‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 21 sur 190 · ARTÈRE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

ARTÈRE PULMONAIRE

L'artère pulmonaire [art. pulmonalis commnnis ; vena arteriosa) appoiie aux deux poumons le sang du ventricule droit : sa disposition varie chez l'embryon, le fœtus et chez l'individu arrivé à l'état de complet développement. Nous n'étudierons ici que l'artère pulmonaire de l'adulte.

Trajet. — L'artère pulmon.iire naît de l'infundibulum du ventricule droit et monte à cc)té de l'aorte, dont elle contourne le flanc gauche; arrivée audessous de la crosse de l'aorte, elle se divise en deux branches, l'une, droite, artère pulmonaire droite, l'autre, gauche, artère pidmonaire gauche. Chacune de ces artères se dirige transversalement vers le poumon correspondant ; au niveau du bile de ces organes, elles se divisent, la droite en trois branches, la gauche en deux, (|ui se subdivisent à leur tour eu rameaux de plus en |)lus petits; ceux-ci donnent naissance en dernier lieu aux ca|)illaires du lobule pultnonaiie.

Le sysième de l'artère pulmonaire présente ainsi une portion extra-])ulmonaire et une portion intra-[)ulmonaire. Cette dernière sera étudiée en même temps que le poumon.

Division et rapports. — Dans son Irajel hors des poumons, l'artère piilnioiiaire comprend denx parties: une partie initiale, tronc de l'artère piiltiionaire, al tère pulmonaire commune, et deux brandies de bifurcation, ï'ai-lèrc jmlmoiiaire droite et Varlère pulmonaire gauche (voy. fig. 314, 315, 319, 3l^U).

Tronc de l'artère pulmonaire. — Le tronc de l'artère pulmonaire a une longueur qui varie entre 4 cm. ;jet a cm. 5 ; son diamètre est égal à 3 cm. Set son épaisseur est d'environ un millimètre,

Sa direction générale est très oblique en liaut, à gauche et en arrière, si oblique, en arrière surtout, qu'une coupe horizontale du thorax intéresse le tronc pulmonaire dans toute sa longueur ; de plus, ce tronc décrit une courbe à concavité dirigée à droite et en arrière, s'appliquant contre la portion ascendante de la crosse aortique, que l'artère pulmonaire semble contourner en pas de vis.

Envisagé au point de vue de ses rapports, le tronc de l'artère pulmonaire présente à étudier une portion inlra-péricardique et une portion extra-péricardique. Dans la pi'emière, l'artère |)ulmonaire est entourée par une gaine séreuse qui lui est commune avec l'aorte (vo}'. Péric, p. 623). Elle répond en avant, par l'intermédiaire d'un double feuillet séreux, à la paroi antérieure du sac péricardique ; à gauche, à l'auricule gauche, qui s'avance un peu sur sa face a ntérieure et à la portion initiale de l'artère coronaire gauche ou antérieure qui la contourne. A droite, elle répond à la crosse de l'aorte, située en réalité un peu en arrière d'elle. Enfin, en arrière, elle est en rapport avec la face antérieure de l'oreillette gauche, dont elle est séparée par le double feuillet séreux du canal de Theile.

Dans sa portion extra-péricardique, l'artère pulmonaire entre en rapport : en avant, avec le tissu cellulo-adipeux reliquat du thymus (jui lasépare de la plèvre et du poumon gauche; en arrière elle répond à la bifurcation de la trachée ; à droite, à la portion ascendante de la crosse aortique ; à gauche, à la face interne du ])oumon correspondant.

Si l'onéludie la projection de la face antérieure de l'artère pulmonaire sur le plastron sterno-coslal, on voit que celle face anlérieure esl située toul entière en deliors du bord gauche du sternum : quelquefois cependant, son bord interne esl recouvert par l'os. Quatre fois sur huit, notre tige, enfoncée, au ras du sternum, dans le deuxième espace intercostal gauche, a percé l'artère pulmonaire près de son origine. Dans le sens vertical, elle s'étend du bord supérieur du troisième cartilage costal gauche (Henke), du milieu du deuxième espace intercostal du même côté (Luschka), au bord supérieur du deuxième cartilage costal (voir fig, 336).

Artère pulmonaire droite. — Longue de 5 à G cm., l'artère pulmonaire droite se dirige transversalement, et un peu d'avant en arrière, vers le hile du poumon correspondant. Dans ce trajet, elle chemine au-dessus du bord supérieur de l'oreillette droite, au-dessous de la crosse de l'aorte el de la crosse de la veine azygos, en arrière de la portion ascendante de l'aorte el de la veine cave inférieure, en avant de la bronche droite (voy. fig. 337). — Au niveau du hile, elle est située immédiatement en avant de cette bronche.

Artère pulmonaire gauche. — Un peu plus courte que la précédente, elle mesure environ 3 cm. Elle n'est pas absolument transversale, mais légèrement ascendante et oblique en arrière. Dans son trajet vers le poumon, elle répond :

DES A RTE H ES

Clin ru'f.

en bas, h rorelllcllo giiuche ; m arajit, à la |ilèvi'e inédiasline gauche ; en Junil , k la ci'osse aortique ; en (lerière, à la bronche gauche. Au niveau du hile, elle est située, non pas eu avant de la bronche correspondante, coninie du coté droit, niais au-dessus de cette bronche. — l'>lle répond au deuxième espace intercostal gauche et dans la moitié des cas, notre aiguille, rasant le bord gauche du slernum, a percé l'artère pulmonaire gauche après avoir traversé le tronc de l'artère |)ulmonaire.

De la tiifiu'calion rio l'artère pulmonaire nu, |ilus cxacleineni, de la partie supérieure (lo sa branche gauciie, près de la bifuri;alion, se iliHache un eorilon (ibreux qui va s'insérer sur la paroi inférieure de la portion horizontale de la crosse aortique. Ce cordon, long de sept à neuf millimètres (Ilenle), dix-sept millimètres (Luschka), épais d'environ trois à quatre millimètres, porte le nom de l/fjameiil artérie/ (Viganientum arteriosuni). — C'est le reliquat d'un canal, le canal artériel, qui, chez le betus do/il les poumons ne l'onclionnen) l>as, conduit le sang de l'artère pulmonaire dans l'aorte et, par les branches de celle-ci, au placenta, organe de rbcinal(ise.

Alors, les deux branches de l'artère pulmonaire sont petites, puisque inutiles ; au moment de la naissance, elles livrent passage au sang qui va, des lors, s'oxygéner dans le poumon et prennent, par suite, un développement rapide, en même temps que s'atrophie le canal artiTii'l, qui devient le ligament artériel. Ce ligament, en apparence fibreux, présente tous les caractères histologiques d'une artère : on constate, en etFet, qu'il est formé par trois tuniques : une tunique externe, qui se continue avec le tissu cellulaire ambiant, une tunique moyenne, formée de fibres élastiques et contenant niènie des fibres musculaires, et une tunique interne présentant la sti'ucture habituelle. En dedans de cette tunii[ue, il existe un véritable bouchon formé par du tissu cellulaire, produit du processus d'oblitération qui commence au moment de la naissance et dont Langer (Zeitschr, dor Gesellscb. Wiener Aerzte, IS.'jT, p. 328 (voy. p. C42) et WalkholT Zeitschr. f. rat. Méd. li XXXN'I, 109) ont donné une minutieuse description.

On lit dans la plupart des traités classiques que le canal artériel s'oblitère au moment de 1,1 naissance. Alvarenga (tionsid. et observât, sur l'époque de l'occl. du trou ovale et du canal artér., Lisbonne. 1809) a bien montré qu'il n'en était rien. 11 a examiné à ce point de vue les cadavres de 213 enfants, dont l'âge variait entre 1 jour et 12 ans : chez tous les sujets âgés de moins de 30 jours, le conduit était resté perméaljle. A, a même retrouvé des cas de perméabilité chez des sujets de 12 ans.

'Variétés de l'artère pulmonaire. — Les anomalies de l'artère pulmonaire sont rares : elles sont, la plupart du li'uijjs, associées à îles malformations graves du cœur, souvent incompatibles avec la vie. La bifurcation iirématurée (Gassan, 182"), la duplicité (Hall et Vni'likc, 182.')), l'absence de l'une des deux branches, l'existence d'une branche anormale (artère coronaire) ont été rencontrées. — La persistance complète du canal artériel, sans ri''iluction aucuue de celui-ci, est plus fréquente: comme Alvarenga et WalkholT l'ont montré, elle est le plus souvent associée à la persistance du trou de liotal et de l'orifice interventriculaire. D'autres anomalies du canal artériel sont liées à des anomalies de la crosse aortique, nous les étudierons en même temps que ces dernières.

t'iiT. 370. — Li' canal artériel.

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