VEINES PROFONDES DU BRAS
VEINES NUMERALES
Les deux veines humérales, satellites de l'artère, naissent au [)li du coude de manière très variable, suivant la façon irrégulière dont se combinent les deux radiales et les deux cubitales profondes qui sont ses branches d'origine. On distingue une humérale externe, et une humérale interne, celle-ci ordinairement plus grosse, d'un D. de 8 mm., toutes deux reliées par des anastomoses transversales. Il est bon de noter que dans certains points de leur trajet, no-
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
tamment au pli du coude ou au milieu du bras, lieux classiques des ligatures, on voit souvent une des deux veines huniérales, le plus fréquemment l'externe, se placer en avant de l'artère ; d'autres fois les veines entourent l'artère en spirale. Les veines humérales ne sont pas toujours doubles sur tout leur trajet. Souvent (en règle d'après (juelques auteurs) elles se réunissent en un seul tronc interne ou hwnérale commune dans la partie supérieure du bras : dans ce cas, il existe habituellement un canal collatéral qui continue l'humérale externe.
On a trouvé dans les veines humérales 5, 8 et 15 valvules.
Les branches collatérales sont celles de l'artère : veines musculaires du biceps et du brachial antérieur, collatérales internes, collatérales externes ou humérales profoiide^ ordinairement volumineuses, et en outre une veine superficielle, la basilique, qui débouche dans la partie supérieure du bras. Fréquemment, et plus ou moins près de l'aisselle, on observe un véritable plexus ou conlluent veineux, formé par l'abouchement convergent des grosses veines humérales profondes et des veines musculaires dans les humérales, qui sont en outre couvertes de leurs anastomoses transversales.
4° VEINE AXILLAIRE
La ve;ne axillaire est un gros tronc unique, large de 10 mm., possédant deux ou trois valvules résistantes et une paroi épaisse (315 fx) qui contient une double couche musculaire, une interne circulaire, une externe longitudinale. Elle s'étend du bord inférieur du grand pectoral au sommet de l'aisselle, c'est-àdire au bord inférieur de la clavicule. Satellite de l'artère axillaire, elle est d'abord, à sa partie inférieure, située franchement à son côté interne, séparée d'elle par la branche interne du médian et le nerf cubital ; plus haut dans le triangle clavi-pectoral, elle lui est interne et antérieure et plus immédialement contiguë ; aussi dans la préparation de la région sous-claviculaire, c'est elle f[u'on voit la première, surtout si elle est gonflée de sang. Elle ne repose que sur une faible étendue de la paroi thoracique, sur la deuxième cùle recouverte des digi talions supérieures du grand dentelé. Elle est formée par la l éunion des deux humérales externe et interne, ou par l'humérale commune quand les deux humérales se sont déjà fusionnées ]ilusbas, et se continue directement dans la veine sous-clavière.
Cette veine est normalement béante sur la coupe, caractère qui la distingue des veines du bras et qui lui est commun avec la sous-clavière et toutes les veines de la base du cou. On connaît plusieurs cas de mort par entrée de l'air dans son intérieur, au cours d'opérations pratiquées sur la région axillaire. On attribue cette béance à l'adhérence de la veine avec l'aponévrose clavi-pectorale ou clavi-coraco-axillairc. D'après ce que j'ai pu voir,la veine n'adhère pas à la portion supérieure de cette aponévrose, celle qui est au-dessus du petit pectoral et qui est réduite à l'état de fascia cribriformis ; elle n'est pas non plus lîxée au feuillet profond de la gaine du petit pectoral. C'est au-dessous de ce muscle, dans cet espace triangulaire qui est à la base de l'aisselle et qui est rempli par le ligament suspenseur de Gerdy que la veine est englobée, et avec
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elle le reste du paquet vasculo-nerveux, dans les expansions profondes de ce ligament. Poirier a en effet montré (v. Myologie, p. 160) que la cavité axil- Iciire est cloisonnée par une lame fibreuse antéro-postérieure qui la sépare en deux moitiés externe et interne et constitue la partie profonde, méconnue, du ligament suspenseur. Les vaisseaux et les nerfs traversent cette cloison assez dense, mêlée de tissu fibreux et de lobules adipeux ; j'y ai trouvé la veine
Fig. 477. — Veine axillaire et veine sous-claviôre (d'après Bonamy). — Voyez aussi les figures 406 et 413 de ce volume.
béante et se dilatant dans le sens où l'on opère des tractions sur cette gangue qui l'entoure. Il importe d'ajouter avec Braune que lorsqu'on soulève la clavicule (attitude d'inspiration) ou qu'on écarte le bras à angle droit(attituded"opération), la veine est allongée et tendue; elle forme un tube rigide, béant alors dans toute sa longueur, sinon dilaté ce qui m'a paru douteux.
Les branches collatérales de la v. axillaire sont les mêmes que celles de l'artère, à cette différence près qu'elle reçoit une veine superficielle, non satellite,
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
la V. cépJialiqiie qui débouche dans sa partie sous-claviculaire, et qu'elle ne reçoit pas la 1'. acromio-thoraciqae qui s'ouvre dans la céphalique, d'ailleurs très près de son embouchure. 11 y a donc des v. scapulaires inférieures ou sous-scapulaires, circonflexes antérieures, circonflexes postérieures et thoraciques inférieures. Les v. scapoZaires Inférieures présentent presque constamment une arcade anastomotique qui les unit aux circonflexes postérieures ; cette grosse branche traverse parfois la base de l'aisselle d'avant en arrière et pourrait être blessée dans une opération. Souvent les circonflexes a)itér. eXpost. (ces dernières volumineuses), aboutissent à un canal collatéral parallèle à la veine dans laquelle il s'ouvre par ses deux extrémités ; il peut simuler une v. axillaire double. Ce canal collecteur passe quelquefois en avant de l'artère. Il n'est pas rare de voir les circonflexes s'ouvrir dans les v. humétales profondes.
Les V. Ihoraciqiies inférieures (Ihorac. longues ou mainniaires externes] méritent une mention spéciale. Satellites doubles de l'artère, garnies de nombreuses valvules qui regardent l'axillaire, ellespossèdent un vaste territoire sur laparoi thoracique latérale (grand dentelé, espacesintercostaux, grand pectoral, mamelle); par elles la cavité axillaire à pression négative devient un centre puissant d'appel pour le sang veineux des parties extérieures du thorax. Elles présentent en outre d'importantes anastomoses, d'abord avec six ou sept veines intercostales supérieures, tributaires des azygos, et auxquelles elles s'unissent par autant de perforantes le long des digitations du grand dentelé; puis avec les branches latérales des veines épigastriques. C'est pour cela qu'elles constituent une grande voie supplémentaire dans les obstructions des gros troncs veineux; elles amènent à l'aisselle du sang abdominal dans les obstructions de la V. caveinfér. ou de la veine porte; elles emmènent à l'abdomen, en sens anormal descendant, du sang des membres supéi'ieurs et de la poitrine, dans les compressions de la v. cave supérieure.
J'ajouterai que Langer et Kadyi ont signalé un réseau de petites veines qui, nées desjiuinérales à leur terminaison, enlacent l'artère axillaire, plus haut l'artère sous-clavière, et se jettent dans les v. vertébrales. Ces veines, qui forment une voie sanguine collatérale et accessoire, seraient d'après eux les viaies veines satellites de l'artère, demeurées rudimentaires, alors que la voie collatérale primitive usurpait le piemicr rang.
i)0 VEINE SOUS-CLAVIÈRE
Elle s'étend de l'axillaire à l'origine de la v. innominée, qu'elle constitue en s'unissant à la v. jugulaire interne; son extrémité externe correspond au bord inférieur de la clavicule, son extrémité interne à la face postérieure de l'extrémité sternale du même os.
Sa longueur est la même des deux côtés, elle est moindre que celle de l'artère sous-clavière. Son calibre est celui du petit doigt, 12 mm. environ. Sa paroi e^t épaisse de 338 p (Kœll), 400 (Henle). Elle possède une tunique musculaire dans la plus grande partie de son étendue, et en est dépourvue au voisinage do son embouchure. On trouve ordinairement deux fortes paires valvulaires, une à l'extrémité interne, au débouché dans le tronc veineux brachio-céphali-
SYSTÈME VEINEUX
. Clav,
Gr. P.
S. clav.