ARTÈRE SACRÉE MOYENNE
L'artère sacrée moyenne est la branche terminale de l'aorte abdominale. Véritable aorte pelvienne, elle a la même valeur morphologique que l'aorte thoracique et l'aorte abdominale qu'elle continue au-devant du sacrum et du coccyx. — Elle se détache de la face postérieure de l'aorte ordinairement un peu au-dessus de sa bifurcation, plus rarement au niveau de cette dernière ; dès son origine elle se porte directement en bas, sur la face antérieure de la cinquième lombair e, contourne le promontoire, suit la face antérieuredu sacrum et du coccyx au niveau de la ligne médiane etse termine au-dessous du sommet du coccyx dans l'épaisseur de la glande coccygienne.
Dans ce trajet, elle décrit deux courbes, l'une à concavité postérieure, qui embrasse le promontoire, l'autre à concavité antérieure qui s'applique au rectum. Le calibre de la sacrée moyenne est assez grêle; à l'origine, il est égal à celui d'une iulercostale lombaire. — On sait que, chez lesanimauxmunis d'une queue, la sacrée moyenne, artère caudale, présente un volume considérable, en rapports avec les dimensions de cet organe.
Rapports. — A son origine, au niveau du corps de la cinquième lombaire, la sacrée moyenne est recouverte par la bifurcation de l'aorte abdominale et par la veine iliaque commune gauche. — Au niveau du sacrum, elle est en rapport : en avant, avec la face postérieure du rectum, dont elle est séparée par la gaine fibreuse de cet organe ; en arrière, elle est en contact immédiat avec l'os et intimement unie au périoste, Lorsqu'elle s'écarte de la ligne médiane, ce qui n'est pas rare, elle peut reposer sur les insertions sacrées du pyramidal. — Au niveau du coccyx, la sacrée moyenne est recouverte par le double faisceau en sautoir du ligament sacro-coccygien antérieur. Lorsqu'il existe un fléchisseur du coccyx elle chemine sous ce muscle (Morestin). Elle est accompagnée par deux veines.
Branches. — La sacrée moyenne fournit de nombreuses collatérales dont la plupart se portent transversalement en dehors, continuant la série des intercostales thoraciques et lombaires. La première de ces artères est la cinquième artère lombaire; elle naît au niveau de la partie moyenne du corps de la cinquième vertèbre lombaire. Lorsque cette artère est bien développée elle se comporte comme les autres artères lombaires; lorsqu'elle est grêle elle est suppléée par un ranieau se détachant de l'iliaque primitive ou de l'ilio-lombaire.
Les autres collatérales transversales de la sacrée moyenne, en nombre égal à celui des trous sacrés, théoriquementdu moins, se portent transversalement en dehors vers les trous sacrés antérieurs. Au niveau de ces derniers, elles s'anastomosent avec le rameau correspondant de l'artère sacrée latérale. Ladernière des collatérales transversales de la sacrée moyenne naît au niveau de l'interligne sacro-coccygien. Elle se porte en dehors, comme les précédentes, et s'anastomose avec la branche transverse de la sacrée latérale inférieure. C'est à tort que cer-
DES ARTÈRES
(clins autiMirs regardent les Jeux branches sacio-cucC3'gieiiiies de la sacrée iiioyomie comme les termiiiaU^s de la sacrée moyenne. Comme nous l'avons (lit les branches terminales de la sacrée moyenne se perdent dans la glande coccygienne de Luschka. La sacrée moyenne fournit encore quelques rameaux assez grêles à la paroi postérieure du rectum (voy. t. IV, p. 383).
Glande coccygienne. — Syn : Steissilrusc, Nervcndriisc dos Bockens. — On désigne sons !!■ nom di^ ^'la.ndc coccygienne une petite masse arrondie que l'on rencontre au niveau du sommel du coccyx et à laquelle viennent aboutir les branches terminales de la sacrée moyenne. — La glande coccygienne a été découverte par Luseldca qui en donna, au double point de vue macroscopique et microscopique, une minutieuse desci'iption. (Luschka, der Ilirnianiiang und die Steissdriise des Menscliens, Berlin, 188(3.)
La glande coccygienne est située au niveau du sommet du coccyx, ou plus exactement en avant de ce sommet dans une petite fossette que ménagentles inserlionscoccygiennes du reloveur de l'anus. lîllo est plongée dans un tissu graisseux et abondant. Grosse comme une lentille, elle présente une coloration brun foncé assez spéciale qui permet de la distinguer assez facilement du tissu graisseux qui l'entoure.
Il est rare qu'elle manque. Pour ma part, je l'ai toujours trouvée chez les sujets sur lesquels je l'ai cherchée avec soin. Lorsqu'elle parait l'aire défaut, il est probable qu'elle s'est segmentée en nodules invisibles à l'œil nu.
D'après Lusclika et Krause (Zur Anatomie der Steissdriise, Zcitsidu'ift ftir rat Medizin 3 te K. B. et X, Ileft 2), elle serait essentiellement formée par un strouia de tissu con jonctif dans lequel seraient ilisséminés des corpuscules de forme variable.
Ces coi'puscules, tantôt régulièrement arrondis, tantôt allongés en boyaux, sont constitués par une capsule entourant des cellules polymorphes. La capsule, anhiste pour les petits corpuscules, a une apparence fibreuse pour les corpuscules |ilus volumineux. Quant aux éléuKints cellulaires, il est difficile de préciser leur forme; d'une façon généi'ale, ils sont polyédriques au contre, aplatis à. la périphérie des corpuscules.
Le tissu de la glande coccygienne est remarquable par sa richesse en vaisseaux qui viennent de la sacrée moyenne, et en filets nerveux ; ceux-ci se détachent du ganglion coccygicn du sympathiipie ou, lorsque ce ganglion manque, de la partie terminale du cordon du sympathique.
Le mode de terminaison de ces filets nerveux est encore inconnu. Luschka insiste sur la présence de nombreux corpuscules de Vater.
Comme on le voit, les données de l'histologie sont insuffisantes pour établir, d'une façon précise, lasignificalion morphologique de la glande coccygienne. Luschka la rattaclie au système du sympathique. Gegenbaur en s'appuyant sur les connexions de cette glande ou pseuilo-glande avec la sacrée moyenne et sur les données de l'anatomie comparée, la regarde comme le reliquat des branches spinales de la sacrée-moyenne : ces branches se sont atrophiées en même temps que ilispiraissait la moelle caudale à laquelle elles se distribuaient primitivement.
TRAITÉ