ARTÈRES DE LA FACE PALMAIRE
Elles sont fournies par l'arcade palmaire superficielle, cubitale, et par l'arcade palmaire profonde, radiale.
ARCADE PALMAIRE SI'PEIU' ICIELI.E
I/arcade palmaire superficielle, arcade cubitale, est formée, lorsqueUe exùle, par l'anastomose delà portion palmaire de la cubitale avec la radiopalmaire.
Forme et constitution. — l^a forme de cette arcade mérite d'être précisée, car elle est assez inexactement décrite et figurée dans la plupart de nos classi- (|ues. On représente en effet, d'ordinaire, l'arcade palmaire superficielle comme un arc artéi'iel uniformément calibré ou à calibre décroissant régulièrement de dedans en dehors, c'est-à-dire de la cubitale vers la radio-palmaire. La cubitale se continuerait ainsi, sans ligne de démarcation bien nette, avec la radio-palmaire, et il serait difficile, sinon impossible, de préciser leurs limites réciproques. Cette disposition existe, je dois même reconnaître qu'elle n'est pas exceptionnelle, mais je pense qn"on ne doit pas la considérer comme la disposition typique.
11 m'a paru en elfetque l'arcade pal))iaire superficielle est normalement formée par deux segments bien distincts : l'un interne, cubital, très volumineux, Vautre externe, radial, ordinairement très grêle. Ces deux segments se réunissent, tantôt en formant une courbe plus ou moins régulière en U, tantôt en formant un angle plus ou moins aigu en V. Mais dans les deux cas, il y a au point (le jonction changement brusque de calibre et on ne peut dire que la cubitale se continue à plein calibre avec la radio-palmaire. Dans la plupart des cas (13 fois sur 20 mains injectées que j'ai sous les yeux), la cubitale parait se continuer directement avec la quatrième digitale. — Je m'empresse d'ajouter que les déviations de ce type sont fréquentes (voir les planches de Tiedemann, Bourgery et Jacob, Farabeuf, etc.) : nous aurons plus loin à les indiquer el à les interpréter.
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Rapports. — l.c point lo plus déclive de l'anse artérielle l'onnéo par lu réiiluoii (II" la cubitale et de la radio-paliuaire est assez bien indiqué par l'iiilei sectiou de deux lignes: la bissectrice de l'angle formé par lej)li cutané supérieur
il^es nerfs, ilesséclios sur la préparation (|ui a servi de iiKuléle, n'ont point leur volume).
de la paume et le pli cutané mnycn, et la Ii.i4iie (|iii coiiliniK" dans la paume le biird interne du pouce ipiand ce doiyt est dans i'abdiiclidn c(»m|)léle.
Le moilloiu" moyen pour préciser les rapports de l'arcade palmaire superficielle avec les |)lis cutanés est celui qu'a, depuis longtemps, indiqué l^ingaud (l^infiaud, in th. Cauchy, Taris, I8T0). 11 consiste à disséquer l'arcade palmaire par sa face profonde, après désarticulation des métacarpiens et à la fixer sur les téguments en la ti ansfixant par des épingles d'arrière on avant.
L'arcade palmaire superficielle est recouvci le p ar la peau et l'aponévrose palmaire. Elle repose sur les nerfs collatéraux fnurnis par les portions palmaires du médian et du cubital, sur les tendons ni'cbisseiirs superficiels et les
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lombricaux. Le filet anastomotique entre le médian et le cubital la croise quelquefois très obliquement. L'arcade, flanquée de deux veines collatérales et entourée d'un tissu celluleux lâche, est mobile et se déplace aisément.
Branches. — L'arcade palmaire superficielle n'émet aucune branche par sa concavité.
Le segment radial de l'arcade palmaire superficielle fournit des rameaux nombreux, mais grêles, aux muscles de l'éminence thénar.
L'un d'eux (A, fig. 422), cheminant à la superficie des muscles de l'éminence
Fig. 422. — Schéma des artères de la main, type normal.
thénar, établit une anastomose entre le segment radial de l'arcade palmaire superficielle et la collatérale externe du pouce. Cette anastomose est directe ou indirecte; en d'autres termes, ce rameau peut aller se jeter directement dans la collalérale externe du pouce ou s'anastomoser avec ses branches récurrentes. — Il n'est pas rare de voir se détacher de la radio-palmaire même un ou deux ramuscules qui vont se jeter dans les branches anastomoliques constantes que la cubitale envoie à la collatérale externe du pouce, et au tronc commun de la collatérale interne de ce doigt etdela collatérale externe de l'index (B, fig. 422); (juoique très grêles ces rameaux n'en ont pas moins une importance considé-
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rabic, car leur existence permet d'interpréter certaines anomalies d'origine de la collatérale externe de l'index et des deux collatérales du pouce.
Le segment cubital de l'arcade palmaire superficielle fournit 4 branches volumineuses : ce sont les artères digitales et des branches anaslomoliques.
Artères digitales. — On distingue les artères digitales en 1'% 2'^, etc., en allani du bord cubital vers le bord radial, (c'est en sens coniraire qu'on couiple les métacarpiens et les artères interosseuses). F^eur volume va en augmentant de dedans en dehors. Le plus souvent, elles naissent isolément de l'arcade superficielle, mais il n'est pas très rare de voir deux d'entre elles naître par un tronc commun.
Les artères digitales descendent sous l'aponévrose, sur les muscles lombricaux, entre les tendons fléchisseurs, séparées de ces derniers par des cloisons sagittales, dépendances de l'aponévrose palmaire moyenne (Voir myologie, page Loi). Elles sont accompagnées par les branches terminales du médian et du cubital, (jui forment parfois autour des artères digitales des anastomoses en boutonnière.
Un peu au-dessous du bord inférieur du ligament transverse superficiel, chaque artère digitale se divise en deux branches qui vont constituer les deux collatérales des doigts limitant l'espace interdigital correspondant.
Seule la première digitale ne se divise pas. Elle se dirige en bas et en dedans, croisant obliriuement les muscles de l'éminence hypothénar, auxquels elle abandonne chemin faisant quelques petits ramuscules, et vient constituer la collatérale interne du jTctlt (loiijl.
La deuxième digitale donne naissance à la coUalérulc externe thi 2')etit doigt et la collatérale interne de l'annulaire.
La troisième l'orme la collatérale externe de l'inuitilaire, la collatérale interne du médius.
La ([ualrième donne la colla' érale externe du médiuscl \ti collatérale inleinie de l'index.
Au niveau du bord inférieur du ligament palmaire transverse superficiel, chaque artère digitale s'anastomose avec l'interosseuse antérieure correspondante, ce qui expliijue la possibilité pour cette interosseuse de supplanter l'artère digitale, et de fournir les deux collatérales de l'espace inlerdigital auquel elle correspond. Cette anastomose est normalement très grêle et dillicile à mettre en évidence.
Au niveau même de leur bifurcation, les digitales reçoivent les perforantes inférieures (Voir arlères de la face dorsale).
Rameaux anastomotiques. — Les rameaux anastomotiques fournis jiai- le segment cubital de l'arcade palmaire superficielle sont au nombre de deux. Ils naissent par un tronc commun (D, fig. 422); le premier va se jeter dans la collatérale interne du pouce, ordinairement au niveau du point ou cette artère croise l'interligne métacarpo-pbalangien.
\jP deuxième va se jeter dans le tronc commun de la collatérale interne du pouce et externe de l'index, au niveau même de la bifurcation de ce tronc. Il n'est pas rare de voir ce rameau anaslomotique se jeter non plus dans le tronc lui-même, mais dans l'une de ses deux brandies terminales.
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Ij'exislence de ces deux rameaux aiiastoinotiques permet d'expliquer les cas où les collatérales du pouce et la collatérale externe de l'index sont fournies par le segment cubital de l'arcade palmaire superficielle.