à tort une partie du cerveau postérieur.

Indépendamment de son faible accroissement, le cerveau moyen se distingue encore parla simplicité de sesformes. Les parois s'épaississent d'une façon à peu près uniforme, aboutissant à une masse quadrangulaire, et l'ancienne cavité, régulièrement entourée par les formations nerveuses, un peu plus abondantes cependant à la base, devient l'aqueduc de Sylvius.

Nous décrirons successivement : les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux, base et voûte du cerveau moyen, puis l'aqueduc de Sylvius, cavité de ce même cerveau.

Pédoncules cérébraux. — Les pédoncules cérébraux sont deux troncs nerveux qui relient la protubérance annulaire au cerveau.

Leur direction est ascendante ; leur bord supérieur est presque vertical, leur bord inférieur oblique à 45 degrés. Ils reposent en avant sur la lame quadrilatère du sphénoïde et sur les bords de la selle turcique que garnit la dure-mère ; le bord concave de la tente du cercelet les entoure sur les côtés et en arrière, en sorte qu'ils occupent la plus grande partie du trou de Pacchioni, et passent de la loge inférieure ou cérébelleuse de la cavité crânienne à la grande loge supérieure ou cérébrale.

Leur forme est celle d'un cylindre aplati, de couleur blanche, à disposition fasciculée. Leur volume est proportionnel à celui du cerveau ; ils sont égaux de droite à gauche. Ils mesurent en longueur 18 mm. en dedans, 15 en dehors; en largeur 12 à 15 mm. à leur origine et 18 à 20 mm. à leur terminaison cérébrale ; en épaisseur 20 mm. La coupe montre que ces tiges d'aspect général arrondi sont comprimées dans le sens de l'épaisseur et qu'on peut y distinguer quatre faces qui sur leurs limites se fondent les unes dans les autres, une face inférieure et une face externe, toutes deux libres, une face supérieure conventionnelle confondue avec les tubercules quadrijumeaux, une face interne qui dans sa moitié supérieure est unie à celle du côté opposé et n'est libre et apparente à l'extérieur que dans sa partie basse.

1° Face inférieure. — Cette face est aussi bien antérieure qu'inférieure. Elle est convexe, d'un blanc mat, et se compose de faisceaux séparés par des stries où se voient de gros trous vasculaires. Ces faisceaux sont parallèles ; quelquefois deux sillons plus profonds délimitent trois groupes qui correspondent à des systèmes distincts de fibres conductrices ; plus rarement le faisceau externe se déviant de son trajet traverse en sautoir la face inférieure et se place à son côté interne à son entrée dans la protubérance.

Comprimé à sa naissance, le pédoncule s'élargit en éventail dont la base

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

pénotro dans le cerveau ; en même temps il se dirige en dehors, en avant et en liant, de telle sorte que les deux pédoncules sont divergents et interceptent entre eux un angle qui est de 80'^ entre leurs bords internes et de 90" entre leurs bords externes. La limite postérieure de l'éventail pédonculaire, du côté de la moelle, est marquée par le sillon protubérantiel supérieur, et la limite

Tige pitult

fiibnr

Fig. 195. — l'rotubi'ranro anniilairo, Itiilbo et pi'donr. t-rrébraux. Face antérieure (d'après Ilirschfeld).

antérieure, vers le cerveau, par la bandelette optique sous laquelle lepédoncule dispaïaît.

2° Face interne. — Cette face n'est libre que dansune petite étendue, visible extérieurement sur la base du cerveau ; partout ailleurs elle est fusionnée sur la ligne médiane avec celle du côté opposé.

La partie libre de cette face, faiblement arrondie, est divisée en deux étages par un sillon antéro-postérieur, remarquable par sa couleur noirâtre qu'il doit à la présence du locus niger et par l'émergence du nerf moteur oc. commun : de là son nom de s\Uo)r du mut. oc. commun. Les racines de ce nerf, disposées

NÉVROLOGIE

en série fcasciculée et dirigées d'abord en arrière et en dedans s'unissent bientôt en un seul tronc qui décrit un demi-tour d'hélice autour de ses faisceaux d'origine en contournant le pédoncule et prend son trajet définitif en sens antéro-postérieur. Il est fréquent de voir une racine latérale émerger très en dehors au milieu des fibres du pédoncule, séparée des autres racines par un vaisseau ; elle rejoint plus ou moins loin le tronc commun. L'étage sous-jacent au sillon du mot. commun est fasciculé comme la face inférieure qu'il continue et termine ; l'étage supérieur est occupé par la substance perforée que nous décrirons plus loin.

3° Face externe. — La face externe que recouvre la cinquième circonvolution temporale et que contournent le nerf pathétique ainsi que des vaisseaux, est

Corps rjeii. int. . Couche opi.

céréh.

cér. moy.

Les pédoncules cérébelleux, supérieurs et les pédoncules cérébraux séparés parle sillon latéral de l'isthme. Le ruban de Ileil en bleu.

elle aussi divisée en deux étages d'égale hauteur par un sillon longitudinal, le sillon latéral de l'isthme, percé en avant de trous vasculaires et livrant passage à des fibres blanches ascendantes. Ce sillon a une étendue de lomm ; il commence en arrière dans le domaine du cerveau postérieur, où il sépare le pédoncule cérébelleux moyen du pédoncule cérébelleux supérieur, tandis qu'en avant il est creusé sur la face du pédoncule cérébral et se termine en arrière du corps genouillé interne; ces deux parties du sillon sont réunies par un coude.

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

Dans cette portion antérieure, qiio seule nous considérons ici, on a donc à distinguer deux étages. L'étage inférieur ou ventral est la continuation do la face inférieure du pédoncule et a sa structure fasciculée. L'étage supérieur on dorsal est un espace triangulaire dontla base est dans le sillon laléral et le sommet en haut; le côté postérieur croise obliquement le pédoncule c. supérieur ; le côté antérieur est bordé ])ar le tubercule qu. postérieur et son bras conjouctival (pii l'uni! au corps genouiiié interne. Cet espace a été appelé trigone ou triangle du ruban de; i\eil, champ du ruban de Ueil. Le triangle de Reil est en effet occupé par uue lame de substance blanche triangulaire, dont la base éuuMge du sillon latéral, (juelquefois sur toute son étendue, et dont le sommet se perd sur le liane des tubercules quadr. postér. sous lequel il semble s'engager ; parfois des fibres rétrogrades se dirigent en arrière vers la valvule de Vieussens. Cette lame est le faisceau latéral ou faisceau triangulaire de l'isthme ou encore le ruban de Red (mais ce n'est en réalité que sa partie antérieure). Tantôt elle est nettement fasciculée ou fibrillaire, etpeut êtreassez facilement isolée, tantôt l'Ile est indistincte et l'on n'a devant soi qu'un champ uni de substance blanche.

Face supérieure. — Celte face n'a pas d'e.Kistence réelle, elle n'est que le plauticlifde séparation entre le pédoncule cérébral et les tubercules quadrijumeaux.

Fibres arciformes. — Des fibres arciformes, variables dans leur existence et dans leur imporlance, vont de la face dorsale à l'espace perforé en contournant le pédoncule cérébral. Les deux groupes les plus constants, les mieux spécialisés, sont le tœnia pontis et le tractus pédonculaire transverse.

1" Tœnia pontis. — llenle a désigné sous ce nom un mince faisceau qui s'enroule autour de l'origine du pédoncule, tout près de la protubérance annulaire dont il semble être détaché. Petit, large de 3 mm. au plus, lisse, blanc, fibrillaire, le tœnia pontis naitpardes fibres disséminées du sillon latéral del'isthme, accessoirement du pédoncule c. supérieur et du pédoncule cérébral; s'il est bien développé, on peut, d'après Ilenle, le suivre jusque dans le noyau médullaire du cervelet. Après avoir contourné le pédoncule, il s'enfonce en avant du nerf moteur commun, à tel [(oinl que Malacarne l'avait pris pour une racine accessoire de ce nerf, et va se perdre sur la face internes du pédoncule. Il est sujet à de grandes variations, mais est à peu près constant.

2° Tractus pédonculaire transverse. — Gudden {Arch. f. Psychiatrie 1870) a décrit sous ce nom un faisceau analogue au tœnia mais plus antérieur que lui, déjà signalé d'ailleurs en 18GI par Inzani et Lemoigne. 11 naît du tubercule quadrijumeau antérieur, et partiellement aussi du postérieur d'après Schwalbe, contourne le pédoncule dont il croise perpendiculairement les fibres, et arrivé sur la face inférieure s'enfonce au milieu des faisceaux ; un léger relief permet de le suivre jusqu'à la face interne, vers l'émergence du moteur commun. Le tractus transverse est normal chez beaucoup d'animaux (lapin, lièvre, animaux domestiques) et peut cependant faire complètement défaut chez eux. Chez l'homme, il manque souvent (2 fois sur 3, Lenhossék) et quand il existe, il est relativement peu développé et à court trajet apparent; dans ccM'tains cas on le suit en dedans jusqu'à l'oi'igine du lirnia dont il semble une deuxième racine. On ne le confondra pas avec un des faisceaux

NÉVROLOGIE

irréguliers qu'on voit quelquefois traverser obliquement la base du pédoncule.

On ne connaît exactement ni ses origines ni sa terminaison. Gudden le croit en relation avec les fibres optiques et la rétine, car il est à peine reconnaissable ou fait défaut chez les animaux aveugles comme la taupe, et chez ceux à qui on a enlevé l'œil il ne se développe que faiblement.

Espace perforé postérieur. — Appelé encore espace mterpédonculaire, substance ou lame perforée jjostérieiire. Entre les deux pédoncules cérébraux divergents s'étend un espace triangulaire occupé par une lame nerveuse qui

Tuber cinereum

Sill. mot. oc. / Tub. mamill.

com. /

. Band. opt

Trnctus péd. tr.

Fig. 197. — Espace perforé postérieur.

Dans cette figure sont gi'oupés schématiquement les ganglions interpédonculaires, le tractus pédonoulaire traiisverse (de Gudden) et le taenia pontis (de Henle), dessinés isolément d'après nature. Les ganglions, d'après Brissaud.

appartient à l'étage supérieur de la face interne de ces pédoncules, et qu'on appelle l'espace perforé postérieur (le mot espace s' appliquant tout à la fois au champ du triangle et à la substance nerveuse qui le remplit) ; cette lame est la partie la plus interne du pédoncule et se développe aux dépens du cerveau moyen. Le sommet du triangle estpostérieur, dans la dépression plus ou moins profonde (foramen cœcum antérieur, échancrure médiane), à laquelle aboutit le sillon basilaire et que ferment des fibres protubérantielles invaginées auxquelles Cruveilhier a donné le nom AecolUer des pédoncules, de même qu'il avait distingué un collier des pyramides. La base est en arrière des tubercules mamillaires. Les côtés ne sont autre que les sillons droit et gauche de l'oculo-moteur commun. La surface du triangle est elle-même divisée en deux moitiés par un sillon médian, élargi et étalé en avant en un petit triangle inscrit dans le premier. C'est le sillon et son élargissement qui sont percés de trous vasculaires et qui devraient seuls s'appeler lame criblée ou perforée. Dans la substance interpédonculaire et sur la ligne médiane sont enfouis le ou les ganglions interpé-

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

don culair es assez rarement visibles à l'extériem- sous forme de petites saillies arrondies.

Lame quadrijumelle. — Le toit ou la voûte du cerveau moyen est constitué par une laine quadrilatère en forme de selle, lame quadrijumelle, sur laquelle s'élèvent les tubercules qnadrijumeaux qui occupent ses angles. Celle lame n'est séparée de la calotte pédonculaire sous-jacente que par le plan fictif mené horizontalement à travers l'aqueduc de Sylvius ; elle mesure 12 à 15 mm. d'avant en arrière, 22 à 25 transversalement ; son épaisseur est de 4 à 5 mm. au milieu de l'aqueduc, de 8 à 10 au niveau des tubercules. Elle est encadrée par l'échancrure de la tente cérébelleuse.

On remarque sur sa face supérieure libre : les tubercules quadrijumeaux et leurs bras, le frein de la valvule de Vieussens, l'émergence du pathétique, la terminaison apparente des pédoncules cérébelleux supérieurs.

Tubercules quadrijumeaux. — Ce sont des éminences arrondies, blanchâtres, disposées par paires. Deux sillons qui se coupent à angle droit les divisent en deux paires ou bijumeaux, une antérieure, tubercules qu. antérieurs ap[)e\ùs encore nates (fesses), une postérieure, tub. qu.

postérieurs ou testes (testicules).

Ces dénominations de testes et nates scnit peu justifiées chez l'homme ; elles le sont mieux chez certains animaux, noiamment celle de nales chez le mouton, et comme la grosseur et la forme des tubercules varient suivant les espèces animales, il en est résulté que les anciens analomistes ont appliqué ces termes, tantôt à une paire de tubercules, tantôt à une autre, d'après l'animal qui leur servait de type.

Les tubercules qu. antérieurs,

nates, sont plus gros, plus écartés,

moins blancs que les postérieurs.

Leur forme est ovoïde à grosse extré-

. trois pédoncules cérébelleux et une partie du

mite antérieure; ils sont dirigés en quatrième ventricule. Kace postérieure du bulbe

, , , , , , , et de la protubérance. Tubercules nuadrilurneaux

avant et en dehors et mesurent 7 a (d'après Ilirschfeld).

S mm. d'avant en arrière, 12 transversalement. Les tubercules j)Ostérieurs, testes, sont plus petits, plus arrondis et plus détachés, d'une teinte plus blanche ; ils ont G mm. d'avant en arrière sur iS transversalement.

Le sillon crucial qui sépare les éminences quadrijumelles a deux branches, l'une longitudinale ou sagittale, l'autre transversale ou frontale. La branche longitudinale commence étroite en arrière au niveau du frein de Vieussens, et

NÉVROLOGIE

finit en avant en un élargissement triangulaire, renflé sur le cerveau frais, qui reçoit la glande pinéale, et que Scliwalbe appelle Vémmejice sons-pinéale (colliculus subpinealis) et Obersteiner, le trigone so^is-plnéal.

La branche transversale est parabolique, à concavité antérieure ; elle se continue sur le côté avec le sillon interbrachial qui sépare les bras des tubercules.

De la face externe dechaquetuberculequ. antérieur part un tractus blanc, fcms conjonctival antérieur, qui l'unit à un petit renflement ganglionnaire, corps genouillé externe. De même chaque tubercule postérieur est relié à un corps genouillé interne par un bras conjonctival, quelquefois bifide, que nous avons vu border en avant le triangle de Reil. La description des corps genouillés et des brasconjonctivaux sera mieux placée avec celle des couches optiques.

Les tubercules quadrijumeauxsont composés d'un noyau gris recouvert d'une couche de substance blanche, d'où leur teinte un peu grisâtre. Les vertébrés non mammifères possèdent comme équivalents deux renflements globuleux et creux, les lobes optiques. Les mammifères ont tous des tubercules pleins ; chez les plus inférieurs, monotrèmes, le sillon transversal à peine accusé rend les éminences antérieures peu distinctes des postérieures, de même embryologiquementce sillon paraît après le sillon longitudinal. Les quatre tubercules sont plus volumineux que ceux de l'homme, les antérieurs sont ordinairement gris ; chez les carnassiers, les postérieurs sont plus gros que les antérieurs. L'homme possède des quadrijumeaux relativement très petits ; ces centres sensoriels secondaires ont été remplacés par les centres supérieurs de l'hémisphère sur lesquels semble se concentrer l'accroissement cérébral.

Frein de la valvule de Vieussens. — Sur la partie postérieure de la lame quadrijumelle, se voient plusieurs tractus blancs qui sont :

1° Le frein de la valvule de Vieussens, petit cordon assez dense, qui part du sillon longitudinal entre les T. Q. postérieurs et se dirige en arrière vers l'extrémité antérieure de la valvule dans laquelle il se perd en se dissociant en deux ou trois faisceaux.

2° De chaque côté du frein et derrière les testes, Vémergence du pathétique, qui se fait ordinairement par deux filets. Sur des cerveaux très frais, on distingue un petit tractus blanc, qui n'est autre que le croisement des deux nerfs, reliant les deux points d'émergence.

3° La terminaison des pédoncules cérébelleux supérieurs qui disparaissent sous les T. Q. postérieurs. Ils sont croisés à ce niveau par les fibres les plus postérieures du ruban de Reil, et par celles du tœnia pontis quand celui-ci est bien développé.

Conformation intérieure du cerveau moyen. — Nous nous bornerons ici à la description de la coupe transversale examinée à l'œil nu ; cette coupe passe dans la moitié antérieure du pédoncule.

On voit en bas : le pied pédonculaire, blanc, strié en sens radié avec des vaisseaux fins entre les faisceaux; à ses deux extrémités le sillon de l'oculo-moteur et le sillon latéral; à sa partie supérieure une bandelette arquée à concavité supérieure, allant d'un sillon à l'autre, mais envahissant davantage le sillon de l'oculo-moteur. Cette bandelette est le locust niger de Sœmmering, elle se prolonge irrégulièrement dans le pied pédonculaire ; sa couleur est gris ardoisé avec des couches ou des taches plus foncées. Entre les sillons de l'oculo-moteur, la substance grise interpédonculaire ou lame perforée postérieure, mince lamelle triangulaire d'un gris très pâle.

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

Au-dessus (lu locus niger: sur la ligne médiane la coupe de l'aqueduc do Sylvius, ici en cœur de carte, — autour de lui la substance grise péri-ventriculaire, gris rosé, disposée en raquette à queue inférieure — au-dessus la substance grise, gris jaunâtre pâle, des tubercules quadrijunieaux — au-dessous et latéralement, un champ de substance blanche où l'on reconnaît dans la partie supérieure une surface gris très pâle,

triangulaire, qui répond à la formation réticulée, et dans la partie inférieure une tache ronde, gris jaunâtre ou rougeâtre, de 7 mm.

de D., le noyau rouge.

Ai/nedii

Ta/j. (juad.

Suhs. gr. veni .

Noy. ronge

Sillon lat.

Lucus nigcr

Pied

■ Sill. de l'oc. mot.

Sulisl . pci-f. po'.t.

Division topographique. — Le

locus niger étendu du sillon latéral de l'isthme au sillon de l'oculo-moteur isole dans le pédoncule cérébral une partie sous-jacente au locus, disposée en croissant, c'est l'étage inférieur ou base ou mieux encore le pied du pédoncule. Au-dessus de lui, si on mène de l'aqueduc d'abord une verticale médiane séparant les moitiés droite et gauche, puis une horizontale passant parle centre de cet aqueduc, on a ainsi délimité de chaque côté deux champs, un audessus qui est celui des tubercules pig. 199. Conformation intérieure du pé.loncule quadrijumeaux, un au-dessous qui cérébral appartient au pédoncule cérébral et

en constitue l'étage supérieur appelé Dessin à l'œil nu de la coupe transversale, la calotte. Nous distinguons donc

dans le pédoncule un pied et une calotte, terminologie absurde, séparés par le locus nigei'. La calotte est pentagonale sur la coupe ; elle présente un côté supérieur, l'horizontale conventionnelle qui la sépare du tubercule quadrijumeau, un côté externe libre

qui répond au champ du ruban de Reil, un côté interne fusionné au côté opposé, un côté inférieur qui est le locus niger, enfin un petit côté inféro-interne, libre, qui s'étend du sillon de l'oculo-moteur au sillon médian interpédonculaire et n'est autre que l'espace perforé postérieur. Nous verrons par la suite qu'entre ces deux régions, le pied et la calotte, il y a une grande différence de composition ; le pied est un ensemble homogène qui ne renferme que des faisceaux de fibres, la calotte est un territoire hétérogène, amas complexe do libres et de cellules nerveuses.

Tub. quad.

Calotte

SU. lat.

Pied

Aqueduc de Sylvius. — l.a cavité de la vésicule cérébrale moyenne ne |)rencl qu'un faible accroissement, elle se transforme en un canal long' de lo mni., large de 1 cà 2 mm. seulement qui fait communiquer le quatrième ventricule, cavité du cerveau postérieur avec le troisième ^'1 ntricule, cavité du cerveau moyen ; ce canal est ra([ucduc de Sylvius. De l'angle supérieur du quatrième ventricule, il monte sous une inclinaison de 40 à 50°, passe en tunnel sous la valvule de Vieussens, puis sous la base des tubercules quadrijumeaux el enfin sous la commissure blancbe postérieure au niveau de laquelle est son orifice antérieur; au-dessous de lui est la calotte

Sill. de l'ocul. mot.

Fig. 200. — Topograi)hie du pédoncule céri'bral.

Répartition conventionnelle du pied et de la calotte du pédoncule, la calotte en bleu.

NÉVROLOGIE

pédonculaire. Plus étroit et conformé en T à ses deux orifices, ou plus exactement en triangle curviligne, il s'élargit dans sa partie moyenne, et prend au niveau des tubercules quadr. antérieurs une forme en cœur avec une carène centrale et deux sinus latéraux qui sont peut-être la trace des prolongements

3' ventr. Gland, pinéale

j ,-' .- Tub. quad. ant.

Péd. cëréb. - Protub- ■

Sinus. Carène ■

Sill. méd. inf.-

Aqueduc

4' venir.

Fig. 201. — Aqueduc de Sylvius.

Vu en coupe dans sa longueui-. Un petit dessin à gauche montre en coupe transversale très grossie l'aspect cordiforme du canal sur une partie de son trajet.

qu'il envoie dans les lobes optiques chez les oiseaux. Le bord inférieur de l'aqueduc est creusé en un sillon longitudinal qui continue celui du calamus. La paroi du canal est dense, entourée par un noyau gris plus épais en bas ; sur sa face interne se voient des plis longitudinaux très fins (psalterium, pectonculus...).

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