‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 106 sur 190 · BRANCHES COLLATÉRALES · texte numérisé non relu

BRANCHES COLLATÉRALES

La veine porte reçoit dans sa partie ventrale ou ascendante : les veines coronaire stomachique, pylorique et pancréatico-duodénale ; dans sa partie hépatique ou transversale, les cystiques, lav. ombilicale et le canal veineux. Il faut y joindre des veinules émanées du canal cholédoque, de l'artère hépatique et les vasa vasorum de la veine porte elle-même.

1'' V. coronaire stomachique. — Satellite de l'artère sur l'estomac, elle naît près du pylore par deux branches, remonte le long de la petite courbure, puis au voisinage du cardia se co»de fortement pour se diriger en bas, en arrière et adroite dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-hépatique. Elle se jette dans le tronc porte, près de son extrémité inférieure, 2 fois sur 3; dans la splénique, 1 fois sur 3. Elle reçoit des veines des faces antérieure et postérieure de l'estomac, anastomosées en réseau avec celles qui se déversent dans les troncs de la grande courbure. Au niveau du pylore, elle communique avec la v. pylorique ; au niveau du cardia, avec les veines œsophagiennes (branches de l'azygos) par des rameaux cardiaques descendants, qu'elle reçoit au niveau de son coude.

2" V. pylorique. — Ordinairement son volume est inversement proportionnel à celui de la coronaire, qu'elle peut suppléer.

V. pancréatico-duodénale. — Née de la tète du pancréas et de la plus grande partie du duodénum, elle suit le sillon courbe qui sépare ces deux organes.

Les veines suivantes aboutissent au sinus porte.

4" Veines cystiques. — Elles débouchent par un ou deux troncs dans la branche droite du sinus. Langer a raison de dire que, par une exception unique dans le système porte, il y a sur la vésicule biliaire deux veines satellites par branche artérielle.

5^' Veine ombilicale. — Nous l'avons déjà décrite (p. 990) comme afilueiit de la v.caveinf. chez le fœtus. Oblitérée dans le cours du 2" mois qui suit la naissance, la veine ombilicale n'est plus qu'un cordon fibreux, appelé ligament ro^d.qui, né de l'ombilic ou même seuleuienl à une certaine distance, se porte dans le ligament suspenseurà la rencontre de la branche gauche de la veine porte hépatique. Elle s'insère sur elle, tantôt presque à angle droit quand cette branche reste transversale, tantôt bout à bout quand elle se prolonge dans le

SYSTÈME VEINEUX

sillon longitudinal antérieur. La veine ombilicale est rarement oblitérée sur toute sa longueur ; ordinairement sa partie supérieure ou hépatique est creuse et se termine du côté du sinus soit par un orifice ponctiforme, soit par un orifice évasé. Elle est accompagnée de veinules qui se portent directement au foie; une ou deux s'ouvrent dans sa portion non oblitérée.

6° Canal veineux. — Le canal veineuxd'Aranzi est lui aussi une veine fœtale oblitérée et transformée en ligament veineux. Long de 5 cm., large de 3 mm., il s'insère sur la branche gauche de la veine porte, tantôt en facede l'insertion de la veine ombilicale, tantôt plus à droite et alors sous un angle aigu ; puis suivant le sillon longitudinal gauche et postérieur, sans émettre jamais aucune branche latérale, il va se fixer presque toujours sur la v. sus-hépatique gauche, rarementsur la veine cave elle-même. Souvent son oblitération n'est pas complète ; il conserve une lumière de 0 mm. 6 à 0 mm. 8, mais est fermé à ses deux bouts. D'autres fois même il contient du sang qui lui arrive par de petites v. sus-hépatiques et communique avec la veine cave.

ANASTOMOSES. — Malgré l'autonomie de son territoire, le système porte n'est pourtant pas absolument fermé; ses extrémités s'enchevêtrent avec celles du système cave et communiquent avec elles. De là de nombreuses

anastomoses périphériques, les unes viscérales, les autres pariétales, que pour la clarté de l'exposition nous répartirons en quatre groupes, et que nous désignerons par abréviation sous les noms d'anastomoses œsophagiennes, rectales, péritonéales et ombilicales.

Hém.

Hémor.

inf.

1° Anastomoses œsophagiennes. ~ A l'extrémité supérieure delà petite courbure de l'estomac, la veine coronaire stomachique reçoit des rameaux cardiaques descendants, qui s'anastomosent avec les veines œsophagiennes inférieures par le plexus sousmuqueux etpar des branches extérieures plus volumineuses, et aussi avec les veines phréniques. Les œsophagiennes et les phréniques sont des afférentes de la veine azygos, qui s'ouvre elle-même dans la veine cave supérieure.

Fig. 510. — Anastomoses des veines du rectum (sctiéma).

VEINE PORTE

2" Anastomoses rectales. — A l'autre extrémité du tube digestif, les veines hémorrhcïJales supérieures, origine de la petite mésenlérique, communiquent doublement avec les brandies pelviennes de la veinecave : d'abord, autour de l'anus, avec les petites veines hémorrhoïdales inférieures qui sont surtout des veines tégumenteuses et se jettent dans la honteuse interne ; ensuite avec les hétnorroïdales moyennes qui sont des veines de la prostate, des vésicules séminales et du vagin et aboutissent à l'hypogaslrique. Cette anastomose avec les veines hémorrhoïdales moyennes est peut-être la plus considérable de toutes les anastomoses porto-caves; c'est une large voie qui laisse passer des injections grossières. C'est ainsi qu'on injecte facilement le rectum en poussant l'injection par la veine dorsale profonde de la verge.

3" Anastomoses péritonéales. — Sur une grande partie de son étendue, l'intestin re|)Ose dircclemenl sur la paroi postérieure de l'abdomen sans interposition de péritoine ; c'est ce qui arrive pour leduodénum, les colons lombaires et le rectum. Or à ce niveau de nombreux vaisseaux plexiformes naissent non seulement de la partie découverte de l'intestin, mais même de sa partie périlonéale, et communiquent d'une part avec les autres veines viscérales, radicules de la veine porte, d'autre part avec les veines du péritoine pariétal ; elles vont comme ces dernières se jeter dans les veines pariétales de l'abdomen, qui sont du domaine cave, telles que les rénales, lombaires, sacrée moyenne. On donne à ces vaisseaux le nom de reines ou système de Retzhis.

4° Anastomoses ombilicales. — Ces communications ont lieu par les veines portes accessoires ou reines de Saj^pey qui accompagnent le cordon fibreux de la veine ombilicale. Une de ces veines plus grosse porte le nom de veine paromhilicale. Leur extrémité centrale s'ouvre dans le foie ; leur extrémité périphérique a une double communication autour de l'ombilic, d'abord avec les veines profondes de la paroi abdominale antérieure, veines épigastrique et mammaire interne, puis avec les veines superficielles ou sous-cutanées de la région ombilicale. A l'élat normal, le sang contenu dans les veines de Sappev va de l'ombilic au foie ; mais en cas de surcharge veineuse du foie, le courant se renverse et se dirige de cet organe vers l'ombilic.

Les anastomoses que nous venons de décrire sont constantes et normales. 11 en est d'autres inconstantes, anormales, signalées surtout par ScJimidcl. qui, Vu leur fréquence et la grosseur de leurs canaux de communication , peuven jouer un rôle important comme voies de décharge du système porte. Telles sOk t les anastomoses qui ont été observées entre les coronaires stomachique, sp'^nique, colique, etc., d'une part, et d'autre part les phréniques, l'a/.vgos, les -eines rénales.

D'une manit e générale, les communications entre les deux systèmes porte el cave ne siègent que sur de petits vaisseaux et n'ont sans doute qu'une fonction physiologique insignifiante. Mais dans les états pathologiques d'obstruction du foie ou de la veine porte, les vaisseaux anastomotiques se dilatent et deviennent des canaux dérivatifs d'une grande importance ; c'est alors qu'on voit a|)parailre les varices de l'œsophage, sources d'hématémèses, les hémorrhoïdes, les varicosités de la paroi abdominale antérieure et même de la région thoracique.

SYSTÈME VEINEUX

Veines portes accessoires. — Le foie ne reçoit pas seulement le sang des organes digestifs abdominaux que lui amène la veine porte ; il en reçoit aussi de quelques organes placés à son voisinage immédiat, par l'intermédiaire de veines ou mieux de veinules qui portent le nom de veines portes accessoires.

Ces petits groupes vasculaires comprennent : 1° les v. cystiques profondes, au nombre de 12 à 15, qui naissent du fond et de la face adhérente, non péritonéale, de la vésicule biliaire et pénètrent dans la fossette cystique ; — 2" les V. épiploïques du petit épiploon ou épiploon gastro-hépatique, des ligaments hépato-colique et hépato-rénal ; — 3" les v. du hile, qui sont les vasa vasorum de la veine porte, de l'artère hépatique et du canal hépatique, ainsi que des ganglions du hile ; — 4° les v. diaphragmatiques qui passent par le ligament coronaire ; — 5° les v. du ligament suspenseur ; — 6° les v. paronibilicales ou V. du ligament rond, non point la veine ombilicale elle-même qui, à l'état normal, est oblitérée sur une partie plus ou moins grande de son trajet, mais un groupe de veinules qui, naissant de l'ombilic, accompagnent le cordon fibreux de la v. ombilicale. Une d'entre elles est généralement plus grosse et a reçu le nom de veine p ar ombilicale .

Les veines du ligament supenseur et celles du ligament rond sont encore appelées veines de Sappey, parce que cet anatomiste les a le premier étudiées.

Toutes ces veines se déversent dans le foie, en sorte que l'oblitération du tronc porte laisserait encore arriver au foie une certaine quantité de sang. On connaît d'ailleurs un cas (celui d'Abernethy) concernant une fille de 10 mois, chez laquelle la veine porte débouchait dans la veine cave sans passer par la glande.

A ces veines portes constantes et normales il faut joindre les cas anormaux dans lesquels la veine pylorique ou la coronaire stomachique se jettent directement dans le foie et non dans la veine porte.

Structure. — La veine porte se fait remarquer par l'importance de sa tunique musculaire qui comprend une couche externe longitudinale, une couche interne circulaire, et qui doit contribuer à la progression du sang. Sa paroi, épaisse dans le tronc et les grosses branches d'origine, est au contraire très mince dans les branches intra-mésentériques que renforce d'ailleurs une gaine vasculaire conjonctive facile à isoler.

Sa résistance est considérable. D'après Haller, le tronc porte est 5 fois plus résistant que la veine splénique ou la veine rénale ; plus que la veine cave, comme 6 est à 3 ; plus même que l'aorte, comme 7 est à 3. Il supporte chez le chien une pression de 6 atmosphères.

Il n'y a pas de valvules sur le tronc porte ni dans ses grosses branches ; mais on en rencontre d'assez nombreuses à la périphérie, sur le hile des viscères, c'est-à-dire le long du bord adhérent des intestins, de la grande courbure de l'estomac, au point où les veinules viscérales quittent l'organe qu'elles vascularisent pour se jeter dans leur tronc collecteur. Ces valvules s'observent chez le nouveau-né ; elles ne tardent pas à s'atrophier, et chez l'adulte il ne persiste que quelques valvules le long de l'intestin grêle et de l'estomac.

La veine porte a un double rôle: c'est un système absorbant, par ses racines intestinales, et un système évacuateur. La circulation s'y fait dans des condi-

VEINES SUS-HEPATIQUES

lions qui paraissent défavorables, soit par l'absence de muscles compresseurs, soit surtout par l'interposition du réseau capillaire terminal. Parmi les causes de progression du sang, il faut compter : la force a tergo des artères intestinales, la contraction de la puissante tunique musculaire des veines, rap|)ol thoracique qui agit énergiquement sur les veines sus-hépatiques, et la pression que les organes exercent sur les veines voisines dans les contractions musculaires des parois abdominales, principalement dans la tension inspiratoire qui coïncide avec l'aspiration thoracique. Maissiat observe que les veines, cheminant entre les feuillets péritonéaux du mésentère ou des épiploons, sont dans des milieux à pression négative, par rapport aux bulles gazeuses des anses intestinales qui les entourent et les compriment.

Qu'y a-t-il de vrai dans l'adage ancien : Venu porlarum, porta malorinn? et faut-il dire avec Bichat que, dans l'état de nos connaissances, on ne peut décider s'il a un sens profond ou s'il n'est qu'un jeu de mots?

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