‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 30 sur 190 · ARTERE RADIALE · texte numérisé non relu

ARTERE RADIALE

Syn. : A. radialis, Radialartery, Speichenpulsader, Armspindelpulsader.

Branche de bifurcation externe de riiiiinérale, la radiale s'étend du pli du coude à la paume.

Trajet. — Limites. Ordinairement moins volumineuse que la cubitale,

la radiale se dirige d'abord obliquement en bas et en dehors, continuant presque la direction de l'humérale ; elle descend ensuite, verticale, jusqu'au-dessus de l'interligne radio-carpien ; là, elle dévie en dehors et en arrière et contourne, sous l'apophyse styloïde du radius, le ligament latéral externe de l'articulation radio-carpienne. Ayant ainsi passé de la face antérieure de l'avant-bras à la face externe du poignet, elle gagne obliquement le premier espace inlermétacarpien, dans l'extrémité supérieure duquel elle s'enfonce pour aboutir à la paume, où elle constituera, en s'anastomosant avecune branche de la cubitale, Varcade palmaire profonde.

Division. — Comme on le voit, la radiale occupe succes-

-- Humer.

- - Médian.

- Coll. int. inf.

__Exp. apon.

-.Mus. épilr.

-.liée. rad. uni.

Bée. cul), uni.

Culiil.alr .l\adiale

Art. n. méiL

-. Inler. anié.

-.Cubit. ant.

Pet. pal If

Rad. -pal.

. Cubitale

sivement les régions de l'avantbras, du poignetetde la paume:

on peut donc lui considérer trois portions, antibrachiale, carpienne et palmaire.

Rapports. — Portion antibrachiale. — Dans le tiers supérieur de sa portion antibrachiale, la radiale, profonde, est ordinairement recouverte par le bord interne du long supinateur. Ses rapports avec ce muscle varient suivant les sujets : chez les sujets musclés, l'artère est complètement recouverte par le

Fis. 4d7. — Artères de l'avant-bras.

DES ARTÈRES

long siipiiiateur, (ju'il t'aiil rrcliner en dpliors poni' voir If vaisseau ; chez les sujets peu musclés, l'artère al'lletire le bord iiilerne du muscle. Imi arrière, la radiale repose sur le court suj)inaleur et, ])Ius bas, sur le roiul pronateur; elle est maintenue sur ce dernier par le feuillet itrol'ond de la gaine aponévroti(jue du long supinaleur.

Dans la partie inférieure de la portion antibrachiale, le long supinaleur étant devenu tendineux, Tarière ré|tond : e» avant, à l'aponévrose anlibrachiale ; en arrière, elle repose successivement sur le lléchisseur commun superPiciel des doigts, le lléchisseur propi'e du pouce et le carré |iionateur et, par l'intermédiaire de ce muscle, à l'extrémité inférieure du radius. Tout en bas de sa portion aniibrachiale, la radiale, immédiatcmcul sous-aponévrotique, répond au large intervalle qui sépare les tendons long supinaleur et grand palmaire ; là, la |)eau mince se dé])rinie et jtermet de voir les battements de l'artère en même lem]is que la pulj)e jieul apprécier les qualités de ses battements : c'est la ç/outlière du pouls. — Une ligne allant du milieu du pli du coude à la gouttière du pouls trace sur l'avant-bras le trajet de la radiale el co\\slit\ie\a lig)ie d'opéraiiofi, le long de laquelle l'opérateur doit inciser pour aller à la recherche du vaisseau.

Portion carpieimc. — l.orsi|u'(;lle contourne le ])ord externe du |)(u'gnet audessous de l'apophyse slyloïde du radius, la radiale s'engage entre les tendons accolés du long abducteur et du court extenseui' du ponce et le ligament latéral externe de l'articulation radio-carpienne.

l'ille pénètre alors dans cette excavation losangique que limitent le tendon long extenseur du po\ice en dehors, les tendons long abducteur et coui t extenseur en dedans ; c'est la tahalièrc anatomique, dont le fond est formé \\av le ti-apèze. La radiale traverse obli(iuement la tabatière sur le fond osseux de laquelle elle repose; elle est recouverte par la peau, le tissu cellulaire souscutané dans lequel cheminent la veine céphalique du |)0uce et les rami licalions du nerf radial, l'ajjonévrose et une abondante couche de tissu cellulograisseux sous-aponévrotique. Enfin, ayant passé sous le tendon long extenseur du pouce, la radiale s'enfonce dans l'extrémité supéi'ieurc du picniier espace interosseux.

Portion palmaire. — ■ Au niveau de la paume, la radiale cheuiine |u'ofondi'ment, appliquée sur les métacarpiens et les inlerosseux, recouverte |iar le paquet (les tendons fléchisseurs (v. artères de la main).

Branches collatérales. — Portion antibrachialc. — Dans sa portion aniibrachiale, l'artère radiale fournit de nombreux rameaux innominés: les uns, antérieurs, se distribuent à la peau de l'avanl-bras; d'antres, externes, se lermiuent dans le long suj)inateur, les radiaux, le long abducteur du pouce, le long extenseur et les téguments de la région externe; les internes vont dans le grand palmaire et le lléchisseur superficiel; les jiostérieurs se di^iribnent au court supinaleur, au rond pronateur, au fiéchisseur propre du pouce, au carré pronateur, et au radius.

Ces branches innominées sont en nombre variable : [lour Meckel, il n'eu existerait pas moins de 40 en moyenne.

La R. fournit trois branches plus imi)ortantes : la récurrente radiale

ANGÉIOLOGIE

a(l . mit.

antérieure, la transverse antérieure radiale du carpe et la radio-pulmairc.

Récurrente radiale antérieure (Recurrens radialis). — Elle naît de hi partie externe de la radiale, tout pi-ès de l'origine de cette artère. Le plus

souvent, elle se porte d'abord \ r..ii :..r ^'^ ^as et cu deliors, puis se réfléchit et monte obliquement entre le long supinateur et le brachial antérieur, reposant sur le court supinateur d'abord, puis sur la capsule de l'articulation du coude. Elle décrit donc dans son enseuible unecourbe à concavité supéroexterne. De la convexité de cette courbe partent de nombreux rameaux qui se distribuent au long et au court supinateurs, et aux deux radiaux externes.

Par sa concavité, elle donne une branche au brachial antérieur et à l'articulation huniéro-antibrachiale. Elle se termine en s'anastomosant avec le rameau terminal antérieur de l'humérale profonde.

Artère transverse antérieure

du carpe (A. carpea volaris radialis). — Petite mais constante, elle se détache de la radiale au niveau du bord inférieur du carré pronateur, se dirige transversalement en dedans, et se termine en s'anastomosant avec une branche homologue venue de la cubitale, avec la terminaison de l'artère interosseuse antérieure et avec les branches récurrentes de l'arcade palmaire profonde, formant ainsi un réseau carpien antérieur (rete carpeum anterius seu volare). — Elle donne chemin faisant des l'ameaux musculaires (rond pronateur), articulaires (ligaments antérieurs de l'articulation radio-carpienne), périostiques et osseux (radius).

digitale

— Schéma îles ai'lèri

l'avant-bras

DES ARTÈRES

Artère radio -palmaire (Raïuiift voJarls, arleria siiperjiciaUa vohr, arlerki radiu-pahnaris, a mclacarpea vohins sabllmis). — J'illc iiaîl d(Ha radiale ordinairement an nivean de l'interligne radio-carpien, c'est-à-dire au ni\eau du pointoù la radiale, changeant de direction, va conlourner le bord externe du |)oignet, quel([uer<)is plus haut sur la face antérieure de l'avant bias. De volume variable, elle est ordinairement assez grêle. ]"-lle se dirige en bas et un peu en dedans, cheminant au niveau de la base ou talon de l'éminence thénar. Tantôt elle n'est recouverte que par l'aponévrose, tantôt elle chemine dans l'épaisseur du court abducteur du pouce ou même au-dessous de ce muscle.

Arrivée à la paume, elle vient se jeter à angle droit dans la partie terminale de la cubitale. Plus rarement, elle s'anastomose à plein canal avec la terau'naison de la cubitale, formant alors une arcade palmaire stiperficielle Dans (juchpies cas enfin, elle s'épuise dans les muscles de Téminence thénar.

Portion carpienne. — Dans sa portion carpienne, la radiale fournit I rois branches: \;i dorsale da pouce, la transverse postérieure da carpe ei Vinterosseuse dorsale du premier espace. Je ne fais que mentionner ici ces trois branches que je décrirai plus loin avec les artères du dos de la main.

Portion palmaire. — Dans sa portion palmaire, où elle forme l'arcade palmaire profonde, la radiale foui'uit quatre branches; ce sont les artères i)iterosseuses antérieures. l']lles seront étudiées avec les artères de la paume.

ARTKRR CL'fjlTALE Syn. : a. cubilalis. — Ellenijogeii piilsader.

Limites. — Hranche de bifurcation interne de l'humérale, la cubitale s'étend du pli du coude (plus exactement deux cenliméti'es au-dessous), à la paume où elle se termine par uiu^ arcade ou crosse à concavité supérieure, Varcade palmaire superficielle.

Volume, direction, trajet. — i*lus volumineuse que la radiale, ell(> naît au milieu du coude; pour gagner le côté inlerne de l'avant-bras, qu'elle va suivre jusqu'au poignet, la cubitale s'engage sous la masse des muscles épitrochléens ; par ce trajet oblique, elle atteint la face antérieure du cubitus recouverte par le fléchisseur commun profond e( descend verticalement sur celte face jusqu'au iioignel. Là, elle s'engage en dehors du pisiforme, dans l'épaisseur du ligament annulaire et arrive à la paume, où elle se dirige en bas et en dehors, en décrivant une courbe à concavité supérieure el exlerne, ['arcade palmaire superficielle.

Le point où la C. se termine e>t diflit ile à préciser. I^oi's(jue les ai'tèrcs de la main alîeclent leur disposition type, la cubitale ])araît se continuer sans ligne de démarcation aucune avec la (|ualriénie digitale et on pourrait, en bonne logique, la conduire jusqu'à la partie supérieure de l'esp ice interdigital, où elle se bifunjuerait pour donner naissance à la collatérale exlerne du médius et à la collatérale interne de l'index (voy. fig. 421). Mais au point de vue de la nomenclature, ce mode de description ne serait pas sans inconvénieiiL On peut considérer comme formant la limite inférieure de la cubitale le poiiil où elle reçoit la radio-palmaire. J insiste dès à présent sur ce mode de termi-

ANGÉIOLOGIE

liaison, ne pouvant consentir à répéter avec tous « que la cubitale se lenuinc en s'anasiomosant à plein canal avec ia radio-palniaire » , ce qui est l'exception.

Rapports. — Portion antibrachiale. — Dans le tiers supérieur de cette \)0vtion, la cubitale, oblique en bas et en dedans, répond, eii avant, au médian qui croise sa face antérieure et aux muscles épitrocbléens (rond prouateur,

grand et petit palmaires, fléchisseur comniini superficiel) ; en arrière, elle croise le tendon du brachial antérieur et repose sur le fléch isseur commun profond, sur lequel l'apj^lique une couche aponévrolique, mince d'abord, plus éj)aisse ensuite.

Dans ses deux tiers inférieurs , devenue verticale, elle répond : en avant, au muscle cubital antérieur, puis à l'interstice de ce muscle et du faisceau interne du fléchisseur sublime : tout en bas, au-dessus du poignet, l'artère repose sur le carré pronateur. Elle est toujours séparée de la |)eau pai' deux feuillets aponévrotiques :

l'un rej)résenle la continuation de l'aponévrose superlicielle, l'autre la couche ceiluleuse qui tupisse le fléchisseur profond. Le bord externe du tendon cubital tend à recouvrir la C. En somme, dans les deux tiers inférieurs de l'avantbras, le cubital peut être dit muscle satellite, et c'est lui qui marque la ligne épitrochléo-pisiformienne, ligne d'opération de la cuhitale.

Fig. 419. — Réseau péri-articulaire du coude; Portion carpienne. — Au niface antérieure. veau du earj)e, l'artère repose sur

la face antérieure du ligament annulaire antérieur, immédiatement en dedans de la saillie du pisiforme ; elle est recouverte à ce niveau par la terminaison des fibres du ligament annulaire dorsal du poignet.

.Je rappelle qu'au niveau du bord cubital du poignel les libres inférieures du ligament s'arrêtent sur le pisiforme. Les supérieures au contraire viennent se perdre sur la face antérieure du ligament antérieur; elles forment là, au-devant de l'artère cubitale, un trousseau libreux très net au-dessous duquel passe l'artère (v.'tome II, niyol., p. 165, et vérifiez les rapports des artères cubitale et radiale sur la coupe de l'avant-bras, t. II, fig. 120).

Entre ces deux couches fibreuses, l'artère, ordinairement flexueuse, se meut

DES ARTIiKES

dans une atmosphère séreuse : de gros pelotons adipeux, très mobiles, favorisent les mouvements de l'artère dans cette logette fibreuse.

Appuyez fortement avec la pulpe du pouce sur la base de votre éminence tliénar et vous voi'rez sourdre au poignet, iumiédiatcnient au-dessus du pli cjui limite en liaut le talon fie la main, ces pelotons adipeux, sous l'aspect de petites masses arrondies, faussement fluctuantes et jouant le kyste séreux. C'est par cet artifice que l'artère échappe à la compression, quand le talon do la main s'appuie fortement sur un corps dur.

Porlioii palinairc. — IMus bas, l'artère est recouverte par le ])aimaire cutané; à la paume elle est entre le plan tendineux et l'aponévrose, accolée à la face profonde de cette dernière, en rapport avec les branches du nerf médian et dn nerf cui)ital , crohée par V anastomose entre ces deux nerfs.

Dans tout son trajet, lacubilale est accompagnée par deux veines, veines cubitales profondes, et par des h'uiphaliijues profonds. — Le nerf cubital, qui descend à la partie postérieure (i(M'avant-bras parla gouttière rétroé|)ilrorhlécnne, est d'.ibord séparé de l'ai lèrepar un es|iace angulaire à sommet inférieur. Il s'en rapproche de plus en plus et vient se mettre en contact avec elle à la jonction du tiei's supérieur et des deux tiers inférieurs de l'avant-bras. 11 l'accomjKigne ensuite, toujours placé en dedans du vaisseau .

Iir. ter.

Il uni.

pro.

Page 1