‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 3)Chapitre 95 sur 190 · SINUS PÉTP.EUX INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

SINUS PÉTP.EUX INFÉRIEURS

Pairs et symétriques, les sinus pétreux inférieurs s'étendent de l'angle postérieur du sinus caverneux à la veine jugulaire interne. Ils occupent la gout-

S. long s.

Fig. 490. — Sinus île la base du crâne (d'après Ilenle).

On remari|ue sur cette pièce le type plexiforme du sinus occipit. antér. ou transv. (plexus basilaire), et la grosseur anormale du sinus occip. postérieur.

tière supérieure de la suture pétro-occipitale, gouttière qui s'étend du sommet du rocher ou du trou déchiré antérieur au trou déchiré postérieur. Ce sinus est plus gros et plus court que le s. pétreux supérieur ; Bœke a publié un cas d'hémorrhagie mortelle consécutive à sa rupture, dans une carie du rocher, je crois. Sa forme est demi-cylindrique. Son extrémité antérieure sort du sinus

SINUS CRANIENS

caverneux, mais communique aussi avec le sinus occipital transverse. Son extrémité postérieure s'engage dans la partie antérieure étroite du trou déchiré postérieur, en avant des nerfs mixtes qui le séjjarent du sinus latéral et de la jugulaire interne, descend dans la fosse jugulaire et se termine dans la veine jugulaire (jamais dans le sinus latéral), sur sa face interne, par un orifice valvulé. Cette terminaison se fait de deux façons. Ou bien le sinus se jette dans le golfe même et reste sinusien jusqu'au bout, ou bien, cas plus (véquenl {Theile, Knott), il s'abouche au-dessous du golfe, par conséquent au-dessous de la base du crâne. Dans ce dernier cas, sa portion exlracrànienne, qui peut atteindre de G à .30 mm., sur 2 à G mm. de D., se transforme en veine ; c'est la veine ou portion veineuse du s. pétreux, r[ui descend accolée à la face interne de la jugulaire.

Le sinus pétreux inférieur reçoit : des veines du trou déchiré antérieur, des veines durales, des veinules du cervelet, de la protubérance et du bulbe ; — les veines auditives inlemes, petites veines, au nombre de deux ou trois, satellites de l'artère, qui iiroviennent du labyrinthe et du plancher de la caisse ; — quelquefois les veines de rafjueduc du limaçon ; — le sinus pétro-occipilal ; — enfin la V. condylieune antérieure qui vient du plexus de l'hypoglosse.

Il est avant tout un émissaire du sinus caverneux.

Plexus veineux de VhjipngJosse (Luschka) ; confluent condylien antérieur de Trolard. Luschka a montré que le canal condylien antérieur ou canal de l'hypoglosse est l'analogue d'un trou de conjugaison. Ce canal, long de 1 cm., contient un nei'f, l'hj^poglosse, qui émet à ce niveau de petits filets sensitifs osseux et sinusiens, un rameau artériel de la pharyngienne et un plexus veineux. Ce plexus forme à l'orifice interne du canal une couronne ou anneau (circellus hypoglossi), semh\a.h\e aux canaux veineux des trous de conjugaison et entourant le tronc nerveux. Il s'anastomose en dedans avec le plexus du trou occipital et le sinus occipital transverse, et se déverse en dehors et en avant par deux veines, qui accompagnent le nerf dans le canal et sortent avec lui après avoir rei;u quelques rameaux diploïques. L'une de ces veines s'anastomose avec les veines profondes de la nuque ; l'autre, v. condyVienne antérieure de quelques auteurs, se jette ordinairement dans la partie veineuse du s. pélr. inférieur et par lui dans la jugulaire interne.

Labbé a indiqué une autre communication du plexus de l'hypoglosse avec les plexus rachidiens. Un petit sinus, le si)ius eondylien, long de 10 à 12 mm,, large de 8 à 10, part de la couronne veineuse, se dirige en bas et en arrière dans une gouttière creusée en haut de la face interne du condyle occipital et se jette dans les plexus du trou occipital.

SINUS OCCIPITAL TRAN'SVERSIi

LesinHS occipital transverse (s. occip. antérieur, s. basilaire) est un sinus impair et médian, situé transversalement sur la gouttière de l'apophvse basilaire- Il n'est au fond que le plexus vertébral du corps de la vertèbre occipitale.

La dure-mère qui recouvre la face postérieure de la lame quadrilatère de Ja selle turcique et la suture sphéno-occipitale adhère fermement à ces parties ;

SYSTÈME VEINEUX

plus bas, elle est séparée de l'os par un tissu- spongieux qui renferme delà graisse et des veines dilatées provenant des espaces vasculaires du cartilage primitif (Lttsc/ifea). Ces veines se présentent sous deux formes, celle de plexus, celle de sinus. Dans le type plexiforme qui est la forme primitive et qui même chez l'adulte paraît être la plus fréquente, on observe deux ou trois troncs transversaux dilatés, flexueux, unis par des veines longitudinales ; c'est le plexus hasilaire de Virchow. Dans le type du sinus, les branches du plexus en se fusionnant ont pris l'état caverneux.

Le sinus occipital transverse reçoit des veinules protubérantielles et bulbaires et des V. osseuses. Il unit entre eux les deux confluents pétro-caverneux, plus particulièrement les deux sinus pétr. supér. et les deux sinus pétr. infér., à leur origine inéme. Par ses branches descendantes, il sejette dans le plexus du trou occipital qui appartient aux v. rachidiennes. II est donc l'anastomose principale entre les sinus crâniens de la base et les sinus rachidiens.

SINUS CAROTIDIENS

tlektorzik a découvert et ap|)elé sinw^ carotidien un plexus veineux aréolaire qui éiiuine du s. caverneux et enlace lacarotide interne sur tout son trajet dans le canal carotidien. Les coujjes transversales de ce canal osseux creusé dans le rocher montrent que la carotide, même distendue, ne le remplit point complètement ; il reste entre le |)éi'ioste dense, d'aspect durai, et l'adventice de l'artère un espace variable suivant le volume du vaisseau, occupé par une couronne veineuse. Cette gaine réticulée est le prolongement du tissu trabéculaire du s. caverneux ; elle naît de l'angle postéro-inférieur du sinus sous forme d'un entonnoir qui englobe la carotide d'abord dans le sillon carotidien, puis dans le canal carotidien. Elle est surtout bien marquée au voisinage du sinus, et souvent même elle n'existe que dans la portion horizontale du canal. Au sortir du canal, sur la face inférieure de la base du crâne, le plexus veineux se résout en un ou deux troncs émissaires qui se jettent dans la v. jugul. interne.

Le sinus carotidien reçoit quelques veines osseuses du temporal, et aussi des veines de la caisse du tympan ; le sinus pétro-occipital naît quelquefois de son extrémité supérieure. 11 sert d'émissaire au sinus caverneux, mais surtout il fournit à l'artère incluse dans le rocher un coussinetélasti({ue et compressible (]ui j)ermet et régularise les pulsations artérielles. A son tour l'artère aide par ses battements à la circulation du plexus qui l'entoure.

Sl.NUS PÉTliO-OCClPlTAUX OU SINUS d'eNGLISCH

Engliscli (Vienne, 1863) a découvert ce petit sinus qui est le seul situé en dehors de la cavité crânienne, sur la face inférieure de la base du crâne. ïrolard l'a décrit plus tard sous le nom de s. pétro-occipital inférieur. Large d'i à 2 mm., il occupe la partie inférieure de la suture pétro-basilaire, engagé dans le fibro-cartilage qui comble cette suture, et comme celle-ci il est tantôt arqué à concavité supérieure, tantôt flexueux. Son trajet est parallèle à celui du s. pé-

SINUS GlUMKNS

(reiix infi'rieui", doiil le 8('|uire l'(''|)iiissoii r de la base du fi'àiie. Sou exlréniilé an li'i-ieure s'ouvre dans le s. caverneux ou dans le s. carotidien, au niveau du Irou déchiré antérieur; son extrémité postérieure, dans le s. pétr. inférieur près de son embouchure dans la jui;ulairc inlerne. il reçoit des veines de la voûte du pharynx et sert d'émissaire au sinus caverneux.

Veines émissaires propres du s. caverneux. — Ces veines sont au nombre de i|uatre. Toutes naissent de la base du sinus et traversent la base du crâne |)our se rendre au plexus plérygoïdien. Il est bon de remarquer que la v. ophllialmique peut, daus certaines circonstances, (juand le sinus caverneux est comprimé ou surchargé et que sa tension y est élevée (efTort, congestion cérébrale...) renverser le sens de son courant et devenir une voie etîérenle im|)ortante.

1" V. du Iran ovale. -— Assez volumineuses, ordinairement au nombre de deux, elles passent par le trou ovale avec le nerf maxillaire inférieur. — t'" V. (In Irait grand rond. — Kiles accompagnent le nerf maxill. supérieur. Signalées par N'uhn; n'existent que très exceptionnellement d'après Knott. — 3° V. du l roii décliiré aiUériear. — Elles traversent le tissu fibreux qui comble ce trou. Elles sont constantes, mais leur nombre et leur calibre varient beaucou|). l'jllcs aboulissent qnel([uefois aux v. pharyngées. — V. du Irou de Vénale. — O Irou incnnslaiil, (ju'nn ne voit guère que sur Lin tiers des crânes, et (|ui est situé en dedans tlu trou ovale, laisse passer une veinule (émissaire sphénoïdale de Merckel).

VEINES niPLUluUES OU V. DE BP.ESCHET

Le diploé des os de la voùle du crâne, semblable d'ailleurs en cela à la moelle et au tissu spongieux des autres os, conlieni un énorme réseau veineux, dont les veines se foni remarquer par l'extrême minceur de leur paroi; il est accompagné d'un plexus arlériel à fines branches. Ce labyrinthe veineux, véritable parenchyme de l'os, déverse son sang à travers les tables externe et interne soit dans les veines méningées et les sinus, soit dans les veines du cuir chevelu, et cela de deux façons : 1° par d'innombrables veinules qui sortent par des pores très fins et (|ui se jelteni dans les w méningées nio\ennes, dans les lacs sanguins, dans les sinus ou à l'extéi ieur dans les v. périosliques ; ces veinules possèdent une gaine lymphati(]ue {Scliu'alhe) ; 2" par des Ironcs isolés, de mo)en calibre, (ju'on appelle les v. dijiloïi|nes. l)upu\(ren et Breschet les ont bien décrites.

Les i\ diplo'iques ou v. de Breseliel oui une paroi très mince, réduite â la luni(jue interne. Elles possèdeul des valvules à leui' sortie de l'os (Lauijer). Très variables dans leur disposition, elles présentent çà et là des diverlicules en rui-de-sac, ou des formations ampullaires. Plusieurs fois les diploïques frontales ont été trouvées variqueuses, surtout au-dessus de l'angle interne de l'œil; elles formaient des tumeurs fluctuantes, visibles sous la peau; les deux tables externe et interne de l'os avaient été résorbées (Stromeyer).

Jolies ne se constituent qu'après la naissance, par la fusion des veines |)Iexifornies qui émanent des réseaux d'ossification, au niveau des bosses de la voùle.

Tout d'abord elles restent localisées à chacun des os ou écailles; plus tard, traversant les sutures ossifiées, elles s'anastomosent entres elles et finissent par former chez les vieillards un vaste réseau qui couvre toute la voûte.

Les plus constantes de ces veines sont : les diploïques frontales, lemporopariétales et occipitales, symétriques de chaque côté.

i" V. diploïqae frontale. — Elle descend du bord supérieur du frontal et arrivée an niveau de l'échancrure sus-orbitaire se jette dans la v. sus-orbitaire ou dans l'ophthahnique. Elle communique par sesliranches avec les v. frontales et le s. longitud. supérieur. C'est la première qui apparaît chez l'enfant.

2" V. dïploïque temp oro-pariétale . — Le rameau antérieur ou temporal

Fig. 500. — Veines diploïques du crâne ou veines de Brescliet (d'après Breschot).

qui descend surtout du frontal s'ouvre soit en dedans, dans le s. sphéno-pariétal ou dans la v. méningée moyenne, soit en dehors dans une des v. temporales profondes. Le rameau postérieur ou pariétal aboutit en arrière de l'oreille à l'émissaire mastoïdienne ou à la v. auriculaire postérieure, ou encore au sinus latéraL

S" V. diploïque occipitale. — Elle descend verticalement près de la ligne médiane et se jette dans un des canaux veineux qui avoisinent la protubérance occipitale, tantôt dans le pressoir ou dans le sinus latéral, tantôt dans l'émissaire occipitale, veine qui s'étend du pressoir aux v. occipitales en traversant la protubérance osseuse.

(Sur les V. diploïques : Langer, liber die Blutgefœsse der Knochen des Schàdeldaches... C. R. Acad. Se. de Vienne, 1877).

Sinus en général. — On n'est pas fixé sur la vitesse circulatoire dans les sinus ; les expérimentations et les observations ne concordent pas. Mosso soutient que la pression est plus élevée dans le s. longit. sup. que dans n'importe quel point du corps et qu'elle dépasse

SINUS CRANIENS

celle de la v. crurali' ilr- J ,i, G cm. de ]iiei'cnri^. Poirier a vu le sang s'échapper en jcl du sinus sphéno-pariétal ouvert. D'autres obser\ atcurs, au contraire, ont vu le sang s'écouler lentement par le sinus longit. supérieur: ils ajoutent cjue les héniorrliagies sont très rares dans les plaies des sinus, même dans le s. latéral, et s'arrêtent facilement.

En tout cas, les sinus constituent des points d'élection pour les thromboses. La rigidité' dos parois, la forme triangulaire cpii augmente les frottements, la présence de brides, sont autant de conditions cjui ralentissent le cours du sang et favorisent la coagulation. Sans parler do la fréquence des thromboses du sinus latéral et du sinus pétreux dans les ostéites du rocher, je trouve dans la statistique de Dusch [Zeitftch. f. rat. Med., i 8o9) (pie sur 15 cas de thrombose marastique, de cause générale, le sinus 1. supérieur est envalii 1 1 fois ; 2 fois le sinus droit, 8 fois les deux sinus latéraux, 1 fois le sinus latéral ilroil ; en d'autres termes, la thrombose de cause générale, quand elle frappe les sinus, atteint spécialement le sinus long, supér. et do là, dans la moitié des cas, se prolonge symétriquement dans les deux sinus latéraux.

Luschka a étudié les vaisseaux et les nerfs di!s sinus. Les rasa vasoriim des sinus proviennent surtout de l'artère pharyngienne. A la base du crâne, cette artère l'ournit un rameau qui passe par le canal condyl. antérieur et se distribue aux parois du s. pétr, infér. et du plexus du trou occipital: un second rameau, qui traverse le trou déchiré liostérieur, est destiné au sinus laté^ral qui est aussi nourri parle rameau méningé poster, do l'occipitale: enlin un troisième passe par le canal earotidion pour arriver au s. caverneux. — Pour \r< ifi-fs, ce même auteur a indiqué <les rameaux du trijumeau qui vont au s. latéral rl nu plexus du trou occipital : .\rnold, un rameau méningien du pneumogastriiiuo, qu i , lU' du ganglion jugulaire, envoie des filets à ces mêmes sinus.

Les sinus crâniens sont assimilables aux plexus rachidiens, comme le crâne aux vertèbres (Piicl, Hédnn) L'analogie est bien nette pour la base. Les sinus coronaire et occipital transverse, qui recouvrcut le corps du sphénoïde et de l'occipital, rappellent les plexus Iransverses antérieurs des v. intra-rachidicnnos sur les corps vertébraux et en ont sou- \ ent l'aspect plexiforme : le trou déchiré postérieur et le trou condylien antérieur sont évidemment des trous de conjugaison, et nous avons vu que lo même trou condylien possède un anneau veineux qui entoure l'hypoglosse, comme cela arrive pour les nerfs spinaux; enfin les sinus de Bresehot, le sinus caverneux et les sinus pétreux, l'inférieur surtout, sont les homologues îles plexus rachidiens longiturlinaux et antérieurs qui, do chaque coté, aboutissent aux trous de conjugaison. L'assimilation est moins nette à la voûte. Cependant les sinus longitudinaux, le s. droit et les sinus occipitaux postérieurs représentent les v. intrarachidiennes postérieures, elles aussi longitudinales et adossées à l'arc vertébral, tandis que les sinus latéraux figurent les plexus transverses postérieurs qui s'étendent de ces \ cines aux trous de conjugaison.

Lacs sanguins. — Los lacs sanguins, entrevus par Breschet et par Cruveilhicr, signalés pai- l'"ai\ i'(' ('['h. Paris, 18o3), ont été bien décrits pour la première fois par Trolard (Tli. de l'aris, 186iS). Los travaux de Ret/ius sont postérieurs de deux ans. Ces cavités ont reçu des appellations nombreuses: lacunes veineuses, lacunes latérales, lacs dérivatifs, espaces parasinoïilaux. .le ne sais pourquoi Trolard a abamlonné le terme de lac saïu/u/n i[\n est excellent.

Voyez: Ti'olard (Tlièse citée et surtout: Lacunes veineuses de la dure-méve, Journ. de l'Anat., 1891) ; — Labbé, Des r/i-anula/ious de Pacchioni . Thèse de Paris, 1882 : — Langer, l'eher die BIulgef<rsse der Kiwelieu des Sr/urde/daclies. C. R. Acad. Se. do Vienne, 1877).

Sinus longitudinal supérieur. — On s'est depuis longtemps fondé sur les communicalions du sinus avec lesv, pituitaires pourproposer des émissions sanguines dans les fosses nasales, dans les cas do congestion cérébrale. iMais la r. du trou borgne, v. etlinioïdo-fron- /r//e de Sabatier et Blandin, oxiste-t-elle ? Plusieurs anatomistes disent ne l'avoir jamais rencontrée chez l'adulte, et que si elle existe, c'est uniquement chez l'enfant. D'autres, au contraire {Sperinn, Hédnn, Poirier) l'ont injectée plusieurs fois chez l'adulte. Mais n'ontils pas confondu avec le prolongement re'//<eM.r du sinus dans le trou borgne ? Zuckerkandl (Anal, des fosses nasales, 1893) soutient qu'il n'y a pas de v. émissaires du trou borgne, mémo chez le nouveau-né, que le seul réseau veineux est celui du sommet de la faux communiquant il est vrai, et encore à ce moment seulement, avec les v. périostiques du nez, et que l'action dérivative des épistaxis s'explique par une branche des v. ethmoïdales, qui remonte dans le réseau du lobule orbitaire et par lui arrive jusqu'au sinus, .J'ajouterai que les V. nasales ont d'autres voies dérivatives indirectes pour la circulation cérébrale, notamment par l'ophthalmique et le plexus ptérygoïdien.

Browning avance que les orifices des v. cérébrales postérieures ont une action valvu-

SYSTÈME VEINEUX

laire qui s'opposo au rcllux du sang du sinus dans les v. cérébrales, et il se fonde sur la diffieulté que l'on éprouve à injecter ces veines en poussant par la jugulaire interne. Je ferai observer qu'il n'en est plus de même si on pousse par le sinus lui-même, dans le sens normal du courant sanguin, et que le débouché très oblique de ces veines dans la paroi (obliquité qui n'existe pas d'ailleurs chez l'embryon ni chez les animaux) suffit à expliquer l'obstacle apporté aux injections et au reflux.

Variétés. — Sur ."il 2 crânes, dévié à droite 269 fois ; àgauche 78; médian 130 (Speriiio). La déviation peut n'occuper que sa partie postérieure. — Dans un cas, le sinus se déviait en arrière un peu au-dessus du pressoir et traversait la faux pour aller au s. latéral. — Se jette tout entier dans les s. occip. poster, (très rare). — Fait défaut (2 cas de Portai) :

— très petit; ses tributaires vont au s. 1. infér. et au s. pétr. sup. (Knott, 2 fois sur 44).

— Présente une ampoule de 14 mm. de large dans sa partie terminale {Dutnont, 4 fois sur oO). — Presque double sur tout son trajet. — Cloisonné longitudinalement sur 4 cm. de long à la région pariétale. — .l'ai vu sa paroi inférieure creusée de deux tunnels parallèles de 4 cm. de long, et de plusieurs autres tunnels plus courts. — Quelquefois formation insulaire dans la région bregmatique. — Assez souvent bifurqué à sa partie postérieure en delix branches distinctes ; une des deux branches peut être elle-même cloisonnée en long. Dans un cas do Malacarne, chaque brandie suivait la suture lambdoïde ])our aborder le s. latéral à son coude. — Reçoit une v. ethmo'idale. — Un sinus accessoire parallèle, s. intermédiaire, est interposé entre le s. 1. sup. et l'infér. sur un certain trajet, seni subalterni [Malacarne, Knott).

Sinus long, inférieur. — Bifurqué à sa terminaison en branches supérieure et inférieure s'ouvranl toutesdeux dans le sinus droit. — Sejette dans le s. longit. sup. un peu au-dessus du pressoir (Knott, 1 cas). — Très court. — Manque quelquefois. Browning avance que son absence est la règle et que pas une lois il ne l'a vu bien marqué sur 6 fœtus.

A été vu variqueux (Vicq d'Âcijr] ; — très large dans un cas d'oblitération du s. long, sup. [Portai); — s'anastomose quelquefois avec le s. 1. supérieur (Trolarc/, Sperino). — L'extrémité antérieure se prolonge en une grosse veine qui se bifurque et s'anastomose avec les V. cérébrales de la face interne (Labbé).

Sinus droit. — Manquait 1 fois sur 44 (Knott). La v. de Galien et le s. long. inf. allaient s'ouvrir l'une dans le sinus latéral, l'autre dans le s. long. sup. — Quelquefois orifice géminé dans le pressoir. — Ou bien bifurcation en deux branches qui vont chacune à un s. latéral; il y a ordinairement une branche plus petite que l'autre et qui va au plus gros s. latéral. Les deux branches peuvent partir des faces latérales de l'ampoule. — S'ouvrait 26 fois dans le s. latéral gauche, 6 fois dans le latéral droit, 12 fois au milieu (Knott). — Sur 50 sujets, 6 fois brides verticales médianes ; 2 fois dédoublemcntsurtoutc la longueur en canons de fusil communicants (Duinonl). — Est quelquefois l'origine des s. occip. postérieurs.

Pressoir d'Hérophile. — Le terme grec dont se servaient Hérophilo et Galien signifie réservoir ou cuve à pressoir. On l'a traduit à tort par le mot latin torcular qui signifie le pressoir lui-même. Toute une série d'hypothèses physiologiques erronées ont été émises sur la pression du sang dans ce confluent, son remous, etc.

(V. Rûdinger, Ueber den Afhiss des Blute.s ans der Schœdelhœlile [iwmoiro ii \ydv[),i8~6 :

— Dumont, les Sinus postérieurs de la dure-mère. Th. de Nancy, 1894).

Sinus latéraux. — Sur lOO crânes, 70 fois le sillon latéral droit est le plus large, 27 fois le gauche ; 3 fois égalité [Rûdinger). Sur 512 crânes, 269 fois le sillon droit est leplus grand ; 78 fois le gauche; 164 fois égalité (Sperino; n'y aurait-il pas renversement dans ces deux derniers chiffres ?)

Anomalies . — La portion lioi-izontalc du s. latéral gauche l'ait défaut (Hallett, Lieutaud] ou est filiforme (Dumont). — Deux sinus petits et suppléés par les occipitaux postérieurs élargis ou par des veines mastoïdiennes. — La partie horizontale d'un des sinus est dédoublée sur une certaine étendue, jusqu'à 5 cm., par une cloison fibreuse, ordinairement fenèlrée ; cette cloison est verticale, plus rarement horizontale (plusieurs cas.) — Les deux sinus passent par le trou mastoïdien large de 15 mm. sur 10 et s'ouvrent dans la jugul. externe (Malacai'ne, chez un aliéné).

Reçoit quelquefois la v. auditive interne qui va normalement au s. pétr. infér., — une V. aberrante qui vient de l'ophthalmique (Verga) ; cette v. peut aller au s. pétr. sup.

Sinus pétro-squameux (Luschka). Le s. latéral cstformé parla réunion de deux branches complètement distinctes en embryologie et en anatomie comparée, la branche horizontale, s. transverse proprement dit, et la branche verticale ou s. sigmoïde. Les mammi-

SINUS CRANIENS

IV'i'rs on iMl'cl (ini ci'rtaiu iioiiiljro di' siiii;i>s (■xcc|it('-:) n'ont ilc jugulaire int(.Tno, ou n'onl. iiii'anc jugulaire interne ruiiiinenlaire ([iii, m'-e ('(unnie Ijranelio collatérale asr(,'nilanto (le la jugulaire externe, arrive à peine à la base du crâne et ne reçoit que peu ou pas lie sang des organes inlra-cràuiens ; ce n'est qu'une v. cervicale accessoire. Le s. lali'ra.l n'a pas de branche verticale. A l'extrémité de sa branche horizontale, au lieu de se l ouili'r, il continue son trajet, passe par tiessus l'angle externe de l'arête du rocher, suit l.i suliii'o pi''tro-squanieuse dans une gouttière osseuse, en partie canaliculéo, et sort ilu i i'ànr par le tro%( temporal . Ce trou temporal (faux trou jugulaire, foramen jugu/are spiiriiim] est en l'ait un petit canal, creusé dans l'écaillé temporale ; il s'ouvre extérieiircujent l'ii haut de la scissure de Glascr, entre le méat auditif externe et l'articulation tomp. -maxillaire. A ce niveau, le s. latéral débouche à plein canal dans la jugulaire externe, doni il constitue l'origine, de mi'^me ffue chez l'homino il devient jugul. interne au trou décliin'' postérieur.

Cetle disposition existe chez l'embryon liuiuain. Mais de très bonne heure, la jugulaire interne pénétrant dans le crâne et s'abouchant tlans le s. latéral en haut du rocher, toute la partie antérieure de ce sinus (partie pétro-squameuse) s'atrophie, le sang cesse (\'y couler et descend dans la partie pétreuse de la jugul. interne de\ cnue le sinus sigmoïde. Le triiii Irmporal existe sur la plupart des crânes adultes au point indiqué ; il n'est perméable (|u'à une soie de sanglier, sauf des cas exceptionnels. La gouttière pétro-squameuse se voit, comme anomalie, sous la forme d'un sillon large de 3 ou 4 mm. qui suit la suture DU la longe : parfois au lieu de passer par dessus le bord super, du rocher, elle le traverse en tunnel [aqueduc temporal). Quant au Kiiius pétro-squameiix, persistance de la branche antérieure primitive du s. latéral, il se retrouve dans la moitié des cas (Sur 4'i-, dS fois absence des 2 ccMés, T fois présence des 2.côtés ; 19 fois d'un seul côté [Knott). Partant du coude du s. latéral, il franchit l'extrémité externe de l'arête de la pyramide, descend en avant ilans l'angle rentrant qui sépare la pyramide de l'écaillé lemporale, im reccAant quelqu(\s V. pétreuses, et débouche tantôt dans le trou ou pertuis temporal, tantôt et le jdus souvent se prolonge jusqu'au trou sphéno-épineux pour s'ouvrir dans la v. méningée moyenne. 11 est vraisemblable cpie cette dernière terminaison est une adaptation secondaire: le sang du sinus pétro-squameux trou\ant le trou temporal fermé' ou insuffisant s'est frayé une voie jusqu'à la v. méningée.

Il me parait très probable que le s.pétreitx antérieur de Loder, de Ch. Bell et de Lauth est identique au s. pétro-squaineu.r de Luschka. Otto a signalé une anastomose de ce sinus avec un s. accessoire qui commence à la partie inférieure de la branche horizontale du s. latéral, passe dans le rocher et se termine au Irou mastoïdien. Ce canal i ni ra-tempnral existe normalement chez beaucoup d'animaux.

Sur le s. pétro-squameux : Luschka, Daa Foramen jiifjularc spurium. Zeitsclir. f. rat. Medicin. 18.")9 et Die Venrn des nien.tcli/lchen Hahes, Mém. ,\cad. Se. de Vienne, 1802, avec |il. — Sui' le trou temporal, voyez aussi l>aunay, l>//(c.s\/;^i'////r///'c.v. Thèse de Paris, 189(1.

Sinus occipitaux postérieurs. — Chez l'embryon et mi''me chez le non veau-n(\ l'écaillé occi|iilalc intérieure est recouverte d'un gros et épais réseau veineux, qui tire son sang du pressoii' et tles parties voisines et se déverse dans l'origine de la jugulaire. C'est ce réseau i|ui se change peu à peu on sinus occipitaux ; d^ là leurs grandes variétés (Langer).

Quelquefois très gros (5 fois sur 50, Dumont), le sinus latéral correspondant était très étroit ou normal. — Sur 44 cas [Knott), absence totale 2 fois; 10 fois absence de la branche marginale (ïheile, u fois sur 23) ; 9 fois il y a ileux sinus, 33 fois un seul tronc impair et médian, se bifurquant à sa partie inférieure. L'extrémité supérieure peut être bifurquée. L'ouverture supérieure normale est dans le pressoir ou dans le commencement du sinus latéral : 3 fois elle se faisait dans le sinus droit (Theile, 2 fois sur 28'. Le sinus peut se conlinuer avec le s. longil. sup. par une branche latérale de ce dernier (Dumont) ou nnitre par plusieurs rameaux de la branche horizontale du s. lal(''ra! (Langer).

Sinus caverneux. — Chez le nouveau-né, ce n'est pas une formation caverneuse, mais un ri'si'au \rineux, ainsi d'ailleurs qu'il arrive pour le sinus carotidien, les s. occipit. transverse et postérieurs, les lacs sanguins. Ce réseau est à deux couches, une supcrlicielle à vaisseaux grêles, au milieu de laquellesont plongés les nerfs de la paroi externe: une profonde, composée de gros vaisseaux appliqués contre l'os, aux dépens de laquelle se développera le sinus. La carotide est entouré'c d'un réseau ilélié. Le sinus se forme peu à peu par la dilatation des veines profondes, leur transformation en plexus, et celle du plexus en tissu lacunaire grâce à la fusion (>t à la fenestration des troncs veineux. Cet état ne fait que s'accroître chez le vieillard. Les travées atrophiées où résorbées laissent de vastes lacs sanguins, qui souvent s'insinuent entre les nerfs de la paroi externe.

SYSTÈME VEINEUX

(V. Langer, Der Sinus cavernosus... C. R. Acad. Se. de Vienne, 1884, — et Rudinger, Die Hirnschlagaden... Arch. f. Anat., 1888).

Santorini a vu le sinus caverneux faire défaut. — Etait b fois rudinientaire d'un côté sur44sujets (Knott). — Reçoitquelqucfoisla branche antérieure delav. méningée moyenne,

— la V. sylvienne superficielle (grande anastoraotique de Trolard, qui va ordinairement au s. pétreux supér.), — la v. opliUiahniquo inférieure, la v. lacrymale, 1 ou 2 v. ciliaires postérieures, — les deux v. ethmoïdales par un tronc commun.

V. émissaires du trou orale. Sur 44 sujets, 5 fois absente d'un côté ; 11 fois une seule de chaque côté ; 18 fois, 2 de chaque côté; 10 fois 1 d'un côté et 2 de l'autre [Knotf).

Sinus coronaire ou circulaire. — Double ; — manque totalement ; — reçoit la v. ophtliulmique (Langer).

Sur 44 cas (Knott) la branche postérieure manque 26 fois, — est plus grosse 2 fois :

— l'antérieure manque 1 fois. — Le sinus inférieur de Winslow manque 16 fois, 6 fois est un plexus, 12 fois n'est représenté que par une seule veine.

Zander sur 53 crânes n'a constaté que 6 fois l'existence du sillon creusé par le s. coron, antérieur sur la selle turcique.

'V. ophthalmique. — Le premier travail important sur les v. do l'orbite est celui do Seseniann, fait au laboratoire de Luschka, Die Orbitalvenen des Menschen, Arch. f. Anat., 1869, avec plusieurs bonnes planches: — Gurwitsch, Ueber die Anastomosen zicisclien den Gesichts und Orbitalvenen, Arch. f. Ophthalm. 1883, adonné le détail minutieux de 21 sujets disséqués. — Voyez aussi Festal, Becherches anat. sur les veines de l'orbite, Th. Paris, 1887.

Donders a donné plusieurs raisons pour établir que le sens normal du courant va de la face au sinus caverneux : 1° l'agent de propulsion est dans les muscles de l'orbite et surtout dans l'orbiculaire ; le rétrécissement terminal provoque l'accélération du courant; 2° les collatérales s'insèrent obliquement sous un angle à sommet postérieur ; 3o le volume du tronc veineux croit d'avant en arrière; 4" les expériences sur la circulation des v. conjonctivales indiquent un courant postérieur; 5" la thrombose ou l'oblitération du sinus produisent des phénomènes de stase dans le territoire de l'ophthalmique. Il en est de même de l'exophthalmie pulsatile, due à la rupture de la carotide dans le sinus caverneux et dont Sattler a réuni 106 observations. On voit apparaître la dilatation des v. cutanées de la paupière supérieure et du front, l'œdème des paupières, le prolapsus du globe et son hyperhémie veineuse. On a vu la v. ophthalmique grosse comme un doigt et llexueuse, les v. sus-orbitaires et toutes les v. de l'orbite très dilatées.

Festal a décrit minutieusement le canal collatéral de l'ophthalmique, canal simple ou double, ou en arcade, situé tantôt en dedans, tantôt en dehors, qui est une voie importante pour la suppléance physiologique.

Variétés et anomah'es. L'ophthalmique s'ouvre dans le sinus coronaire (cas de Haller) :

— est souvent double dans sa partie rétro-oculaire ou présente des formations insulaires;

— très courte, parait manquer ; — est remplacée par un petit réseau ; — n'est qu'une V. sus-orbitaire peu importante ; remplacée par l'ophthalmique inf. qui reçoit l'anastomose de la V. angulaire. — S'anastomose quelquefois avec la v. sylvienne, ce qui explique l'infection possible des méninges par une phlébite de la veine ophth.

Une des deux racines de l'ophthalmique provient souvent de la v. sus-orbitaire ou d'une V. frontale. — Les ethmoïdales débouchent fréquemment dans une collatérale, quelquefois par un tronc unique ; l'antér. peut aller au sinus caverneux (Sesemann) ou au sinus long, supérieur. Leurs anastomoses avec les v. de la dure-mère, les v. du lobule orbitaire et le sinus longitudinal, au moins chez l'enfant, leur donnent une grande importance. Elles reçoivent parfois des v. du sinus frontal et du sinus sphénoïdal. — La v. lacrymale naît par deux racines des faces externe et interne de la glande. Son gros volume, jusqu'à 0 et 7 mm. de D., ses anastomoses avec l'ophthalmique et les v. extra-orbitaires, font qu'elle pourrait au besoin suppléer le tronc principal. — L'ophthalmique inf'érieicre débouche 2 fois sur 3 dans l'o. supér. : 1 fois sur 3 dans le sinus caverneux (G.). Elle est souvent remplacée par un système de vaisseaux, au lieu d'un tronc unique.

Les V. lacrymales, ethmoïdales, une ou plusieurs ciliaires peuvent s'ouvrir directement dans le sinus caverneux. — Langer a observé 3 fois sur des enfants un plexus orbitaire, triangulaire, appliqué sur la face orbitaire de la grande aile du sphénoïde et inclus entre les branches de l'ophthalmique. Il s'étendait en arrière jusqu'à la fente sphéno-maxillairc et communiquait avec le plexus ptérygoïdien. On sait que les ruminants possèdent un double reseûiM orbitaire, artériel et veineux, intriqué l'un dans l'autre et se prolongeant en arrière dans le réseau admirable de la selle turcique.

Zuckerkandl a décrit une branche aberrante, mais normalCj de la v, ethmoïdale antérieure, la V. du lobule orbitaire. Cette grosse veine se sépare du tronc principal, passe par

SINUS CRANIENS

nn dos trnus do la laiiio criblée, et se jeltc ilnns les veines du pédoncule oll'actif. C'est l)ar elle et non par la prétendue v. du trou borgne, que s'expliquerait le soulagement |iroduit par certaines épistaxis.

La V. oph/halmo-inéiiiiigée de Ilyrtl, (juaud elle se rattache aux. v. orbitairos, est une anastomose entre le système de l'oplitlialmiiiuc et les v. cérébrales. Née de la v. lacrymale, plus rarement do l'anastomose avec la faciale profonde ou d'une v. njusculairc, elle se dirige en arrière pour aboutir aux v. sylviennes. C'est dans ce sens que ses nombreuses valvules conduisent le sang. Elle peut aussi propager aux méninges des inflammations orbitairos.

Sinus sphéno pariétal ou de Breschet. — Constant, au moins à l'état de veine [Knoii). — Déboucbait 1 l'ois sur il ilaus la \. (]i)lithalmique (Giirwi/srh) . — Quelquefois double, et même plexiforme (Mcvckel) : — l'eiiqilacé par une veine qui parcourait d'arrière en avant le lobe temporal et recueillait le sang des v. méningées [Festal).

Ses rapports avec les v. méningées moyennes sont discutés. Il semble bien que la branche verticale du sinus remplace la branche antérieure de la méningée ou du moins le vaisseau antérieur de cette branche double ; tantôt il est satellite de l'artère, tantôt il s'en éloigne sensiblement; cette dernière disposition montre l'individualité du sinus. L'indépendance de la branche horizontale, de celle de la petite aile, est plus évidente; car on règle générale elle est simplement anastomosée avec la branche antérieure de la v. méningée, et, quand celle-ci s'y verse totalement, ce n'est pour elle qu'une variété de terminaison, analogue à sa terminaison accidentelle dans le sinus caverneux.

Sinus pétreux supérieur. — On a vu plusieurs fois une veine aller de l'oplithalmique au s. pi'tr. supérieur ( vi-na aberrans de Verga, sinus accessoire de Kelck; sinus ophthalmopi'lroux do Hyrtl.) Son id(Mitilication n'est pas bien établie.

Sinus pétreux inférieur. — Les anciens anatomistes (Malacarno, Vicq d'.\zyr) connaissaient la terminaison veineuse du s. pétreux inf. et sa valvule ostiale qui eiiqii'^che ortlinairoment do l'injecter parla jugulaire. Le bord libre, concave, de cette valvule l'ogarde en bas et en dehors {Englisch). Sur 22 sujets Knott a vu le s. pétreux s'ouvrir dans la jugulaire interne : 8 fois au bord inférieur de la fosse jugulaire, j fois au-dessons do la base du crâne, 9 fois un pou au-dessus du bord inférieur de la fosse, entre le tiers moyen et le tiers inférieur du golfe veineux. — Dans un cas de Thoile, il débouchait dans la \. thyroïdienne supérieure.

Il peut y avoir un sinus pétreux accessoire, entre les deux pétreux supér. et inférieur {Tlu'ile). '

Plexus veineux de l'hypoglosse. — La description de Luschka est dans son mémoire sur l'hypoglosse {l)ii> xeiixiliri'n Zirrif/e (lest Zungenlh'iKcliiiervPii, avec 1 planche, Mullor' s .Vi'idiiv. 18o(i) et ri'pétée i.lans sonanatomie. Luschka se demande si le gonflement de l'anneau veineux ne peut pas dans certains cas iniluencer l'tiypoglosse, et s'il n'expliquerait pas la loquacité do l'ivresse. Trolard a signalé aussi le plexus sous le nom de conjlufut rniulglieii antérieur et a bien indiqué ses connexions multiples avec les v. rachidienncs. Ce conllucnt peut recevoir une ^-eine qui passe par le trou condylien postérieur.

Sinus occipital transverse ou antérieur. — D'après Langer, ce sinus est chez l'enfant un réseau veineux à deux couches, une couche superHciolle de fins vaisseaux, une couche |)rofonde de troncs plus gros. Chez l'adulte et surtout chez le vieillard, le plexus devenu vaste et caverneux corrode souvent la surface de la gouttière basilaire.

.\ssez souvent la branche transversale la plus antérieure, celle qui unit les deux sinus pétreux supérieurs on longeant la base tie la lame quadrilatère, est bien distincte des autres et nettement sinusienne ; elle constitue alors le sinus de Liltre.

Sinus carotidien. — Rektorzik {Ueberdas Vorkommen einer Sinus venosus... C. R. Ac. Se.

de Vienne 18.)8) a découvert et bien décrit ce sinus. Pour le voir aisément, il conseille de ju'atiquer une coupe frontale oblique passant à 7 ou 8 mm. en avant du bord sup. du )-ûcher et parallèlement à ce bord. Pour l'injection, on choisit de préférence un enfant et l'on pousse par une des jugul. internes après avoir lié l'autre.

On discute pour savoir si le canal carotidien est tapissé par la dure-mère évaginée [Sœmmering , Jiektorcik) ou par un périoste dense {Rudinger). Chez le fœtus, les veines sont plongées dans une couche conjonctive qui les sépare du périoste et de l'artère; plus tard elles sont au contact de ces deux organes. 11 semble que, même chez l'adulte, on a souvent affaire à un plexus veineux plutôt qu'à une formation lacunaire.

On sait que la carotide passe contre la paroi antérieure de l'oreille moyenne et que des ostéites de cette paroi ont déterminé des ulcérations de la carotide et des hémorrhagies

SYSTÈME VEINEUX

mortelles. Il y aurait lieu de chercher s'il n"y a pas aussi des thromboses et des hémorrhagies du s. carotidien. (Voyez aussi sur ce sinus, Rudinger, Die Hirnschlagaden vnci ihre Einschliesmng . . . Arch. f. Anat., 1888 avec une planche).

Sinus pétro-OCCipital ou sinnud'Englisch. — Englisch (Ueber eine constante Verbindung der Sinus cavernosiis... C. R. Acad. Se. de Vienne, 1863) en a donné une description complète basée sur l'étude de 20 sujets. Il l'appelle simplement : canal d'union. Il est quelquefois rétréci à l'une ou l'autre de ses extrémités ; son embouchure dans le s. pétreux est muni d'une sorte de valvule. Sa paroi renferme ordinairement des plis ou saillies, surtout du côté du sinus caverneux dont il rappelle un peu la structure. Il reçoit une ou plusieurs veines transverses, isolées ou réunies en réseau sur la face pharyngienne de l'apophyse basilaire.

Sur les sinus, Trolard, Sgsl. veincii.i- de l'enrépliale, Th. de Paris, 1868; — Sperino, Circolasione venosa del capo, 1884.

Anomalies des Sinus crâniens. — Theile, Encyclop. anatom. 1843; — Knott, On the cérébral sinuses, Jouvn. of. anat., 1881 ; — Labbé, Anomalie des sinus, Archives de physiologie, 1883.

Communication entre les circulations intra et extra crâniennes. — On a observé de tout temps qu'une partie du sang de l'encéphale s'échappait du crâne par des voies autres que la v. jugul. interne ; les émissions sanguines, les révulsifs, appliqués sur la région sous-occipitale, la région mastoïdienne, l'angle externe de l'œil, reposent sur cette donnée.

Il faut distinguer des communications principales et des communications accessoires.

I. Communications principales. — Il y en a trois, la jugulaire interne exceptée, bien entendu, puisqu'elle est la voie normale d'écoulement. Ce sont, par ordre d'importance : 10 Les V. rachidiennes. Les anastomoses sont multiples. Le plexus du trou occipital, qui commence la série des plexus vertébraux, est uni au sinus occipital transverse en avant, aux s. occip post. en arrière. En outre ces plexus ou leurs émissaires, c'est-à-dire les v. vertébrales et jugul. postérieures, sont reliés au plexus condylien antérieur, à l'émissaire condyl. postér. et à l'émissaire mastoïdienne. Cette voie est si importante qu'elle suffit à, elle seule à emmener tout le sang de la cavité crânienne après ligature des jugulaires. — 2" La y. ophthalmique ci ses branches, voie irrégulière, fonctionnant au rebours du sens normal, mais pouvant apporter à la faciale et aux v. temporales une notable quantité de sang. — 30 Les v. inéningées moyennes, étendues du s. long. sup. au plexus ptérygoïdien.

II. Co7mnunicalions accessoires. — Elles sont innombrables, car les origines de la jugulaire externe et de la partie faciale de la jugulaire interne s'entrepénètrent avec celles des V. intra-crâniennes sur toute la p.ériphérie du crâne, sur la voûte comme sur la base. Mettant à part toutes les veinules diploïques sans nom qui se déversent sur les deux faces des os, il reste encore de nombreuses veines plus grosses, classées, qu'on appelle r. émissai}'es ou émissaires do Santorini Les 11. émissaires sont des veines perforantes qui passent par des trous ou des canaux do la paroi crânienne et se rendent des sinus aux v. extérieures. Elles sont presque toujours accompagnées d'un rameau artériel ; elles reçoivent des V. diploïques sur leur passage. Régulièrement elles sont efférentes par rapport au sinus, c'est-à-dire que le sang va du sinus aux veines extra-crâniennes ; les veines extérieures se prêtent mieux en effet aux variations sanguines, leurs valvules les garantissent contre le reflux et souvent les émissaires elles-mêmes ont des valvules qui empêchent au sang d'aller au sinus {Langer).

Les vraies émissaires, celles qui ne longent point un tronc nerveux auquel le trou est destiné, sont toutes situées sur la voûte du crâne. Ce sont :

i° Ejnissaire pariétale ou émissaire vraie de Santorini. Les trous pariétaux par oû passent ces veines sont situés près de la suture sagittale, en arrière d'une ligne qui unirait les deux bosses pariétales ; une fois sur deux, ils manquent d'un côté. Quelquefois le trou unique est au milieu même de la suture, accompagné d'un rameau artériel de la méningée moyenne. La veine s'ouvre dans un des rameaux postérieurs de la veine temporale superficielle et d'autre part dans le s. long. sup. ou dans un lac sanguin voisin.

Poirier dit avoir constaté des valvules qui empêchaient à l'injection d'aller de l'extérieur au sinus, contrairement à l'opinion commune. Son volume est relativement plus gros chez les enfants ; on a vu dans ces veines un canal de sûreté contre les congestions de leurs cris, de leurs efforts. Hyrtl a observé deux crânes sur lesquels les trous pariétaux avaient 7 et 20 mm. de large.

20 Emissaire mastoïdienne. — La plus constante et la plus grosse, elle occupe le trou

SINUS CRANIENS

ou canal inastoïilicn el s'élond du sinus lal('ral à l:i v. occipitale [H'ofondc' : qucli|ucl'ois elle (lijbouciic dans l'auricul. posléricure, la cervicale profonde ou l'occipitale superficielle. Il y a de 1 à 3 troncs, rjui rayonnent parfois à leur sortie ; un rameau méningé ou iiiastoïdien de l'a. occipitale les accompagne. Labbé signale une mastoïdienne accessoire, provenant du coude du s. latéral. — Souvent double ou même multiple, le canal mastoïdien a un D. moyen de 2 à .3 mm. (île ■'i mm. à 0,5). Il manquait une fois sur Ki des deux côtés (Green). Il est sitm^ à deux tra\ ers de doigt en arrière du méat auditif et sur

^ Trnif spli f-p .

Ki^'. .'iOl. — Orifices cd cauau\ veineux de la base du criiiic.

Hase du orànc vue par sa face cxLérieure. l>^i>j;urc schématisée. i^Lr lirrt te plus rlt'iyé doit ilr^ccu'h'c nn peu phis ba-'i et a goiirhe).

sou liori/.onlale prolongée, dans le bord postérieur de l'apophyse mistoïde. plus rarement dans la suture même ou encore dans l'occipital. On l'a vu à la base du crâne. Il est très gros clicz les racbitiques. à cause du rétrécissement du trou déchiré postérieur qu'il supplée. Sur un crùnc racliitique do Gœttinguc. on peuty faire pinélrer le bout du petit doigt (Merckel).

30 Einisanit-e occipitale. — Cette petite veine unit le pressoir aux v. occipitales. Tantôt (6 fois sur 44) elle traverse de part on pirt la protubérance occipitale ; tantôt et le plus sou-

Anatnr^iii; \\ (j4

SYSTÈME VEINEUX

vent, elle perfore une des deux tables seulement et s'anastomose avec les v. osseuses. Elle reçoit ordinairement la v. diploïque occipitale. Browning a vu son canal occupé par plusieurs veinules et assez gros pour laisser passer un stylet.

40 Emissaire du trou borgne. — Elle est située sur les limites delà voûte et de la base. Nous avons dit ailleurs que son existence est de toute manière une rareté.

Fausses émissaires ou émissaires de la base. — Ces veines jouent le mâme rôle que les émissaires vraies; mais ce sont plutôt des satellites d'artère ou de nerfs ; plusieurs même sont des sinus ou des plexus. Dans cette catégorie rentrent ; 1" le sinus pétro-occipilal, qui est situé sur la face inférieure du crâne ; — 2'^ le sinus carotidien, qui aboutit lui aussi à la v. jugul. interne ; — 3" la v. condylienne antérieure, qui porte au s. pétreux inf. ou directement à la jugulaire une partie du sang du plexus veineux de l'hypoglosse ou confluent condylien antérieur ; — 4° l'émissaire condylienne postérieure, inconstante, qui occupe la fossette condylienne postérieure et unit les v. crâniennes avec la v. vertébrale ou avec les plexus extra-rachidiens. Sur 44 sujets, Knott l'a vue 31 fois d'un seul côté et 13 fois des deux côtés ; — .'i" les v. émissaires du s. caverneux : v. du trou ovale, V. du trou grand rond, v. du trou de Vésale, v. du trou déchiré antérieur ; — 60 des veinules basilaires qui se jettent dans les v. pharyngiennes ; — 7o la v. stylo-mastoïdienne qui, par l'hiatus de Fallope, s'anastomose avec des v. méningées.

Si ces différents vaisseaux peuvent suppléer les jugulaires internes oblitérées, à plus forte raison peuvent-ils remplacer un ou plusieurs sinus crâniens. Pétrequin il est vrai (Anat. médico-chirurg ., 1844) a vu au musée de Sienne trois pièces dans lesquelles une ossification de la faux avait envahi les deux s. longit. sup, et infér., en diminuant considérablement leur perméabilité. Tous ces sujets âgés avaient été frappés d'apoplexie plusieurs années auparavant. Mais ces observations sont peu probantes. En revanche les exemples d'oblitération da s. droit et des v. de Galien, ou des sinus longitud. supérieurs avec les deux sinus latéraux [Schûppel), de ligature du s. longit. supér. au cours d'une ablation de tumeur (Kiisterj, avec guérison ou survie, montrent que la compensation est possible Hédon a plusieurs fois chez le chien lié le s. longit. supér. en arrière de la suture sagittale, sans observer aucun phénomène. Enfin Ferrari, sur le chien également, a obstrué d'abord les sinus de la voiite sans qu'aucun trouble s'en suivit; 13 jours après, les sinus de la base, toujours sans accident ; la mort n'est survenue qu'après qu'une injection coagulante eut oblitéré la v. ophthalmique.

(V. Labbé, Note sur la circulation veineuse du cerveau, Arch. de physiol., 1879.)

Circulation de la tête et du cou. — Le sang veineux de la tête et du cou antérieur s'écoule par les deux troncs collecteurs de la jugulaire interne et de la jugulaire externe. L'impulsion cardiaque, la pesanteur, l'appel thoracique, les contractions de certains muscles, tels que les orbiculaires et les masticateurs, sont les agents de la progression. Sur le trajet de ces gros vaisseaux, un peu au-dessus de leur débouché dans les troncs brachiocéphaliques, est interposé une sorte de réservoir de décharge, un diverticule sanguin, qui prévient le reflux ou la stase dans les v. cérébrales ; c'est le réseau veineux thyroïdien. Dans l'effort, dans la réplétion cardiaque, non seulement les jugulaires se prêtent par leur grande extensibilité et leurs dilatations normales (sinus, golfe) à l'emmagasinement du sang en excès, mais la thyroïde se gonfle, et soit par son réseau, soit par ses grosses et nombreuses veines afférentes, détourne une part importante du liquide sanguin. La circulation rachidienne trouve de même une voie d'échappement dans les plexus des trous de conjugaison.

Si l'obstacle se prolonge, un autre mécanisme intervient pour prévenir la stase cérébrale : je veux parler des anastomoses entre les origines do la jugulaire interne et celles des V. rachidiennes. Les v. rachidiennes peuvent emmener sans peine, s'il le faut^ tout le sang intra-crânien et remplacer les jugul. internes. Quand sur le cadavre on injecte la téte en poussant par une des jugulaires, les autres étant liées, il faut tamponner le canal l'achidien et le canal des apophyses transverses, si l'on ne veut pas que l'injection descendant du crâne fuie par les plexus et par les v. vertébrales. Inversement on peut par une seule vertébrale injecter tous les sinus du crâne Ou encore on peut, avec Sappcy, lier les jugul. internes à leur partie moyenne ; si on pousse alors par le s. longit. supérieur, toutes les v. du cou, les troncs brachio-céphaliques et la v. cave supérieure n'en sont pas moins complètement injectés. 11 en est de même sur le vivant. Cruveilhier a lié sur un chien les deux v. jugulaires externes, qui sont les veines fondamentales de la tète, car leur jugulaire interne rudimentaire ne remonte pas au delà de la base du crâne et ne s'abouche pas avec les sinus ; il n'y a eu aucun signe de congestion cérébrale, et les jugul. internes n'avalent pas augmenté de volume. Czerny a pu sur l'homme lier successivement les deux jugul. internes sans provoquer de troubles cérébraux. C'est encore la circulation

SINUS CRANIENS

supplémentaire des vertébrales et îles plexus racliidions qui nous explique comment, dans la strangulation et la pendaison, avec l'injection des veines do la face et du cou, on observe souvent l'anémie du cerveau.

La circulation delà tète et du cou présente certaines particularités, l'asymétrie latérale, l'inclusion des artères dans des plexus veineux, la béance des veines.

1° Asymétrie latérale. — Comme nous l'avons vu, dans la grande majorité des cas, le sinus 1. supérieur se continue totalement ou en grande partie avec le s. latéral droit, qui est plus considérable que l'autre ; à son tour la v. jugul. interne droite, prolongement de ce sinus, s'abouclie dans le tronc innominé droit qui continue sa direction et lui-mérne est presque dans l'axe de la v. cave supérieure. Les dispositions sont dilTérentes du côté gauche, l'ar consécjuent le sang de l'écorce cérébrale trouve un écoulement plus lacile, tandis que le sang île l'intérieur de l'hémisphère progresse dans des conditions moins favorables : abouchement à contre-courant des v. de Galien dans le sinus droit, du s. droit dans le s. latéral gauche, de la v. jugul. interne gauche dans le tronc bracliio-céphalique, de celui-ci cnlin dans la v. cave supérieure. On a cherché à expliquer celte dilférence. |jst-ce un effet de la droitcrie? est-elle due à ce que les enfants ont ortiinairement la tète inclinée à droite ((uand on les porte ou qu'on les couche (Lodez)?

2" Inclusion des artères dans les plexus veineux. — L'artère carotide interne en traversant le canal carotidien, puis le sinus caverneux, est entourée par des plexus veineux, le plexus carotidien et le plexus caverneux, qui plus tard se transforment plus ou moins complètement en un tissu lacunaire. Ue même l'artère vertébrale, dans son trajet à travers le canal ostéo-fibreux des apophyses transverses, est enlacée parles anastomoses ploxiformes de ses veines. Avant qu'on ne connût ces plexus péri-artéricis, on croyait que les artères étroitement enclavées par leurs canaux osseux étaient immobiles et ne subissaient pas les effets de la systole et de la diastole, qu'ainsi la circulation cérébrale était régularisée. Mais ces artères battent comme les autres; c'est leur enveloppe veineuse, dépressible, élastique, ([ui régularise leur pulsation, et à son tour la pulsation artérielle fait progresser le sang veineux et vide les émissaires des sinus. Au reste. Langer a montré que cette disposition est générale. C'est ainsi que, dans les os longs, les artères nourricières ne remplissent pas leurs canaux, mais en sont séparées par des plexus veineux qui permettent la libre expansion du tronc artériel.

(V. Rudinger, Die Hirnschlarjadern... Arch. f. Anat., 1888; — Trolard, Appareil veineux des artères encéphaliques, Journ. de l'.Anat., 1890).

3° Séance des veines. — Nous avons déjà parlé de la béance des sinus crâniens (v. p. ni)?) et nous indiquerons celle des v. vertébrales et dos plexus rachidiens en décrivant ces organes. Nous ne nous occuperons ici que des v. cervicales ou para-cervicales. Je distinguerai trois conditions, suivant que la béance est anatomique, physiologique ou ])athologique.

1" Beance anatontique . — Les veines de la base du cou sont adhérentes aux aponévroses qui les entourent. La jugulaire interne, à sa terminaison, adhère par sa gaine en avant à l'aponévrose moyenne, en arrière à l'aponévrose des scalènes; la sous-clavière, à l'expansion de la gaine du sous-clavier et plus haut à l'aponévrose moyenne ; la jugulaire externe est fixée au pourtour de l'orifice aponévrotique qu'elle traverse dans le creux susclaviculaire ; la jugulaire antérieure et son arcade anastomotique sont inclus dans l'espace sus-sternal interaponévrotique ; les troncs brachio-céphaliques sont eux-mêmes englobés dans les émanations des gaines vasculaires ou de l'aponévrose cervicale profonde. A leur tour ces aponévroses sont attachées au sternum, à la clavicule, à la première côte, et en suivent tous les mouvements. Cette zone de béance, qui circonscrit à l'entrée du thorax un espace elliptique., est aussi la zone dangereuse de Bérard, celle qui expose au redoutable danger de l'entrée de l'air dans les veines. Ch. Robin a montré que sur tous les décapités, tous ces gros vaisseaux sont remplis d'air, qui s'étend jusqu'au cœur en bas, en haut jusqu'au cerveau (V. Myologic,p. 422).

2o Beance plujsiolorjiiiue. — La zone dangereuse anatomique ou cadavérique de Bérard s'étend singulièrement sur le vivant, sous l'influence de l'attitude, du vide inspiratoire et des mouvements musculaires. Certaines attitudesaugmentent la béance des veines en tendant les aponévroses et les veines elles-mêmes; ainsi le renversement de la téte en arrière pour les veines du cou, l'écartcment du bras pour la v. sous-clavière, toutes positions hatucllcs dans les opérations. Bouillaud a montré que, chez le chien, il suffit d'écarter le membre antérieur du tronc, pourvoir l'air pénétrer en grande quantité par une plaie de la v. sous-clavière. — Le vide inspiratoire produit sur tous les gros troncs à proximité du thorax une aspiration, une véritable succion, par la dilatation des aponévroses et des veines, lendues entre le sternum, la clavicule et les côtes, et par la pression négative qui s'établit dans les espaces sus-sternal et sus-claviculaire. Il suffit àlui seul pour faire entrer l'air dans le tissu cellulaire et produire l'emphysème sous-cutané. — Les contractions musculaires

SYSTÈME VEINEUX

agissent de même sur certaines veines. Le peaucier contracté dilate la jugulaire externe {Folls, Voyez Myologie, p, 415), et l'on sait que l'entrée de l'air est une complication fréquente rte la saignée rte la jugul. externe chez le cheval Le sterno -mastoïrtien dilate probablement aussi la portion rte la jugulaire interne qu'il recouvre. Les convulsions des opérés les exposent au même danger; l'entrée de l'air dans les veines est devenue rare depuis l'anesthésie, alors qu'avant son application, près de 100 cas avaient été publiés en dix ans (Couhj).

Il importe rte remarquer que ces rti verses causes physiologiques ont pour effet non seulement de dilater les grosses veines, mais de rendre momentanément béantes de petites veines qui à l'état habituel sont affaissées. C'est ainsi qu'on a vu l'airpénétrer par les v. laryngées, les V. temporales, les sous-scapulaires, les veines thoraciques de la mamelle, les collatérales de l'axillaire.

3° Séance pathologique. — Elle résulte rte l'enclavement des veines dans les tumeurs ou rte leur état variqueux.

Voici sur 32 cas l'indication des veines par lesquelles s'est faite l'entrée rte l'air [CouUj) :

.jugulaire externe 0

Axillaires. grosse et petites 8

.lugulaire interne S

Sous-scapulairo 2

Faciale 2

Jugulaire antérieure 2

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