‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 105 sur 190 · TRONC DE LA VEINE PORTE · texte numérisé non relu

TRONC DE LA VEINE PORTE

Le tronc de la veine j)orte se constitue par la réunion, à angle droit, de la mésentérique supérieure qu'il semble continuer et de la splénique qui ellemême a reçu la mésentérique inférieure. Son extrémité inférieure est située derrière la tète du pancréas, à gauche de la veine cave inférieure, et à un niveau un j)eu variable, qui correspond le plus souvent à la 2° vertèbre lombaire, mais peut descendre jusqu'à la 3'' et plus souvent remonter à la 1"^ lombaire ou même à la 12^ dorsale.

Sa forme est celle d'un T, dont le jambage vertical serait un peu incliné en bas et à gauche. 11 se compose d'une partie verticale, libre, et d'une partie horizontale, engagée dans le bile du foie; la partie verticale ascendante est la

VRINE PORTE

veine poiie ventrale, appelée encore portion pai' i|nelqiies auleurs ;

la partie horizontale est la v. porte Ju'palique, ou portion artérielle des mêmes auteurs à cause de l'épaisseur plus grande de ses parois.

Veine porte ventrale. — Sa longueur est de 8 cm. (variant de 5 à 12 cm.) ; son dianièlrc di> loà IN niiu., atteignant 2 cm. près du liiie quand le vaisseau est injecté, est inférieur à la somme des sections de ses deux veines d'origine, et supérieur à celui de i'ai tére hépatique, comme 3 est à 2.

Elle est située (oui entière dans la moitié droile du corps. Sa direction,

l'"ig. .~i09. — Raiiports (lo la veine porto (d'après un tlessin de Soulé).

Li" l'euiUet antérieur do l'opipl. gastro-hépafc. a été excisé ; une sonde est engagée dans

I hiatus de Winslow.

ohlique en haut et à droile, croise à angle aigu celle de la veine cave qui est verticale. Le tronc porte est en rapport successivement de bas en haut, par sa partie antérieure : avec la tèle du pancréas, creusée d'une gouttière pour la recevoir, puis avec la première portion du duodénum, et enfin avec l'épiploon gastro-hépatique ou hépalo-duodénal. Les deux premiers organes le cachent complètement. Dans sa portion épiploïque qui est assez facilement accessible, il présente les rapports suivants. Il occu|)e l'épaisseur de l'épiploon, entouré de tissu cellulaire, de nerfs et de vaisseaux lymjjhatiques. Au-devant de lui sont le canal cholédoque et l'artère hépatique, le cholédoque à droite, l'hépatique à gauche. L'artère hépatique, ([ui arrive de la ligne médiane, est d'abord située très en dedans de lui et sur un plan postérieur ; elle croise son bord gauche que sur quelques sujets elle contourne en hélice, et se plaçant sur sa face antérieure monte parallèlemeni à sa direction [Réitérer). Constamment du coude

SYSTÈME VKINEUX

ou crosse de l'a. hépatique se détachent une ou deux branches (a. gaslro-épij)loïque), qui descendent en avant de la veine. En arrière, la v. porte répond il l'ai rière-cavilé des épiploons, plus spécialement à son orifice ou hiatus de WinsloAv; elle est séparée de cette cavité par le feuillet postérieur du petit épiploon, et la cavité à son tour sépare la veine et son feuillet péritonéal de la veine cave inférieure que recouvre le péritoine pariétal (feuillet postérieur de l'arrière-eavité). En d'autres termes, si l'on introduit le doigt dans l'hiatus de Winslow, on soulève sur la face antérieure de ce doigt l'épiploon gastro-hépatique contenant entre ses deux feuillets le canal cholédoque, l'a. hépatique et la veine porte, celle-ci la plus près du doigt, tandis que la face postérieure louche la veine cave à travers le péritoine pariétal.

Veine porte hépatique. — La veine porte hépatique est le gros tronc transversal ([ui résulte de la bifurcation de la veine porte ventrale en deux branches, droite et gauche. Elle occupe la partie postérieure du sillon transverse ou bile du foie; en avant d'elle est l'artère hépatique, en avant de celle-ci le canal hépatique, soit d'avant en arrière le canal, l'artère, la veine. Son gros volume lui a fait donner par Glisson le nom de sinus porte, terme que quelques auteurs ont restreint à la branche gauche ou même à la partie terminale de la veine porte ventrale.

Le tronc porte aboutit, non pas au milieu, mais à l'extrémité droite du hile. La branche droite de bifurcation, plus courte, plus grosse presque du double, ne tarde pas à se diviser en deux branches antérieure et postérieure ; elle fournit à tout le lobe droit, et à la majeure partie du lobule de Spiegel et du lobule carré. La branche gauche, plus étroite, beaucoup plus longue, est arciforme à concavité antérieure; sa courbure est d'autant plus accentuée que souvent cette branche se prolonge dans la partie antérieure du sillon longit. gauche, à la rencontre de la veine ombilicale. Elle se distribue au lobe gauche par plusieurs grosses branches transversales, et à une petite partie des lobules centraux.

En pénétrant dans le foie, les deux branches se ramifient en éventail suivant le type dichotomique ; souvent 4 ou o grosses divisions naissent déjà hors du foie, dans le hile même. Les branches portes se dirigent d'abord en sens horizontal, puis se recourbent pour atteindre toute la périphérie du foie. Elles sont satellites de l'artère hépatique et des canaux biliaires; il y a une veine pour une artère, la veine étant dix fois plus grosse que l'artère. Ellessont terminales, comme les artères du rein, de la rate, du poumon, c'est-à-dire qu'elles sont indépendantes les unes des autres et ne s'anastomosent pas entre elles. Chacune d'elles est entourée par une gaine que lui fournit la capsule de Glisson qui s'est invaginée avec elle; cette gaine glissonienne adhère au tissu hépatique, mais lâchement seulement à la veine, qu'elle n'empêche pas de s'affaisser sur la coupe. Les derniers rameaux portes finissent dans les espaces de Kiernan ou espaces portes, entre les lobules hépatiques ; ils y constituent les veines interlobulaires, lesquelles abordent les lobules par leur périphérie et s'y résolvent en un réseau capillaire; ce réseau à son tour se déverse dans la veine centrale intra-lobulaire, origine des veines sus-hépatiques.

Les anciens anatomistes assimilaient la veine porte à une artère, de là le

VEINE PORTE

nom de portion arlérielle ou artérieuse qu'ils donnaient à la v. porte hé|)ati(|ue. La résistance considérable de sa paroi, l'absence de valvules, la division dii botornique régulière, la béance des vaisseaux qu'ils attribuaient aux branches portes et non aux branches sus-hépatiques, en lin la terminaison par des capillaires, étaient autant de caractères du type artériel. D'aucuns même pensaient que le sinus porte était un muscle creux pulsatile, et l'appelaient le cœur abdominal. Il y a dans cette conception une part de vérité. La petite artère hépatique n'est guère qu'un vaisseau de nutrition ; c'est la veine porte qui est le vaisseau de sécrétion (vasa publica), par le sang spécial qu'elle amène de tout l'intestin. Remarquons aussi que chez le fœtus, la veine ombilicale, (jui est une véritable artère, amène à la veine jiorte une grande quantité de sangrouge, hématosé dans le placenta.

Page 1