‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 167 sur 190 · SUPERIEUR · texte numérisé non relu

SUPERIEUR

Comme nous FaVons vu, les vaisseaux lymphatiques du membre supérieur peuvent être répartis en deux groupes : les lymplialiques supcrficiol^, qui naissent des téguments et dont les collecteurs cheminent dans le tissu cellulaire sous-cutané; les li/mphatiques profonds, qui, issus des organes sous-aponévrotlques, aboutissent à des troncs satellites des vaisseaux sanguins profonds.

Lymphatiques superficiels. — Les lymphatiques superliciels émanent de tous les points de l'enveloppe cutanée du meiubre. Mais c'est au niveau des doigts et de la paume de la main que le réseau d'origine présente sa plus grande richesse. Aussi est-ce en ces points et plus particulièrement sur la face palmaire Fig. 019 des doigts qu'il faut pratiquer les piqûres pour injecter les lymphatiques du mendjre supérieur.

Les collecteurs du réseau supeiTiciel apparaissent au niveau de la racine des doigts et à la base de la paume de la main. Ils montent ensuite sur l'avant-bras et le bras et recueillent, chemin faisant, la Ivmphe des autres parties de l'enveloppe cutanée

10. lir.i. — Réseau lymphatii[ue de la face palmaire des doigts (d'après Sappey).

Ct'Ue ligure iiionlrc les cipillairPô qui fornienl la |i.irlii' l.i plus superficielle du réseau lyuipliatique des doigU.

Ils se terminent dans les ganglions

[POmiEll ET CUNÉO.]

ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES

leurs origines digitales et pal-

Origines.

axillaires. Nous étudierons successivement maires, leur trajet et leur terminaison.

- A) Au niveau des doigts, le réseau d'origine présente son maximum de développement sur la face palmaire de ceux-ci (voy. fig. 020). A ce niveau ses mailles sont tellement serrées qu'un examen attentif à la loupe permet seul de les distinguer. Le réseau dorsal est beaucoup moins riche que le précédent (voy. fig. 021).

De ces deux réseaux, naissent un nombre considérable de collecteurs qui convergent vers les faces latérales des doigts et se fusionnent en 2 ou 3 troncs pour chacune de ces faces. Ces troncs suivent d'abord l'artère collatérale correspondante. Mais, arrivés au niveau de la base du doigt, ils s'inclinent en arrière et se portent vers l'espace interdigital. Ils gagnent ensuite la face postérieure de la main et se dirigent vers le poignet, au niveau duquel nous les retrouverons dans un instant.

Dans leur trajet sur la face dorsale de la main, ils échangent de nombreuses anastomoses. Ils s'entre-croisent fréquemment et il n'est pas rare de voir un collecteur, né par exemple au niveau du 4*= es-

UVEILLE. OEL

Fig. 620.

Lymphatiques de la face palmaire delà main (d'après Sappey).

1, 1, 1. Ramuscules lymphatiques de la face palmaire des doigts. — 2, 2, 2. Ramuscules lympliatiques de la paume de la main. — 3, 3. Troncules lymphatiques émanant de la partie inférieure de la région palmaire et convergeant vers les espaces interdigitaux pour se rendre sur la face dorsale du métacarpe. — 4, 4. Troncules contournant l'éminence hypothénar pour aller se terminer dans les troncs qui ram-

pent sur la face dorsale du cinquième métacarpien. — 5. Tronc qui • i ^• u ^ 11 '

provient par six à huit troncules de la partie centrale de la paume de pace interdlgltal, aller S Unir

la main. — fl, 6. Troncules qui partent des téguments de l'éminence g^^jj tronCS Ciui cheminent au

thénar. — 7, 7, 7. Troncs dans lesquels ils se jettent. — 8, 8. Tron- "

cules et troncs qui naissent de la partie antérieure du poignet. niveaU de la partie externe de

la face dorsale de la main.

B) Ah niveau de la paume de la main, le réseau d'origine présente également une richesse extrême. De ce réseau partent de nombreux troncules que l'on peut distinguer en externes, internes, inférieurs, supérieurs et centraux (voy. fig. 620).

Les troncules externes, au nombre de 4 à 6, se portent obliquement en haut et en dehors, croisant en écharpe l'éminence thénar, et se terminent dans les lymphatiques, issus des téguments du pouce.

LYMPHATIQUES DU MEMBRE SUPÉRIEUR

gagnent

tégumonti^

du

Les troyicules j)ortent presque la main et niveau des petit doigt.

Les troncidi'S in fé rieura, dont le nombre varie de 12 à 15, se dirigent vers les espaces interdigitaux, puis gagnent la l'ace dorsale de la main pour se termijier dans les collecteurs digitaux.

Les ironculcs supérieurs gagnent la face antérieure du poignet et se fusionnent en 3 ou 4 troncs c{ui montent sur la face antérieure de l'avant-bras.

Les Ironciilrs centratix se portent vers la profondeur. Ils traversent la couche graisseuse sous-cutanée et l'aponévrose palmaire superlicielle, puis se réunissent généralement en un tronc unique. Celui-ci, bien décrit par Sappey, se comporte de la façon suivante. Il se dirige directement en dehors, en cheminant au-dessous de Taponévrose, en avant des

internes, plus nombreux que les précédents (8 ou 10), se transversalement en dedans, croisent le bord cubital de la face dorsale pour se jeter dans les collecteurs, nés au

LLVZiLL£.ÛCL

FiG. G21. — Vaisseaux lymphatiques de la face dorsale de la main (d'après Sappey).

1, 1, I. Raimisinilcs lyniplinliqiips tlu derme sous-imfjué.il. — 2, 2. li.iiiiiibcules lynipliatiques nnissnnt de la face dorsale des doigts. — 'i. Tronciiles qui partent de la l'ace latérale interne du pouce. — 4, 4. Tionc l'ornié par la réunion de ces troncules. — 5, 5. Troncules qui éiiMncnl de la partie centrale de la paume de la main, et qui se réunissent ici nn peu tardivement pour former un tronc très volumineux. — (î, fi. Troncs lymphatiques provenant des doi.^ls, cl de la partie inférieure de la région palmaire. — 7, 7. Ensemble des troncs qui r.impent sur la face dorsale de la main. — 8, 8. Ces mêmes troncs pas- Nént di' la main sur l'avant-liras.

tendons fléchisseurs. Il arrive ainsi sur l'adducteur du pouce, croise le bord inférieur de ce muscle puis le bord externe du I'' interosseux dorsal et monte sur la face postérieure de ce dernier. 11 s'unit là à des collecteurs venus

de l'index et gagne en compagnie de ces derniers la face dorsale du poignet.

TuA.iET. — Tous ces collecteurs, nés des téguments des doigts et de la main, se portent vers la racine du membre en cheminant dans le tissu cellulaire souscutané. Ils sont en général plus superficiels que les veines dont ils recouvrent les troncs. Leur nombre se réduit progressivement. Au niveau de l'avant-bras, il en existe une trentaine : on n'en compte plus que 15 à 18 à la partie movenne du bras (i^tippc}^-

[POIRIER i-:t ruxi-0.]

ÉTUDE SPÉCIALE DES LYMPHATIQUES

Fio. 622. — Lymphatiques superficiels du membre Ihoraciquejace antérieure(d'après Sappey).

1,1. Réseau lymphatique des doigts.

— 2, 2. Réseau lymphatique de la paume de la main. — 3. Tronc lymphatique collatéral externe du pouce. — 4, 4. Vaisseaux qui naissent du réseau de la face palmaire. — 5, 5. Troncs qui viennent de la partie postéro-externe de la main et de l'avant-bras. — 6, (i. Troncs provenant de leur partie postéro-interne. — 7. Ganglion sus-épitrochléen, dans lequel se jettent quelques-uns de ces troncs. — 8. Second ganglion qu'on rencontre quelquefois au-dessus du précédent. — 9, 9. Ens.îmble des troncs qui occupent la face antérieure du bras. — 10, 10. Gros tronc qui occupe l'interstice séparant le deltoïde du grand pectoral. — 11.

Ganglion situé sur le trajet de ce tronc. — ■ 12, 12. Coupe demi-circulaire des téguments. — 13. Ganglions axillaires.

Au niveaic du poignet, ils sont répartis en deux groupes dont l'un chemine sur la face dorsale, l'autre sur la face palmaire de ce segment du membre.

Au niveau de V avant-bras, ils tendent à se répartir en trois groupes, un groupe externe qui monte le long du bord radial de l'avant-bras ; un groupe interne qui suit le bord cubital; un groupe moyen, satellite de la veine médiane qui chemine entre les deux précédents.

Un peu au-dessous du pli du coude les deux groupes latéraux gagnent de plus en plus la face antérieure du membre et se fusionnent avec le groupe médian, il n'existe alors plus sur la face dorsale que des collecteurs peu volumineux qui obliquent les uns en dehors, les autres en dedans pour gagner la face antérieure du bras (voy. fig. 623). Au niveau de la région olécranienne ces collecteurs présentent de remarquables flexuosités.

Au niveau du bras, les différents collecteurs, désormais réunis en un seul faisceau, tendent à se placer à la face externe du bras. Ils cheminent là parallèlement les uns aux autres.

Teuminaison. — La plupart de ces collecteurs poursuivent leur trajet jusqu'au voisinage de la base de l'aisselle. A ce niveau, ils perforent l'aponévrose et se terminent dans la chaîne humérale des ganglions axillaires. — Les collecteurs extrêmes ont une terminaison sensiblement différente. C'est ainsi que les deux ou trois troncs les plus internes se jettent dans le ganglion sus-épitrochléen. Nous avons vu que les efîérents de ce ganglion perforaient l'aponévrose à la partie moyenne du bras pour se jeter dans les vaisseaux profonds. Lorsque ce ganglion fait défaut, on voit les collecteurs internes traverser néanmoins l'aponévrose en ce même point pour gagner les absorbants profonds. — Le tronc le plus externe se distingue également par un trajet spécial. Il se détache des autres collecteurs au voisinage de l'insertion humérale du deltoïde, puis monte dans le sillon deltopectoral. Il peut traverser à ce niveau un ou plusieurs ganglions que nous avons signalés plus haut (voy. p. 1258). Ce tronc se jette ordinairement dans un ganglion sous-claviculaire, placé au niveau de l'embouchure de la céphalique dans

LYMPIIATIOUKS DU MEMBliE SUr'ÉlilEUI!

la XL'Iiic axillaii'c. On jiciiL le voir égalciiicnl passer aii-dcssus de la clavicule et se jeter dans iiu j^aiiyiiuii sas-claviculaire. Cette disposition, assez rare, a été figurée par Mascagni (/or. cit., bih. XIX). Ce (roiir delto-pectoral est parfois double et même tri|)le.

Lymphatiques profonds. — Les lymphati<|aes profonds suivent l'artère liuméraie et ses liranclies principales. Il existe ordinaii"enient deux Iroucs lymphatiques pour une artère. Avec Sapl>cv, nous diviserons ces lymphatiques profonds en radiaux, cubitaux, interosseux postérieurs, interosseux antérieurs et brachiaux.

. Les troncs radiaux naissent des parties sousaponévrotiques de la paume de la main. « l/un accompagne l'arcade palmaire profonde, contourne la lète du premier métacarpien pour se porter sur le cijté externe du cai'pe et arrive à l'avant-bras, où il se place sur le côté externe de l'artère radiale; l'autre, dont l'origine est moins profonde, suit, d'après le dessin que nous en a laissé Mascagni, le trajet de l'artère radio-palmaire et gagne aussi l'aN'ant-bras, oh il se place sur le côté interne de la radiale. Tous deux montent ensuite jusqu'au pli du coude en s'anastomosant. Dans leur trajet aiilibrachial, ils traversent un ou deux ganglions de très |)etit volume, dont l'existence n'est pas constante. )) (Sapj)ey.)

Les troncs cubitaux sont également an nond)r(> de deux. Ils ont une origine distincte. L'un apparaît en eflet à C(>té de la cubito-palmaire, l'autre est satellite de l'arcadi^ palmaire jirofonde. Ils se réunissent au niveau du poignet et reçoivent, un peu au-dessus de celui-ci, un gros afiluent satellite de la branche dorsale de la cubitale. Ils montent al(u-s i)arallèlement aux vaisseaux cubitaux jusqu an iiiNcau du pli du coude. Ils présentent parfois siu' leur trajet un ou plusieurs petits ganglions.

Les Iroucs interosseux postérieure, nés des muscles de la couche profonde de l'avant-bras. perf(U'ent la membrane interosseuse pour s'imir, au ni\<'aN du pli du coude, aux vaisseaux précédents.

Li's I roncx interosseux anléi-ii'u rs sui\-ent les vaisseaux de ce nom et. après avoir présenté sur rnuiiKu i; r ciiaiu'V. — II.

t'io.G2;i.— Lyin|)hali(|ues superficiels du memlire tlioracique (l'ace postérieure) (Snppey).

1,1. lir^r.iii lyiii|iliati(|Ui' (11' la l'ai'ii .lui>,ili. .lolgis. — -l. Ensemlili' ■ li's Ironi's rpii rprouvri'ilt le clos de l.i in.iiii. — :i, 3. Tmiii-s qui rampent >iir la far.' pu-lériciire île l'avant-bra.-. — 'i, 4. (a'S mêmes Ironcs, f|ui, an niveau Ou rouile, deviennent extrèiiH'ment llexneux et se partagent eu deux groupes, dont l'un se porte eu dedans et l'autre en dehors. — 3, â.

Vaisseaux qui naissent de la l'ace postérieure du hras. — (1, G. Vai> seaux provenanL des légumenis de IT-paule.

leur trajet I ou 2 petits

[t'OllUEli ET CUNÉO.]

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ganglions, aboutissent également au carrefour lymphatique du pli du coude.

Les troncs liuméraux résument tous ces collecteurs antibrachiaux. Leur nombre varie dé 2 à 3. Ils montent à côté des vaisseaux huméraux et se terminent dans le groupe huméral des ganglions axillaires. Comme nous l'avons vu, ils présentent sur leur trajet de petits ganglions qui paraissent à peu près constants. Au niveau de la partie moyenne du bras, ils recueillent les vaisseaux efférents du ganglion sus-épitrochléen. Ils reçoivent également des troncules, issus des muscles du bras (Mascagni, loc. cit., pl. XXV).

Technique. — L'injection des lymphatiques du membre supérieur se pratique selon une teclinique analogue à celle (|ue nous avons indiquée pour les lymphatiques du membre abdominal (Voyez p. 1171). Les points d'élection pour pratiquer les premières piqûres sont la face palmaire et les faces latérales des doigts.

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