‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 57 sur 194 · LOBES ET LOBULES DU CERVELET · texte numérisé non relu

LOBES ET LOBULES DU CERVELET

Nous avons di'^jà reconnu dans le cervelet l'cxislence de trois lohes, d'un lobe médian constitué par les verrais supérieur et inférieur, el de deux lobes lalé-

NÉVROLOGIE

raux ou hémisphères. Quelques auteurs décrivent un troisième verrais, le vermis postérieur, qui au fond de Téchancrure postérieure unit les deux autres verrais. Mais ce territoire spécial, constitué aux dépens des parties voisines et déprimées des verrais supérieur et inférieur, n'est pas justifié par la disposition et l'importance des sillons limitants. Quelquefois le verrais supérieur est grand et de forrae triangulaire à base antérieure, limité sur les côtés par des fissures latérales. Lombroso a signalé la fréquence de cette forrae chez les criminels et les faibles d'esprit. Tl a montré aussi que chez les criminels ou rencontrait, avec une fréquence quatre fois plus grande que chez les sujets sains, un verrais inférieur hypertrophié occupant une fossette occipitale moyenne; disposition qui rapj)elle le cervelet moyen des rongeurs et celui de l'homine du troisième au quatrièrae mois fœtal.

Les lobes sont à leur tour divisés en lobules par des sillons transversaux profonds. Les deux surfaces du cervelet sont parcourues par des sillons curvilignes, concentriques à la grande circonférence, parallèles entre eux d'une manière générale mais d'une régularité qui est loin d'être absolue ; fréquemment ils s'entrecoupent et passent de l'un dans l'autre. Ils paraissent tous égaux en profondeur sur un cervelet intact, maison les écartant après avoir enlevé les raembranes et surtout en s'aidant de coupes autéro-postérieures, on voit qu'il en est deux ordres, des superficiels et des profonds ; les profonds sont ceux qui arrivent jusqu'au noyau blanc central, en suivant parconséquent la direction d'un rayon sur la coupe sagittale. Ce sont ces sillons profonds qui servent à délimiter les lobules ; les sillons superficiels séparent les lames et les lamelles. Les deux principaux sillons sont le sillon circonférentiel et le grand sillon supérieur.

Le sillon circonférentiel ou grand sillon horizontal, le plus profond de tous, car il atteint 2 et 3 c , le plus constant, suit la crête de la circonférence, dans toute sa longueur et se termine de chaque côté dans une gouttière que présente la face externe du pédoncule céréb. moyen. Il est parfois dédoublé. A son passage sur le lobe médian, sous le verrais supérieur, il est superficiel et peutêtre partiellement interrompu. — Le grand sillon sttpe'rieitr luiestconcentrique sur la face supérieure ; il se termine de chaque côté à l'angle externe de la circonférence. Il divise la face supérieure en deux lobules, un antérieur, lobule quadrangulaire, un postérieur que limite en arrière le sillon circonférentiel, lobule sémilunaire.

11 y a douze ou quinze lobules. Les plus connus, les lobules classiques, sont: la pyramide de Malacarne, la luette, les amygdales et le lobule du pneurao-gastrique. Tous appartiennent à la face inférieure du cervelet.

Là pyramide de Malacarne ou pyramide lamineuse est la partie postérieure du verrais inférieur qu'on voit saillir au fond de la scissure médiane excavée en losange. Son extrémité postérieure est arrondie en tubérosité,sa partie antérieure se prolonge de chaque côté par un bras qui l'unit à l'héraisphère voisin; un sillon peu apparent la sépare de la luette. Les deux bras latéraux, la luette et la tubérosité postérieure forment quatre prolongements cruciaux partant de la base de la pyramide. En coupe antéro-postérieure, la pyraraide apparaît sous la forrae d'un triangle, à soraraet effilé dirigé en avant vers le noyau central où il se perd, à large base très convexe et annelée tournée en arrière.

La luette (uvula), lobule impair, fait suite à la pyramide en avant. Gompri-

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

mée latéralement en i'orine de coin par les lobules de l'aniygdaie, elle s'élargit d'arrière eu avant ; sa partie visible extérieurement ou base s'allonge eu sens antéro-j)Ostcrieur par dessus la voûte du quatrièrue ventricule, sur une étendue de I cm.; elle fait saillie à la partie antérieure de la scissure médiane. Sa coupe est triangulaire comme celle de la pyramide. Deux pédicules blancs rattachent de chaque côté sa base aux hémisphères cérébelleux ; ses bords sont en rapport avec les valvules de Tarin.

Les amygdales ou tonsilles ou lobules du bulbe rachidien appartiennent à rhémisjibère dont elles occupent la partie la plus interne et sont paires;elles

Fig. 180. — CiM-volof. Vue latV'iulc (d'aprrs Fovillc).

sont remarquables chez l'homme par leur grand développement. Chaque lobule tonsillaire occuj)e une niche appelée par Vicq d'Azyr nid de pigeon et |)lus souyenl nid d'iiiroiidelle ; c'est un ps[}àce creux ouvert en arrière, i^rconscrit en dehors par le lobule digastrique de l'hémisphère, en haut par l'union de ce lobule avec la pyramide, en bas par le pédoncule cérébelleux inférieur, en dehors ])dv la Inclli'. La \'aK iile de Tarin fait le fond. L'amygdale ari'ondie et ferme marque son eu)preinle en dehors sur le lobule digastrique qu'elle excave, en dedans sur ici luette qu'elle comprime; un feuillet blanc l'unit à cette dernière à son extrémité supérieure, tandis que son extrémité inférieure reuiléi^ et arrondie, point le j)lus déclive dr. cervelet, pend dans le trou occipital et pourrait être atteint par un instrument enfoncé à travers l'espace occipito-atloïdien ; un sillon

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indique la limite de la partie engagée. Sa face interne qui dans sa partie supérieure est au contact de la luette est excavée en bas pour recevoir les corps restiformes du bulbe sur lesquels elle se moule. Les sillons sont dirigés en sens antéro-postérieur, et c'est autour de la tonsille comme d'un centre que, sur la face inférieure de l'hémisphère, les sillons décrivent leurs arcs de cercle parallèles.

Les amygdales de chaque côté, la luette au milieu et entre elles les valvules de Tarin, rappellent la configuration de l'isthme du gosier et en ont tiré leurs dénominations.

Le lobule du pneumo-gastrique ou flocculus (touffe, flocon), implanté sur le pédoncule cérébelleux moyen sur lequel il s'enroule, à l'entrée du sillon circonférentiel, est une petite touffe proéminente, qui doit son nom au voisinage du pneumogastrique qu'on voit en arrière et en dessous. 11 est séparé du corps

Lob. central

Lob. quadr.

Sill. sup.

Culmen

Sillon circonf.

- Lob. sém.-lun. sup.

Lob. séin ~lun. inf.

Tuber Foliuiii Décline

Fig. 181. — Lobules du cervelet. (Face supérieure.)

restiforme par le plexus choroïde du quatrième ventricule sortant à travers le troudeLuschka.il aune forme demassue ; son pédoncitie médullaire reçoit l'extrémité externe delà valvule de Tarin. Bien que le plus petit des lobules, il est très apparent et constant ; souvent en dehorsde lui, sur le pédoncule céréb. moyen, on trouve un flocculus accessoire. Son origine embryologique paraît être distincte de celle du reste de l'hémisphère ; Cleland a figuré un encéphale dans lequel le cervelet faisait défaut par suite d'une ventriculo-méningocèle, et pourtant le flocculus existait et occupait la partie latérale de la voûte du ventricule.

On s'est efforcé dans ces dernières années d'aboutir à une division topographique rigoureuse de la surface du cervelet en déterminant exactement les lobules qui la composent.

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Cclto tàcho csL difficile. Les anatoniistes ont pris coinnic iliniinifation les sillons prol'onds ou de premier ordre, qui vont jusqu'au noyau blanc central. Malheureusement ces sillons ne sont pas les mêmes' sur le lobe médian et sur les lobes latéraux; tel sillon profond du verniis n'est plus qvi'unc fissure superficielle sur l'hémisphère et inversement. En présence de-cette difficvilté, il a paru logique de choisir comme type le vermis qui est le lobe fondamental dans la série, se développe le premier chez l'homme et montre le prcuiier des sillons qui ]j1us tard s'étendent à rhémispliérc. La classification ainsi obtenue ressemble beaucoup à celle que Kielliker a tirée de ses recherches embryologiques. L'anatomic conqiaréo fournira probablement un jour des résultats importants ; pour le moment on a constaté une grande variété de disposition chez les mammifères, sans loi bien reconnaissalde.

Nous donnons ici pour le lobe médian, puis pour les lobes latéraux, la répartilion des difl'érents lobules admise le plus communément.

Le lobe médian renferme huit lobules, dont quatre pour le vermis supérieur et quatre pour le vermis infér ieur. Ce sont d'avant on arrière :

10 La lingula (languette), lobule aplati, appliqué sur la face postérieure de la valvule de Vieussens et faisant corps avec elle. Connue elle aussi, formation cérébelleuse avortée,

Tuher Pijram.

I ,"' , ^ ÎMb.sém. Inn.inf,

Noihihii

Fig. 182. — Lobnlos du cervelet. (Face inférieure.!

il se compose de 4à5 lames (2 à 7) disposées transversalement, séparées ordinairement en deux moitiés par un l'aplu' médian ou même par un sillon anti'ro-pusti'i'ieur. La pointe peut être bifide transversalement, ou même de haut en bas, ce qui donne lieu à deux lingula superposées. Stilling a appelé freins de la lingula deux prolongemenls latéraux triangulaires qui naissent de la partie postérieure et se portent à l'hémisphère correspondant, leur pointe s'attache à la face supérieure du pédoncule céréb. moyen.

20 Le lobule central, très petit, qui surplombe et cache la lingula: deux expansions ou ailes vont se perdre dans l'extrémité antérieure du lobe quadrangulaire.

30 Le monliculus ou colline, point le plus saillant du vermis supérieur; il est composé de nombreux feuillets. On y distingue deux parties, le culmen, sonmict, qui occupe les doux tiers antérieurs, et le déclive ou pente, qui descend vers l'échancrure postérieure du cervelet.

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40 Le folium cacuminis, feuillet du sommet, très étroit, composé d'une seule lame visible au fond de lechancrure postérieure. Son individualité est caractérisée par le passage du grand sillon supérieur en avant, et du sillon circonférentiel en arrière.

Les lobules suivants appartiennent au vermis inférieur:

5° Le tube)^ valculœ, renflement valvulaire, composé de 6 à 8 feuillets, à la partie la plus postérieure de l'échancrure.

6° ha. pyramide, qui a de 5 à 6 feuillets, jusqu'à 8: plus haut décrite. 7° La luette, uvula, avec 8 à 12 lames ; également décrite.

8° Le nodule, nodulus. tubercule arrondi, do forme variable qui termine la luette. Il est formé de S à 6 plis gris, plus gros que ceux de la luette, unis latéralement à la valvule de Tarin. Le nodule a les plus grandes analogies avec la lingula; de même que celle-ci, partie la plus antérieure du vermis supérieur, est implantée sur la valvule de Vieussens, de même le nodule, partie antérieure du vermis inférieur, est implantée sur la partie moyenne de la valvule de Tarin qui tapisse sa face antérieure et lui donne un aspect lisse et opalin. Par l'intermédiaire des deux valvules, il touche la lingula, et tous deux forment le sommet de la voûte ventriculaire.

Les lobes latéraux ou hémisphères comprennent 7 lobules, sans compter en avant les freins de la lingula et les ailes du lobule central, qui font partie de l'hémisphère. Ce sont, en arrière des ailes du 1. central:

1° Le lobule quadrangulaire, très vaste, que l'embryologie a montré être divisé en deux parties, une qui correspond au culmcn, l'autre au déclive. Dans son ensemble, il prolonge latéralement le monticulus.

2° Le lobule sémilunaire supérieur entre le sillon supérieur en avant et le sillon circonférentiel en arrière: il correspond au folium cacuminis.

3° Le lobule sémilunaire inférieur qui commence dans l'échancrure par une grosse extrémité arrondie, ce qui était l'inverse pour le lobule précédent: correspond au tuber.

4° Le lobule grêle, gracilis, répète en partie la forme du lobule précédent.

5° Le lobule digastrique ou biventer, qui encadre l'amygdale en dehors. Dans sa partie interne, il figure en coupe un coin à sommet postérieur et supérieur. Avec le lobule grêle, il se soude latéralement à la pyramide.

60 L'amggdale ou tonsille, lobule tonsillaire, décrite plus haut; expansion latérale de la luette.

7° Le flocculus ou lobule du pneumogastrique, également décrit. Par la valvule de Tarin il se relie au nodule.

Le cervelet est, comme nous l'avons vu dans son embryologie, un puissant développement de la voûte du cerveau postérieur. Dans deux points cependant, la formation nerveuse avorte en partie et n'aboutit qu'à une organisation imparfaite ; c'est d'abord en avant à la jonction de la voûte du cerveau postérieur avec celle du cerveau moyen, c'est-à-dire du cervelet avec les tubercules quadrijumeaux, oû apparaît la valvule de Vieussens, et en second lieu en arrière à la jonction de la voûte de ce même cerveau postérieur ou cervelet avec l'arrière cerveau ou bulbe, où se montre la valvule de Tarin. Ces deux valvules sont donc des formations cérébelleuses atténuées ; le terme de valvules qui lesdésigne fait allusion à un rôle mécanique qu'on leur attribuait autrefois et qui n'existe probablement à aucun titre.

Valvule de Vieussens. — Les Allemands la connaissent uniquement sous \e nom àe voile médullaire antérieur. C'est une lame nerveuse, médiane et impaire, mince, se déchirant facilement, qui remplit l'espace quadrangulaire intercepté parles pédoncules supérieursdu cervelet, oblique comme eux en haut et un peu en avant. Elle mesure 12 à 13 mm. de long sur G à 8 de large. Son extrémité supérieure, étroite, s'unit à l'écorce blanche des tubercules quadr. postérieurs ; on remarque en avant d'elle un petit faisceau blanc longitudinal, bi ou trifurqué à son insertion valvulaire, qui vient du sillon de séparation de ces tubercules, frein de la valvule, et un autre faisceau transversal, visible

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(lu moins sur les cerveaux frais, e-,1 l'eiil l'ecrdisemenl desnerfs pa I lirl ii| iies. \j'extré>nitë inférieure, largo, aminci(% se eonlinne axcc le mivau hianc du vermis suj)(!'rieur. Les bords se fondent dans les p(!'(ioncules (•('■i'('d). sup('i ieurs. La

face posléricK rc on sup(''rieure, COnca\'e, lapissi'e par les lames grises de la lingula (|ni lui duniienl un aspert ertuudt', est en ra|ipoi l avec le lobule inlV>rieur du vermis sup('>rieur. La face antcrlcnrc (inférieure de ceiiains auteurs), convexe, forme la partie la |)lus ant(''l'ienre de la voùle du (juatri(''me N'enli u nie ; le nodule de la llU'tle arri\'e à son (•(inlacl.

2" Valvule de Tarin — CVst le voile iiii'ilullalrc posLérieur des auteurs alleuumds en g(''néral, r»férieur de quel(|ues-nns. Olle lame nerveuse nK'dullaire est impaire comme la \al\ ule de N'ienssens, uuiis ses parties lat(''rales étant lies dévelojjpées, sa parti(> médiane an contrairecourte et peu appareille, ou la déciit souvent comme d(Uil)le, bien (pCelle soit unique et C(nitiiiue de tliuile à gaucbe. Cbacuiic de ses parties latérales (valvule de Tarin droite et gauche) a la loriue d'un segment semi -lunaire U^ndu transversalement et dont le sinus est ouveit en liant et en avant. L'extréDiité externe el'lilée se continue avec le jiédoncule du lobule du pnenmo-gaslrique on llocculus ; l'extrémité i)i- Icriic sous forme d'une lamelle ()|ialine couvre la face antérieure du nodule et d'une [)artie de la luette qui lui adhérent et se continue avec celle du C(Mé opposé ; elle est an contact de la lamelle semblable de la valvule de Vieussens. Le bord SHj)éricur, convexe, adhérent, s'unit à la substance blanche du vermis et des bémisjibércs ; le bord inférieur, concave j)Our embrasser à son coude le pédoncule céréb. inférieur, est libre, et quehjuel'ois mal limité, comme perdu dans la pie-nuMe. La face antérieure convexe sur la ligne médiane, sinueuse sur la partie latérale, est large de 7 mm. au plus et appartient à la voûte du ventricule; la face postérieure courbée en sens inverse présente parfois de légères entailles.

La valvule de Tarin estcomposée d'une lame médullaire cérébelleuse quichez l'adulte n'arrive pas jusqu'au bord libre ; l'épendyme revêt sa face ventriculaire et à partir du bord inférieur, qui par conséquent n'est pas rigoureusement un bord libre, se continue sous la pie-mère ou toile cboroïdienne, sous la lorme d'une couche épithéliale.

Tu/i i/iiaih-ij.

Fig. 183. — Valvule fie Vieussens.

Lo cervelet a été enlevé. On voit la secliou des trois pédoneules ccrebcUcux et luie partie du (juatrieme ventricule. I<'ace postérieure du bulbe et de la protubérance. Tubercules ciuadrijuiaeau.\ (d'après Hirschl'eld).

Conformation intérieure. — Le cervelet comprend : une écorce grise, un noyau blanc central, et clans ce noyau plusieurs centres ganglionnairesde substance grise qui sont le corps dentelé et les noyaux accessoires.

Vermis inf.

Amygdale Val. d. Tarin

Flocculus

Fig. 184. — Valvules de Tarin.

Pour comprendre la disposition de ces parties, il faut pratiquer des coupes antéro-posLérieures et des coupes horizontales.

1° Coupe antéro-postérieure médiane. — Cette coupe, qui passe par les vermis et divise le cervelet en deux moitiés égales, nous montre une figure ramifiée ressemblant à une feuille de thuya et à laquelle on a donné le surnom de cet arbre, c'est-à-dire celui d'arbre de vie. La substance blanche centrale ou noyau central du vermis, qui représente le tronc de l'arbre, est étroite, courte, allongée d'avant en arrière et de bas en haut; sa surface irrégulière est comparée par les uns à un trapèze (corps trapézoïdal), par les autres à un triangle. Une de ses faces correspond au sommet de la voûte du quatrième ventricule et se continue en avant avec la valvule de Vieussens, en arrière avec celle de Tarin. Le tronc de l'arbre de vie donne naissance à deux grosses branches, l'une ascendante, l'autre horizontale, que sépare \e grand sillon siipérietir du cervelet; on voit par là que cette seconde branche maîtresse fournit tout à la fois au vermis inférieur et au vermis supérieur, ce qui montre combien leur séparation est artificielle. Chacune de ces deux branches principales émet dès son origine des branches secondaires, au nombre de (rois pour chacune, que séparent des sillons profonds ou de premier ordre; elles sont l'axe des six lobules du lobe médian, auxquels il faut ajouter la lingula et le nodulus qui n'ont pas de tige centrale, La division des branches secondaires en rameaux principaux produit l'axe ou substance blanche des lames ; il y en a en moyenne dix par lobule, soit pour tout le cervelet 60 à 80 lames, appliquées les unes contre les autres à la façon des feuillets d'un livre. Enfin les rameaux subdivisés à leur tour en rameaux secondaires deviennent l'axe des lamelles ou circonvolutions, séparées comme les lames d'ailleurs par des sillons superficiels qui ne vont pas

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jusqu'au noyau central ; ces rameaux secondaires semblent plutôt cire la nervure centrale d'une foliole. On compte une moyenne de 10 lamelles par lame, soit 600 à 800 lamelles pour le cervelet, d'après les estimations un peu dillorentes de plusieurs auteurs (Malacarne, Cliaussier).

En résumé, de l'étroit noyau blanc du verinis, tronc cential, nous voyons s'irradier deux branches principales et des bi-aiiches secondaires, toutes séparées par des sillons profonds, chacune représentant un lobule; des branches secondaires s'irradient les rameaux princi|)aux ou lames; des rameaux principaux partent à anyle droit les rameaux secondaires ou lamelles. Un petit

Ltngii/n L. ci'ntml

ilasticulus

Vieiissetis

Noij. cenir.

Nodiilus

Fig. 18,T. — Arbre de vie médian du cervelet.

l'nupe médiane antéro-postérieure montrant le noyau lilanc central et les loljules du lobe médian ou vermis.

renllemenl de substance blanche marque le ])oiiit de déjiart de chaque ramification. Ces divisions ne sont pas d'ailleurs tellement nettes, qu'elles ne puissent en certaines régions être interprétées ditréremment, de là les variattons d'estimation dans le nombre des lobules. L'ensemble ligure, avons-nous dit, l'arborisation (rune l'ciiille ih' lliuva ou encore une roue verticale à rayons un peu courbes.

Une couche grise corticale de 1 à .'5 nuu. d'épaisseur recouvre toute la surface sans inlerru])tiou, aussi bien la sui'face cachée que la surface extérieure; elle constitue en épaisseur les deux tiers de chaijue lamelle ou circonvolution. L'écorce grise étant continue, toutes les lamelles se touchent et passent de Tune

NÉVROLOGIE

clans l'autre, comme les circonvolutions du cerveau; il en est de superficielles, extérieures, et de profondes enfouies dans les sillons ; un certain nombre, situées au point le plus bas des sillons de premier ou de deuxième ordre, font la transition entre deux lames ou deux lobules. La substance grise du cervelet est donc une lame extrêmement plissée, 600 à 800 fois, dont chaque petit pli constitue une lamelle ou circonvolution ; les petits plis se groupent en plis plus grands qui sont les lames et les lobules. Toute la surface des lamelles est recouverte par la pie-mère qui y enfonce ses vaisseaux et ses entonnoirs con-

Protub. C. dentelé Noy.centr.

Fig. 186. — Arbre de vie latéral du cervelet.

Coupe antéro-postérieure latérale intéressant simultanément l'olive cérébelleuse (c. dentelé) et l'olive bulbaire (d'après Sappeij).

jonctifs, et qui par conséquent pénètre au fond de tous les sillons même les plus ténus. J^a lingula et le nodule présentent les formes simples du plissement cérébelleux.

2° Coupe antéro-postérieure latérale. — Cette coupe, qui partage en deux moitiés un des hémisphères, donne une ligure appelée arbre de vie des lobes latéraux. Elle ressemble beaucoup à celle du lobe médian, car après tout les circonvolutions du vermis passent sur l'hémisphère, mais en diffère à certains points de vue. D'abord on ne trouve plus la tente ventriculaire ni la lingula ni le nodule ; le noyau central est beaucoup plus grand ; il y a un plus grand nombre de sillons profonds, quinze à seize ; les lobules supérieurs sont les plus petits, les postérieurs ou circonférentiels sont les plus gros, les inférieurs de volume moyen. En outre dans le noyau blanc on reconnaît le corps dentelé.

3° Corps dentelé — (Synonymie : corps denté, ganglion du cervelet de Gall, corps ciliaire, corps rhomboïdal de Vieussens, olive cérébelleuse). La coupe antéro-postérieure le présente sous forme d'un anneau fermé : mais pour en avoir une idée complète, il faut pratiquer une coupe horizontale rasant la

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valvule (le Vieiissensei les pédoncules cérébelleux su])érieurs. Ou distingue alors dans chaque hémisphère, au sein de la substance blanche, un espace irrégulièrement ovoïde, limité par une lamelle dense, jaunâtre, plissée en feston ou en zig-zag, et figurant une bourse chilVDniu'MMloul i'rnnerture regarde en avant et en dedans. Elle a la plus grande analogie avec l'olive du bulbe. Le cor])s dentelé a 15 du 20 mm. de long en sens sagittal ou même plus, sur 10 de largeur transversale et 12 en hauteur : ces chiffres sont d'ailleui's un peu variables. Son ouverture ou liUe laisse passer des vaisseaux et des nerfs ; il correspond aux angles latéraux du quatrième ventricule et au hile des lobes latéraux du cervelet.

Le voluuK» du corps dentelé est proportionnel à celui des hémisphères cérébelleux, et corn me ceux-ci atteignent chez l'homme leur maximum, c'est chez lui que ce ganglion est le plus dévelop|)é. Plus on descend dans la série animale, plus il est simple. Chez le singe, ce n'est déjà plus qu'une bandelette arquée et non froncée ; il est fréquemment interrompu et décoloré chez le chien, réduit à une légère teinte grisâtre chez le chat, le cobaye.

4° Noyaux gris accessoires, — Nous les décrirons plus loin à propos de la structure du cervelet.

PÉDONCULES CÉRÉBELLEUX

]Je la face iuA'rieuie du cervelet, au niveau de son échancrure antérieure ou hile, partent trois paires de prolongements dont l'ensemble a été comparé à un limaçon sortant de sa coquille. Tous rétrécis à leur ]>oint d'émergence s'élargissent et divergent jiour se diriger les uns en avant ou mieux en haut, les autres transversalement sur le côté, les derniers en bas et en arrière ; ce sont les ]>édoncules cérébelleux supérieurs, moyens et inférieurs. Ils mettent le cervelet en relation avec le cerveau, la protubérance et le bulbe (processus ou crura cerebelli ad testes, aut ad cerebrum, aut ad corpura quadrigemina — ad pontem — ad medullam oblongatam).

1° Pédoncules cérébelleux supérieurs. — Ces cordons un peu aplatis partent du centre médullaire du cervelet au-dessus de l'origine des pédoncules inférieurs et se dirigeni presf|ue verticalement en haut et un peu en avant, se rapprochant de ]ilus en jilus l'un de l'autre le long des bords supérieurs du quatrième ventricule ; puis ils s'engagent sous les tubercules quadrij. postérieurs sous lesquels ils semblent se perdre. Leur extrémité inférieure jiasse au-dessus du pédoncule inlérieur i|u'elle croise à sa sortie du cervelet ; leur extrémité supérieure, large et mince, appartient au cerveau moyen et se croise avec celle du côté opposé sous les tubercules testes. Leur face antérieure (ou inférieure) est en partie adhérente à la protubéi-ance et au pédoncule cérébral, en partie libre par sa moitié interne et appartient au toit ventriculaire. Leur face postérieure (ou supérieure), libre aussi, au moins en arrière, est recouverte parle cervelet. Le bord externe, épais, est séparé de la protubérance par le sillon latéral de l'isthme d'où émerge le ruban de Reil. Le bord interne, mince, au contact de l'autre pédoncule en avant, en est séparé en arrière par la valvule de Vieussens.

NÉVROLOGIE

2" Pédoncules cérébelleux moyens. — Ce sont les plus volumineux. Destinés à la protubérance, ils descendent de la partie antérieure du cervelet et se dirigent en bas et en dedans à la rencontre l'un de l'autre, en formant un cordon aplati de haut en bas. Leur face inférieure, qui regarde aussi en dehors, est arrondie ; on y remarque les touffes du lobule du pneumo-gastrique et une gouttière où aboutit le grand sillon circonférentiel du cervelet. La face supérieure très courte se perd dans le noyau blanc cérébelleux au-dessus des autres pédon-

Péd. céréb.

Sill. lat.

Péd. ceréh. fup.

Péd. céréb. mo

Péd. céréb. inf

Stries acoust. - - '

Fig. 187. — Pédoncules ct'rébelleux.

A gauche les trois pédoncules sectionnés à leur entrée dans le cervelet ; a droite leur pénétration dans l'hémisphère cérébelleux. On remarquera, sur ce dessin d'après nature, le développement insolite des barljes du calamus ou stries acoustiques sur le plancher du quatrième ventricule.

cules. Une ligne tirée de l'émergence du nerf trijumeau à celle du facial marque leur limite inférieure ; à ce niveau ils se confondent avec la protubérance annulaire.

3° Pédoncules cérébelleux inférieurs. — Ces pédoncules cylindroïdes, destinés au bulbe, se portent d'abord en bas et en avant à leur sortie du cervelet, puis s'infléchissent à angle droit en se dirigeant en bas et en dedans pour longer et border la partie inférieure du plancher ventriculaire et enfin se juxtaposent au V du calamus, point où ils se confondent avec les cordons postérieurs du bulbe. Leur face externe et supérieure est contournée par l'amygdale cérébelleuse ; au-dessous du coude elle est croisée par les stries acoustiques et par la ligula antérieure. Leur face profonde adhère au bulbe dans lequel elle épuise successivement ses fibres.

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET 293

Quelques auteurs distinguent le pédoncule céréb. infér. du corps restifornie ; d'autres emploient ces deux termes comme synonymes. Si l'on veut conserver une distinction, il faut fixer la limite au coude du pédoncule, coude marqué par un rétrécissement ou col et par les stries acoustiques ; lout ce qui est au-des-

Péd. céréb.

Fig. 188. — Pédoncules céri'belleux.

Les pédonc. cérébelleux inférieurs et moyens vus en place sur la face antérieure du liulbe et de la protubérance.

sus du coude est le pédoncule céréb. inférieur; ce qui est au-dessous, c'est-àdire le long du ventricule et continu avec le bulbe est le corps restifornie.

QUATRIÈME VENTRICULE

Le quatrième ventricule (ventricule du cervelet de Galien, sinus rhomboïdal des Allemands, premier ventricule de Tiedmann, parce qu'il se développe le premier) est une cavité située entre le bulbe, la protubérance et le cervelet. Ancienne cavité du cerveau postérieur et de l'arrière-cerveau, elle fait suite au canal de l'épendyme de la moelle et se continue à son extrémité supérieure avec l'aqueduc de Sylvius, cavité du cerveau moyen.

Le quatrième ventricule est un espace losangique très aplati, 11 mesure .3 cm. en longueur et 2 en largeur, sur les deux axes du losange. Sa direction est à pic, presque verticale; il est incliné de 10" seulement sur la ligne verticale qui passe en arrière de lui, en sorte que les termes de plancher et de voûte ou toit, employés pour désigner ses parois antérieure et postérieure, sont complètement inexacts chez l'homme et ne se justifient que chez les animaux.

NÉVROLOGIE

Pour bien comprenilfe la constitution des parois ventriculaires, il est nécessaire de se reporter à leur développement embryologique.

La troisième et dernière vésicule primitive du cerveau embryonnaire forme en se dédoublant deux vésicules secondaires qui sont le cerveau postérieur et l'arrière-cerveau. Le cerveau postérieur donne par sa base très épaissie la protubérance annulaire, par ses parties latérales les pédoncules cérébelleux supérieurs, par sa voûte énormément accrue le cervelet tout entier. L'arrière-cerveau produit par sa base le bulbe, par ses côtés les corps restiformes ; sa voiite au contraire reste inléconde, et c'est à peine si au-dessus de l'épithélium delà vésicule primordiale se forme une mince lamelle nerveuse (membrana tectoria). Malgré les progrès du développement, le cerveau postérieur et l'arrière-cerveau sont loin de se différencier l'un de l'autre aussi nettement que les autres parties de l'encépbale ; ainsi le bulbe et le pont de Varole ne sont séparés que par un faible sillon, et cette distinction disparaît même chez les animau.x qui n'ont pas de protubérance ; la cavité élargie et aplatie de l'ancienne vésicule postérieure reste commune aux deux vésicules secondaires et de-

stade. 2e stade.

Fig. 189. — Formation de la voùtc du quatrième ventricule. Dessins schématiques montrant deux stades successifs. La pie-mère en roage.

vient le quatrième ventricule. Le quatrième ventricule appartient donc par sa moitié supérieure au cerveau postérieur (protubérance), par sa moitié inférieure à l'arrière-cerveau (bulbe) ; le point de jonction de ces deux moitiés est dilaté, loin d'être resserré.

A cette période fœtale reculée le quatrième ventricule est d'une constitution simple et régulière. Son plancher uni est la paroi basale de la cavité vésiculaire ; sa voûte en forme de tente est composée d'une partie antérieure très épaisse, le cervelet, tenue seulement en avant et en arrière au niveau do la valvule deVieussens et de celle de Tarin, et d'une partie postérieure très mince, la lamelle nerveuse de la membrana tectoria que tapisse la piemère en dessus. Mais dès les derniers mois de la vie fœtale, les changements suivants s'accomplissent dans la voûte : lo Le cervelet s'accroissant en arrière surplombe par son verrais postérieur la voûte membraneuse et forme au-dessus d'elle un second étage, séparé par la fente cérébr. post. : la pie-mère se trouve ainsi repliée et invaginée, et ses deux feuillets accolés, plus tard fusionnés, deviennent la toile choroïdienne ; 2" la membrana tectoria, qui formait la voûte membraneuse, s'atrophie et se résorbe dans sa partie centrale ; il n'en reste cjue des lambeaux sur les bords (ligula), et là oû elle a disparu la voûte n'est plus représentée que par l'épithélium à une seule couche, invisible à l'œil nu, qui tapisse la toile choroïdienne ; 3o la pie-mère elle-même finit par se résorber en certains points, crevant la voûte à son angle postérieur et à ses angles latéraux, et produisant le trou de Magendie et les trous de Luschka.

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET 295

Nousdécrirons successivement dans le quatrième ventricule la voûte, le plancher, les bords et les angles.

1° Voûte du quatrième ventricule. — La voûte ou toit, en réalité paroi poslérieurecliez riiomme debout, montre surla coupe antéro-postérieure comme sur la coupe transversale deux plans inclinés, convexes du côté de la cavité ; au centre, à la jonction des deux plans, la disposition est celle d'une tenLe à sommet angulaire, faite ou angle de la tente. Les deux parties antérieure et postérieure sont bien ditrérentes.

La partie antérieure extrêmement épaisse est constituée par le cervelet et les pédoncules céréb. supérieurs. Elle n'est amincie (jue tout à fait en avant et

Aqueduc Sijl. Vii'ussens et lingiila

Protub.

i' ventr.

Fit;. 100. — Quatrième ventricule.

Vu en coupe antéi-o-postérieure, montrant la direction verticale de la cavité et la voûte en forme de tente.

au milieu, où elle est représentée par la valvule de Vieussens que renforcent à peine les stries grises de la lingula; c'est là en elïet une formation nerveuse avortée, à la jonction du cerveau moyen et du cerveau postérieur.

I^a partie [)ostérieure,qui s'étend du sommet de la tente à la face postérieure du bulbe, présente deux étages superposés. L'étage inférieur qui est la voûte réelle, primordiale, est extrêmement mince ; il est formé sur la périphérie par des lamelles nerveuses atrophiées, la valvule de Tarin, la ligula, l'obex, au centre par l'épithélium é|)endymaire seul. L'élage supérieur qui s'est formé ultérieui'emenf par accroissement du cerveleten arrière est épais, car ce sont le vcrmis postérieur, la luette et les amygdales, toutes masses cérébelleuses, qui le constituent. Entre ces deux plans, et les unissant entre eux, la pie-mère invaginée, en double l'cuillot, s'étale sous le nom de toile choroïdienne et se pelotonne au milieu autour d'un lacis vasculaire (plexus choroïdes).

NÉVROLOGIE

Revenons à la voûte membraneuse, voûte vraie qui couvre la partie bulbaire du ventricule, et qu'on observera en relevant en haut avec beaucoup de précaution la partie postérieure du cervelet. Dans toute sa partie centrale, elle a perdu tout caractère nerveux, elle estréduite à l'épithélium invisible qui tapisse la face inférieure de la pie-mère et qu'on arrache en arrachant celle-ci ; dans sa partie médiane et inférieure, à la pointe du bulbe, elle n'existe même plus, car, par résorption de la pie-mère et de son épithélium, s'est formée une surface fenêtrée ou un trou véritable, trou de Magendie, qui fait communiquer la cavité du ventricule avec les espaces sous-arachnoïdiens extérieurs, A la partie antérieure la voûte est représentée par une formation cérébelleuse rudimentaire tout à fait

Valv. de Tarin Luetle Lignia post.

Ligida ant.

(Corne d'abond.)

Lob. d. pneumn.

'Plexus chor.

Fig 191. — Les ligula.

Dessin d'après nature montrant sur la face postérieure du ventricule des restes nerveux ou ligula, tcEnia. Ces membranes nerveuses sont désignées en bleu, mais sont en réalité blanches. La pie-mère qui les recouvrait n'est pas; figurée.

comparable à la valvule de Vieussens, c'est la valvule de Tarin, lame blanche continue de droite à gauche, excavée de chaque côté en godets, recouverte au milieu par la substance grise du nodulus. Son bord libre marque le point de réflexion de la pie mère et se continue avec l'épithélium de la voûte. Sur les parties latérales se voient d'autres formations nerveuses atrophiques, mais d'origine bulbaire. Recouvertes en dessus par la pie-mère, à travers laquelle on les aperçoit adhérentes par leur bord externe aux bords du plancher ventriculaire, elles ont un bord interne libre et déchiqueté ; leur forme est celle de minces lamelles blanchâtres. Toutes sont variables dans leur présence, leur forme et leur étendue. Ce sont l'ohex et la ligula.

Uobex ou verrou est une lamelle impaire et médiane située à l'angle inférieur du quatrième ventricule. Sa forme est triangulaire, deux de ses côtés sont fixés

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

au renflement ou clava des pyramides postérieures dont il comble l'écartement; sa base concave et libre regarde en baut. Il manque parfois totalement.

La ligula, languette, ou tœnia, bandelette, ou ponticulus de Ilenle (le ponticulus d'Arnold et de la plupart des auteurs étant le faisceau de fibres arciformes qu'on voit dans le trou borgne du bulbe) est une membrane composée de deux feuillets coudés l'un sur l'autre à angle droit, de là une ligula jkostérieure et une ligula antérieure.

La ligula. postérieure, quadrangulaire, épaisse d'un demi-millimètre, longue de 5 mm. en moyenne, fait suite à l'obex. Son bord externe est adhérent au bord du plancher ventriculaire ; son bord interne, déchiqueté, s'avance plus ou moins loin sur la ligne médiane à la rencontre de la ligula opposée, à laquelle elle s'unit parfois en formant à elles deux une porte cintrée par-dessus le trou de Magendie. Elle est recouverte parla pie-mère qui conlient à son niveau un petit plexus choroïde indépendant {Merkel).

La ligula antérieure est continue avec l'extrémité supérieure de la précédente, et, comme elle, elle est rubannée et cintrée ; mais elle s'en distingue par sa direction transversale. Au lieu d'être longitudinale dans sa ligne d'insertion et de s'étaler du côté interne, elle se porte horizoutalenient en dehors, croise la face externe du corps restiforme et atteint la ligne d'insertion du pneumogastrique et du glosso-pharyngien. Dans cette partie antérieure, en dehors et en arrière de ces deux nerfs, la ligula forme la paroi postérieure et inférieure du récessus ventriculaire dont nous parlerons plus loin, et engaine les plexus choroïdes qui sortent par l'oi'ifice de ce recessus. Raremmeut (2 fois sur 54, Hess) elle les enveloppe totalement et ferme par conséquent l'orilice ; le ])lus souvent elle ne les couvre que partiellement, en bas et en arrière ; enfin dans certains cas, elle s'enroule en hélice autour de leur pédicule et laisse sortir de son cône leur extrémité frangée, disposition qui lui a fait donner le nom de corne d'abondance ou de corbeille de fleurs.

Outre la ligula, IIcss signale une petite membrane assez constante, de 2 à 3 mm., qui va au lobule du pn. gastrique, parallèlement au bulbe.

Il est iniporlant de remarquer que les termes ligula et tojnia ne sont pas pris par tous les auteurs dans le même sens. Les uns confondent ces doux membranes nerveuses sous le nom commun de ligula, les autres sous celui de tœnia; d'autres gardent le nom de tœnia pour un des feuillets et celui de ligula pour l'autre. De même le ternie de voile mi'dullair'e inférieur est appliqué par les uns à la ligula, par d'autres au tœnia. On se rappelle que le voile médullaire antérieur est la ^•alvule de Vieussens et le voile postérieur, la valvule do Tarin.

Plancher du quatrième ventricule. — Nous avons déjà fait observer que chez l'homme ce |)laueher est ])resque vertical, et représente en réalité une ])aroi antérieure. Sa surface losangique est d'un gris cendré dù à la présence d'une couche grise générale sous-épendymaire (lame cendrée, stratum cinereum) sur laquelle tranchent certaines parties plus blanches. La moitié supérieure du losange appartient à la protubérance, la moitié inférieure au bulbe.

On remarque sur le plancher :

Le sillon médian, grand axe du losange qu'il parcourt dans toute sa longueur; à l'angle supérieur il se continue avec l'aqueduc de Sylvius, à l'angle inférieur avec le canal de l'épendyme qui s'engage dans le bulbe très près de la face postérieure. Une dépression eu cul-de-sac, i^entriculc d'Arantius, ])lacée en avant

NÉVROLOGIE

(le l'obex, marque la jonction du sillon avec le canal épendymaire. La partie bulbaire ou inférieure du sillon médian est connue depuis Hérophile sous le nom de tige du calamus scriptorius (roseau à écrire) ; son extrémité inférieure en est le bec ou V, et les stries acoustiques transversales en sont les barbes.

De chaque côté du sillon médian une bande longitudinale, saillante, le funiculus teres (faisceaux intermédiaires ou latéraux des auteurs français). 11 commence au bec du calamus par une extrémité blanche triangulaire (aile blanche interne), d'un blanc un peu grisâtre, qui tranche cependant sur les parties voisines grises et déprimées ; s'efface un peu sur le milieu du losange à cause des

Fuiiiculus tcres

Péd. cér, sup Stries ascend

Corps restif.

Tiye d. ca/am

• Locus cxruleus

Emin. teres

Foss. antér.

Tuberc. acoitst.

Aile bl. exl.

"■■ Aile bl. int.

Aile grise.

Obex

Fig. 192. — Plancher du quatrième ventricule.

Topographie d'après nature. On remarquera le grand développement des stries ascendantes sur cette pièce.

stries acoustiques qui le coupent à angle droit, se renfle au-dessus d'elles en une saillie blanche arrondie, oblongue, parfois irrégulière, Veminentia teres (teres, ronde) qui correspond au noyau d'origine du moteur oc. externe, et un peu aminci atteint l'extrémité antérieure du plancher qu'il a parcouru dans toute sa longueur parallèlement à celui du côté opposé. Il disparaît sous les tubercules qu. postérieurs.

Les stries acoustiques ou barbes du calamus. Ce sont des faisceaux blancs en relief qui partant de l'angle latéral s'étendent transversalement sur le plancher,

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

dont ils marquent la division en Jeux moitiés, et s'épanouissent en éventail avec le sillon médian pour base. On les prenait autrefois pour des racines du nerf auditif, ni.iis elles n\)iit aucun i-a|)pi(i-t avec ces racines qu'elles croisent ; on les suit en dehoi s jusi|u'à la l'ace externe du corps reslifui'me, et quand elles sont bien dévelo|)pL'es, jusfjn'an cervelet, au voisinage du flocculus. Rien de jilus variable (jue ces stries. Elles |jeu\'ent faire complètement défaut ou atteindre le chilîre de douze, être grêles ou volumineuses, parallèles ou croisées ; rarement celles de droite et de gauche sont semblables. Il en est une qui se dislingue par son trajet oblique en haut et en dehors ou vertical; elle est inconstante, presque toujours unique, ordinairement plus volumineuse à gauche, traversée quelquefois par les stries transversales ; c'est la strie ascendante ou baguette d'It.aï-monie (conducteur sonore...)

Etudions maintenant cha(iue triangle isolément.

Dans le triangle supérieur nous trouvons : le sillon médian, la ])artie supérieure du funiculus teres, dans ce funiculus et |)rès de la base du triangle l'eminentia teres, les stries acoustiques les plus élevées, la baguette d'iiarmonie. En dehors de l'eminentia teres, la partie supérieure saillante du tubercule acoustique, une des origines du nerf auditif. Entre ce tubercule et l'éminence, et un peu en avant, une dépression triangulaire : la fossette antérieure (fovea antâ^ior) où l'on voit presque toujours ramper ou s'irradier en ét(nie une veine superficielle. Enfin en avant de cette fossette, une surface [)lane conduit à une gouttière qui longe en dehors le funiculus teres et se fait remarquer par une tache ou une traînée tantôt gris bleuâtre, tantôt brun sombre nommée le locus rœri(Ze»s, tache bleue, substance ferrugineuse, une des origines du trijumeau. On la suit plus ou moins facilement juscjn'à l'angle supérieur. Elle correspond à un groupe de cellules nerveuses très pigmentées, étendu sur une longueur de 4 à 6 mm. ; c'est cette tache noire qui vue à travers la couche blanche superficielle j)roduit une teinte bleuâtre ; sur certains cerveaux on ne la distingue ([u'après avoir gratté la couche la plus superficielle. Il est bon de savoir que quelques anatomistes, à l'exemple d'Arnold, ont appelé locus cœruleus la fossette antérieure avec la veine bleue.

Le triangle inférieur ou bulbaire nous présente : le sillon médian, tige et bec du calamus et ventricule d'Arantius — l'origine du funiculus teres, disposée en un triangle à base supérieure ou V. du calamus, aile hla}iche interïie, dite encore triangle de l'hypoglosse, parce qu'elle correspond au noyau d'origine de ce nerf — en dehors de l'aile blanche, un second triangle qui ditfèi'cdu premier par sa covileur gris foncé, sa surface déprimée et sa direction en sens inverse. Le sommet du triangle, plusexcavé et plus foncé que le reste de la sui face, regarde en haut, sur le niveau des stries acousLiijues ; la base touche le bord inférieur du plancher ; le grand côté est interne, l'angle externe est obtus. On appelle ce triangle l'aiie grise (synonyniie : aile cendrée, fossette postérieure, fovea posterior, trigone du gl. pharyngien, triangle du pn. gastrique, à cause de ses rapports avec l'origine de ces nerfs. — Enfin tout à fait en dehors un troisième triangle disposé comme le triangle interne et blanc comme lui, c'est l'aide blanche externe, qui correspond au nerf auditif. Cette aile blanche forme une saillie arrondie; sa base, que limitent uniquement les stries acoustiques, se continue sans démarcation avec une saillie plus renllée encore ijn'on voit au-

dessous et en dehors de l'eminentia teres, au-dessus des stries acoustiques, saillie connue sous le nom de tubercule acoustique. Elle empiète donc sur la partie supérieure du plancher et se prolonge en dehors dans le pédoncule céréb. inférieur. Ces trois parties, l'aile blanche externe, le tubercule acoustique et son prolongement latéral, ne forment qu'une seule masse, un cordon arqué plus renflé à son coude ; il est tout entier du domaine de l'acoustique.

En résumé, la moitié inférieure du plancher ventriculaire comprend deux triangles ou ailes blanches, séparés par un troisième triangle ou troisième aile, l'aile grise ; chacun d'eux correspond à l'origine d'un nerf crânien et acquiert ainsi l'importance d'un repère précieux.

Bords du ventricule. — Les quatre bords sont obliques comme les côtés du losange et légèrement curvilignes. Les deux bords supérieurs correspondent à la jonction des pédoncules cérébelleux supérieurs avec la protubérance. Les bords inférieurs longés par les pyramides postérieures et les corps restiformes sont au point de réunion du plancher et de la voûte (ligula postérieur et toile choroïdienne), le long du bord interne du corps restiforme sur lequel

s'insère la ligula.

3° venir.

Aqueduc

. Uecessus

Fig. 193. — Cavité du quatrième ventricule.

Moule d'après Welker

Angles du ventricule. — Il y a quatre angles, un supérieur, un inférieur et deux latéraux. A l'angle supérieur, la cavité ventriculaire, large de 3 mm., se continue avec l'aqueduc de Sylvius qui aboutit plus haut

au troisième ventricule; le sillon médian du plancher se poursuit dans l'aqueduc en formant l'arête inférieure excavée de ce canal prismatique, sillon

Luette

Vati}. de Tarin

Bultie

Fig. 194, — Recessus latéral du quatrième ventricule. Coupe transversale passant par le recessus, au niveau de la base du bulbe. ]

médiande l'aqueduc. L'angle inférieur présente le débouché du canal épendymaire de la moelle, sur le plancher la tin du sillon médian ou bec du cala-

BULBE, PROTUBÉRANCE, CERVELET

mus, sur la voûte l'obex et au-dessus de lui uu trou ovale ou une surface fenêtrée, le trou de ^lageudie, dù à une résorj)tion de la pie-nièreet de l'épithéliuni sous-jacent. Parce trou, véritable rupture du toit vciitriculaire, le liquide de la cavité couiniunique avec celui de l'extérieur.

Les angles latéraux sont remarquables par les jirolongements creux qu'ils envoient en bas et en avant, et qui sur les moules de la cavité ont l'air de cornes ou d'appendices; on leurdonne le nom de 7'ecessus latéraux ou diverticules latéraux. Les recessus sont situés à la jonction des deux moitiés du ventricule, mais appartiennent surtout à la moitié antérieure. Ils s'étendent derrière l'angle de réflexion du corps restiforme devenant pédoncule cérébelleux, entre le pédoncule du lobule du pneumo-gastrique en haut, la ligula antérieure en bas et en dedans, et s'ouvrent sous l'arachnoïde par le trou de Luschka situé à la jonction du cervelet et du bulbe, en dehors des racines des nerfs mixtes. Leur cavité est renq)lie par les i)lexus choroïdes latéraux, qui sortent en touffe à travers l'orifice extérieur.

Membranes ventriculaires. — La cavité est tapissée par une membrane lisse et polie, dense surtout à la l'ace postérieure du bulbe. Cette membrane, épcndymc du f|uatrième ventricule, se continue avec l'épendyme de la moelle et de l'aqueduc de Sylvius; elle comprendsur le plancher et la |)artie antérieure delà voûte une couche d'épithélium cylindri(|ue cilié et unecouche névroglique, sur la partie postérieure de la voûte uu simple épithélium plat que couvre la pie-mère.

[^e ({uatrième ventricule renferme une très faible quantité de liquide céphalorachidien.

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