VEINES DE LA MAIN
Les veines de la main comprennent cellesdes doigts et celles de la main proprement dite.
1° V. des doigts. — Les v. digitales ont pour principale origine les parties
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molles de la dernière phalange; ce siège est par excellence celui de l'organe du toucher avec ses deux parties, l'ongle et la pulpe ; les veines naissent du réseau sous-unguéal et du plexus pulpaire. Le réseau soiis-iinguéal qui occupe le lit de l'ongle est délicat et serré; il aboutit à une veine périunguéale ou marginale qui contourne en demi-cercle l'insertion de l'ongle et qui se continue par une veine médiane volumineuse, accompagnée ou non de veines acces-
Fig. 479. — Veines dorsales de la main (d'après Bourgery).
soires. Celle-ci avec son arcade originelle ressemble à une fourchequi embrasserait l'ongle ; on la voit par transparence sur le milieu de l'articulation de la troisième avec la deuxième phalange.
Le plexus de la pulpe, analogue au plexus artériel, est logé dans le tissu
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
celliilo-libreux dense de l'exlrémité digitale. Les veines qui le conslilueni sont grosses, anastomosées en arcade à concavité supérieure, et présentent sur leurs Irajels des gloméndes veineux, formés pai' des veinules capillaires llexueuses et enroulées. Cette richesse et cette disposition des vaisseaux sont sans doute adaptées à la fonction sensorielle des doigts; ces veines ont un rôle thermique, la chaleur étant nécessaire à l'exei cice du toucher (JBoîOT^ref).
Les veines onguéales et les veines de la pulpe convergent vers le milieu du dos de la deuxième phalange pour former le réseau dorsal des doigts. Ce réseau s'étend jusqu'au milieu de la première phalange ; il est composé de plusieurs gros troncs parallèles, anastomosés en mailles longitudinales, t|ui passent directement sur le dos de l'articulation de la première avec la deuxième phalange et non en la contournant, comme on l'a dit. Il se termine dans l'arcade dorsale de la première j^halange. L'arcade dorsale ou arcade dig'Uale, souvent grosse, visible à travers la peau, occupe la partie moyenne ou la limite du tiers supérieur de la première ]ihalange. Sa concavité regarde en haut, comme d'ailleurs celle des arcades du métacarpe ; par sa convexité, elle reçoit les veines dorsales des doigts et une partie des v. palmaires. De chacune de ses extrémités part une branche, qui se dirige vers le sommet de l'espace interdigital et s'anastomose par convergence avec celle de l'autre doigt pour former une V. métacarpienne. Le pouce n'a pas d'arcade dorsale.
Le réseau palmaire des doigts est formé de vaisseaux plus fins, de mailles plus arrondies. Il a son origine dans les veines de la pulpe et dans les parties molles de toute la face antérieure du doigt. Il se déverse presque entièrement dans le réseau dorsal à l'aide des veines latérales ou v. obliques, qui contournent en hélice le bord des doigts pour se porter sur la face postérieure ; une petite partie du sang arrive au réseau palmaire de la main, en franchissant le pli digito-palmaire. Certains auteurs nient l'existence de v. collatérales supei'ficielles analogues aux artères ; d'autres les admettent et les font aboutir aux veines interdigitales qui elles-mêmes s'ouvrent dans les v. dorsales métacarpiennes ; d'autres enfin décrivent dans le réseau palmaire un seul tronc collecteur d'abord médian, puis obliquant pour se jeter dans le confluent interdigital.
Kn résumé, on voit que le doigt est entouré d'un lacis veineux formant une gaine vasculaire péridigilale ; que les vaisseaux, comme à la main, occupent surtout la face dorsale ; que leur origine principale est l'extrémité tactile du doigt; enfin qu'il y a dans l'espace interdigital un véritable confluent veineux.
2° V. de la main propr. dite. — Il y a sur le dos de la main un réseau dorsal et des V. marginales.
Nous avons vu que les branches latérales de l'arcade dorsale de la phalange s'unissent à angle aigu avec les branches des doigts voisins pour former les veines métacarpiennes (v. interosseuses superficielles, v. digitales principales). Olles-ci reçoivent dès leur origine les v. interdigitales, qui proviennent les unes de la palmure des doigts, les autres du réseau palmaire de la première phalange, d'autres enfin des anastomoses avec les interosseuses profondes. 11 V a donc un carrefour veineux interdigital, espace à pression faible qui facilite ra|)pel dn sang, alors qu'au contraire sur la partie dorsale de la tête des métacarpiens ne passe aucun vai^scau. Il y ;i ipialie v. méiai'caipipnnes.
SYSTÈME VEINEUX
plus nettes chez le nouveau-né, qui. à leur origine au moins, correspondent à l'espace iuterosseux. Celle du premier espace, qui continue la branche externe de l'arcade dorsale de l'index, traverse obliquement cet espace pour aller rejoindre la céphalique du pouce. Les autres ne tardent pas à s'anastomoser et dessinent des figures très variables, souvent d'une main à l'autre, que l'on peut ramener à deux types, le type en arcade et le type en réseau. Dans le premier, il se forme une arcade (arcade dorsale du métacarpe) dont la convexité regarde les doigts ; elle est dentelée, et par chacune de ses pointes reçoit une V. métacarpienne ; ses extrémités se prolongent vers le poignet pour constituer les V. radiale et cubitale. Dans le type en réseau (réseau dorsal), qui est le plus fréquent et qui est celui du dessin ci-joint, les anastomoses obliques qui relient les v. métacarpiennes produisent des mailles irrégulières dans lesquelles on reconnaît toujours nettement la direction longitudinale des gros troncs. Aux veines dorsales, branches ou réseau, aboutissent d'abord la presque totalité des V. des doigts, puis toutes les veines marginales du réseau palmaire, enfin une bonne partie du sang des veines profondes de la main qui lui arrivent par les perforantes des espaces interosseux. C'est donc le grand réservoir veineux de la main tout entière.
Les V. marginales sont indépendantes du réseau. Celle du bord externe ou radial porte le nom de céphalique dn jjortce ; elle longe le bord externe ou plus souvent la face dorsale du premier métacar|»ien ; on la suit parfois sur la ligne médiane jusqu'à la racine de l'ongle. Elle s'unit à la première v. mélacarpienne, qui vient du bord externe de l'index, pour former l'origine principale de la V. radiale superficielle. La veine du bord interne ou bord cubital naît de l'extrémité interne de l'arcade dorsale du petit doigt, et longe le bord interne du cinquième métacarpien, puis s'unit avec les branches internes du réseau dorsal pour constituer lav. cubitale superficielle. C'est la veine salvalelle [àe salvare, sauver, parce qu'on saignait souvent son prolongement, la veine basilique, ou d'après Ilyrtl par corruption d'un mot arabe qui a d'ailleurs un sens analogue). La céphalique du pouce est ordinairement volumineuse, mais la salvatelle est souvent très petite ; aussi beaucoup d'auteurs appellent-ils céphalique la veine du premier espace, et salvatelle la v. du quatrième espace interosseux.
Le réseau palmaire de la main est beaucoup moins important. 11 occupe l'épaisseur du pannicule adipeux, au-dessus de l'aponévrose palmaire. Ses mailles polygonales, lâches au centre, se resserrent sur les éminences thénar et hypothénar. 11 n'a pour branches afférentes que les veinules du tégument de la paume et quelques rameaux provenant de la face palmaire de la première phalange de l'espace interdigital. Ces rameaux aboutissent à une arcade marginale, ou arcade palmaire sous-cutanée, concentrique au bord inférieur de la main, et communiquant par ses deux extrémités avec l'arcade dorsale. Le réseau palmaire se vide par toute sa périphérie, de là la forme indifférente de son réseau ; la pression desobjetset la tension de l'aponévrose palmaire chassent le sang dans les v. dorsales. Les branches du bord externe et du bord interne (réseaux des éminences) aboutissent à la céphalique du pouce et à la salvatelle ; celles de la portion centrale se réunissent en haut, au niveau du poignet, pour constituer la v. médiane del'avant-bras.
VEINES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
Les veines de la main uni été l'objet de plusieurs travaux dans ces dernières années. Voyez: Braunc et Tnibigcr, Die Venen der //iciisr/i/ichcn llantt. 1872; — Bourccrcf, /,« Main, 1885; — Mourot, Su?- la circula/ion de la main, Montpell. iiiédic., 1889; — Tliii)audet, Veines de la main et de l' avant-bras, ïli. de Paris, 1801.
La terminologie n'est pas encore fixée et varie d'un auteur à. l'autre.