‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 73 sur 194 · CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES

Terminologie. — l'onrdésigaer chacun des traits anatomif|ucs do la surface cérùbrale, il s'est créé un langage qui, en englobant pèle-niêle tous les termes dont se servait chaque observateur [lonr son compte personnel, est, par là même, rempli de significations ambiguës ou même contradictoires, lîroca a essayé de le réformer ; Aaw?, Nomenclature cévchrale, 1878, il a posé les règles claires, précises de la terminologie des circonvolutions, et indiqué un système simple et uniforme, pour classer et dénommer les saillies et aulVaclnosités des hémisphères.Les anthropologistes français se sont tous conformés à cette terminologie dont R. donnait à la fois le précepte et l'cKemple ; il est regrettable que les médecins n'en aient tenu aucun compte et continuent à parler un langage différent de celui des anatomistes. Il est bien plus regrollable encore que les étrangers soient, en.x aussi, embarrassés d'une nomenclature confuse, à tel point que telle circonvolution ou telle scissure, au lieu d'avoir un seul nom pour la désigner, comme il arrive |)our uin:" artère ou |)i)ur un nerf, n'en a pas nim'ns de cin(| ou si.x ; d'autre part, le mémo mot peut avoir plusieurs sens. Il faut espérer, avec Rrissaud, (ju'un congrès international tranchera un jour ces questions et apportera l'urdre et la clarté dans ce cliai)itre de l'anatomie.

Nous nous conformerons, à quelques détails prés, à la terminologie fixée par Broca. — Voici d'abord les définitions essentielles.

Un lobe est une partie de l'hémisphère limitée par des scissures.

Une scissure est une fente fondamentale, que l'on reconnaît telle à sa précocité embryologi([ue, à sa constance, à sa profondeur, à sa répartition chez les animau.K.

Une circonvolution est une saillie allongée qui présente une forme sensiblement fixe et déterminée.

Un sillon est une fente allongée, de valeur secondaire, (jui sépare deux circonvolutions d'un même lobe.

Une incisure est une dépression, ordinairement en fossette ou en étoile, en tous cas à court trajet, qui subdivise une même circonvolution en branches ou plis. Ainsi, l'incisure sépare les parties d'une même circonvolution ; le sillon, d'eux circonvolutions d'un même lobe ; la scissure, deux ou plusieurs circouvo-

NÉVROLOGIE

lulions de lobes différents. Cependant l'usage fait encore appeler sillons certaines incisures remarquables par leur fixité et leur universalité.

Le mot pH^autrefois synonyme de circonvolution, n'indique plus maintenant qu'une partie de circonvolution, de préférence étroite et courte ; tels sont le ])li sonrcilier, le pli courbe, lesplis marginaux, qui se détachent comme des contreforts à la base des grandes circonvolutions, les plis transvorses du lobe temporal. — On appelle p^i de passage celui qui réunit deux lobes à travers une scissure; il y en a dans toutes les scissures à leurs extrémités et souvent sur leur trajet. — On nommepit d'anastomose celui qui, dans un même lobe, réunit deux circonvolutions enire elles.

Un pôle est le point commun d'où partent, en rayonnant, un certain nombre de circonvolutions. Il y a un pôle temporal, un pôle occipital, un pôle de l'insula, bien nets ; — il n'y en a pas pour le lobe pariétal ; — celui du lobe frontal est indécis.

Le terme lobide est un des plus mal définis. 11 désignait d'abord un ensemble restreint de circonvolutions ; c'est ainsi qu'on disait le lobule de l'insula, ou encore le lobule orbitaire, c'est-à-dire la face orbitaire des trois circonvolutions frontales. Ces dénominations disparaissent. Aujourd'hui, lobule signifie amas de plis circonscrit. Tantôt le lobule est une partie d'une seule circonvolutiofi, ainsi le lobule quadrilatère de P' ; — le lobule du pli courbe de jP", le lobule de l'hippocampe de ; — tantôt lesplis qui le constituent appartiennent à deux circonvolutions, comme le lobule paracentral, formé aux dépens des deux circonvolutions rolandiques.On a même appelé lobule lingual toute la cinquièmecirconvolution occipitale, et lobule fusiforme la quatrième occipitale et la quatrième temporale réunies.

Dans une circonvolution, on appelle |:»ie(i la partiesupposée initiale, le point d'où on la fait partir, ce qui au fond est conventionnel ; et tète, son autre extrémité. Une racine est un pli d'insertion, ordinairement court et étroit, par lequel le pied s'attache à une circonvolution voisine; elle ne représente donc qu'une partie du pied. Chaque circonvolution est désignée par une lettre majuscule, celle du nom de son lobe, avec un exposant qui indique Tordre numérique, que l'on compte toujours de haut en bas et sans reprendre ou changer s'il y a une seconde face en retour sur le lobe. Ainsi signifie troisième circonvolution frontale, au-dessous de F' et deF^ Les sillons sont désignés delà même manière, seulement avec une lettre minuscule : t^, deuxième sillon temporal.

Il y a quatre grands lobes et deux 'petits ; les grands sont les lobes frontal, pariétal, temporal et occipital ; les petits, le lobe du corps calleux et le lobe de l'insula.

Le lobe frontal a quatre circonvolutions : F', F-, F^ et Fa.

Le lobe pariétal en a trois : P\ et Pa.

Le lobe temporal, cinq: T', T-, T'' et T'\

Le lobe occipital, six : 0', 0% 0^ 0'', 0% 0".

Le lobe du corps calleux, une seule : C

Le lobe de l'insula cinq, : V, P, P, P, P.

Le schéma ci-joint peut servir de moyen mnémotechnique pour se rappeler le nombre et la direction des circonvolutions des grands lobes.

HÉMISPHÈRES CÉRÉRRAUX

On remaniiifi les trois |)ôlcs : fi-oiilal, temporal, ocei|Hlal ; les trois circonvolulions pariétales, quatre frontales, cinq temporales, six occipitales : 3, 4, 5, G; et enfin la direction des lignes, deux verlicales ou ii'aiisversales, et les aulres iongitudinales.

L'usage, plus fort que tonte granimaire, a modifié sur certains points la nomenclature de Broca et la modifiera encore. Broca lui-même avait remplacé les noms de quatrième frontale F' et de troisième pariétale P^, par ceux plus compréhensifs de frontale ascendante Fa et de pariétale ascendante Pu. Les deux autres pariétales sont plus clairement désignées par les mots de pariétale

— Loh. occip.

LoliL' Irwp.

Fig. 221. — Sclii'iiia circonvolutions.

supérieure et de pariélale inférieure, fout en conservanl leurs exposants 7^' et P" . Un dit cuneus au lieu de sixième occipitale, et circonvolution de l'hiiqiocampe au lieu de cinquième temporale. Ces termes spéciaux (inl l'avantage d'être un relai pour la mémoire et de présenter aux youx Fimage d'un objet spécial avec les localisations physiologii|ues (|ui s'v l'al (aclienl.

LOBES ET SCISSURES

La première division du manteau, la plus générale, est donc sa division en lobes, puisqu'un lobe est formé par la réunion de |dusieurs circonvolutions.

Avec Broca, nous avons appelé sciss^tre toute fente qui sépare deux lobes. Comme c'est la fente elle-même qui fait distinguer les lobes et les précède, il faut, pour êtrejugée telle, qu'elle se signale par un certain nombre de caractères anatomiques importants. Tout d'abord les scissures du cerveau humain s'observent sur la grande majorité des cerveaux gyrencéphales ; elles existent chez tous les primates, ei, à l'exception de la scissure occipitale, chez tous les mammifères non primates. En second lieu, et pour cette même raison de précocité zoologique, elles sont précoces dans leur apparition chez l'embryon ; leur date est antérieure au sixième mois (quatrième et cinquième mois). Enfin, au point de vue morphologique et abstraction faite des anomalies inévitables dans tout organe, elles sont constantes dans leur existence et dans leur forme, et toujours jtrofondes.

11 y a quatre scissures interlobaires : la scissure de Sylvius, S ; la scissure de Rolaudo, U; la scissure occipitale, 0 ; la scissure sous-frontale, L (initiale de

NÉVROLOGIE

limbique). Elles séparent quatre grands lobes : le lobe frontal, le lobe pariétal, le lobe temporal, le lobe occipital ; et deux petits : le lobe de l'insula et le lobe du corps calleux. On y ajoute une petite scissure inlra-lobaire, la calcarine, K qui devrait être le cinquiènae sillon occipital, car elle sépare la cinquième circonvolution occipitale de la sixième ou cuneus ; mais elle a mérité le nom de scissure par sa fixité zoologiqueet saprécocitéembryonnaire.(Voy.fig. 224 et 22o).

Sillons totaux et sillons corticaux. — En se fondant .sur un caractère morphologique que présentent certaines ani'ractuosités,dans la période foetale, His a divisé les fentes de la surface hémisphérique en deux groupes : les sillons totaux ou fissures, et les sillons corticaux.

10 Les sillons totaux affectent la totalité de la paroi de la vésicule hémisphérique, et se projettent en saillie dans l'intérieur de cette vésicule; ils sont en outre constants et précoces. A la fissure ou sillon total de Sylvius correspond en projection intérieure le corps strié ; à l'occipitale, la convexité de la corne postérieure du ventricule latéral ; à la calcarine, l'ergot de Morand ; à la fissure de l'hippocampe, la corne d'Ammon ; à la fissure collatérale, l'éminence collatérale ou do Malacarne. — On voit que la scissure de Rolando et la sous-frontale ne rentrent pas dans les sillons totaux. — 2o Les sillons corticaux, sillons proprement dits et non plus fissures, sont limités à l'écorce cérébrale et ne font aucune saillie dans les ventricules.

A son tour, Pansch a réparti les sillons corticaux en trois catégories :les sillons primaires, secondaires et tertiaires. Les sillons primaires ou principaux apparaissent de bonne heure (6e mois) ; ils sont relativement constants dans leur forme et leur existence; ils sont profonds. Ils comprennent : le sillon de Rolando, le sillon inter-pariétal, le second sillon frontal, le sillon olfactif, le sillon en H, et le sillon occipito-temporal Jou 4e temporo-occipital) ; le premier sillon frontal et le sillon calloso-marginal sont des sillons primaires douteux. Les sillons secondaires et tertiaires sont plus tardifs (7e mois et au delà), plus irréguliers à tous les points de vue ; les sillons tertiaires répondent à ce que nous avons appelé incisures. Relativement à la profondeur, l^ansch admet que plus un sillon est précoce, plus il est profond ; il y a cependant plus d'une exception à cette loi, Rolando peut être moins profond que les sillons pré ou postrolandiques qui sont moins anciens ; la scissure sous-frontale et la scissure limbique sont précoces et pourtant peu profondes.

La classification de His n'a pas passé dans le domaine de l'anatomie descriptive. Giacomini lui objecte que deux fentes semblable? seront fissure ou sillon, suivant qu'elles reposent sur une pai'oi mince ou épaisse qui sera ou non repoussée dans le ventricule ; la scissure calcarine se forme sur une paroi de 4 à 5 mm. d'épaisseur, celle de Rolando sur une paroi épaisse de 12 mm,, de là des effets différents. Cette classification ne concorde pas d'ailleurs avec les données de l'anatomie comparée.

Bien que les scissures que nous avons reconnues sur l'hémisphère, possèdent des caractères distinctifs fondamentaux, il ne faudrait pourtant pas y voir une ligne de séparation absolue entre les deux lobes qu'elles divisent C'est toujours une limite conventionnelle et un peu arbitraire, dont la valeur est surtout morphologique et topograpliique. Anatomiquement,

11 y a continuité de l'écorce cérébrale d'un lobe à l'autre, soit par le fond do la scissure qui n'est que l'envers d'une grosse circonvolution (Brissaud), soit Yia.r les plis de passage ; physiologiquement, nous voyons des centres moteurs analogues distribués en avant et en arrière de la scissure de Rolando, sur la frontale et la pariétale ascendantes, si bien que dans l'état actuel de nos connaissances, la constitution d'un lobe physiologique moteur devrait s'opérer en réunissant, malgré leur scissure, deux fractions de lobes anatomiques différents.

Scissure de Sylvius. — La scissure de Sylvius, porle le nom de Le Boë Sylvius, anatoinisle du xvu" siècle. Elle s'élend obliquement sur la face externe de l'hémisphère, séparant le lobe temporal qui est en dessous, du lobe frontal et d'une partie du lobe pariétal qui sont au-dessus. C'est la scissure la plus anciennement connue, car elle se voit au premier coup d'œil sur le cerveau, encore bien mieux s'il s'agit d'un cerveau fœtal.

Elle se compose de deux parties: le tronc et les branches. Ces deux portions sont coudées presque à angle droit l'une sur l'autre ; la première appartient à la face inférieure du cerveau, la seconde à la face externe.

Tronc de la scissure. — Le tronc est cette portion indivise, qui se fait remar-

HÉMISPIIKRES CÉRÉBRAUX

qiier ptir sa siluatiou sur lu face iiiférieurc ou base du c^erveau, et par sa direction transversale. C'est celte portion (|ue plusieurs auteurs, lîroca entre autres, (Mil appelée vallée de Sijlvi/us, un parlic hasilctire. Sa longueur est de 3 cm. (Jonimençant près de la ligne médiane sur le coté de la lame grise optique, elle s'étend Iransversalenn^n t en dehors jusqu'au pôle de l'insula, ou mieux jusfiu'à la créd' (|ui sé|)ai'e l'insula de la \alli''(' de Svlvius el ([u'un (i|ipi'lli' le pli r.ilciforme; chez les animaux osmatiiiues, ce |)li est remplacé par une \'(dumin(Mise raciii!^ oiractiv(? exiei'iie, al r(iplii('M' chez riiommc, sé|)ai'ant nedenlent les deux piii'lies de la scissure dans la prufunileur. Dans ce li'ajel, la scissure est en

Fspnri' p'['rforc

Insida (foss. de Sljin.)

Syli-'iii!' (hriinchi; posl.)

2-- — Scissure fie Sylvias, Le Irinic on willcc ilc Sylvius et la fosse ou excavation, vus sur kl hase ilu cerveau.

rapporl avec le bord posléi'ienr des peliles ailes du sphénoïde, saillantes et aiguës chez l'homme, (pii s'enroiiceiit dans la dépression de la surface.

I/anl'ractuosilé, fermée |)ar des méninges denses, résistantes, n'est jamais héan[(\ niénie ipianil le reste de la scissure est ouvert, comme on le voil sur certains cerveaux dégradés, l'dle a une lèvre antérieure ou orliilaire, une' lévr(> ])oslérieure ou lem|)()rale, et un Imnl (pii est l'espace perlV)i-é anleiKMir. I>a lèvi'c (U'hilaii'c, qui est en mémo lcm|)s aniérieure et su]>érieure, est le hoi'd ])0s- Ici-ieui' hiu'izdiilal el lisse ilu Inimie orhilaire, a|q)aitenanl à ce niveau à la Iriiisièine l'ronlalc ; la lé\re lein|Hii'ale, (|ui csl jxislérieure el inlV'riiMii(\ est le bord anh-rieur du jiùle tem[)oral ; ell(> recnn\ re en parlie la lèvre orbilaire, qui à S(in Idur recouvre en dehors le pi'ile de l'insula. Au Fond est l'espace jierforé (piaili llalére avec ses Irctus vasculair(>s, sa bande iliagonale el sa racineolfaclive externe.

NÉVROLOGIE

Branches de la scissure. — Dès qu'elle apparaîtsurla face externe, au niveau du pùle de l'insula, la scissure s'élargit considérablement en formant \sl fosse ou excavation de Sylvius, qui fait suite à la fosse embryonnaire et renferme le lobe de l'insula ; en même temps elle se divise en trois branches, qui toutes sont profondes, c'est-à-dire qu'elles aboutissent au sillon de Reil et coupent le manteau dans toute son épaisseur. Ces trois branches ont reçu des noms variés et contradictoires, de là une confusion inévitable ; nous suivrons la termii]ologie de Broca, et nous distinguerons une branche postérieure S, une branche horizontale antérieure s et une branche ascendante s.

1° Branche postérieures-, scissure de Sylvius proprement dite. — La branche postérieure est celle que l'on a en vue quand on parle de la scissure de Sylvius en général ; elle est la plus longue, la plus facile à voir sans pré|)aration (Voy. Fig. 22i). Elle part à angle obtus du tronc dont elle est le prolongement, monte d'abord presque verticalement pendant 1 à 2 cm., puis se dirige horizontalement en arrière en formant seulement avec l'horizontale un angle de 15 à 20° ouvert en arrière ; arrivée à la jonction du tiers postérieur avec le tiers moyen, à 1 cm. en arrière de l'angle postérieur de l'insula, elle se relève nettement à HO" (90 à 130°) en un rameau terminal ascendant, qui finit dans un méandre de la circonvolution pariétale inférieure (lobule marginal ou lobule du pli courbe). Ce rameau ascendant donne à la scissure de Sylvius une forme arquée ; il a 20 mm. de longueur, plus long chez l'homme que chez la femme, à droite qu'à gauche ; le coude et le rameau ne se voient que chez l'homme et l'orang, ils manquent même chez l'homme dans 7 p. 100 des cas, et alors la branche postérieure de Sylvius est rectiligne et plus longue.

La longueur de la branche postérieure, mesurée d'un coude à l'autre, c'està-dire de la bifurcation du tronc à la naissance du rameau ascendant, est de 50 à 60 mm., avec des variations de 34 à 85 mm. ; elle est un peu plus longue chez la femme, 56,3 contre 54 chez l'homme (Eberstaller).

La branche postérieure est profonde de 2 et 3 cm., surtout dans sa partie initiale qui correspond à la fosse de Sylvius. Dans l'excavation sont contenus le lobe de l'insula, les divisions de l'artère cérébrale moyenne et une quantité notable de liquide céphalo-rachidien circulant dans le canal sylvien. Des deux lèvres de la scissure, la lèvre supérieure ou bord supérieur est formée par la troisième frontale, le pied des circonvolutions ascendantes Pa et Fa et le pied de la pariétale inférieure ; la lèvre inférieure ou bord inférieur est formée par la première temporale, qui lui est parallèle, et par la face supérieure du lobe temporal sillonné de plis transversaux. Ces lèvres surplombent la large fosse de Sylvius et se projettent au-dessus d'elle en forme de couvercles ou opercules que nous décrirons plus loin.

2" Branche horizontale antérieure, s". — Cette branche est plus importante que la suivante, car elle est plusprécoce dans son apparition et plus fixe comme existence. Elle est absolument constante chez l'homme et l'est aussi chez les singes anthropoïdes. Elle se détache du tronc commun au niveau du pôle insulaire, et se dirige horizontalement en avant, sur une longueur de 2 à 4 cm. en séparant la portion moyenne de la troisième frontale d'avec sa portion orbitaire. On la trouve presque toujours sur la face externe de l'hémisphère, quelquefois sur le bord sourcilier, plus rarement sur la face orbitaire.

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

3° Branche ascendante, s. — l^a branche ascendante, appelén encore branche verticale, se détache à angle obtus de la branche postérioui'e, ti peu près au même point cpie la branche horizonlale antérieure ; elhs a la même longueur, 2 à 4 cm., et la même profondeur, c'est-à-dire (ju'elle arrive jusqu'au fond de la scissure (|ue longe le sillon de Reil. Sa direction est verlicale, presque l(nijours inclinée un peu en avant, jamais en arrière, i^lle nait tanli'^t au même point que la branche horizontale antérieure en formant un V avec elle, plus souvent à (piel([ues millimètres (5 à 10) en arrière, en forme d'IJ, plus rarement enlin [lar une branche commune, en Y. La partie de la troisième frontale interceptée entre ces deux branches est le cap. Dans son trajet ascendant, elle s'enfonce dans le creux du premier méandre de la circonvolution, entre le pied qui est en arrière et le cap (jui est en avant.

(]ette branche est tardive dans son a|)parilion embryonnaire et zoologi(|ue ; car elle fait défaut, même chez les anthrojioïdes, et n'est pas constante chez l'homme ; elle |ieut manquer sur cerlains cerveaux inqiai fails,

GoiiHiie on l'a vu au chapilrc du l'enibryologie, p. 42, la scissure ilc Sylvius coiiuupnco clés la lin du deuxième mois cuibryonnaire ou au commonceuicnt du troisième mois jiar

Fig. 223, — Foruiatioii dos opri-cules de la si'issurc do Sylvius. Sclièiiia île Ci'ora.

une di'pri'ssidii sur la l'aeo exlorno de l'hémisphère : celle dépression est le hile ih' l'hi-misplièri' n'uil'orme, elle représeute une partie corticale fixée au troue du ei:'r\eau, ne se projetant ipie faiblement à re\ti''rieur, pendant que le reste du manteau libre d'altaidie se développe eirculaircnient aidnur d'clli^ et la l'ait paraître de plus rn plus profondi'.iresl, on peut dire, la seule seissui e dont on connaisse exaidement le mode ib' tormalion. Par son extrême précocité, par son origine ([ui n'est antre que l'alfachi^ (b; l'insula au corps sirié', par sa continuité constante, en ce sens qu'elle n'est jamais inferronqnie par des ]ilis dipassage, la scissure de Sylvius ne ressemble à aucune autre et ne peut niénie être assimilée aux sillons totaux embryonnaires de Ilis. Elle existe chez presque tous les maniiiiifères : elle fait pourtant dc'faut chez le tapir.

La dépression béante circonscrite par la saillie des lobes \'oisins |)orte le nom de fo^xp de Sjjlciu.i, terme que quelques anatomistes appliquent encore chez l'adulte à l'excavation fermée, non plus ouverte, qui loge l'insula. D'abord verticale, la fosse ne tarde pas à devenir olilique en arrièi'e. à mesure que se forme le lobe occipital qui semble par là inlluencer tout l'hémisphère antérieur. Bientôt, les lobes voisins se projettent vers elle en saillies arrondies qui vont à la rencontre l'une de l'autre, par-dessus le fond de la dépression lisse et bombée, représentant l'insula rudimentaire ; ces saillies portent le nom d'opcrru/cs (couvercles). Il y en a trois au diMiut, l'opercule temporal, l'opercule fronfo-pari(''tal, appelé encore sylvien ou de l'insula. ([ui se dix isera bientôt en deux, et l'opiM-cule orbitaire. La lente

NÉVROLOGIE

qui sépare l'opercule orbitaire de l'opercule frontal sera la branche horizontale antérieure de la scissure, celle qui sépare l'opercule frontal de l'opercule fronto-pariétal sera la branche ascendante : l'opercule frontal sera le cap. Ainsi que nous l'avons déjà dit, la branche horizontale apparaît la première (fin du 4e mois ou commencement du Se) ; elle marque une étape importante, la troisième circonvolution frontale prenant le type qu'elle conservera chez les anthropoïdes. La branche ascendante se montre au 8e mois seulement, la circonvolution a dès lors deux flexuosités, caractéristiques du cerveau himiain et du développement du langage articulé. Ecker a montré que la branche ascendante naissait d'abord de la branche horizontale antérieure, d'où une forme d'Y qui se transforme progressivement en V et en U par l'accroissement du cap frontal. A la naissance, on trouve encore souvent la forme en V ; la fosse de Sylvius n'est pas encore totalement fermée, et une petite fossette centrale laisse apercevoir le pôle de l'insula.

Le rameau terminal ascendant, qui manque parfois chez l'homme et l'ait défaut chez les singes, se développe isolément et n'apparaît cju'aprôs le reste de la scissure ; le pont qui le séparait peut persister plus tard à titre de pli superficiel ou de pli de passage profond, que l'on voit à l'union du tiers postérieur avec le tiers moyen.

Scissure de Rolando. — La scissure de Rolando, R, nom donné par Leuret en l'honneur d'un unaloiuisle italien qui a décrit en 1829, après Vicq d'Azyr d'ailleurs, la scissure en question et les circonvolulioiis (|ui la bordent, est une fente transversale, située au centre de la face externe de l'hémisphère el séparant le lobe frontal du lobe pariétal. C'est le sillon central d'un grand nombre d'auteurs étrangers, à la suite de lluschke. Elle est en elfet au centre de la calotte hémisphérique, ou du moins sa partie moyenne est à égale distance des extrémités antérieureet postérieure du cerveau ; aussi est-ce toujours elle qu'il faut déterminer en premier lieu pour s'orienler au milieu des lobes et des circonvolutions. Sa position centrale, sa non interruption, les deux circonvolutions parallèles et continues qui la bordent, la feront distinguer au premier coup d'oeil, au moins en dehors d'anomalies importantes, d'avec les sillons pré et postrolandiques qui pourraient donner le change. Elle se montre au cinquième mois de la vie intra-utérine.

Elle suit un trajet obliquement ascendant en haut et en arrière, depuis la scissure de Sylvius à laquelle elle confine, jusqu'au bord supérieur de l'hémisphère'qu'elle dépasse un peu. L'angle qu'elle forme avec ce bord supérieur ou bord sagittal est ouvert en avant et aigu, c'est Vangle rolando-sagittal, ou angle rolandique. Cet angle calculé sur des centainesde cerveaux par plusieurs observateurs (Woolongham, Lefort, Eberstaller, Hare...)est de 70° en moyenne et ses variations sont peu étendues, de 65 à 75''. Il est le même sur l'hémisphère droit et sur le gauche, chez l'homme et chez la femme, chez les brachycéphales et les dolichocéphales, et dans les différentes races d'Europe. Il est encore le même chez le fœtus ; Cunningham indique 73" à cinq et sept mois, 70° à huit et neuf mois ; je trouve plus fréquemment 65° que 70° pour les derniers mois de la vie intra-utérine, c'est-à-dire un angle un peu plus aigu, tenant probablement au faible développement de la troisième frontale. Enfin il est de 68 chez l'orang et le chimpanzé, de 71 chez l'hamadryas. J'insiste sur cet angle parce qu'on s'en est servi pour mesurer l'étendue et par suite l'inqiortancedu lobe frontal, et parce qu'il a été utilisé en chirurgie pour déterminer la position delà scissure sur la voûte crânienne.

La longueur de Rolando peut être mesurée de deux manières, en lignedroite ou en suivant les contours, car la scissure est une ligne flexueuse. En ligne droile (ou longueur relative, longueuren projection), telle que la donne le compas d'épaisseur, elle est de 8 à 9cm; en ligne sinueuse (longueur absolue,

IIliiMlSPHÈRES CÉRÉBRAUX 331

loiigiiear lolalc), c'est-à-dire la scissure élani iIi'toii l(''e, elle mesure II cni.

La p)'ofu)ideu.r cal à peu près uiiifurnie, de J U à 20 min., sauf eu un poiiil que marque un [)li ijrofond. Les lèvres sont rapprochées; la scissure n'est béante que dans les étals alrophiques du cer\eau, lels qu(> la séiiililé', ou dans des cas exceptionnels.

\ M trajet de la scissure est flexueux. Dans les cas typiques, ces flexuosités sont disposées régulièrement ; il y en a deux à égale distance el en sens inverse, divisant la scissure en trois parties égales. La première ou geitou sapc/'iciir (Hroca) occupe le tiers supérieur et regarde en arrière par sa convexité ; elle est ordinairement beaucoup moins prononcée et peul n'être qu'un simj)le renflement. La seconde ou genou inférieur regarde en avant par son coude ; elle est plus nette, plus marquée et paraît due surtout à la forte poussée qu'exerce la seconde pariétale dans sa croissance antérieure. Si l'on mène une ligne droite unissant les deux extrémités de la scissure de Rolando, le genou inférieur est

Genou inf, Croc/i. fie Holaiido Scisn. s. fro'il.

Tronc île •<ij\i'ni!s Inei-i. occip.

Fif,'. ^24. — Lut)es cl. scissures do la face cxlerin' du ccivcau.

Lg lobe pariétal est en bleu, le lobe temporal en rose. R. Holando ; S. Sylvius; s. branche asoendante ; s' branche horizontale antérieure.

situé en avant, le genou supérieur en arrièi'e, et la partie intermédiaire est une ligne oblique qui coupe l'axe de Rolando. Les genoux n'existent pas avant le septième mois fodal, ni chez la ]»lupart des singes inférieurs. Us peuvent éire jdus nombreux, ou disj)osés en sens inverse, ou se chevaucher l'un derrière l'autre. Ces llexuosités ne sont pas seulement la résultante du grand accroissementdcs cirr(Mivolulions rolandiques, mais aussi de la poussée des circonvolutions longitudinales des lobes voisins.

XjCxtréinilé inférieure la scissure est située à 25 ou .30 mm. en arrière de la biMiiclic ascendante de Sylvius, à 0 ou (S au-dessus de la branche postérieure. 1*^1 le est fermée par le pli de passage fronto-pariétal inférieur, jjresque constamuKMit snperliciel , qui la sépare de la scissure de Sylvius. I'"dlc regarde en bas et en axant cl linit par un trait dmil ; il n'est ]>as rare qu'cl le

NÉVROLOGIE

fasse un coude et se prolonge en avant par une branche horizontale longue de 1 cm. environ.

L'extrémité supérieure dirrive pvescuie constamment jusqu'au bord sagittal qu'elle entaille d'une incisure ; dans 60 0/0 des cas, elle se prolonge sur la face interne de l'hémisphère. Elle est fermée par le pli de passage fronto-pariétal supérieur, qui unit la pariétale ascendante avec la tète élargie de la frontale ascendante constituant le lobule para-central. Fréquemment cette extrémité, à partir du bord sagittal se coude brusquement et se prolonge en arrière sur une longueur de 10 à lomm., en une queue ou crochet qui embrasse dans sa concavité la concavité en sens inverse de la scissure sous-frontale à sa terminaison. Par cette queue postérieure, qui rappelle l'inllexiou contraire de l'extrémité inférieure, l'extrémité supérieure de Rolando se trouve reportée à 1 cm. et plus en arrière, ce qui entraîne certaines difficultés pour calculer les angles d'inclinaison ou déterminer les rapports topographiques; pratiquement, il vaut mieux ne pas en tenir compte.

Nous avons signalé les deux plis de passage supérieur et inférieurqui ferment la scissure. Si on écarte ses lèvres, on aperçoit un certain nombre de plis profonds ou marginaux (jui se détachent en contreforts des deux circonvolutions limitrophes. Le plus constant de ces plis profonds est au niveau du genou supérieur, sans qu'il ait pourtant avec ce genou un rapport de causalité, car il peut être à côté de lui ; à ce niveau, la fente est en partie surélevée par deux plis qui se portent à la rencontre l'un de l'autre en alternant. Parfois un des plis est double et reçoit le pli opposé entre sa fourche. Quand il existe une branche horizontale sur l'extrémité inférieure, cette branche est presque toujours séparée du reste de la scissure par un pli profond.

Scissure occipitale. — La scissure occipitale, 0, scissure perpendiculaire de quelques auteurs, pariéto-occipitale de certains autres,sépare le lobe pariétal du lobe occipital. Sa direction est transversale c'est-à-dire perpendiculaire au grand axe de l'hémisphère. A cheval en quelque sorte sur le bord sagittal, elle se prolonge sur les deux faces, externe et interne; de là deux branches, appelées par abréviation scissures occipitales externe et interne.

1" Scissure occipitale interne. — Cette branche, perpendiculaire interne (Voy. Fig. 225) de plusieurs auteurs, occupe la face interne de l'hémisphère; elle va du bord supérieur de l'hémisphère au bord externe de l'arc qui entoure le corps calleux. Son trajet est sensiblement vertical, oblique en bas et en avant, souvent arqué à concavité antérieure, quand le lobule quadi'ilatère du lobe pariétal fait saillie en arrière ; sa longueur atteint 3 cm., sa profondeur 2 à 3 cm. Elle apparaît chez le fœtus à la fin du cinquième mois ou dans le courant du sixième, et continue ou non comme existence un sillon précurseur qui s'est montré à la même place dès le troisième mois (Cunningham).

A sa partie inférieure, la scissure occipitale se jette dans la scissure calcarine, formant avec elle un Y dont la branche commune, longue de 2 cm. et plus, semble appartenir également aux deux scissures. Mais l'anatomie comparée montre que cette tige appartient exclusivement à la calcarine, et que même chez l'homme un pli de passage profond isole la branche occipitale d'avec l'autre branche; ce rapport est moins net au point de vue embryogénique, la tige

HÉMISPIIKHES CEREBRAUX

pouvant procédor dp rime ou de l';iutre scissure. Il l'aul doue dire : la scissure occi|H'lule in lerue se jette dans la scissure calcariue.

Ci'lte aiifracluosité est continue sur tout son Irajet. Fax écartant ses lèvres, on reniar(|ue dcuv plis di' passage jji'ofonds ipii sont coustaiils. ('.e sont les jjUs de 2)atiSU(je inteiiics de ()i-atiolet, qui les distinguait eusupéi'ieur et inférieur. Le |)li su|)érieur est le pli de passage jiariéto-occlpitat Inlerne ; plus grêle, |>lus irrégulier qu(> l'autre, il se porte de la pninle du cuneus ou ti'' circonvoluliou occipitale au milieu du bord postérieur du lobule quadrilatère ou precuneus que forme en avant le lobe pariétal, ou plus simplement il se porle du cuneus au precuneus. Le pli inférieur esl le jili citnéo-lnubique. Il part également du sommet du cuneus pour aboutii-, au-dessous du boui'relel du corps calleux, à l'isthme qui réunit le lobe calleux avec la circonvtduliou de l'hippocampe du lobe temporal. Il a été décrit autrefois sous les noms de pédoncule du lobule triangulaire (cuneus) par Foville, de gvrus cunei par Iv Iver.

2° Scissure occipitale externe. — ('etie branche, appelée encore jjerpefuliciilaire externe, dill'ère à plusieur's points de vue de la branche inlerne avec laquelle elle se continue pourtant sur le bord sagittal. Son apparilion est plus tardive ; elle est |irécédée par un sillon, qui se montre au cinquième mois jiour dispai'aitre au sixième, et ([iii paraît cori'espondre à la |)eiqiendiculaiie exierne des singes. La scissure coupe transversalement la face couvexe de l'hémisphère, mais à l'inverse de la branche interne elle est presque toujours coml)lée pardes plis de passage superli( i(ds et réduit(^ à de courts tronçons; ce n'esl (|u'à litre d'anomalie rare qu'on ol)ser\'e une l'ente conlinue longue de 4 à cm.

[jes deux plis de passage sontceux auxquels (iratiolet attachait tani d'impurtance comme caractérisli(|ue du cerveau humain et qu'il a])|ielait p/is de passage externes sapérieur cl i)iférieur, aujourd'hui premier el second plis de passage pariélo-occipitaux . Tous deux sont, en règle générale, superficiels, volumineux et sinueux. I^e |M'emier, cpii unit la circonvcdulion pai ii'lale supérieure avec la première occipitale, longe le bord sagillal et décrit une anse à convexité inférieure ; le second, ipii va delà pariétale inférieure à la deuxiènu' occipitale, est au-dessous et en dehors du premier, et décrit une courbe à convexité supérieure. Les deux plis se touchent donc par leur convexité, et c'esl entre ces deux sommels que passe le sillon inlerpariclal, pour aller se prolonger plus ou moins loin sur le lobe occipital. Le (■aracfèr(> polymorphe de la scissure occipitale lient aux grandes \ ariations (|ue ces plis pi'uvent j)résenter dans leur profondeur, leur volume et leurs flexuosités. Ordinairement elle se compose de deux tronçons, (|ui sont : l'incisure sagiltale constante sur le Itord su|iérieur de l'hémisphère, aboutissant de l'occipitale inlerne, incisure souvent |)rolongée en silbni transversal entre les deux ])ranclH>s d'inllexion du |H'emier |)li de passage, et une incisure transversale située entre les deux plis, sur un plan postérieur à l'encoche. L'incisure peut être le seul reste de la scissure, ou au coutiMire être suivie d'une dépression de 2 à \- i in. Imi pndongeant la direcli(jn de ces inrisures (jui mar(]uent l'occipitale externe, on arri\'e plus bas, entre le lobe lem|)oral et le lobe pariétal, à un sillon assez constant i|ui a la mi'une ])iisiliiin I ra nsvtu'sa le l't |>orte le nom Ac xillo)i occipital ani cricirr.

\ l'inverse de l'tioinine, la plupart des singes, mais non tous, possèdent deux plis de

NÉVROLOGIE

passage internes superficiels qui comblent la scissure occipitale interne, et au contraire deux plis de passage profonds qui laissent ouverte la scissure externe. Celle-ci apparaît donc comme une l'ente profonde et continue, dont la lèvre postérieure, formée par le bord antérieur du lobe occipital, se projette en opercule ou calotte sur la lèvre antérieure ou pariétale qu'elle recouvre. Elle porte en France le nom de perpendiculaire externe, en Allemagne le nom de fente simienne. On ne sait encore exactement, malgré de longues discussions, à quelle anfractuosité du cerveau humain correspond la fente simienne. Les uns, comme Eckcr et Rûdinger, la cherchent dans le petit sillon occipital transverse qui termine ordinairement ou croise le sillon interpariétal ; d'autres, comme Wernicke, dans le sillon occipital antérieur qui est sur le prolongementde l'incisureoccipitale et qui n'est séparé du sillon interpariétal que par un seul pli de passage chez les semnopithèques, par aucun même chez les singes du vieux continent. Pour Mingazzini, la fente simienne se compose chez l'homme de trois tronçons ou parties, une partie supérieure qui est l'incisure sagittale, une partie moyenne qui est le sillon occipital transverse rejeté en arrière par les deux plis de passage, et une partie inférieure ou sillon occipital antérieur. Les cas dans lesquels on voit siu' le cerveau de l'homme l'incisure occipitale se prolonger transversalement en une fente de 4 à S cm. grâce à la profondeur des deux plis de passage, constituant ainsi une véritable scissure occipitale externe, semblent démontrer que celle-ci est entièrement assimilable à la fente simienne ou perpendiculaire des singes, et que quand les plis sont superficiels, ce qui est la règle, la scissure disparaissant, il n'y a plus à chercher d'analogue à la fente simienne.

Scissure sous-frontale. — La scissure sous-frontale, marquée L parce qu'elle est une [lartie de la scissure limbique des mammifères osmaliques, est

Sois s. front. Pli franto-limb. moij. Se. front,

(p. ascend.) Holando S. paracent. (pré-oi'al.) [portion nioy.)

Incis. oncip

Fig. 22S. — Lobes et scissures de la face interne du cerveau.

Le lobe pariétal en bleu, le lobe temporal en rose, le lobe du corps calleux en gris — 0, scissure occipitale ; K, la calcarine ; L (limbique) la sous-frontale ou calloso-marginale.

la scissure calloso-marginale des auteurs anglais, dénomination qui ne peut donner qu'une idée fausse de ses rapports en laissant supposer qu'elle est située entre le corps calleux et l'arc marginal. En général bien manifeste, elle occupe sur la face interne de l'hémisphère l'espace courbe qui sépare le lobe frontal du lobe calleux en avant et du pariétal en arrière. Elle apparaît vers le milieu du mois embryonnaire, mais, comme pour d'autres scissures, on observe des variations étendues dans la date du premier début: on l'a vue dès la fin du 4=

[IÉ.\llSPIli:RES CÉRÉBRAUX

moh ( Giacomini, Ebcrf^hillcr) lulali'iiuMil, (lu |iarhVII(Miioiil iii(Ii(|iR'o, Ijindis f[iio sur d'autres fœtus, elle l'aisait défaut même à la lin du G'-' mois.

Son ti'ajet est celui d'un S italique, dout la liranclie iiilerniédiaire aux di-ux crochels serait rectiligiu^ Née sous le genou du corps calleux, elle conlo'.irnc la circonvolution qui borde cette commissure, devient comme elle horizontale, puis l'ahanilonne vers le quart postérieur |)Our remonter vers le liord sagittal de l'héiiiisplière (u'i elle se termine. De là Irois parties : anU'rieu re, moyenne et postérieure, termes ([iii nous jiaraissent meilleurs que ceux de Hroea : arc sus-orbilaire, arc métopirpie, arc sous-ovalaire. La longueur totale est de l.'{ h 14 cm. ; la prol'on(b?ur, inférieure à 1 cm. dans la |)ortion iniliale, atteint son maximum dans la portimi terminale et arrive à ce niveau à lo et20nim. Il est il reinar([uer que dans ses parties moyenne et postérieure, la scissure n'est pas taillée |ierpendiculairement, mais obliijuement dans ["épaisseur de l'écorce ; elle regarde en dedans et en liant, et son fond est ])lus près du corps calleux que son entrée.

Les ti-ois poi-tions ne sont pas sciiUmuimiI distinguées par les changements de direction, mais encore |)ar la présence de deux plis de passage, un à chaque coude ; ces /dis fronto-Iinibiques interrompent la scissure quand ils sont superficiels, ou s'ils sont profonds lui donnent une conliguration en escalier. Ils sont en outre accompagnés d'incisures, qui de la scissure se proloni;ent sur la face interne do la première fi'ontale ; celle qui suit le pli |)0slérieur et limite en avant le lobule paracentral ou lobule ovalaire est Vincisiirc i^rcoridai re ou sillon 2}aracenl)'al.

1-^ Partie antérieure. — (^cttc partie peu profonilo, coiu-le (Sem. em iron) csf obliquement aseenilante en liant et en avant; elle est située en avant du liée et ilu genou ilu corps calleux. Son origine est dans cotte petite région appelée le carrefour, entre les deux extrémités de la première circonvolution frontale et de la circonvolu lion du corps calleux qui se réunissent au-dessous d'elle et la ferment; elle communique iiourtant queli|uel'ois avec une incisnro eoiirlK'e en sens inverse et parallèle an bord inlV-ricur de l'héiiiispliôre.

2" Partie moyenne ou horizontale. — Longue de fi à " cm. elle commence à l;j nmi. en a\-anl du gi'iiuii, si> dii i:,'.' Iim i/rjuialemont en arrière parallèlement au corps calleux et s'arrête au lionl antérieur ilu lobule paracentral, point qui est marqué par la pi'ésence d'un pli de passage, par une incisure ascendante, l'incisure ])araeentrale, et par le commencement d'une courbe dont la concavité regarde en liaut et en avant.

Partie postérieure ou ascendante. — Cette portion curviligne, longue de 4 cm., conlourne le lobule paracentral sur ses deux ho;'ds inférieur et postérieur ; d'abord horizontale, elle se coude à angle droit en forinantun genou à convexité postérieure et remonte verticalement, quelquefois un peu oblique en arrière, vers le bord sagittal de l'iiémisphère qu'elle atteint constamment. Elle s'y termine ordinairement sous forme d'une incisurecourbe située à 8 ou 10 mm. derrière l'extrémité de la scissure de Rolande qu'elle contourne en sens inverse ; quelquefois elle se prolonge sur la face convexe en un sillon transversal, perpendiculaire à la scissure interhémisplu'rique, et représentant avec l'incisure le sillon crucial des mammifères non primates.

Celte partie postérieure est remarquable par sa profondeur et par l'irrégularité de ses bords. Elle est crénelée d'incisures qui lui ont fait donner le nom de scit.tr/re festonnée. Eberstaller, qui l'a vue sur un fœtus de sept mois complètement séparée des autres portions de la scissure, la considère comme une partie morphologiquement et génétiquement indépendante. Chez la plupart des mammifères, elle s'unit à la scissure sous-pariétale, prédominante comme le lobe pariétal, et la prolonge sur la face externe en constituant le sillon crucial ; chez les primates et chez l'homme, dont le lobe frontal l'emporte, elle s'unit secondairement à la scissure sous-frontale, dont la sépare toutefois un pli de passage profond et constant, le pli fronto-limbique postérieur. Le cerveau liumain présente quelquefois le type do la disposition primordiale que nous \-enons d'indiquer.

NÉVROLOGIE

La scissure sous-frontale est traversée, de préférence au niveau do ses coudes, par des plis de passage qui unissent la circonvolution du corps calleux à la première frontale et sont dirigés obliquement en arrière et en haut, dans le sens du trajet de la scissure. Le premier de ces plis se voit au niveau du genou du corps calleux, en avant de lui ou ijien un peu au-dessus au coude même de la scissure, c'est le pli de passage fronto-l imbique de Broca, auquel il faut ajouter l'épithète d'antérieur ; tantôt large ot carré, tantôt long et llexueux, ce pli est ordinairement profond ; quand il est superficiel (25 p. 100 des cas, Ebei'staller), il interrompt totalement la scissure en isolant ses deux premières parties. Le second pli de passage, pli fronto-limbique moyen, à peu près constant, est situé au milieu de la partie horizontale de la scissure et se jette dans la prendère frontale ; ce pli est superficiel dans 30 p. 100 des cas; quand il est plus reculé, il borde en avant le lobule paracentral et constitue le préovalaire de Broca. Enfin un troisième pli, moins commun, superficiel 22 fois sur 100, va de la troisième portion ou du moins de son origine au lobule paracentral, pli fronto-limbique postérieur. On voit donc que ces trois plis sont profonds, et ne deviennent superficiels que dans un quart des cas environ. Eberstaller fait remarquer, au sujet des deux derniers plis, qu'ils alternent entre eux pour leur volume, et qu'ils ne se montrent simultanément superficiels que 2 fois sur 100.

Outre ces plis qu'on peut considérer comme normaux, il en existe d'autres, irréguliers comme position et comme existence, et presque toujours profonds.

La scissure sous-frontale émet un certain nombre de rameaux bilatéraux qui se portent sur les circonvolutions adjacentes et qui sont surtout marqués en dehors. Un d'entre eux est constant chez l'homme et la plupart des singes, c'est le sillon paracentral (incisure ovalaire ou préovalaire de Broca) qui émane de la scissure à 10 ou 30 mm. en avant de son coude, et monte obliquement en haut et en avant, sur le bord antérieur du lobule paracentral ou ovalaire qu'il sépare delà face interne de la première frontale. Sa longueur est de 13 à 2o mm. Il peut être isolé à son origine par un pli de passage superOciel ou profond. Inconstant chez Dionime, absent chez les primates, ce sillon arrive quelquefois sur la face externe et s'y place en avant ou même en arrière du sillon prérolandique. D'après Eberstaller, le sillon paracentral n'appartient pas à la scissure sous -frontale, c'est une formation analogue au sillon prérolandique (s. prérol. interne). La sous-frontale émet bien une branche ascendante, mais celle-ci est plus antérieure, de 1 c, en plein F', et s'anastomose une fois sur doux avec le s. paracentral.

Signalons encore deux autres incisures, d'abord Yincisure prélimbique (Broca) qui longe le bord antérieur du pli de passage fronto-limbique antérieur, et suit par conséquent un trajet parallèle, excentrique à la première partie de la scissure ; puis une petite incisure postérieure, qui émane du second coude delà scissure au moment où elle devient ascendante ot s'enfonce dans le lobule quadrilatère ; elle communique ou non avec le sillon sous-pariétal et semble être un des tronçons de la grande scissure limbique.

Les scissures que n^us venons de décrire délimitent quatre grands lobes et deux plus petits. Les grands lobes sont les lobes frontal, pariétal, temporal et occipital ; les petits lobes, le lobe de l'insula et le lobe du corps calleux.

Le lobe frontal est limité sur la face externe par la scissure de Sylvius en bas, par la scissure de Rolando en arrière ; sur la face interne par la scissure sousfrontale, sur la face inférieure par la branche horizontale de la scissure de Sylvius. 11 comprend quatre circonvolutions, une transversale ou ascendante, la frontale ascendante, et trois longitudinales ou antéro-poslérieures qui sont les première, deuxième et troisième frontales.

Le lobe pariétal a pour limites : sur la face externe ou convexe, en avant la scissure de Rolando qui le sépare du lobe frontal, en arrière la scissure occipitale externe qui le sépare du lobe occipital, en bas la scissure de Sylvius qui l'isole du lobe temporal ; sur la face interne, le vestige d'une scissure qu'on voit chez les non-primates, le sillon sous-pariétal qui le sépare très imparfaitement du lobe du corps calleux, tandis qu'au contraire la scissure occipitale externe le détache nettement du lobe occipital. Il comprend trois circonvolutions, une transversale ou pariétale ascendante, et deux longitudinales, antéropostérieures, les pariétales supérieure et inférieure.

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

l>e liiho temporal ost séparé eu haut dos Idhps fronlal ot pariélal par la scissure de Sylvius ; eu arrière, par loule sa base, il esl parliellemeul. fusionné avec le lobe occipilal, sans scissure liniitaule, l)orné seuleiueul par ([ueb[ues sillons ti'ansversaux inconslanis. Il cnniine sur la l'ace iulV'ricnic cl inicrne au cr)r|)s de l'héinisplière ; la feule de Biclial s'inlerpose à ce niveau cuire le corps bémispliérique et le bord du nianleau. On C(uii|)le cinq circonvolul ions temporales, toutes longitudinales, les première, deuxième, (roisii'uie, qii.ihièmc cl cinquième temporales.

Le lobe occipital est sé])aré du lobe pariétal par les scissures occipitale externe et inlerue, mais continu en partie avec le lobe tem|)oral, comme nous venons de le voir. Ses six circonvolutions, toutes longitudinales, s'écbelonnent régulièrement de la première à la sixième.

Le lobe du corps calleux (|ui (ici upc la faceinlerne est formé d'une seule circonvolution enroulée autour du corps calleux, séparée de lui |iar le sillon du corps calleux, séparée des lobes fiontal et pariétal pav la scissure sous-frontale et le vestige de la scissure sous-pariétale.

Le lobe de l'insula, enfoui dans la scissure de Sylvius. sur la face externe de riiémispbèrc, est limité jtar les bords ])rofonds du lil de cette scissure, bords qui constituent le sillon circulaire de Reil et s'interposent entre l'insula d'une part, les lobes fronlal, pariélal et temporal de l'autre. Il comprend cinq circonvolutions dites de l'insula cl disposées eu sens radié.

Quatre lobes sur six ont une disposition en pyramide à sommet mousse ; ce sommet |iorte le nom de î3(i/t' et constitue l'extrémité liljre du lobe. On reconnaît un pôle frontal, temporal, occipital, cl un pôle de l'insula. Il n'y en a pas pour le lobe pariétal, ni pour le lobe calleux.

Le nombre des lobes et des circonvolutions est fixe ; seul le nombre des plis secondaires jieut varier, il y a en tout 2i circonvolutions.

Loi»? frontal. — 4 circonvolution?

prcmicre frontale F' deuxième frontale /■'" troisième frontale ' frontale ascendante Fn

( pariétale supérieure /" Lobe pariétal. — 3 circonvolutions < pari('tale inférieure J -

f pariétale ascendante /'a

première temporale T' deuxième temporale T- Lobe temporal — u circonvolutions J troisième temporale T'^

quatrième temporale

cinquième temporale (ou de l'Iiippoc.) T-"

première occipitale

ileuxième occipitale 0"

, , • -1 , „ ■ 1 ,• I troisième occipitale

Lobe occipital — 6 circonvolutions / , „ „„„-„;tni« fii ^ \ quatrième occipitale (V

cinquième occipitale O''

sixième occipitale (ou cuneus) O''

Lobe du corps calleux — 1 circonvolution. Circonvolution du corps calleux C.

insiila antérieur

Lobe de l'insula — S circonvolutions

cinquième ins

C première insulaire /' 1

\ deuxième insulaire /- >

< troisième insulaire /' ) I quatrième insulaire ( postérieur

{ cinquième insulaire /*" )

NÉVROLOGIE

On a cherché à évaluer l'importance des différents lobes soit en calculant leur poids, soit en mesurant leur surface La détermination du poids est un peu approximative, car on est obligé de comprendre dans le lobe, isolé par des sections au couteau, une certaine quantité du noyau de l'hémisphère, et si l'on ne pèse que le manteau, c'est-à-dire la partie corticale, il est difficile de préciser où finit cette écorce ; quant à celle des surfaces, c'est un problème fort long, fort compliqué qui n'a été tenté que sur un petit nombre de cerveaux.

Nous indiquons iciles résultats principaux auxquels sont arrivés les observateurs. Broca, qui passait le couteau dans Rolando et dans l'occipitale et qui pesait les lobes avec la partie adhérente du noyau cérébral, a trouvé comme moyenne de 358 sujets pour les lobes droit et gauche réunis :

Hommes Femmes

poids absolu poids centésimal poids absolu poids centésimal (le cerveau = 100

Lobe frontal 471 gr. 42,7 — 408 43

Lobe tempor. et pariét. 521 47 — 442 47

(ensemble)

Lobe occipital 110 10 — 95 10

Biscliofï n'a pesé que des cerveaux d'adultes. Comme il a pris pour limite du lobe frontal et du lobe pariétal le sillon prérolandique et non Rolando même, nous sonunes obligés de grouper ces deux lobes.

Les chiffres centésimaux sont les suivants :

Lobes frontal et pariétal ensemble 06 p. 100

Lobe temporal 13

Lobe occipital 10

Lobe de l'insula, avec les corps opto-striés . . . 9,7

Meynert, après avoir isolé le manteau d'avec les parties centrales et reconnu qu'il pesait en moyenne à l'âge adulte 1030 chez l'homme, 922 chez la femme, a découpé cette surface en trois parties en suivant la scissure de Rolando, la scissure occipitale et la scissure de Sylvius. Il a obtenu les chiffres ci-dessous :

Hommes Femmes

poids absolu poids centésimal poids absolu poids centésimal (hémisphère = 100

Lobe frontal 214 gr. 42 — 196 42

Lobe pariétal 124 23 — 108 23

Lobe tempor. et occipit. 178 35 . — 157 35

Relativement à l'étendue en surface, nous n'avons que les recherches de 'Wagner sur quatre sujets.

Sujets distingués Ouvrier Femme centim. carrés

Lobes frontaux (réunis) 923 à 895 — 728 — 843

Lobes pariétaux 447 à 454 — 401 — 418

Lobes temporaux 434 à 440 — 398 — 429

Lobes occipitaux 379 à 382 — 324 — 328

Cerveau total 2210 à 2195 — 1876 — 2041

H est remarquable que tous ces chiffres montrent une grande concordance. Que l'on envisage le poids du lobe frontal entier, ou le poids de son manteau seul, ou sa surface carrée, on voit que de toutes manières, il représente les 42 ou 43 centièmes du cerveau total, soit à luisent près de la moitié. G'estune des principales caractéristiques de l'homme. Chez les singes, les lobes ont tous une valeur à peu près égale ; chez les mammifères non primates, c'est le lobe pariétal qui l'emporte de beaucoup.

VARIATIONS DES SCISSURES

Scissure de Sylvius. — La scissure de Sylvius peut se terminer en ligne droite sans se relever en rameau ascendant, ou bien le rameau ascendant peut se recourber en cro.chet il concavité antérieure.

HEMISPHERES CÉRÉBRAUX

La branche ascendante verticale fait défaut sur des cerveaux (h'gradés on chez certains sourds-muets. La branche horizontale antérieure ne manque ([ue dans des cas très exceptionnels.

On a signalé souvent des branches accessoires, mais ce sont de fausses branches qui n'ont pas la profondeur typique des branches principales, lesquelles intéressent la totalité du manteau et partent du sillon de Reil. Une de ces branches accessoires monte en an-ière de la racine de la troisième frontale, mais elle est inclinée en haut et en arrière, ce qui la distingue de la vraie branche ascendante ; d'antres entaillent le pli de passage qui ferme en bas la scissure de Rolande et ne sont qu'une des formes du xilloii Iranisverse inférieur d'Eberslaller que nous décrirons plus loin. Kn avant, on voit quelquefois le sillon de Reil empiéter à son extrémité interne sur la troisième frontale, ou encore (22 p. 100) une incisure correspondre au gyrus brevis de l'insula sur l'extrémité externe de la portion orbi taire.

Dans son long trajet, la scissure de Sylvius cnlve assez souvent en cmumunicalion avec les scissures ou sillons voisins à l'aide d'incisures le plus ordinairement superficielles. On a vu le tronc de la scissure, ou partie basilaire. communiquer en avant avec l'incisure en H, en arrière avec l'incisure limbique; la brandie ascenilante s'anastomoser avec le deuxième sillon frontal ou le sillon prérolandique ; la branche postérieure s'unir avec le prérolandiquo (2 f. sur 3), avec la scissure de Rolande ((> p. 100) par le sillon transverse inférieur qui se continue lui-même avec le sillon central de l'insula et qui est presque toujoui'S supei'liciel ou n'excède pas 1 cm.de profondeur. Notons encore la communication très fréquente (plus de 25 p. 100) avec le sillon postrolandique, très rare avec la branche horizontale du sillon intei'pariétal, assez fréquente (4 à 9 p. 100) et presque toujours à gaucho, avec le premier sillon temporal, soit an coude de la scissure soit plus fréquemment au milieu mèmede la première circonvolution temporale, point où se voit une encoche normale d'un sillon rétro-insulaire.

Scissure de Rolande. — Les conclusions ([u'on a voulu tirer de la différence de longueur de Rdl.uiilo daiH li!s deux sexes ne sont pas justifiées : ces dilTérences sont minimes, et la longueur de la scissure, l'apportée aux dimensions du (.'crveau total, (pji sont moindres chez la femme, est proportionnellement la même dans les deux sexes.

'Voici quelques chilTrcs à ce sujet :

Page 1