‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 20 sur 84 · DES JOUES · texte numérisé non relu

DES JOUES

Nous décrirons sous ce nom les parties latérales de la paroi externe du vestibule buccal. Musculo-membraneuse, molle, dépressive et mobile, la joue est loin de présenter l'étendue que lui donnent les auteurs classiques.

BOUCHE

Cruveilhier, Sappey, etc., décrivent sous le nom de joue toute la région latérale de la face. Us la limitent extérieurement : en dedans par le sillon naso-labial qui la sépare des lèvres ; en dehors, par le bord postérieur de la mâchoire ; en haut par la base de l'orbite (Cruveilhier), ouparun plan qui passerait au-dcvantdu plancher orbitaire en rasant le bord correspondant de l'arcade zygomatique ^Sappey) ; en bas, par la base de la mâchoire inférieure. Appliquée sur le maxillaire supérieur et l'os malairc d'une part, sur le corps et la branche du maxillaire inférieur, d'autre part, la joue ainsi limitée comprend trois régions bien distinctes : la région malaire, la région massétérine et la région buccale proprement dite (Cruveilhier) ; fixe partout ailleurs elle reste flottante dans sa partie rnoyeimo qui répond aux arcades alvéolaires et dentaires (Sappey). Intérieurement, du coté de la cavité buccale, la joue serait limitée par la réflexion de la muqueuse sur les os maxillaires (Cruveilhier). — four nous le ternie de joue ne doit être appliqué qu'à, cette région buccale de Cruveilhier, à, la partie flottante de Sappey; la véritable joue de Merkel. Ayant les limites du muscle qui en forme la charpente, (le buccinalcuri ; les régions massétérines et molaires ne doivent pas être comprises dans la joue. En se basant du reste sur les limites internes du vi'stibule de la bouche, on peut se convaincre facilement qu'en haut la gouttière vestibulaire s'arrête au-dessous de la région malaire: car cette gouttière, profonde en avant au niveau de la région labiale, l'est moins en arrière ; le fond du vestibule dépasse de bien peu le bord coronoïdien, do façon qu'une faible partie de la face interne de la branche verticale du maxillaire inférieur contribue à former la paroi latérale du vestibule, la plus grande partie de cette branche répondant à la paroi latérale du vestibule buccopharyngé et du pharynx.

Extérieurement la joue est limitée : en avant par le sillon naso génio-labial ; en arrière par le bord antérieur de la branche verticale du ma.KlIlaire inférieur, et du muscle masseter qui le double ; en bas, par la ligne oblli|ue externe du corps du ma.xillaire inférieur; en haut par un plan horizontal rasant la limite inférieure de la pommette. Intérieurement les limites de la joue sont marquées par la réflexion de la muqueuse du vestibule de la paroi interne osseuse sur l'externe molle.

Ainsi délimitée la joue est un repli musculo-membraneux, quadrilatère et présente à étudier une face externe ou cutanée, une face interne muqueuse et quatre bords. La face externe, convexe, lisse et unie chez les enfants et les adultes qui ont de l'emljonpoint, à peu près plane chez l'adulte, concave chez • les personnes maigres, ridée chez le vieillard, est surmontée par la saillie de la pommette, dont on la distingue d'autant plus facilement qu'elle est plus déprimée. — La face interne muqueuse rouge plus ou moins foncée, s'applique sur les parties latérales des arcades alvéolo-dcntaires ; leur contact est quelquefois si intime qu'on peut trouver sur cette face l'empreinte des dents, ou des petites éraillures dues au pincement de la muqueuse entre les deux arcades dentaires pendant les mouvements de la mastication. Vers son angle postéro-supérieur on trouve l'orifice d'abouchement du canal de Sténon. Les limites de cette face sont marquées par les points où la muqueuse vestibulaire se réfléchit de la paroi interne sur l'externe. En avant elle se continue sans aucune démarcation nette avec la face interne des lèvres; en arrière elle passe au delà du pli ptérygo- maxillaire dans la paroi latérale de la cavité buccale; en haut et en bas, les gouttières vestibulaires lui servent de limite.

Les quatre bords sont adhérents : le supérieur adhère au massif maxillaire supérieur, au niveau de la limite profonde des cavités alvéolaires. L'inférieur adhère à la ligne oblique interne du maxillaire inférieur ; l'antérieur se continue sans ligne de démarcation nette, surtout en dedans, avec les lèvres; le postérieur épais, est dédoublé par la saillie du bord de la branche \'erlicale et de l'apophyse coronofde du maxillaire inférieur doublée du muscle masséter ; les

60 TUBE DIGESTIF

couches superficielles (peau, tissu cellulaire) passent en dehors de ce dernier muscle, les couches profondes (muscle) en dedans de la branche verticale du maxillaire pour atteindre le ligament ptérygo-maxillaire où elles se terminent.

Structure. — La joue comme les lèvres qui en dépendent est formée d'une charpente musculaire doublée par la peau en dehors, par la muqueuse en dedans. Entre la couverture cutanée et le muscle existe en arrière une masse graisseuse ; entre ce dernier et la muqueuse est intercalée une couche glanduleuse.

La charpente musculaire est formée par un seul muscle, le buccinateur, qui

/V. vague !V. sympalh Apoph. sti/l.

A car. int. V. jug. int.

Page 1