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BRANCHES D'ORIGINE DE LA JUGULAIRE INTERNE

SINUS CRANIENS

La V. juf^ulaire interne a pour origine les sinus crâniens; par convergence successive ils aboutissent à un tronc commun, le sinus latéral, qui au niveau du trou décliiié postérieur se continue avec la jugulaire interne.

Les shius cn'iniois sont des canau.x fibreu.x, collecteurs des v. du cerveau et de l'œil; ils reçoivent aussi quel([ues veines osseuses et méningées. Ils occupent des gouttières creusées sur la face interne du crâne, et se logent dans les grandes dépressions de l'encéphale, la scissure interhémisphérique, l'excavation centrale de la base, le sillon qui sépare le cervelet du cerveau.

Leur forme est en général prismatique ou cylindrique. Le sinus long, supérieur, le sinus droit, le sinus latéral, sont prismatiques, à section triangulaire. Quelques-uns sont plexiformes et irréguliers.

SYSTÈME VEINEUX

Leur structure fibreuse, l'absence de valvules, la présence de brides ou de travées dans leur intérieur sont autant de traits caractéristiques.

Leur paroi se compose d'une tunique externe, fibreuse, épaisse, qui appartient à la dure mère, et d'une tunique interne veineuse. La tunique externe, durale, remplace la tunique adventice et la tunique musculaire ; elle est produite par le dédoublement des deux feuillets de la dure-mère ou peut-être par le plissement du feuillet interne. Elle est essentiellement fibreuse, pauvre en fibres élastiques ; les faisceaux conjonctifs sont longitudinaux en dedans, et circulaires en dehors ; d'autres fois il y a plusieurs couches alternantes. Elle possède des vasa vasorum et des nerfs, nerfs sinusiens de Luschka, dont quelques-uns se terminent par des corpuscules de Pacini (Krause). On présume que ces nerfs sont en rapport avec la régulation de la circulation. La tunique interne n'est autre que la tunique interne des veines

Fig. 492. — Forme des sinus.

Coupe frontale passant parla région postérieure de la téte et montrant la forme triangulaire

des principaux sinus.

extra-cràniennes se prolongeant dans les sinus fibreux qu'elle tapisse ; ainsi s'explique la propagation dans le crâne des phlébites extérieures. Elle est mince et délicate, et se compose d'un endothélium reposant sur une couche élastique à réseau fin et serré, qui présente une direction longitudinale. Luschka ajoute que l'endothélium peut manquer par place et que dans certains points il est doublé d'une membrane limitante très fine. Il n'y a nulle part de fibres musculaires.

Les sinus n'ont pas de valvules. Certaines de leurs veines afférentes, s'abouchant obliquement, présentent à leur ouverture un éperon qui brise le courant, mais n'empêche pas les injections de passer.

On rencontre dans plusieurs sinus des brides ou cordes de WilUs tendues en sens divers d'une paroi à l'autre. Dans le sinus long. sup. elles sont fermes, comme les cordages tendineux du cœur; dans le sinus droit, le sinus latéral

SINUS CI{ANIENS

ol lp sinus occiiiital Iranvorso, elles soni nnliiiaireiiienl molles et. ronL,M'i'ili'es. D'aiiires fois, ce seul, de vérilai)l(>s t7t»/S0NN' conliniies, ayaiil 1 e. el. plus de longueur, placées de champ dans le sinus qu'elle dédouble, plus raremenl en sens liorizonlal. Kntin ces brides s'unissent, en véliculum dans le sinus caverneux, le sinus carotidien, le sinus occipital antérieur, les lacs sanguins, tous sinus qui dérivent de plexus veineux transformés, à la fin de la vie fœtale ou même tardivement, en cavités cloisonnées.

V.n r.iison de leur structure, les sinus sont béants sur la coupe et très peu extensibles, si peu extensibles que les injections les rendent à |)eine plus apparents, Mali^ré leur béance, les hémorrhagies s'arrêtent Facilement el l'entrée do l'air est extrêmement rare; leurs blessures sont loin de présenter la gravité (lu'on aurait pu pi'évoir. Sans doute la rigidité et l'immobilité des parois compensent les dangers de la béance permanente; car. dans les \eines ouvertes, ce sont surtout les mouvements des muscles voisins ou l'extension des veines sectionnées qui provof[uent ra|)pel de l'air dans le canal veineux.

()n compte ordinairement l'i sinus ; mais on oublie les deux sinus sphénopariélaux, les deuv sinus carotidiens et les deux sinus piM ro-occipilaux, ce (|ui l'ait 21. A rexcej)tinn des deux derniers qui sont creusés sur la face externe de la biise crânienne, tous les autres sont dans la caN'ilé du crâne. Cinq sont impairs et médians : le sinus long, supérieui', le sinus long, iufér., le sinus droit, le sinus circulaire et b' sinus occipital transverse; tous les autres sont |)airs. Superposés sur trois étages, un étage supéi'ieur ipii comprend le sinus long, supér. et les sinus latéraux ; \in étage moN'cn, pour le sinus long, inféi-, et le sinus droit; un étage infériiMir pour b^s sinus de la base, ils convergent tous dans leurs brauebenients successifs vers le trou déchiré postérieur, disposition qui semble due à l'attitude verticale, car chez les animaux dont la tète est inclinée et dont le trou occi|)ital est vertical, les sinus de la base sont peu développés et les sinus latéraux sortant par les trous temporaux, au niveau de l'articulation temporo-maxillaire, débouchent dans la v. jugulaire externe.

Lacs sanguins. — Les lacs Aaurjuiws (Trolard) sont des cavités lacunaires creusées dans l'épaisseur de la dure-mèi'e et annexées aux sinus. Ces cavités ont la forme d'ampoules rondes ou allongées, mesurant en moyenne 1 cm. en longueur, jusqu'à ^ cm. quand plusieurs d'entre elles se fusionnent. Leur structure est aréolaire, et leur face intei'ue. ainsi que celle des travées, est tapissée par un endothélium ; elles contiennent du sang veineux. Llles reçoivent des veines méningées et des v. diploïqucs, dont elles ne sont d'ailleurs qu'une dilatation, et communiquent avec les v. cérébrales et avec les sinus. Les veines cérébrales ])assent à coté d'elles ou en dessous et communiquent avec elles par un ou (ItMix |ieflts orifices. Il eu est de mêiue des sinus qui leur sont reliés tantôt par des fenêtres unies ou grillagées, tant(M par des tnuu'uli^s de (|U(>l(|ues milliméti'cs de longueur.

Les lacs sanguins jiassent |)ai'l(>s trois phases de plexus veineux. d'ampt)ules lacunaires et de cavités pacchioniennes. Ils se constituent aux dépens du réseau veineux de la face externe de la dure-mère. Ces réseaux en se dilatant forment des amas de gros el de petits vaisseaux, unis au sinus ^•o(^in pai' rextrc'Uiilé

SYSTÈME VEINEUX

des branches veineuses; c'est ce que montrent ]es corvosions (Langer). De bonne heure les réseaux, en fusionnant leurs parois, prennent la forme caverneuse, car on |)eut observer des lacs sanguins même chez les enfants. C'est d'ailleurs de la même façon, par la (ransformation lacunairedeplexus veineux, que se dévelop|ienl le sinus caverneux, io sinus carotidien, le sinus occipital transverse e( les occipitaux postérieurs. Les lacs une fois formés s'étendent d'abord en surface, [)lus tard en épaisseur, et soulèvent le feuillet durai qui leur sert de voûte. Avec l'âge, ils font de plus en plus saillie à l'extérieur et

Fig. 41)3. — Lacs sanguins et. veines méningées.

La paroi supérieure des lacs et du sinus 1. supérieur a ëlé exeisée. Des orins engagés montrent la communication des lacs avec le sinus. I..es v. méningées sont figurées simples. — Y. aussi les fig. fi9 et lOO de la Névrologie.

creusent à la face interne du crâne des cuvettes ou dépressions anfractueuses, caractéristiques du crâne sénile. La voûte durale se résorbe et le lac s'ouvre dans le dijdoé; quelquefois même il proémine à l'extérieur du crâne. Ses travées peuvent s'ossifier. En même temps qu'ils s'accroissent et prennent cette forme, les lacs sont envahis par les granulations de Pacchioni qui, nées du (issu sous-arachnoïdien, traversent en la déprimant la paroi inférieure et s'élalent en tapis sur leur plancher (V. Névrologie, p. 145). Ce n'est toutefois là qu'une complication, un accident et ce ne sont pas les granulalions qui pro-

SINUS CRANIENS

iliiisent les ampoules veineuses; car, ainsi que nous l'avons dil, les lacs sanguins se forment dès les premiers mois de la vie et parfois chez l'adulte ne renferment aucune granulalion ; d'autre part, ces dernières envahissent tout aussi bien d autres espaces creux, tels que les sinus ou les v. méningées.

Les lacs sanguins se rencontrent le long de plusieurs sinus et sont prescjue toujours bilatéraux et symétriques: 1° le long du sinus long. sup. ; les plus gi'os et les plus constants siègent dans la région fronto-pariélale, sur le trajet de la branche antérieure de la v. méningée moyenne ; 2° dans la tente du cervelel, le long du s. latéral ; il y en a ordinairement un vers la ligne médiane (H l'autre vers l'angle externe ; 3° dans la fosse moyenne ou temporo-sphénoï- (hile de la base, sur le trajet de la v. méningée; ils sont souvent très gros ; i" de plus petits, près du sinus droil. Tous ces lacs sont ii peu près constants.

Leur rôle parait être celui de réservoirs chargés de régulariser la circulation veineuse du cerveau ; aussi Labbé les a-l-il appelés lacs dérivatifs de svretë. Leur structure aréalaire et leur situation en dehors des grandes voies sanguines font présumer (jue la circulation doit y être ralentie ; ils sont d'ailleurs très prédisposés aux thromboses.

On a divisé les sinus en impairs et pairs, en torculariens et alorculariens, suivant (|u'ils se lendeni ou non au |)ressoir d'IIérophile (lorcular, pressoir). La classification la plus naturelle, hi |ilus conforme à la théorie vertébrale du crâne et à la direction même des deux grands courants du sang intra-crànien, est celle qui divise les sinus en deux catégories : les sinus de la voûte et les sin us de la base.

Il existe encore d'autres petits sinus inconstants, les sinus pélro-sqnammenx, les sinus condyliens. Nous les mentionnerons au cours de la description.

Sinus de la voûte

Sinus de la base

S. longit. snpér.

S. longit. infér.

S. droit.

S. latéraux (pairs).

S. occipitaux postérieurs (pairs).

S. sphéno-pariélaux ou de Breschet (pairs).

S. caverneux (pairs).

S. coronaire,

S. carotidiens (pairs).

S. pétreux supérieurs (pairs).

S. pétreux inférieurs (pairs).

S. occipital transverse ou antérieur.

S. pétro-occipitaux (pairs).

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