‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 133 sur 190 · LES VAISSEAUX LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

LES VAISSEAUX LYMPHATIQUES

Historique. — Aristote (384-322 av. J.-C), ainsi qu'en témoigne une phrase de l'Histoire des animaux, paraît avoir vu des vaisseaux lymphatiques. Mais c'est à Heropiiile (300 av. J.-C.) et à Herasistrate (280 av. .I.-C.) qu'il faut, d'après les écrits galéniques, attribuer la découverte des chylifères. Herasistrate vit leur contenu laiteu.x; Merophile, leur terminaison dans les ganglions mésentériques. L'un en fit des artères, l'autre des veines. Niées par Galien, ces observations furent oubliées et, c'est seulement en 1532, que Nicolas Massa semble trouver quelques lymphatiques rénaux. Puis, Fallope aperçoit quelques vaisseaux blancs qui se terminent dans les glandes péripancréatiques.

En 1503, EusTACHius découvre, sur un cheval, le canal thoracique et le décrit sous le nom de vena alba thoracis. « Du tronc de la veine sous-clavière gauche s'étend un prolongement qui est plein d'une humeur aqueuse et se divise prés de sa naissance en deux branches, lesquelles se réunissent bientôt pour reconstituer un seul tronc; celui-ci se porte vers le côté gauche du rachis, traverse le diaphragme, arrive presque au milieu des lombes où il s'élargit en entourant l'aorte et se perd en présentant un mode de terminaison qui ne m'est pas encore connu. « Eustachius vit donc « l'élargissement « inférieur du canal thoracique; est-ce suffisant pour lui attribuer avec Winslow (Exposition anatomique de la structure du corps humain, MDCCLXI) la découverte de la citerne de Pecquet?

La grande veine lymphatique fut trouvée par StÉiVOn.

En 1622, nouvelle découverte des chylifères par Aselli qui, les rencontrant chez le chien, le chat, l'agneau, le bœuf, le porc, le cheval, les voit aboutir aux glandes mésentériques et pense qu'ils se terminent dans le foie.

H appartenait à Pecquet (1649) de démontrer leur abouchement dans la partie initiale, renflée du canal thoracique à laquelle il donna le nom de citerne ou de réservoir du chyle.

Mais, comme Galien avait nié les canaux d'Herasistrate et d'Herophile, Riolan et Harvey nièrent les veines lactées d'Aselli. Et il fallut, pour définitivement établir leur existence, les travaux de Gassendi (1628), Vessling (1034), Fouus et Tulpius (1039), Wallée (1641) et Pecquet (1049).

Puis, Vessling et Rudbeck décrivent les lymphatiques du foie, du pancréas, du thorax, des poumons et du bassin.

Rudbeck conclut de ses recherches que les « vaisseaux séreux » existent non seulement dans le mésentère, mais dans tout l'organisme où ils forment un système spécial. Bartholin et JoLYKF ne tardèrent pas à confirmer cet essai de généralisation. Et le système séreux de Rudbeck devint le système lymphatique. Cette substitution, purement verbale, valut à Bartholin d'être regardé comme l'auteur de la première systématisation des vaisseaux blancs. Et maintenant, suscités par cette nouvelle et féconde notion d'anatomie générale, les travaux vont paraître nombreux, trop nombreux pour qu'il soit possible de les citer tous.

C'est RuYSCH qui, en lOGo, étudie après Rudbeck, Bartholin, .Swammerdam, Blasius, les valvules et compare leur forme à celle d'un croissant de lune.

Puis, ce sont Nuck, R. Hale, Meckel, Haller et Cruiksiianks qui découvrent des lymphatiques inédits dans les régions encore inexplorées. Hunter trouve les vaisseaux blancs de l'endartère et s'efforce de soutenir l'importance capitale du système lymphatique dans l'absorption.

Hewson étudie ces vaisseaux chez les poissons. Il pense que, chez les mammifères, certains d'entre eux peuvent gagner le canal thoracique sans traverser les ganglions.

Mascagni, l'auteur d'une admirable iconographie, démontre l'inexactitude de cette proposition. Avec Haller et Cruikshanks, il rejette, contrairement à Sténon, Wepfer, Schmiedel, Bœrhave, Bartholin et Meckel, toute communication périphérique entre les systèmes lymphatique et sanguin. Pour lui, c'est avec le tissu conjonctif que communiquent les vaisseaux blancs, car ils naissent dans ses mailles. Cette opinion de Mascagni devait avoir une singulière fortune. Elle fut adoptée et généralisée par Bichat qui admit des bouches lymphatiques, non seulement dans le tissu conjonctif et à la surface des séreuses, mais encore sur les membranes tégumentaires (Pores de Haase).

Pour le grand anatomiste, « le système lymphatique entre essentiellement dans la formation des séreuses. 11 faut regarder les membranes séreuses comme de grands réservoirs intermédiaires aux systèmes exhalant et absorbant où la lymphe, en sortant de l'un, séjourne quelque temps avant d'entrer dans l'autre, où elle subit sans doute diverses préparations. »

Quelques années plus tard, Lippi (1822) et Lauth (1824) soutiennent à nouveau l'existence de communications lymphatico-veineuses périphériques. De plus, Lauth établit que tout lymphatique fait suite à un réseau originel.

Enfin paraissent, dès 1832, d'importantes recherches d'anatomie comparée dues à Jean

ANATOMIE GÉNÉRALE

MuLi-KR, Pamzza et FoiiiMANN. Jean iMuli.e» découvre le cœur lyinpliiili(|ue postérieur de la grenouille. I'anizza découvre les cœurs lymphatiques de la couleuvre à collier et de la prenouille. 1! les considère comme analogues aux renllements supravalvulaires des troncs lymphatiques chez les niaiumiréres. Ces organes sont décrits chez quelques oiseaux par Panizza, Fohmann, puis par SxANNnis et Gadow. Pour eux, ces cœurs communi([uent avec les veines. D'ailleurs Foii.mann qui, contrairement à Panizza, considérait les cœurs lymphatiques comme des ganglions rudimentaires, admettait, avec Tiedmanx et Lauth. l'existence de communications lymphatico-veineuses à l'intérieur du ganglion.

RuscoNi décrit les gaines lymphalii|ucs périvasculaires de la grenouille cotntne un simple manchon dans la lymphe duquel haignent les vaisseaux sanguins. Plus tard, Mn.NK-EDWARns les compare aux séreuses viscérales des mammifères et ltANvu;iî démontre leur douhie endothélium.

Dès 1847, Sappev commençait une longue série de recherches poursuivies sans relâche jusqu'à la publication de son grand atlas (1870). Si les résultats descriptifs, demeurés classi(]ues, ne laissèrent aux travailleurs nouveaux qu'un champ restreint, le sort des essais d'analomie générale fut moins heureux. Sappev nia puis admit les communications veinolymphatiqnes. A l'encontre de Mascagni, il soutint « qu'un assez grand nombre de parties ciiustituaiites du corps (système nerveux, cœur et vaisseaux, muqueuses vésicales et urétélales, séreuses, tissus conjonctif, élastii[ne et osseux) sont absolument et constatnment dépourvues de vaisseaux lymphati(iues ». Knlln, pour lui, les vaisseaux blancs naissent par un double réseau de capilliculcs et de lacunes absolument clos.

Jus(|u'ici, les problèmes ont été posés et résolus à peu près uniquement avec les seules ressources de l'anatomie macroscopique. Vinciiow, le premier, appliipie, en IS.'il, la méthode hislologique à la (luestion, déjà bien discutée, de l'origine des lympliatiques. Une illusion ddplique lui fit décrire la cellule conjonctive — sa cellule plasmutique — comme une cellule étoilée, creuse et anastomosée, par ses prolongements, avec les cellules voisines. Dans le système plasntnliquc formé par l'ensemble de ces cellules, circule le plasma et prend naissance le système lymphatique.

Kft'.Li.uiKii qui, dès 1840, avait vu dans la queue du têtard des lymphatiques en voie de d('veloppement, crut que leur pointe terminale cieuse se cmitinuait avec les prolongements ilrs cellules conjonctives voisines. C'était, pour lui et pour Lkydio, une preuve nouvelle à l'appui de la théorie de Virchow, combattue par Henlk et abandonnée bientiH par Ludwig et Bhùcke qui, les premiers, revinrent à la conception de Mascagni et de Bichat.

Recki.inguai'sen, qui découvrit l'endothélium lymphatique, crut aussi à l'existence de canaux plasmatiques. Ces « canaux du suc » (Safticanàlchen) ont une paroi propre ; anastomoses entre eux, ils forment ainsi des carrefours à l'intérieur desquels se trouve une cellule, masse protoplasmi(|ue pleine.

Le même savant démontra, par une expérience demeurée célèbre, les communications lynii>liatico-séreuses admises autrefois par Biciiat. Cette expérience, répétée et variée par Ludwig, Schvveigger-Seidel, Dogiei, Dybkowsky, Wagner, Œdmanson, conduisit à admettre l'existence d'orifices béants, toujours ouverts, intermédiaires aux cavités séreuses et lymi)hatiques. Cette conclusion fut infirmée par les recherches histologiques de Ranvier (1873), d'HERMANN et de Tournei x (1874). Ranvier conclut à l'existence d'une sorte de soujiape à lèvres mobiles, écartables par les cellules lympliatiques. IIermann etTouRNEux, conlirmés par Bizzozeuo et Sai.vhu.i. nièrent tout orifice et crurent à des points de rénovation cndotlieliale.

En IS74, AiiNoi.n soutient encore l'existence de communications périphériques entre les lym|)haliques, les vaisseaux sanguins et les cellules conjonctives. Tarciiaxoff (1873) démontre ([u'il s'est laissé tromper (lar de simples apparences.

Les l'echerclies histologiques fournissent rapidement des renseignements précieux sur la structure des voies lympiiatiiiues de tous orilres (Recki,ixguai:sk.n, Hanvier, Renaut, etc.). Elles sont plus lentes à trouver la solution, si longtemps poursuivie, du problème soulevé |iar les origines réelles des vaisseaux blancs.

Et c'est seulement en 1803 et 181)4 que Renaut, Regauii et Ranvier tranchent définitivement la question en montrant ipie, suivant l'ancienne opinion de Bklajekf, Dvukowsky, Comniieim, HoRiN et no(iGAN, les lympliatiques commencent tous par une ampoule close.

Ranvier (18!).")) étudie le développement, la régression et la confiuence de ces vaisseaux; il en conclut (jue le système lym[»hatique rappelle une vaste glande vasculaire ([ui,needes veines, déverse dans leur cavité son produit de sécrétion, la lymphe.

Sala, après Blioge, suit la formation des cieurs lyinphati(jues et du canal thoracique chez le poulet. Et le canal thoracique lui apparaît comme une formation mésenchymateuse d'abord absolument indépendante du système veineux.

Kytmanoff (juin 11)01) applique la méthode d'Elirlich à la recherche des nerfs des vais-

[G. DEIAMMŒ ]

LES LYMPHATIQUES

seaux lymphatiques, recherche déjà entreprise par Timofejew, Dogiel, Smuinow, Weliki, QuÉNU et DAniEn.

Tecliniquea. — Si le canal thoracique et les chylifères sont visibles sans préparation, l'étude des autres lymphatiques nécessite l'emploi de méthodes capables de manifester leur présence, soit par la distension de leur cavité, soit en révélant les contours de leur endolhéliurn.

Les méthodes de Vanalomie descriptive se bornent à distendre la lumière vasculaire, parfois au moyen d'un obstacle apporté au cours de la lymphe et, presque toujours, par l'injection d'une substance étrangère.

WiLLis, pour découvrir les vaisseaux blancs du poumon, arrêta l'écoulement de la lymphe par une ligature, placée sur l'extrémité supérieure du canal thoraciiiue. Dans le même but, KuvscH et CRUUisiiANKS lièrent les vaisseaux sanguins du rein pour apercevoir ses lymphatiques.

L'injection est poussée par l'artère ou bien, au hasard, dans le tissu cellulaire. L'injection des lymphatiques par le système sanguin, déjà connue de Mascagni et de Meckel, est aujourd'hui moins usitée que l'injection interstitielle, et cela, à cause des substances utilisées.

Il serait difficile de dire toutes les susbtances essayées depuis Swajimehdann et Ruyscii. Il suffira, pour montrer leur diversité, de mentionner l'eau, la gélatine, la cire, l'huile, l'encre de Ciiine, le bleu de Prusse, le carmin en solution ou en suspension, le mercure et même les cultures microbiennes. Bien qu'elle ait permis à Sappey de voir les lymphatiques profonds du rein, l'eau n'est plus guère emplo\ée. L'encre de Chine, les microbes et la gélatine colorée conviennent surtout aux recherches histologiques, tandis que les études macroscopiques utilisent de préférence le mercure, suivant la méthode imaginée par Meckel et perfectionnée par Sappey, ou les matières colorantes suivant les procédés de Gerota et de Boddaert.

Méthode de Sappey. — Il convient de choisir un sujet adulte et aussi maigre que possible. La putréfaction, assez avancée pour que la peau soit verte et que l'épidémie se soulève par larges lambeaux, favorise l'injection des réseaux cutanés mais empêche l'injection des troncs collecteurs. Elle rend impossible l'étude des vaisseaux sous-muqueux et sous-séreux.

L'appareil nécessaire à l'injection, haut de 120 centimètres, se compose essentiellement de deux tubes. L'un de ces tubes est en verre et muni, à ses deux extrémités, d'une armature métallique. Son extrémité supérieure est surmontée d'une anse mobile par laquelle on le suspend à une poulie glissant sur une tige de fer horizontale. A son extrémité inférieure, s'adapte le second tube tlexible, en caoutchouc vulcanisé, dont les parois sont très épaisses et le calibre très petit.

C'est à l'extrémité libre de ce tube flexible que s'adaptent le robinet et l'ajutage creusé d'un pas de vis. Le tube de verre, étiré à la lampe pour piquer les tissus, est introduit dans l'ajutage par sa grosse extrémité, préalablement entourée d'un (il ciré.

11 faut pénétrer dans la couche superficielle du derme et labourer sur une étendue de 2 à .3 millimètres. C'est alors seulement que l'index de la main droite fait tourner le levier du robinet de droite à gauche. En cas de succès, le mercure remplit le réseau lymphatique. Le tube est retiré au bout d'une demi-minute ou d'une minute au plus. En restant davantage, on risque une rupture. 11 arrive souvent qu'injecté par les réseaux, le mercure ne pénètre pas dans les troncs jusqu'aux ganglions. Il est alors nécessaire d'injecter directement le vaisseau après avoir posé une ligature au-dessous du point où l'on se propose de pénétrer dans sa cavité. Pour ce faire, Sappey déprime légèrement la paroi et ponctionne brusquement dans la ride ainsi formée.

Il va sans dire que l'injection doit toujours être faite dans le sens du cours delà lymphe.

Il est préférable, une fois l'injection terminée, de laisser le tissu conjonctif qui entoure les vaisseaux lymphatiques que de blesser ceux-ci au cours d'une dissection trop minutieuse. Du reste, par la dessiccation ultérieure, ce tissu conjonctif devient transparent. Pendant toute la durée de la dessiccation, les pièces seront placées dans une position horizontale.

Métliode de Gerota. — Cet auteur a imaginé des masses au noir absolu, à l'orcanette, au cinabre, au bleu de Prusse. L'orcanette, dont le pouvoir colorant est assez faible, diffuse et teint la graisse. Le cinabre, broyé dans l'huile de lin et le chloroforme, est peu pénétrant. C'est la masse au bleu de Prusse qui semble la meilleure.

Sa préparation est du reste fort simple : on prend 2 grammes de bleu de Prusse conservé dans un tube en élain ; on ajoute 3 grammes d'essence de térébenthine pure. On triture soigneusement dans un mortier de porcelaine. Ajouter 15 grammes d'éther sulfurique, filtrer sur un double linge de lin et pratiquer l'injection immédiatement.

ANATOMIE GÉNÉRALE

[/injection se pialique avec une serin;;ue de 10 à 20 rentimèlres ciihes a rcmbout de l;ii[iiello on adapte un ajulape qui ie(;oit l'aiguille de verre destinée à picjuer les tissus.

l'our rétancliéilé du système, la grosse extrémité de l'aiguille de verre est entourée d'un lil ciré. Sa |)oinle est élirée à la lampe ; elle ne doit être ni trop pne, ni trop épaisse.

Si la méthode de (lerota fournit de moins belles préparations que l'injection mercurielle, elle présente de nombreux avantages au point de vue des recherches. Sans insister sur son exécution plus facile, son instrumentation i)lus simple et le bon marclié de sa masse, il convient de remanjucr qu'elle dessine beaucoup inicux que le mercure les territoires lymphatiques. Cette diiïérence entre les résultats fournis par les deux méthodes tient aux raisons suivantes : le meicure donne souvent des injections étendues des réseaux et distend hmjours fortement les vaisseaux à parois très minces qui constituent -'es derniers. Les collecleurs, |>lus résistants, se laissent moins dilater. Aussi se détachent-ils très mal sur leur réseau d'origine. La masse de Gerota, toujours poussée sous faible pression, donne iirdinairement une injection limilèedes réseaux et laisse aux collecteurs leur prépondérance <le volume. Il en résulte que ces collecleurs sont toujours bien visibles et que les limiles de leurs territoires apparaissent avec netteté. La possibililé d'injecter les dilferents systèmes de collecteurs i)ar des masses do couleurs variées permet de pousser presijue au schéma la distinction des dilférents territoires. Autre avantage, la méthode de Gerota permet l'étude histologique.

C'est qu'en elfet l'anatoiuie microscoijique n'utilise pas seulement les méthodes capables de démontrer l'endotlièlium. Souvent, elle distend la cavité vasculaire au moyen de substances colorées ou faciles à caractériser par leurs réactions histochimiques. Ce résultat est obtenu par injection, absorption pliysiologique ou imbibilion.

L'injection se fait sur le cadavre ou sur le vivant. Les masses colorées, injectées sur le cadavre, sont celles qui servent à l'étude îles vaisseaux sanguins. Elles doivent avoir les mêmes qualités de iicnélralion facile, d'homogénéité, de transparence et d'indilfusibilité. Les meilleures sont les masses au carmin et au bleu de Prusse solubles préconisées |)ar Kanvier. Le bleu de Prusse ne diffusant pas en solution aqueuse, i)ermet d'éviter rem])loi de la gélatine qui, ])ar sa solidification rapide, coinpli(|ue toujours le manuel opératoire. Les autres ^■ehicules, le cdllodion, l'allnimiiu', la glycérine fnurnissent des résultats médiocres ou mauvais.

Fondées sur le pouvoir absorbant, depuis longtemps connu, des vaisseaux lymphatiques, les injections vitales n'ont été méthoditiuenient employées (|ue dans ces dernières années.

Tandis que Boddaert injecte de la tluorescéine, d'.VnuMio et Glii.lain de l'encre de Chine, Ai.iiAMUAN puis lIOiMEN ct Laitinkn inoculcut des microlies.

S'il est parfaitement acquis (pie certains microbes, dans certaines conditions encore imprécises, suivent avec une électivilé remarquable les voies île la lymphe et réalisent ainsi de merveilleuses injections, on ne saurait méconnaître que ces cas sont assez rares et que leur délerminisme nous échappe complètement. Il est difficile d'obtenir, à coup sûr, une infection purement lymphatique; il est impossible de faire abstraction île la vitalité, (le la mobilité propre des microbes qui, suivant la juste remarque de (iuillain, peuvent créer des lésions par eux-nu''mcs ou \mv leurs toxines ou bien envahir la circulaliiui sanguine.

Il est une autre méthode (|ui, fondée sur l'absorption physiologi(iue des graisses par les l\ inpliali(iues intestinaux permet de retrouver ceux-ci sur les coupes ]ircalablement traitées par l'acide osmi(iue.

Ai.TMANN a constate ([u'eu imhi/innt de graisse un fragment de tissu quelconque, les lvrnphali(]ues s'en imprégnaient d'une fai.-on prédominante. Piiur (d)tenir le réseau lyiiiphali(]ue, il noircit les corjis gras au mo} en de l'osmium el (Iclrnit les autres jiarlies de l'ori^aiie jiar corrosion.

Altmann iinmei'ge le tissu frais dans un mélange d lniile et d'alc(Md absulu. ApK^s un séjour de 3 jours dans ce li([uide. les lùèces sonl lavées trois ou (juatre heures dans l'eau (lislillee. Ce lavage enlève la graisse superficielle et précipite celle qui a pénetié par imbibilion dans les voies lymidiatiques. La ]uèce est placée 24 heures dans une solution d'acide osmiiiue au 1, 100' puis soumise à la corrosion lente dans l'eau de javelle étendue de 11 fois son volume d'eau. On peut même, cimime nous l'avons fait, supprimer la corrosion et déshydrater rapidement à l'alcool absolu el au xylol : le contenu des vaisseaux reste seul coloré en noir et se détache netlemeul sur le fond rouge brun de la préi)aralion.

Lesméthodes propres à démontrer l'endotlièlium sont nombreuses, mais elles se réduisent loutes à une irnj)rcg}nitlon obtenue avec un sel métallique ou une couleur d'aniline telle ipie le bleu de méthylène.

Les sels d'argent sonl plus employés (|ue les sels d'ur (mèlhoile de IIogoan au chliuure d'or). Et, de tous les conqtoses argenliiiiies proiioses : iiicrale, acetale, laclale (Alfcrowl.

[(;. DELAMAfti;.]

LES LYMPHATIQUES

nitrate (Recklingliausen), c'est encore ce dernier, le plus^<anciennernent connu, dont l'usage demeure le plus répandu.

On l'emploie parfois en solutions aqueuses dont le titre varie de 1/300' à 1/1000', parfois additionné de gélatine (Malassez) ou d'acides picrique et osmique (Renaut).

Le bleu de méthylène rectifié d'Ehrlich (Grûbler), celui de ^lerck a fourni à Dogiel et à Mayer de fort belles imprégnations endothéliales.

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