VESTIBULE DE LA BOUCHE
Le vestibule de la bouche est une cavité en forme de fer à cheval à concavité postérieure embrassant la convexité des arcades alvéolo-dentaires. Aplatie dans
BOUCHE
le sens sagittal à sa partie antérieure, clans le sens frontal sur les côtés, la cavité vestibulaire , virtuelle à l'état de repos, est susceptible d'acquérir des dimensions assez grandes par l'écartement de sa paroi externe. Le vestibule présente deux parois : une interne dure, osseuse, l'autre externe, molle et contractile : la première est formée par la portion alvéolo-den taire des deux mâchoires; la seconde par les joues et les lèvres. Au point où les deux parois se rencontrent, la muqueuse du vestibule se réfléchit de l'une sur l'autre et forme le fond des sillons ou gouttières veslibulaires.
Cavité du vestibule. — Chaque sillon ou goutt'ièn' horizonlale [?>\\\on a\véolo-buccai de Lusclika) présente sur la ligne médiane, en avant, un repli muqueux saillant, le frein des lèvres. De chaque côté du frein, la gouttière, profonde à ce niveau, diminue progressivement de profondeur, vers son extrémité postérieure; cette diminution est plus accentuée pour la gouttière inférieure. Le fond du sillon se trouverait à l'état de repos à mi-hauteur des racines dentaires d'après Merkel; il dépasserait en haut et en bas le sommet des alvéoles, de sorte que les racines des dents et une partie du plancher du sinus maxillaire répondraient au vestibule buccal d'après Zukerkandl. Nos recherches nous ont prouvé que le fond du sillon supérieur reste au-dessous du plancher du sinus maxillaire. En incisant la voûte muqueuse de la gouttière supérieure, on peut se créer une voie commode pour ouvrir la paroi antérieure du sinus maxillaire, ou pour atteindre le nerf sous-orbitaire et ses branches à leur sortie du trou sousorbitaire; en incisant le plancher muqueux de la gouttière inférieure on atteint facilement le nerf mentonnier, à sa sortie du trou mentonnier, et l'artère faciale. Le fond de la cavité vestibulaire présente des dispositions variables suivant qu'on l'étudié les mâchoires simplement rapprochées, fortement serrées, ou au contraire largement écartées. En poussant le doigt au fond de la cavité vestibulaire, les mâchoires étant simplement rapprochées, on constate : une saillie verticale dure et légèrement tranchante commençant au niveau de la dernière molaire supérieure : c'est le bord antérieur de l'aiiophyse coronoïde du maxillaire inférieur. En dehors de cette saillie
Fig. 34. — Coupe antéro-posttTieure comprenant le maxillaire inférieur, la lèvre iniericiirc et le menton (grossi 2 l'ois).
TUBE DIGESTIF
la paroi vestibulaire est dépressible ; en dedans une fente sépare la saillie coronoïdienne de l'arcade alvéolo-dentaire supérieure. — Au fond de cette fente on trouve la saillie du bord antérieur du muscle ptérygoïdien interne tapissé par la muqueuse vestibulaire. — Si on vient à serrer fortement les mâchoires, on sent le bord antérieur et une partie de la face interne du muscle masseter qui viennent faire saillie dans la cavité vestibulaire, en dehors de la saillie coronoïdienne. Si on ouvre largement la bouche en écartant fortement les mâchoires, on constate, en dedans de la saillie coronoïdienne tangible, un pli vertical tendu entre les dernières molaires supérieure et inférieure : le pli ptérygo-maxillaire (Henle) dur et résistant au toucher, formé par la muqueuse soulevée par le ligament ptérygo-maxillaire, tendu du crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde à l'extrémité postérieure de la ligne mylo-hyoïdienne du maxillaire inférieur. Le bourrelet coronoïdien et le pli ptérygo-maxillaire se touchent presque derrière la dernière molaire inférieure, ils divergent en haut, pour passer l'un en dehors, l'autre en dedans de la partie postérieure de l'arcade alvéolo-dentaire supérieure ; entre les deux la muqueuse vestibulaire vient tapisser une dépression triangulaire à base supérieure : la gouttière vestibulaire verticale ou postérieure. Cette dernière n'existe à proprement parler que lorsqu'on examine la cavité vestibulaire les mâchoires fortement écartées.
Dans le vestibule vient s'ouvrir, sur la paroi externe, le canal de Slénon. L'orilice du canal se trouve au niveau de la deuxième grosse molaire supérieure. Quelques auteurs le placent : au niveau de la deuxième petite molaire, de la première grosse molaire (Krause), ou entre celle-ci et la deuxième grosse molaire (Cruveilhier). Généralement ovalaire, il siège quelquefois sur une saillie papillaire de la muqueuse de la joue (Luschka).
Parois du vestibule. — La paroi interne est formée par la face externe, convexe des deux arcades alvéolo-dentaires des mâchoires, recouvertes en partie par la muqueuse vestibulaire rouge plus ou moins foncée. Quand les mâchoires s'écartent, les arcades dentaires circonscrivent une fente horizontale par laquelle la cavité buccale proprement dite communique largement avec son vestibule. Quand les arcades dentaires sont en contact, la communication des deux cavités se fait : par des espaces ou incisures interdentaires plus ou moins larges, quelquefois nulles ; et par une fente plus grande située de chaque côté entre la dernière molaire en avant et le bord antérieur de l'apophyse coronoïde en arrière. Cet orifice (espace maxillaire, ZukerkandI) est assez grand pour admettre l'introduction d'une sonde, d'un calibre de 4 à 6 millim. (Sappey), quand les mâchoires sont simplement rapprochées; il diminue beaucoup quand ces dernières sont fortement serrées, à cause de la saillie prononcée du bord antérieur du masseter.
Laparoi externe molle, mobile et très dépressible, présente à considérer trois parties : deux latéraleset une antérieure. Les portions latérales forment lesjoues; la portion antérieure présente une fente horizontale plus ou moins large, orifice vestibulaire ou fente buccale, circonscrite par deux replis, l'un supérieur, l'autre inférieur, s'unissant par leurs extrémités : les lèvres. Ces dernières se continuent sans ligne de démarcation nette avec les joues ; il est d'usage pour-
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tant de les décrire séparément: aussi étudierons-nous successivement les lèvres et les joues.