‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 88 sur 190 · JUGULAIRE INTERNE · texte numérisé non relu

JUGULAIRE INTERNE

ligature des jugulaires, le plus haut possiljle. Il est bon île pousser une injection coiriplénientairo par la v. oplithalniique. Pour injecter le s. longit. sup., on pratique une fenêtre à la voûte, on lie la canule sur des épingles ou en se servant d'un ténaculum et on pousse successiA-enient en avant et en arrière.

On remplit les i\ dip/oïqiies en injectant par l'artiM-e méningée moyenne et par le tliploé lui-même (Lniirjer). On peut aussi sur une \-oùto du crùnc sectionnée utiliser les gros canaux que l'on voit sur la coupe.

Pour inject(3r les o. de l'orbite et le système delà v. ophthalmique en particulier, Festal, après les soins préliminaires (clioix d'un sujet maigre et âgé, lavage prolongé, trempage dans l'eau chauiie) remplissait d'abord les deux carotides, puis successivement les deux jugulaires externes et les deux jugul. int. avec une niasse à la gélatine colorée par des couleurs de gouache. — Sesomann a employé la masse à l'huile de lin et à la térébenthine. Sur une t("te séparée, il lie les jugul. internes et pousse par les jugul. ext. et antérieure et par les faciales. Pour injecter spécialement la v. ophthalmique, il faut d'abord pousser par l'angulaire ou la frontale, et pour remplir les collatérales labiales de la faciale, pousser par celle-ci à contre-courant après avoir lié l'angulaire. — Gurwitsch s'est servi de la même matière et a procédé de la même façon. La tète séparée et liée, il pousse par la faciale et la temporale superncielle, et complète par la jugulaire externe et le tronc temporo-maxillaire.

Dans tous ces procédés, on obtient l'injeclion totale des veines de la ti''te et des sinus.

Golfe de la jugulaire. — Est le bulbe Huiler et des auteurs étrangers. Rudinger a montré que la largeur du sinus latéral, du trou déchiré et de la fosse jugulaire marchent de pair. La fosse jugulaire est la partie la plus variable du crâne. Quand le sinus latéral coiTesponilant est très petit, la fosse qui lui fait suite peut n'avoir que .S mm. de hauteur sur 4 de large ; l'orifice vasculaire du trou déchiré est alors plus petit que l'orifice nerveux. Kastotf (1844) avait cru reconnaître un rapport entre l'étroitesse du trou jugulaii'e a\ ec absence de la fossette, ce qu'il attribuait à une hyperostose du rocher, et certaines formes de folie, notamment la folie suicide. Mais l'invariabiliti' du canal carotidien dans ces cas, et la présence de dispositions semblables sui' des sujets normaux, montrent qu'il s'agit d'une asymétrie congénitale liée à la direction des sinus. — Quand elle est bien développée, la fosse jugulaire et avec elle le golfe veineux peuvent s'enfoncer entre l'aqueduc du limaçon et celui du vestibule, aune faible distancedu vestibule et do l'ampoule du canal demi-circulaire vertical postérieur, près de la caisse du tympan et à quelques millimètres du méat auditif interne. Rudinger a vu la paroi externe de l'aqueduc du limaçon et celle de l'aqueduc du vestibule perforées, communiquant a\'ec la fossette jugulaire (V. Riidinger, Ueberdeii Abfluss des B/ii/es... ISTfi).

Langer a avancé que le golfe de la jugulaire n'estqu'un coude du sinus latéral, obligé de s'inlléchirautonrde l'épine jugulaire pour accommoder sa direction horizontale à la direction verticale de la jugulaire interne. 11 se fonde sur l'absence du golfe chez le nouveau-né, la liircclion deux fois infléchie du sinus, et l'abouchement du sinus pétreux inférieur au-dessous de la base du crâne, ce qui indiquerait qu'au-dessus de son embouchure c'estlesinus et non la veine jugulaire qui remplit la fossette. Les arguments de l'auteur ne sont pas décisifs et l'étude de quelques pièces ne m'a pas paru appuyer son opinion. La dilatation de la veine est sans doute produite par le débouché à angle droit d'un gros sinus, sous une incidence dél'avorable à l'écoulement; mais cette dilatation appartient à la veine, non au sinus. J'ajouterai que d'après Luschka le golfe de la jugulaire possède la structure veineuse, et que la structure slnusienne [canal fibreux tapissé par la tunique interne) ne commence qu'il l'orifice jugulaire du trou déchiré' (V. Langer, l'eber der l'rsprung der hineren Jiigulnrvenen. C. R. .\c. Se. (le Vienne. 1884).

■Variétés et anomalies de la jugul. interne. — Ne fait jamais défaut, mais quelquefois très grêle à gauclie et remplacée par une forte jugul. antérieure, variété réversive du type animal : — double ou mieux déiloublée avec deux branches égales et volumineuses, mais unique à ses extrémités (plusieurs cas) ; — percée d'une fente où passe le tendon de l'omo-hyoïdien, par formation insulaire étroite {Williams).

Passe avec le pneumo -gastrique en avant de la carotide primitive (Quain) ; — reçoit des branches supplémentaires : le tronc temporo-maxillaire (normal pour quelques auteurs) . l'intercostale sup. gauche, une v. bronchique, la laryngée supér., la vertébrale, la scapulaire transverse, quelquefois une v. sortant du troisième trou de conjugaison (Chnbberl). — Reçoit la V. jugul. externe au milieu du cou (1 cas), ou bien à sa partie inférieure la branche interne d'une jugulaire externe bifurquée.

V. faciale. — Dans le tronc linguo-facial, c'est d'après Rathke la linguale qui est la branche primitive chez les animaux, la faciale étant une branche collatérale.

SYSTÈME VEINEUX

J'ai vu la faciale très grêle dans sa partie supérieure, ce qui arrive souvent pour l'artère. — Elle peut recevoir le tronc temporo-maxillaire [faciale postérieure) et constituer alors la y. faciale connnune ; disposition considérée comme normale et typique par Henle. — Débouche quelquefois, comme chez les animaux, dans la jugulaire externe du même côté, en passant sur le sterno-mastoïdien: ou dans celle du côté opposé iCruveilhier): — ou dans la jugulaire antérieure (cas fréquent), à laquelle elle est régulièrement anastomosée; — ou dans la convexité d'une arcade commune aux jugul. ext. et antérieure (Cruv.)

La V. angulaire est énorme chez le mouton et fréquemment choisie pour la saignée.

Sur la v. faciale, voyez les travaux des auteurs cités à propos de lav. ophlhalmique : Festal, Sesemann et Gurwitsch.

Les v. frontales présentent des formes très diverses. D'après Gurwitsch, la règle est qu'il y a un tronc médian unique, qui dans la moitié des cas se dirige vers la veine angulaire gauche, et dans l'autre moitié se bifurque en deux branches droite et gauche. Il peut y avoir quatre veines parallèles. L'arcade n'est pas constante ; elle peut être sinueuse ou double. Gurwitsch signale une communication de la v. frontale avec le sinus long. sup. par une perforante médiane.

On saignait autrefois les v. frontales. Mais le sang coule en bavant, et les communications avec la circulation cérébrale sont à peu près nulles (Hi/rll).

Les veines nasales ou des fosses nasales sont nombreuses. Le riche réseau veineux de la pituitaire, qui prend sur les cornets moyen et inférieur une forme caverneuse, se déverse par plusieurs voies : en avant, dans les v. dorsales et latérales du nez, branches de la faciale, par des perforantes ; en arrière dans la maxillaire interne, parles palatines supérieures et sphéno- palatines ; en haut dans l'ophthalmique par les deux ethmoïdales.

Les veines labiales sont difficiles à injecter, à cause de leurs nombreuses valvules. J'ai souvent échoué. Il faut choisir un sujet âgé, et lier la faciale à ses extrémités pour augmenter la pression. Sur une pièce de Chabbert, que Bonamy considérait d'ailleurs comme unique, les deux lèvres possèdent un plexus annulaire, à mailles très serrées, surtout sur la partie moyenne ; il occupe le bord libre, dans l'épaisseur de l'orbiculaire. La forme habituelle du plexus labial est plutôt celle d'un éventail grillagé qui enlace l'orbiculaire et s'effile vers le tronc émissaire.

Les V. labiales inférieures sont souvent éparpillées ; on voit quelf[uefois unev. médiane. Les latérales peuvent aboutir à la jugulaire externe : les rameaux internes vont ordinairement aux V. sous-mentales.

V. sous-orbitaires. — Ne sont pas régulières. N'existent que 7 f. sur 100 ! Gui'wi/scli).

V. faciale profonde. — Walter l'a appelée ophthalmo-faciale à cause de ses anastomoses avec les v. orbitaires, anastomoses qui ne se présentent que dans 40 0/0 dos cas. Elle ne manquait qu'une fois sur 21 sujets (Gurwitsch) ; elle peut être très petite : je l'ai vue émerger de la tubérosité maxillaire par un orifice volumineux. — Le plexus alvéolaii'e signalé par Gruveilhier est inconstant. Gurwitsch ne l'a rencontré que 3 fois sur 21 têtes injectées ; Launay ne l'a observé ni chez l'homme ni chez les animaux. — La v. du siiiîis est une émissaire du riche plexus de la muqueuse du sinus maxillaire, plexus indiqué par Gurwitsch ; elle perfore la tubérosité.

V. buccales. — Launay signale une veine buccale assez grosse et constante, satellite de l'artère buccale et du nerf : elle communique en arrière avec les v. temporales profondes. — Le plexus massétérin superficiel se vide en avant dans la faciale par les massét. antérieures, en arrière dans la temporale, la jugul. externe parles massét. postérieures.

Plexus de Sténon. — Sesemann croit l'avoir découvert; Foucher (Th.de Paris, 1854) l'a signalé bien avant lui. Il est si serré dans une injection réussie qu'il masque le conduit et lui constitue une véritable gaine ; il assure probablement l'occlusion des parois qui n'ont pas de fibres musculaires; il se déverse par son extrémité postérieure dans la jugul. ext. (ou le tronc temp -max.) qu'il anastomose ainsi avec la faciale, et par des branches latérales dans les v. massétérines et dans une arcade anastomotique inférieure qui croise le bord inférieur du massétcr.

V. liiir/uale. — H y a pour ses diverses branches des dénominations diff'érentes suivant les auteurs ; j'ai adopté celles de Sappey.

Le tronc de la linguale s'ouvre quelquefois dans la jugulaire externe, — dans la jugulaire antérieure. — Une des trois branches, et même toutes les trois peuvent déboucher isolément dans la jugul. interne. — Les linguales profondes vont souvent à la v. pharyngienne. — • Zuckerkandl a décrit un plexus du canal de Wharton analogue au plexus du canal de Sténon. — ■ On a signalé des v. satellites du nerf lingual ; sont petites et paraissent inconstantes.

Les veines de la langue sont souvent variqueuses {Masson, Thèse de Bordeaux, 1880). Ces varicosités qu'on voit dans la diathèse variqueuse, les maladies du cœur ou du pou-

SINUS CRANIENS

mon, les congestions céi'ébralcs... allerlonl soit les v. raniiips soit les veines (ioi'sales, c'cslà-iliru les v. superticiellcs. On a vu les v. dorsales fie la grosseur d'une plume de corbeau, a\ ec des dilatations anipullaires.

Sur les veines do la langue, v. Zuckerkandl, Ziir r/rsrri/i. iiiid /ojio{/r. Aiidlomie dcv ZuHfjenvenen, Wien. med. Jalirb., 1870).

V. Thi/roïrlienne mpériewe. — Débouche isolément dans la jugulaire interne (cas fréquent) et ligure alors la base du triangle opératoire dans la ligature de la linguale en dehors. — Est beaucoup plus grosse que le tronc linguo-l'acial. — Reçoit le sinus pétreux inférieur. [Tlieile). — Est accompagnée par une tbyroïilienne accexxnirp [Kocker) qui s'ouvre audessous d'elle dans la jugid. interne. L'accessoire existait dO fois sur 16 sujets, toujours unilatérale, 8 fois à droite {Gaudter).

La hiviiiigi'c supérieui'p peut s'ouvrir isolément dans le tronc linguo-facial ou dans la j 11 gui. antér.

Lusclika décrit trois veines laryngées : 1» une veine laryngée inférieure, qui se jette ilans le plexus thyroïdien pré et péri-trachéal, tributaire de la v. thyroïdienne inférieure : -1^ une V. laryng. moi/enne ou rriro-thi/roïdienne. grêle ; 3" une v. laryng. super, qui a ses origines dans la gouttière pharyngo-laryngi'oet communiqueavec les veines dorsales do la langue et avec rextri'inité inférieure du plexus pharyngé.

(Sur les V. du larynx : Luscklia. /Jie Veiie i/rn menschliclien A'eli//tO]ifs, .Arcli. f. .\nat., 18(19.)

r. phari/uf/ée. — On sait qu'il existe sous la tuni([ue externe du pharynx (v. Pharynx, |i. 166) un vaste plexus qui recouvre sa face postérieure et ses faces latérales. Le plexun /ihari/nyien communique a\'ec de nombreuses veines voisines : en bas, avec les thyroïdiennes supérieures et les œsophagiennes ; en haut et latéralement, avec les v. vidiennes et sphéno-palatincs du plexus plérygoïdion. la palatine inférieure de la faciale et la v. vertébrale. Le p/exus lubaire do la trompe d'Eustache aboutit on partie au plexus ptérygoïdien, en partie au plexus pharyngien. Il en est de même du plexux lonsillaire de l'amygdale palatine, dont la partie antérieure est tributaii'c des v. pharyngiennes et des v. linguales, la partie postérieure se rendant aux v. ptérygoïdiennes. Le rameau méningé de l'artère pharyngienne est accompagné d'une veine, souvent considérable, qui descend de la base du crâne, où elle s'anastomose avec lo plexus condylien antéi'ieur (v. pliar//iif/nrnndijlieiine de Labbé). Une veine médiane descend quelquefois do l'apophyse basilaire.

Le plexus pharyngien se déverse par des émissaires multiples, non seulement par la \\ pharyngée, mais encore par la palatine inférieure et la thyroïdienne supérieure.

La V. pharyngée s'ouvre quelquefois dans le tronc linguo-facial. — Elle peut recevoir les V. occipitales [yrofondos. — Theile signale une v. pharyngienne accessoire qui débouche dans la faciale.

r. thi/roïdieiiiw mni/enne. — Certains auteurs la disent constante, d'autres pensent (|u'elle manque souvent, d'autres enfin que son absence est la règle. — Assez souvent deux de chaque coté (thyroïdienne moyenne accessoire).

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