PAROI INFÉRIEURE OU PLANCHER
La paroi inférieure ou plancher de la cavité buccale est constituée par des parties molles encadrées par deux os : le maxillaire inférieur et l'os hyoïde- — Le cadre osseux est formé : en avant par la concavité du fer à cheval que décrit le corps du maxillaire inférieur; en arrière par la convexité du fer à cheval décrit par le corps et les grandes cornes de l'os hyoïde. Ces deux arcs osseux sont concentriques : l'arc maxillaire, plus large, embrasse par sa concavité la convexité antérieure de l'arc hyoïdien, de telle façon que ce dernier est caché par le premier quand la tête est dans l'attitude du repos, c'est-à-dire à angle droit sur la colonne vertébrale, les deux arcs osseux se trouvant alors sur le même plan horizontal. — Ouand la tète est renversée en arrière, l'arc maxillaire s'élève plus (|ue l'arc hyoïdien ; celui-ci se dégage de la concavité du maxillaire, le dépasse par le bas, devient tangible et l'espace qui sépare les deux os, c'est-à-dire le plancher buccal se tend. — Ouand la tète se lléchit et s'abaisse, l'arc maxillaire s'abaisse plus que l'arc hyoïdien, qui se trouve complètement caché, enfoui derrière le maxillaire.
IjCs |)arties molles qui remplissent ce cadre osseux constituent le plancher buccal ; elles sont formées : d'une charpente musculaire médiane, doublée sur sa face supérieure de la muqueuse buccale, sur l'inférieure de la peau. Entre ces couvertures et le muscle passent de nombreux organes.
On liniilc en gi;néral le plancher buccal à la face supérieure de la charpente musculaire (ni. mylo-hyoïdien). Très bonne pour le cliiriirgien, cotte limite nous paraît, absolinnenL arbitraire au point de vue anatomiquo pur. — Le plancher buccal est formi! par toutes les parties molles comprises entre la muqueuse buccale et la peau, encadrées par les os maxillaire et iiyoïde, de même que la paroi externe molle du vestibule buccal, la joue, est formée par toutes les couches allant de la peau à la muqueuse inclusivement. Gomuw pour celle-ci on ne s'arrête pas au muscle buccinateur, de même pour la paroi inférieure molle di; la bouche, il faut no pas s'arrêter au muscle mylo-hyoïdien.
La charpente musculaire est constituée par le muscle mylo-hyoïdien doublé des ventres antérieurs des digastriques et des génio-hyoïdiens. — Le mylohyoïdien ou transverse de la mâchoire inférieure est formé de deux moitiés latérales se réunissant sur la ligne médiaire du plancher- biu^cal. Chacune de ses moitiés forme un plan triangulaire, incliné en bas et en dedans ; son côté externe et supérieur est fixé sur la face interne du corps du maxillaire, à la ligne mylo-hyoïdienne entre les apophyses geni et la dernière grosse molaire ;
TUBE DIGESTIF
le côté interne et inférieur se fusionne sur la ligne médiane avec celui de la moitié opposée; le sommet répond aux apophyses geni ; le côté postérieur ou base est librement tendu entre l'extrémité postérieure de la ligne mylo- hyoïdienne du maxillaire et le corps de l'os hyoïde, où il s'insère. — Le mylo- hyoïdien, formé par l'union de ces deux plans, représente dans son ensemble la moitié antérieure d'une carène de vaisseau ou un demi-cône creux à concavité supérieure, dont le sommet antérieur répond à la symphyse du menton, et dont la base postérieure adhère par sa partie moyenne au corps de l'os hyoïde, et est libre sur les côtés. — Dans la rainure, que limitent en haut les deux plans inclinés du mylo-hyoïdien, glissent les deux muscles génio-hyoïdiens, tendus entre les apophyses géni-inl'érieures et le corps de l'os hyoïde. — Sur la face inférieure du mylo-hyoïdien, de chaque côté de la crête médiane, glissent les ventres antérieurs des muscles digastriques, allant de la symphyse du menton
Fig. 40. — Face inférieure de la langue. — A droite la muqueuse est enlevée, et les muscles disséqués et reclinés pour montrer la glande de Blandin et ses rapports avec les vaisseaux et nerfs.
aux grandes cornes de l'os hyoïde. — Dans son ensemble cette couche musculaire constitue un véritable diaphragme bucco-cervical, tendu de la concavité du maxillaire à la convexité de l'os hyoïde. — Complet sur la ligne médiane, où il s'étend de la symphyse du menton au corps de l'os hyoïde, et sur les côtés, ce diaphragme bucco-cervical finit brusquement en arrière, par un bord libre, autour duquel les organes du cou pénètrent dans l'épaisseur du plancher buccal. — Cette charpente musculaire sépare le plancher buccal en deux étages : l'un inférieur limité par la peau; l'autre supérieur limité en haut par la muqueuse buccale.
h'étage inférieur externe ou cutané, répond à la partie moyenne de la région dite sus-hyoïdienne. Ses limites sont formées par la concavité du maxillaire en avant et sur les côtés, par la face antérieure conve.xe de l'os hyoïde en
BOUCHE
arrière. Cet étage présente à étudier les couches suivantes : lapeau fine et glabre chez la femme et l'enfant, recouverte des poils de la barbe chez l'homme adulte, présente de nombreux follicules pileux, des glandes sébacées et sudoripares ;
— les muscles peauciers du cou doublant la peau de chaque côté de la ligne médiane; — un tissic cellulaire sous-cutané plus ou moins abondant suivant le degré d'embonpoint, traversé par les veines sous-mentales, origines des veines jugulaires antérieures, et par des filets du nerf facial et du plexus cervical superficiel; sur la ligne médiane, à égale distance entre le menton et l'os hyoïde on trouve dans cette couche un ou deux ganglions lymphatiques : ganglions sous-mentaux. — Plus loin doublant la face externe du plancher musculaire on trouve une aponévrose, dépendance de l'aponévrose cervicale superlîcielle. Elle adhère au muscle mylo-hyoïdien sur la ligne médiane ; de chaque côté, elle se dédouble pour engainer le ventre antérieur du digastrique; en dehors de celui-ci elle se dédouble de nouveau ; une lame suit le muscle mylo-hyoïdien jusqu'à son insertion sur le maxillaire ; l'autre saute de la face externe du muscle sur le bord inférieur du maxillaire ménageant ainsi une loge ostéo-fibreuse dans laquelle sont logés un prolongement de la glande sous-maxillaire, quelques ganglions lymphatiques, l'artère sous-mentale et une ou deux veines qui l'accompagnent.
Uétage supérieur. — Examiné j^ar la cavité buccale, le plancher est formé par un bourrelet médian saillant : la langue et par un sillon curviligne en fer à cheval embrassant dans sa concavité la saillie médiane : sillon alvéolo-lingual (Luschka).
Le sillon ou gouttière alvéolo-linguale est limité en avant et latéralement par l'arcade alvéolaire tapissée par la muqueuse gingivale; en dedans par la racine de la langue; en arrière et de cbaque côté par le pilier antérieur du voile du palais ; son fond est formé par la niuqueuse qui après avoir tapissé la langue se réfléchit sur l'arcade alvéolaire et sur le pilier antérieur du voile.
— En soulevant la pointe de la iaiigue on voit sur la ligne médiane, entre cette dernière et le fond du sillon, un pli muqueux plus ou moins saillant : le frein de la langue. Celui-ci s'insère sur la face inférieure de la langue d'une part, sur la surface muqueuse du plancher buccal d'autre part; il n'atteint pas le maxillaire inférieur, mais souvent il existe un petit bourrelet qui le prolonge jusqu'au maxillaire (Mcrkel). — A droite et à gauche du frein commence une petite saillie de la muqueuse, qui se prolonge dans la partie latérale du sillon : repli, crête ou bourrelet sub-lingual, délerminépar le relief de la glande sublinguale qui soulève la muqueuse ; ce repli est plus marqué chez le nouveau-né et se prolonge en avant par une saillie libre (Gegenbaur). En avant, sur le frein de la langue même, le repli sub-lingual se continue dans un tubercule ou mamelon : la caroncule sub-linguale ou salivaire ; chàque caroncule présente à son sommet un orifice, visible à l'œil nu: Vostium ombilicale, orifice du canal de Wharton. Les deux caroncules ne sont pas symétriquement disposées, l'une étant toujours située plus haut que l'autre. — La crête sub-linguale présente aussi deux séries longitudinales de petits orifices, moins visibles cependant que le précédent, répondant à l'ouverture des canaux excréteurs des glandes sub-linguales (canaux de Rivinus).
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A l'extrémité postérieure du sillon la muqueuse qui le tapisse passe, au niveau de la racine du pilier antérieur du voile, en dedans sur la base de la langue, en dehors derrière la dernière grosse molaire au niveau de l'espace rétro-molaire dans la muqueuse de la gouttière inférieure du vestibule de la bouche. — La 'muqueuse est mince et peu adhérente. D'après Suzanne (Arch. de physiol. 1887, p. 141) en avant, de chaque côté du frein de la langue, la muqueuse du plancher serait doublée d'une couche musculaire à fibres sagittales, venant des muscles genio-glosses. Sa structure est identique à celle du reste de la muqueuse buccale.
Si on incise la muqueuse tout le long du sillon alvéolo-lingual on tombe dans une gouttière assez profonde limitée : en dedans par la racine de la langue formée par les muscles genio-glosses et hyo-glosses, en dehors par la face interne ou profonde du mylo-hyoïdien. Cette gouttière ou rainure est transformée par la muqueuse en une loge, la loge sublinguale qui, par sa base ouverte tournée en arrière, communique largement avec la loge sous-maxillaire. Elle contient la glande sub-linguale, le prolongement sub-lingual de la glande sous-maxillaire, le canal de Wharton, le canal de Bartholin, les nerfs lingual et grand hypoglosse, l'artère sub-linguale, des veines, et du tissu cellulaire lâche.
La glande sub-linguale, qui sera décrite plus loin avec les glandes salivaires, se prolonge en arrière jusqu'au delà de la dernière molaire où elle touche presque la glande rétro-molaire; en avant elle atteint le frein de la langue. Très souvent elle se prolonge par dessous celui-ci, entre lui et les extrémités antérieures des genio-glosses, et atteint l'extrémité antérieure de la glande sublinguale du côté opposé. — Suzanne (loc. cit.) décrit un groupe glandulaire spécial, situé sur les côtés du frein en arrière de la face postérieure du maxillaire, au-dessus des apophyses geni-supérieures, distinct de la glande sub-linguale : groupe glandulaire du frein. — MerUel décrit, sous le nom de glandula incisiva, un petit groupe glandulaire constant, situé devant les caroncules salivaires, immédiatement sur le périoste du maxillaire inférieur, un peu audessous du collet des dents incisives moyennes.
La glande sous-maxillaire étant à cheval sur le bord postérieur du muscle mylo-hyoïdien, une portion de cette glande se trouve dans la loge sub-linguale; déplus, la glande envoie un prolongement qui accompagne le canal de Wharton, et passe, comme celui-ci, sur la face supérieure du muscle mylo-hyoïdien dans la loge sub-linguale. — Le cariai de Wharton se dégage de la glande sous-maxillaire au niveau du bord postérieur du mylo-hyoïdien, passe sur le muscle, se dirige en avant entre les muscles hyo-glosse et genio-glosse en dedans, la glande sub-linguale en dehors; il longe enfin cette dernière jusqu'au frein de la langue où il s'ouvre au sommet de la caroncule. — Le canal de Bartholin se dégage de la partie postérieure de la glande sub-linguale, suit la face interne de la glande et s'ouvre soit dans le canal de Wharton, soit isolément dans la caroncule salivaire à côté du précédent.
L'artère sub-linguale, grosse de 2 mm. (Krause) naît de l'extrémité antérieure de l'artère linguale dont elle est une des branches de bifurcation ; elle continue la direction du tronc artériel, passe sous la glande sub-linguale, en
dehors du muscle gcnio-glosse, au-dessus des génio et mylo-hyoïdien, en dedans el au-dessous du canal de Warthon, qu'elle croise obliquement. Elle donne des branches à toutes les parties qui constituent le plancher buccal surtout à la muqueuse, jusqu'au frein de la langue ; une de ses branches traverse le mylo-hyoïdien et va s'anastomoser avec l'artère sous-mentale. Arrivées au niveau du frein les deux artères sub-linguales s'anastomosent par un rameau arciforme ou par un rameau situé à la hauteur de l'extrémité antérieure de la glande sub-linguale. Ace niveau aussi, derrière la symphise du menton, l'artère sub-linguale envoie des rameaux qui traversent les insertions antérieures du mylo-hyoïdien et vont se rendre dans le réseau artériel ({ue forment les deux artères sous-mentales en s'anastomosant ensemble sous la symphyse. Enfin, elle donne des rameaux à la muqueuse qui recouvre les alvéoles des dents incisives inférieures, rameaux qui pénètrent parfois dans l'os.
Le nerf lujpoglosse situé très profondément passe dans le sinus ouvert en haut entre le mylo-hyoïdien en dehors, et le hyo-glosse et le génio-glosse en dedans, et se ramifie bientôt. Son trajet dans la loge sub-linguale est relativement court. — Le nerf lingual occupe au contraire la région superficielle de la loge ; il y pénètre au niveau de la dernière grosse molaire où il est situé immédiatement sous la muqueuse doublée de la glande rétro-molaire; puis il se dirige en bas et en avant, passe d'abord sur le muscle hyo-glosse el atteint le canal de Wharton sur la face interne de la glande sub-linguale; situé d'abord en dehors et au-dessus de ce canal, le nerf passe au-dessous, le contourne et le prend dans une anse à concavité supérieure ; arrivé sur le côté interne du canal le nerf lingual passe sur l'artère sub-linguale, monte sur la langue et se dirige vers la pointe de celle-ci en abandonnant en route les nombreux filets destinés à la glande sub-linguale, à la muqueuse du plancher buccal et à la langue. En somme, le nerf lingual et le canal de Wharton s'entrecroisent sur la face interne de la glande sublinguale : le nerf est situé successivement en haut et en dehors du canal, puis au-dessous de lui et enfin en haut et en dedans.
De nombreuses veines accompagnent tous ces organes ; ce sont : les veines satellites du nerf hypoglosse, du nerf lingual, du canal de Wharton. La veine sub-linguale passe sur la face interne de la glande sub-linguale et au-dessous du canal de Wharton, c'est elle qui charrie la plus grande partie du sang veineux du plancher buccal ; elle se jette dans la veine faciale, dans la loge sousmaxillaire.
Tous les organes dont nous venons de préciser le siège et les rapports dans le lobe sub-lingual sont noyés dans du Lissu cellulo-graisseux. — F. Ij.Fleischmann (Niirenberg, 1841) décrit deux hotirses séreuses, une de chaque côté du frein de la langue au niveau des extrémités antérieures des muscles génioglosses. L'existence de ces glandes, admises par certains auteurs (Tillaux), est contestée par la plupart.
Alozais (Jonrn. il'Anat. 1884) a étudie spécialement le tissu cellulaire du plancher buccal. — Dans la région antérieure, il n'a trouvé dans les 4/3 des cas que du tissu conjonctif plus ou inoins lâche, formant derrière la symphise du menton, entre les extrémités internes des glandes sub-linguales qui surplombent les apophyses geni-supérieuros, un tissu caverneux, dont l'insuftlation montre les lamelles blanches et brillantes ; latéralement ce tissu devenait plus mince. Dans plusieurs cas il a rencontré près de la racine de la
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langue, de chaque côté du frein, se prolongeant jusqu'à la glande sub-linguale le tissu cellulaire rétro-sympliysien transformé en une bourse séreuse -plus oa moins vaste, cloisonnée et prédominant du côté gauchd. — Dans la région postérieure ou molaire, au niveau des dernières grosses molaires, il a trouvé quelquefois une cavité séreuse au niveau delà deuxième grosse molaire, arrondie ou ovalaire, allongée d'avant et arrière, longue de 2 centimètres, et répondant à la première et à la troisième grosse molaire. — A. dit avoir souvent rencontré, dans cette même région, une seconde bourse plus petite, située entre la glande sub-linguale en dedans, la muqueuse en haut, l'arcade alvéolaire en dehors. — En somme, d'après les recherches de cet auteur il y aurait plusieurs bourses séreuses sublinguales ducs à la mobilité de la langue et ses frottements contre la ceinture osseuse qui l'entoure : les unes rétro-symphysicnnes, répondant aux bourses de Fleischmann, les autres molaires.
Je dois dire que j'ai en vain cherché ces bourses séreuses. Le tissu cellulaire du plancher buccal, plus ou moins lâche, s'infiltre entre les organes qui le traversent, mais nulle part on ne trouve des cavités séreuses bien limitées. C'est du reste l'avis de la plupart des auteurs (Suzanne, Merkel, etc.)
LANGUE
La langue est un organe musculo-membraneux qui proémine sur la partie médiane du plancher buccal. Uniquement musculaire à sa racine, implantée sur les deux arcs osseux qui encadrent le plancher buccal, la langue soulève la muqueuse, s'en coifîe et devient musculo-membraneuse dans sa portion libre. — Physiologiquement la langue est un organe à double fonction : musculaire et mobile elle intervient activement dans la préhension des aliments, leur mastication, la formation du bol alimentaire, sa propulsion dans le pharynx, et dans la phonation ; par sa muqueuse, munie d'organes nerveux spéciaux, c'es-t un organe tactile et un organe de sens spécial, destiné à percevoir les saveurs. Elle agit donc dans les phénomènes mécaniques de la digestion et comme organe de la gustation ; c'est pourquoi certains auteurs décrivent séparément le muscle lingual organe de la digestion, et la muqueuse linguale organe de sens. Cette séparation nous semble inutile et arbitraire, aussi allonsnous décrire ici toutes les parties constituantes de la langue.
Configuration et Rapports. — La langue présente deux portions : l'une recouverte par la muqueuse buccale, proéminant librement dans les cavités buccale et pharyngienne : c'est la portion libre on bucco-pharyngienne ; Va.utve, située dans l'épaisseur du plancher buccal, au-dessous du point où la muqueuse buccale se réfléchit de la langue sur les gencives : c'est la racine de la langue, uniquement musculaire.
La portion libre de la langue remplit par ses deux tiers antérieurs l'espace circonscrit par l'arcade alvéolo-dentaire du maxillaire inférieur, et proémine par son tiers postérieur, au delà des piliers antérieurs du voile du palais dans la cavité pharyngienne.
La portion antérieure ou buccale est horizontale, la postérieure ou pharyngienne est verticale. — Dans sa totalité, la portion libre de la langue peut être comparée à un ovo'i'de légèrement aplati de haut en bas, dont l'extrémité pointue ou sommet est tournée en avant et répond aux dents incisives; mince et aplatie de haut en bas, elle constitue la. ^Jointe de la langue ; la grosse extrémité ou base,
LANGUE
tournée en arrière, fait un relief h peu près rectangulaire sur la paroi antérieure du pharynx : elle forme la base de la langue.
La langue présente une double racine: hyoïdienne et inandibulaire, appartenant chacune à un segment distinct de l'organe ; séparées à l'origine elles se fusionnent ensuite ; la première, hyoïdienne, appartient au tiers postérieur ou pharyngien; la seconde, mixillaire, aux deux tiers antéi'ienrs ou portion buccale. Il faut réserver le terme de base de la langue au segment pharyngien de sa portion libre , et donner le nom de racine de la langue à la portion |)rofonde, uni(|uement musculaire, implantée à la fois sur le maxillaire et sur l'appareil hyoïdien.
La partie buccale présente à étudier deux faces, deux bords latéraux et un sommet ou pointe.
La face supérieure, dorsale ou palatine, convexe d'avant en arrière, est légèrement concave transversalement, grâce à un sillon médian et sagittal qui s'étend de la pointe à l'extrémité postérieure (Voy. fig. 44). — A l'état de repos de la langue, celte face est en contact avec la voûte palatine, en avant, avec le voile du palais en arrière. Ce dernier, en se contractant, se relève et se détache complètement de la face dorsale de la langue. — Hérissée de saillies papillaires plus ou moins développées dans toute son étendue, celte face présente, à son extrémité postérieure, une dépression médiane très ou peu accentuée : le trou borgne ou foramen cœcuni de Morgagni, et de chaque côté une série de grosses |)apilles (papilles caliciformes) disposée sur une ligne oblique en avant et en dehors. Le foramen cojcuni et les lignes papillaires décrivent ensemble un V ouvert en avant ayant pour sommet le foramen : c'est le Y lingual, qui marque la limite entre les parties buccale et pharyngienne de la langue.
La face inférieure est moitié moins étendue que la supérieure, le tiers antérieur seul de la face inférieure de la langue étant recouvert par la muqueuse, et par conséquent libre ; le reste de cette face est enfoncé dans ré|»aisseur du plancher buccal et est formé par les muscles (\\n pénétrent dans la langue et en constituent la racine. — l^a facr- inférieure, lisse et unie, j)résente sur la ligne médiane : un sillon longitudinal, jtius |)rolond en arriére (|u'en avant; au-dessous de celui-ci, un repli muqueux triangulaire placé de champ entre la muqueuse du pliincher buccal et la langue : le frein ou filet de la langue, dont le bord antérieur et les deux faces latérales sont libres, et dont le bord supérieur adhère à la langue et l'inférieur au })lanch('r. Ouelqncfois il atteint la pointe de la langue et il [leut gêner ses mouvements et la succion chez le nouveau-né ; d'où la nécessité de le sectionner. Latéralement, sur les c(jtés du sillon, on voit deux suiUies oblongucs, auléro-poslérieures, reliefs des muscles sous-jacents, recouvertes par une mince mucpunise qui laisse voir jiar transparence les veines ranines. Sur cette saillie on trouve de petits a]>pendices muqueux, des franges lanudiiformes longues de 2 à 3 milhmèires.
Ces franges représentent chez l'ailulto les starles d'atropliic du rep/i frangé (plica finibriata) ilu nouveau-né et de l'entant. Gliez ces derniers, la mucineusc linguale l'orme à une certaine distance du point où elle se réilécliit dans la muqueuse buccale, à droite et à gauche, un repli. Les deux replis convergent en avant l'un vers l'autre, et présentent un bord délicatement frangé ou dentelé, d'où le nom de repli frangé. Ce repli serait l'hon)ologue de la langue accessoire inférieure des singes, rudiment iJ'une langue plus ancienne, qui n'était pas encore musculaire (Gogenbaur, Morphol. Jahrb., t. IX, JSSG).
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Les bords, minces et aplatis en avant, s'épaississent en arrière ; ils touchent les arcades dentaires et présentent souvent de légers sillons verticaux séparés par des saillies, dus aux empreintes des dents. De nombreuses saillies papillaires rangées en séries verticales et parallèles hérissent leur moitié supérieure répondant aux parties latérales de la gouttière alvéolo-linguale.
Le sommet ou •pointe touche la face postérieure des incisives supérieures et inférieures. Mince et aplatie, la pointe est creusée d'un sillon médian et vertical, souvent assez profond, unissant les extrémités antérieures des sillons longitudinaux des faces inférieure et supérieure. — Sur les côtés du sillon, la pointe de la langue est formée par deux tubercules hérissés de papilles.
La partie pharyngienne constitue la base de la langue. Verticale et rectangulaire elle présente une face et quatre bords.
La face, face pharyngienne de la langue, regarde en arrière ; elle est en contact en haut avec la luette, qui s'en détache quand le voile se redresse, et en bas avec la face antérieure de l'épiglotte. — Tomenteuse et inégale, elle est semée de saillies ou mamelons percés à leur sommet d'un orifice visible à l'œil nu : ce sont les follicules de la langue. Entre ces follicules les dépressions qui les limitent se disposent en rigoles, parallèles, légèrement obliques en bas et en dedans, et convergeant vers l'extrémité inférieure d'une rigole plus profonde, médiane et verticale. Cette dernière, large en haut où elle embrasse le foramen cœcum, se rétrécit en bas; souvent peu prononcée ou nulle, quand elle est bien marquée, elle divise cette face en deux moitiés latérales en forme de bourrelets saillants. — L'ensemble des mamelons et des rigoles donnent à la face pharyngienne ou base de la langue un aspect particulier, comparable à celui d'une amygdale, surtout l'amygdale pharyngienne : c'est l'amygdale linguale.
Le bord supérieur répond au V lingual, où la face pharyngienne se continue, sous un angle presque droit, avec la face dorsale de la portion buccale de la langue. — Ce bord forme le plancher de l'orifice 'de communication des cavités buccale et pharyngienne : l'isthme du gosier.
Le bord inférieur se présente sous la forme d'un bourrelet transversal, saillant, compris entre le corps de l'os hyoïde en avant, la base de l'épiglotte en arrière. De son milieu et de ses deux extrémités latérales se détachent trois replis muqueux qui vont se perdre sur la face antérieure et sur les bords latéraux de l'épiglotte: replis glosso-épiglottiques médian et latéraux. — Le repli médian, plus saillant, est tendu sagittalement entre la langue et l'épiglotte, son bord supérieur est concave et libre ; - les replis latéraux moins prononcés sont curvilignes à concavité tournée en dedans, ils forment la limite inférieure de la fosse amygdalienne, et au niveau de leur insertion sur le bord de l'épiglotte, ils s'entrecroisent et se fusionnent avec l'extrémité épiglottique des replis pharyngo-épiglottiques. — Ces trois replis sont formés par une charpente élastique : les ligaments glosso-épiglotliques, et par quelques faisceaux musculaires dépendant des muscles de la langue, le tout recouvert de la muqueuse. — De chaque côté du repli médian, entre lui et ie repli latéral, on trouve une dépression ou fosse assez prononcée : la fosse glosso-épiglottique. Ovalaire allongée dans le sens frontal, cette fosse est tapissée par la muqueuse pharyngienne qui se réfléchit de la base de la langue sur l'épiglotte, et par un substratum
LANGUE
élastique glosso-épiglottique. A ce niveau la muqueuse présente le même aspect tomenteux, irrégulier, les mêmes saillies que la muqueuse de la base de la langue et celle de la fosse amygdalienne.
Les bords latéraux, verticaux, épais en haut, s'amincissent vers leur extrémité inférieure. — Chacun a la forme d'une petile surface triangulaire à base supérieure, limitée en avant par l'insertion du pilier antérieur du voile du palais sur la langue. Le bord latéral limite avec la face postérieure du pilier du voile un sillon, gouttière ou rigole verticale, à concavité postérieure, longeant de chaque càlé la base de la langue. Ce sillon est tapissé par la mu-
Sui.-sp/ien.
Aponéo, ternp.
M. tempor.
Arc. cijfjoii:. .
il. ptcryg. ext.
il/, pféryq. bit. -
Canal d.Stenoji
M. huccinat. ■ M. masseler...
M. genio-gl. ■ il . génio-hyri ila.v. inf.
N tiiHj.
Gl. stih-ling.
M. mylo-liij.
M. difiiislr, M. pcaiicier.
Fig. 41. — Coupe l'ronlalc de la base du crùno et do la l'arc passant iiiiiiK'diatcmcnt derrière lu bord postérieur do la cloison nasale (d'après Luschka).
queuse pharyngienne qui se réiléchit de la fosse amygdalienne sur la base de la langue. — Le bord latéral et le sillon qu'il liante appartiennent à la fosse amygdalienne.
La racine de la langue est située dans l'épaisseur de l'étage supérieur du plancher buccal, au-dessus des muscles niylo et génio-hyoïdiens. — LTiii([uement musculaire, elle est formée par les muscles qui s'implantent sur le maxillaire et sur l'os hyo'ide et montent à travers le plancher buccal, pour péuétrer dans l'épaisseur de la langue en l'abordant par sa face inférieure. Ce sont principalement les génio-glosses, doublés d'une portion des hyoglosses (basio-glosses) et des linguaux inférieurs. — Ainsi constituée la racine ou pédicule de la langue est allongée d'avant en ariière a])latie transversalement et plus large en arrière qu'en avant. Dans une coupe frontale intéressant
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toute la langue, la racine apparaît comme le pétiole supportant une feuille que représente assez bien la coupe de la portion libre. — Nous lui considérerons deux faces latérales et quatre bords. — Les faces latérales formées par les faces externes des génio-glosses en avant, des basio-glosses en arrière, constituent la paroi interne des loges sub-linguales. Le bord antérieur VihrQ, vertical, curviligne, à concavité antérieure, est formé par le tiers inférieur du bord antérieur des deux muscles génio-glosses accolés. Ce bord présente : une fente médiane qui sépare les deux muscles génio-glosses et deux bourrelets latéraux. Entre ce bord, en arrière, le maxillaire en avant, et la muqueuse du sillon alvéolo-lingual en haut, il existe un petit espace ou cavité triangulaire, cloisonné par une lamelle celluleuse médiane allant de la muqueuse et du maxillaire sur la racine de la langue. — Le hord inférieur, sagittal, horizontal et rectiligne, plus épais en arrière qu'en avant, répond aux bords inférieurs accolés des deux muscles génio-glosses; ceux-ci forment une sangle tendue du maxillaire à l'os hyoïde. Ce bord repose sur les muscles génio-hyoïdiens.
Les bords postérieur al supérienr sont adhérents. Le premier vertical très large est formé par les bords postérieurs des deux muscles génio-glosses accolés, doublés sur leurs faces externes de chaque côté par le lingual inférieur et le basio-glosse. Confondu avec la charpente musculaire de la langue dans laquelle il pénètre, ce bord est nettement limité extérieurement par l'interstice qui sépare de chaque côté le basio du cérato-glosse. Ce dernier muscle étant extra-lingual, du moins dans la portion initiale de son trajet, ne fait pas partie de la racine de la langue telle que nous l'avons définie. — Le bord supérieur, horizontal est formé par le muscle génio-glosse, il est limité par la ligne de réflexion de la muqueuse linguale dans celle du sillon alvéolo-lingual.
Moyens de fixité. — La langue est fixée aux organes qui l'entourent par des liens musculaires, élastiques, fibreux et muqueux. — Ses deux principaux points d'attache sont le maxillaire inférieur et l'os hyoïde. Ses deux tiers antérieurs sont rattachés au maxillaire par les muscles génio-glosses et par la muqueuse qui se réfléchit de sa face inférieure et de ses bords latéraux sur la concavité de l'arcade alvéolaire ; la langue suit le maxillaire dans ses déplacements. A l'os hyoïde ou mieux à l'appareil hyoïdien elle est fixée par : l''son squelette fibreux; 2° un groupe musculaire se donnant rendez-vous sur le corps et les cornes de l'os hyoïde ; 3° deux muscles qui divergent vers les extrémités terminales et supérieures de l'appareil hyoïdien, les apophyses styloïdes, Quoiqu'ils se prolongent jusqu'à l'extrémité antérieure de la langue, ces liens rattachent à l'appareil hyoïdien surtout son tiers postérieur ou base. La base de la langue est ainsi fortement fixée à l'os hyoïde qui l'entraîne avec lui.
La langue est encore rattachée aux organes voisins par des expansions musculaires, élastiques et muqueuses : au voile par les muscles glosso-j)alatins et la muqueuse qui les recouvre ; à la paroi pharyngienne, par la muqueuse d'une part, par des faisceaux musculaires (m. glosso-pharyngés) d'autre part ; à l'épiglotte, par les ligaments nmsculaires, élastiques et muqueux (replis ou ligaments glosso-épiglotiques).
Squelette et Muscles de la langue. — Les muscles de la langue sont de deux ordres, les uns s'insèrent sur le cadre osseux qui entoure la langue,
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d'autres viennent des diverses parties constituantes du ])harynx : le voile du palais, l'amygdale et la musculature propre de la paroi pharyngienne. Ouelle que soit leur origine tous ses muscles convergent vers un squelette libreux situé dans l'épaisseur de la langue.
Le cadre osseux nous est déjà connu : Notons seulement (ju'il n'est pas exact de dire que le squelette osseux de la langue est formé uniquement par l'appareil hyoïdien. Cela est vrai pour la base de la langue, qui forme à elle seule l'organe de certains animaux chez lesquels elle apparaît sous la forme d'un bourgeon ostéo-fibreux (poissons) ou musculaire (batraciens) dont la charpente est formée par une apophyse osseuse (os lingual) à sommet libre antérieur, à base implantée sur la partie médiane de l'arc hyoïdien antérieur ; niais, chez les mammifèi'es et chez l'homme, à cette partie postérieure hyoïdienne peu mobile vient s'ajouter une partie antérieure, plus mobile, qui tient au maxillaire inférieur |)lus qu'à l'appareil hyoïdien.
Le squelette flbreux est formé par deux membranes qui naissent du corps do l'os liyoïde et se |jro!ongent dans l'épaisseur de la langue : la membrane hyoglossienne, et le sejitum médian.
La membrane ]iijo-glossie}i)ie, transversale, naît de la lèvre postérieure du corps de l'os hyoïde, dans l'intervalle compris entre les deux petites cornes; de là, elle monte en haut et en avant, décrit une légère courbe à concavité inféroantéi ieure par-dessus le bord postéro-supérieur du muscle génio-glosse, et aju'ès un trajet de G à 8 mm., se perd dans l'épaisseur de la langue. Sa face jiostéro-supérieure convexe est séparée de la muqueuse de la base de la langue, par des glandes, des veines et les fibres élastiques et musculaires du ligament glosso-épiglottique médian.
Le septum médian on scpLuni lingual ci^l un(^ lame fibreuse médiane en forme de faux, placée de champ dans l'épaisseur de la langue, entre les deux muscles géiiio-glosses ; sa base s'insère sur le milieu de la face inférieure de la membrane hyo-glossienne, son sommet mince et effilé se perd au milieu des muscles de la pointe de la langue; le boixl supérieur, convexe, est séparé de la muqueuse de la face dorsale par un intervalle de S à 4 mm. ; le bord inférieur, concave, est tantôt libre, tantôt recouvert ])ar les fibres des deux génioglosses qui s'entrecroisent au-dessous de lui ; les faces latérales, planes, donnent insertionaux fibres musculaires transversales de la langue. — Blanc jaunâtre, épais en arrière, aminci en avant, le septum est formé de tissu fibreux. lUandin, qui l'a le premiei' bien décrit, lui donnait une structure fibrocartilagineuse. Le libro-cartilage décrit par Baur sur la ligne médiane de la face inférieure de la langue de certains animaux (loup, chien) est indépendant du septu m médian.
MUSCLES. — La langue est abordée par dix-sept muscles, huit pairs et un impair. Les uns viennent des divers j)oints du cadre osseux : ce sont les génio-glosses, hyo-glosses, stylo-glosses, linguaux inférieurs, lingual supérieur et les transverses de la langue ; d'autres émanent de la musculature des diverses parties du pharynx : les pharyngo-glosses, palato-glosses et amygdalo-glosses. Les six derniers seront étudiés ailleurs (voir : pharynx), nous ne décrirons ici (jue les onze premiers. Parmi ceux-ci, les ])lns juiissanls, ceux <\u\ forment la
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plus grande partie de la charpente musculaire de la langue, sur lesquels viennent s'appliquer les autres, sont les génio-glosses ; c'est par leur description que nous commencerons.
1° Génio-glosse. — Le plus volumineux des muscles de la langue, legénioglosse naît de l'apophyse géui supérieure, immédiatement au-dessus du géniohyoïdieu, en partie par des libres tendineuses, en parlie par des fibres musculaires. Les premières forment un tendon triangulaire à base antérieure, fixée sur l'apophyse géni, à sommet postérieur enfoncé dans l'épaisseur du muscle.
M. masseter A. linguale profonde
Fig. 42. — Vue latérale Je la langue, destinée à montrer la disposition des muscles de la couche superficielle. — La moitié droite du maxillaire inférieur a été enlevée, le muscle mylo-hyoïdien désinséré de la mâchoire et rabattu. Les muscles stylo-hyoïdien et le ventre postérieur du digastrique sectionnés et rabattus.
Les fibres musculaires naissent des bords, du sommet et des faces latérales de ce tendon. — Parties de cette origine, les fibres musculaires rayonnent comme les lames d'un éventail largement ouvert : les plus antérieures se recourbent en avant et se dirigent vers la pointe de la langue ; les moyennes verticales, montent directement vers la face dorsale et se perdent sur la membrane hyo-giossienne et sur la face profonde de la muqueuse; les postérieures presque horizontales se portent en arrière vers l'os hyoïde où elles s'insèrent à la partie médiane de son bord supérieur (m. génio-hyoïdien supérieur de Ferrein).
Aplati transversalement, allongé d'avant en arriére, le génio-glosse s'accole par sa face interne à celui du cùté opposé ; il en est séparé en haut par le sep-
LANGUE
tiim lingual, sous le bord inférieur duquel quelques fibres passent d'un muscle dans l'autre, et en bas par un interstice rempli de tissu cellulaire et quelques troncs lympliatiques (Sappey). — Sa face externe forme la paroi interne de la loge sub-linguale ; son bord inférieur horizontal est couché sur le m. géniohyoïdien ; son bord antérieur concave, libre dans son tiers inférieur où il répond à l'étage supérieur du [)lanclier buccal, est recouvert plus haut par la muqueuse de la face inférieure de la langue ; son bord supéro-postérieur, convexe, répond à la face inféro-antérieure de la membrane hyo-glossienne en arrière, à la face profonde de la muqueuse linguale dans le reste de son étendue.
Variétés. — Très souvent lo génio-glosse envoie un petit faisceau à la face antérieure do la base de l'épiglolte, où il se fixe par du tissu élastique : muscle élévateur de l'épiglotto (leralof- épigloltidis) de Morga.gni, g losso-épig lot ficus de Albinus et Heister). — Quelques Jibres de ce muscle se continuent et se fusionnent en arrière avec celles du constricteur supérieur du pharynx: m. génio-pharyngien de Winslow. — Theile décrit des fibres du génio-glosse qui montent en arcade entre l'amygdale et le m. stylo-glosso, pour aller s'insérer sur le ligament ptérygo-maxillaire, près de l'insertion du buccinateur. — Bochdalek junior (1868) décrit sous le nom de m. longitudinalis linguœ infevior médius s. azygos liaguœ, un faisceau presque constant, situé entre les deux génio-glosses, naissant de l'apophyse géni et allant seperdredans la pointe de la langue entre les deux génio-glosses. Henle dit l'avoir trouvé dans la langue d'un embryon. Luschka (1868) a vu au même endroit un petit uuiscle pair : m. gènio-glossus accessorius — • Theile a trouvé dans un cas, du côté gauche seulenjent, la portion du muscle génio-glosse qui s'insère à l'os hyoïde absoluuient distincte dans les deux tiers antérieurs de sa longueur. — Henle signale quelques fibres du génio-glosse qui s'accolent à l'hyo-glosse et vont s'insérer à la base de la petite corne de l'os hyoïde.
Action. — Le point fixe du génio-glosse est son insertion sur le maxillaire ; en se coalractant il agit sur l'os hyoïde et sur la langue ; son action est variable suivant qu'il se contracte dans sa totalité ou seulement par un groupe de ses fibres; les faisceaux antérieurs ramènent la pointe de la langue dans la cavité buccale, et la dépriment en bas; les moyens tirent en avant la base de la langue, et produisent la propulsion de l'organe hors de la cavité buccale; les inférieurs et postérieurs élèvent l'os hyoïde et le portent en avant; la contî'aclion simultanée de toutes ses fibres ramasse la langue sur elle-même, la pelotonne et l'applique fortement contre le plancher buccal.
2" Lingual inférieur. Syn : m. lingual, Douglas; m. longitudinalis inferior, Arnold, Theile. — Quoique décrit depuis longtemps par Colombo, Spigel, etc., ce muscle est en général mal compris et surlout mal représenté; certains auteurs (Theile, llenle) le font dériver uniquement de l'épaisseur même de la langue oùil se continuerait avec des muscles voisins; d'autres (Sappey) lui accordent aussi des insertions osseuses sur la petite corne de l'os hyoïde, mais sans les représenter. — Voici comment je l'ai vu dans mes dissections : Immédiatement accolé à la face externe du m. génio-glosse, le lingual inférieur est un faisceau musculaire arciforme à concavité antérieure, aplati transversalement, allant de la pelite corne de l'os hyoï'de dont il embrasse le contour par ses (ibies d'origine, à la pointe delà langue; situé entre l'hyo-glosse et le génio-glosse d'abord, entre le stylo-glosse et ce dei nier plus haut, il abandonne par son bord convexe postérieur des fibres qui se dirigent en arrière et en bas et s'entrecroisent avec des fibres à directions opposées, obliques en bas et en avant, du muscle stylo-glosse. Entre son bord antérieur libre et le génio-glosse chemine l'artère linguale profonde.
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Action. — II raccourcit le diamètre sagittal de la langue, et abaisse en l'attirant en bas et en arrière la pointe.
3" Hyo-glosse. Syn : basio-cérato-chondro-glosse. — C'est une lame musculaire quadrilatère, aplatie transversalement, plus haute que large, qui part de l'os hyoïde et se porte sur la face latérale de la langue ; il s'insère sur le bord supérieur de l'os hyoïde depuis l'extrémité externe du corps jusque près du sommet de la grande corne. Cette insertion est souvent ininterrompue, inais souvent aussi, la partie qui s'insère sur le corps est séparée de celle qui naît de la grande corne par un interstice triangulaire, à base inférieure, à sommet supérieur, à travers lequel on voit l'artère linguale. Cette disposition explique la division de ce muscle en deux parties : la première née du corps et de la base de la grande corne : le basio-glosse ; la seconde née de la grande corne : le cerato-glosse. Nées de cette façon les deux portions du muscle montent sur la face latérale de la langue ; pénètrent entre les faisceaux du stylo-glosse en arrière, entre le stylo-glosse et le lingual inférieur en avant, et s'étalent en un large éventail, dont les fibres pénètrent dans l'épaisseur de la langue, les postérieures transversalement, les antérieures longitudinalement, les moyennes plus ou moins obliquement. A son origine sur l'os hyoïde l'hyo-glosse répond en avant an génio-hyo'ïdien, et en arrière au constricteur moyen du pharynx : la plupart des fibres du génio-hyoïdien passent en dehors, et une faible partie en dedans du bord antérieur de l'hyo-glosse pour s'insérer sur l'os hyoïde ; le constricteur moyen au contraire ne présente que quelques rares fibres sur la face externe du bord postérieur de l'hyo-glosse, la plupart passant en dedans de ce dernier. Recouvert de haut en bas par les ventres du digastrique, par les anses nerveuses du grand hypoglosse et du lingual, par la glande sous-maxillaire, et par la sangle que forme le muscle stylo-glosse, il recouvre : l'artère linguale, qui glisse sur sa face interne ou profonde en la traversant souvent en selon, la petite corne de l'os hyoïde, le muscle lingual supérieur et le génio-glosse. Les bords antérieur et postérieur sont libres, presque verticaux et concaves.
Action. — Il abaisse la langue, la rapproche de l'os hyoïde et la ramène en arrière dans la cavité buccale, quand elle a été propulsée par les génio-glosses.
Variétés. — Verdlieyen, Haller, Zaglas, Henle, décrivent sous le nom de chondro-glosse un petit muscle plat, distinct de l'hyo-glosse, s'insérant sur le bord interne de la base de la petite corne et sur la partie avoisinante du corps de l'os hyoïde ; séparé à son origine de l'hyo-glosse par l'artère linguale, il monte en haut et en avant sur le dos de la langue, où il s'étale en fibres sagittales, entre le lingual inférieur et le hyo-glosse. Sappey conteste l'existence indépendante de ce muscle qui no serait qu'une partie des m. linguaux inférieur et supérieur. .le crois aussi qu'il s'agit tout simplement du muscle lingual inférieur si mal vu en général et que j'ai décrit plus haut. Sappey décrit, sous le nom de cérato-glosse accessoire, un faisceau musculaire inconstant, mais fréquent, qui naît du sommet de la grande corne de l'os hyoïde, et même du constricteur moyen du pharynx, se porte en haut et en avant en passant sur le cérato-glosse, et se coude à angle obtus pour se joindre à la portion horizontale du stylo-glosse. Il abaisse les bords de la langue, et incline de son côté sa face dorsale. Malgré l'opinion de Sappey je ne crois pas à la fréquence de ce faisceau, ne l'ayant rencontré qu'exceptionnellement. — Bochdalek (1866) décrit, sous le nom de Iritico-rjlosses, des fibres musculaires qui naissent du cartilage contenu dans l'épaisseur du ligament hyo-thyi'oïdien latéral et se rendent dans l'hyo-glosse ; il les a trouvées huit fois sur vingt-deux cas. — J'ai vu très souvent, alors que les cérato et basio-glosses étaient séparés par un interstice bien marqué, un échange de fibres entre les deux muscles; passant d'un muscle à l'autre en grillageant pour ainsi dire l'espace celluleux qui les sépare.
4° Stylo-glosse. — Long, cylindrique à son origine, aplati et étalé en éventail sur la face latérale de la langue, le muscle stylo-glosse s'insère sur l'extrémité supérieure de l'appareil hyoïdien, sur l'apophyse styloïde et le ligament stylomaxillaire. Cette insertion se fait par des faisceaux, en partie tendineux, en ])artie musculaires, à la base et à la face antérieure de l'apophyse et s'étend plus ou moins sur le ligament. De là le muscle se dirige en bas, en avant et légèrement en dedans, de cylindrique il devient aplati, et se contourne sur lui-même de façon fjue son bord externe devient postérieur et sa face antérieure devient externe. Il aborde la langue au niveau et au-dessous du pilier antérieur du voile du palais, sur le bord latéral de la base. Là il s'épanouit en un éventail musculaire, aplati transversalement, dont les libres se divisent en supérieures,
Ffiîsc. m. /iijo-glnufe
KÎL,'. i :i. — Vue latérale de la langue, (li'slinéc à. monf.rer la disposition des muscles de lu eourho profonde. Sur la picee qui avait servi à la figure précédente, on a incisé le muscle hyo-glosse, on en a enlevé une partie et laissé les extrémités hyoïdiennes rabattues, et les faisceau \ qui pénètrent dans l'épaisseur de la langue.
iiiDN'eiiiics, et iiifcrieuies. Des supérieures, les plus courtes pénétrent immédiatement dans l'épaisseur de la langue, se dirigent transversalement en dedans el se mêlent aux fibres du palato-glosse, d'autres, longues, se dirigent direc- Icinent (ui avant, furnu'nt un faisceau épais, longitudinal, qui longe le bord de la langue, en passant d'abord sur l'hyo-glosse, puis sur le lingual inférieur, et, arrivé à la pointe, s'unit à celui-ci du côté o[)posé. Les fibres moijennes se dirigent obliquement eu bas et en avant, se divisent en deux ou Irois faisceaux distincts qui passent à travers les fibres du cerato-glosse ou entre ce ruuscle et le basio-glosse ; elles s'entrecroisent avec les expansions du muscle lingual inférieur, et |iênêtrent ensuite dans l'épaisseur de la langue, les unes
transversalement, d'autres longitudinalement. Les fibres inférieures et postérieures passent derrière le bord postérieur du cerato-glosse, se dirigent presque verticalement vers la grande corne de l'os byoïde, et s'insèrent en grande partie sur la lèvre interne du bord supérieur de cette corne en dedans du constricteur moyen du pharynx ; quelques-unes s'arrêtent sur le ligament stylo-hyoïdien. Telle est la disposition que j'ai trouvée dans de nombreuses dissections de ce muscle; elle diffère notablement des descriptions classiques.
Dans sa portion extra-linguale le stylo-glosse est en rapport en dehors avec le parotide dont le sépare l'aponévrose, et avec la face interne du ptérygoïdien interne dont il est séparé par un plan aponévrotique et par de la graisse; en dedans, accolé d'abord au stylo-pharyngien, il s'en éloigne et en est bientôt séparé par l'artère palatine ascendante ; puis il passe sur la face externe du constricteur supérieur dont le sépare l'aponévrose pharyngienne latérale externe, et sur la paroi latérale de la loge amygdalienne. Le nerf glosso-pharyngien est accolé au muscle dans une grande partie de son trajet. Dans la portion linguale le stylo-glosse recouvre l'hyo-glosse et le lingual inférieur.
Action. — L'action du stylo-glosse est multiple : par le faisceau longitudinal qui atteint la pointe de la langue, il rétracte et porte en haut cette dernière ; par les fibres supérieures courtes et les moyennes il forme avec celui du côté opposé une sangle musculaire fixée par ses deux extrémités aux apophyses styloïdes : cette sangle élève la base et la partie postérieure des bords de la langue, la face dorsale se creuse alors en une gouttière longitudinale ; par ses fibres inférieures enfin il peut élever l'os hyoïde.
Variétés. — On a signalé l'absence du muscle d'un côté (Albinus) ou des deux (Boeliincr). — On l'a vu naître de l'apophyse styloïde, par un second faisceau tendineux. — Il peut étendre son insertion jusqu'au maxillaire inférieur; naitre entièrement de l'angle de la mâchoire et de l'insertion du ptérygoïdien interne sur la mâchoire (Moser) ; ou s'insérer par un chef sur l'apophyse styloïde et par un second chef (muscle myloglosse) sur l'angle de la mâchoire (Wood). — 11 peut recevoir un faisceau accessoire, tendineux ou musculaire venant du conduit auditif osseux ou cartilagineux. Le chef qui provient du conduit cartilagineux (caput articulare, Gruber) peut rester indépendant ou se relier à l'apophyse styloïde, et former un muscle tendu de l'apophyse au conduit auditif cartilagineux (m. depressor auriculare, Lauth ; m. stylo-auricularis, Hyrtl). Du conduit auditif cartilagineux, le faisceau musculaire peut se rendre directement dans la langue sans s'unir au stylo-glosse (Duverney, 1749, Lauth^ Hyrtl, Gruber). — Sandifort (17o3), a vu le muscle divisé en deux faisceaux, dont l'im avait l'insertion habituelle, tandis que l'autre allait sur le pharynx. — Macalistcr (1871) a réuni plusieurs cas de dédoublement complet du muscle. — Honle a vu une fois un faisceau étroit du stylo-glosse, passer sur le tronc du nerf grand hypoglosse, et gagner l'origine du muscle génio-glosse, unissant l'apophyse styloïde et l'apophyse géni-supérieure.
3° Lingual supérieur. — Syn. : m. notoglossus, Zaglas ; m. superficiel de la langue, Arnold ; m. longitudinal supérieur, Theile. — Impair et médian, le lingual supérieur forme une lame à fibres longitudinales, unique en avant, divisée en trois faisceaux en arrière, tendue de la base de la langue à sa pointe immédiatement'sous la muqueuse. Il naît par trois chefs : un médian s'insère sur la face antérieure de l'épiglotte et sur le ligament glosso-épiglotique médian; deux latéraux partent des petites cornes de l'os hyo'i'de. Les trois faisceaux se réunissent bientôt pour former une lame unique qui se prolonge en avant jusqu'à la pointe de la langue. Ces trois faisceaux d'origine ont été décrits par Gerdy comme entièrement indépendants sous le nom de faisceaux hyo-glosso-
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épiglottiques. — En s'uuissant sur les bords de la langue avec des fibres longitudinales des muscles stylo-glosses et palato-glosses (Sappey), le lingual supérieur constitue une coque musculaire à concavité inférieure moulée sur la face dorsale de la langue de la base à la pointe et d'un bord à l'autre. — Recouvert par la muqueuse, il recouvre le muscle transverse. — Dans les interstices que limitent ses faisceaux d'origine sont logées les glandes de la base de la langue. — D'après Theile, les libres du lingual supérieur ne seraient pas continues d'un bout à l'autre de la langue, elles s'arrêteraient de distance en dislance sur la muqueuse, d'où naîtraient de nouvelles fibres qui prolongeraient ainsi le muscle jusqu'à la pointe.
Action. — Il raccourcit la langue, et ramène sa pointe en baut et en arrière.
6" Transverse. — La charpente musculaire de la langue est formée par un très grand nombre de fibres à direction transversale. — Pour se rendre un compte exact de la disposition de ces fibres, de leur origine et de leur mode de terminaison, il faut débiter la langue en une série de coupes frontales, depuis la pointe jusqu'à la base. En examinant les surfaces de section de cese(iu|»es on voit que la plus grande partie de la langue est composée de fibres musculaires transversales réunies en faisceaux ou lamelles aplaties d'avant en arrière. — Toutes ces fibres naissent de chaque côté de la ligne médiane de la langue, sur les faces latérales du septum médian, et se dirigent eu dehors, vers les bords oi'i elles se terminent d'une façon dilTérente dans les deux tiers antérieurs et dans le tiers postérieur de la langue. Dans les deux tiers antérieurs, les faisceaux musculaires transversaux, arrivés sur le bord, s'épanouissenten trois ordres de fibres : supérieures, moyennes et inférieures. Les supérieures se recourbent légèrement en haut vers la face dorsale ; les moyennes se dirigent directement en dehors vers la convexité du bord ; les inférieures se recourbent en bas, vers la face inférieure. Toutes s'insèrent sur la face profonde de la muqueuse du bord. — Dans le tiers postérieur de la langue, les fibres musculaires transversales se dirigent en dehors, passent entre les faisceaux du génio-glosse, arrivent au bord latéral de la base où elles prennent des directions dilîérentes, les profondes se portent en bas, s'insèrent sur la face interne de la petite corne de l'os hyoïde et sur l'extrémité inférieure du ligament stylo-hyoïdien ; quelques-unes se continuent avec les fibres du constricteur moyen du pharynx (Henle); les fibres superficielles, réunies en plusieurs faisceaux, se dirigent en baut et en arrière, traversent les faisceaux des muscles hyo et stylo-glosses, et prennent trois directions différentes : les unes vont directement en haut dans le pilier antérieur du voile (m. glosso-palatin) ; d'autres en haut et légèrement en arrière sur la paroi latérale de l'amygdah^ palatine (in. glosso-amygdalien de Broca) ; un dernier groupe, enfui, est formé de fibres à direction très oblique en baut et en arrière qui s'entrecroisent et se mêlent avec les libres du constricteur sujiérienr du pharynx (m. glosso-pharyngien). — En somme, le muscle transverse est formé de deux ordres de fibres : les unes, courtes, se perdent dans l'épaisseur même de la langue, fibres intrinsèques ; les autres longues dépassent la langue et vont se perdre sur l'os hyoïde d'une part, sur le voile du palais, la paroi latérale de la fosse amygdalienne, et la paroi pharyngienne latérale d'autre part ; ces dernières sont des fibres extrinsèques.
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Je dois ajouter que les fibres transversales que montre la surface de section des coupes frontales de la langue n'appartiennent pas toutes au muscle transverse. Un certain nombre sont des fibres terminales des muscles hyo et styloglosses. — Le muscle transverse est recouvert en haut par les fibres du lingual supérieur qui le séparent de la muqueuse du dos ; latéralement par des faisceaux longitudinaux des muscles : stylo-glosse, palato-glosse et lingual inférieur.
Action. — Il diminue le diamètre transversal de la langue, l'arrondit, la rend plus pointue et l'allonge.
Examinée dans son ensemble, la charpente musculaire de la langue est formée par trois ordres de fibres : longitudinales, verticales et transversales. Beaucoup d'auteurs distinguent avec raison des fibres intrinsèques et extrinsèques de la langue: les premières naissent et se terminent dans l'épaisseur de l'organe, les secondes naissent sur les os ou les organes voisins et viennent se terminer dans l'épaisseur de la langue. Les fibres verticales occupent les unes le centre de la langue (fibres des génio-glosses), les autres les bords et la base de la langue (fibres des hyoglosses). Gerdy, Cruveilhier, Ilyde-Salter, Braun, décrivent des fibres verticales intrinsèques; elles n'existent pas. Les fibres longitudinales occupent la périphérie de l'organe : sur la face dorsale elles sont fournies par le lingual supérieur, sur la face inférieure par les linguaux inférieurs et les faisceaux horizontaux des génio-glosses; sur les bords, parles stylo-glosses, les palato-glosses et les pharyngo-glosses. Les fibres transversales, très abondantes, sont situées dans l'épaisseur même de l'organe, elles naissent toutes du septum lingual et décrivent de chaque côté des arcades qui traversent les fibres verticales et longitudinales pour aboutir sur les bords de la langue : là les unes courtes, s'insèrent sur la muqueuse des bords et appartiennent aux fibres intrinsèques du muscle transverse ; les autres longues, plus nombreuses, se rendent vers l'os hyoïde, le voile, l'amygdale et le pharynx; ce sont les fibres extrinsèques du m. transverse. Quelques-unes des fibres transversales appartiennent aux hyo-glosses et au stylo-glosses.
La terminaison des fibres musculaires de la langue se fait sur le septum médian et sur la face profonde de la muqueuse. D'après ilenle, les faisceaux verticaux ou obliques, dans l'éteudue où la muqueuse est papillaire (deux tiers antérieurs) traversent les faisceaux longitudinaux, s'élargissent, se divisent en fourches ou en pinceaux et se terminent par une extrémité conique à la base des papilles et dans leur intervalle; elles sont séparées par un millimètre d'épaisseur de la surface libre de la muqueuse. Dans la partie postérieure pourvue de glandes, la plupart des fibres musculaires se terminent dans une couche de tissu cellulaire dense située au-dessous de la couche glandulaire, et lâchement unie à la muqueuse. Quelques faisceaux isolés montent entre les glandes. Des travées cellulaires fines, parties de la muqueuse et du septum médian, remplissent les intervalles intermusculaires. Des amas de tissu cellulaire lâche remplis dégraisse entourent les glandes de la pointe de la langue, et pénètrent dans l'interstice qui sépare les deux muscles génioglosses.
LANGUE
Muqueuse linguale. — La langue est recouverte dans une grande étendue d"uu étui niuqueux, dépendant de la tiuujueuse bucco-pharyngée.
Sa coloration est variable avec les régions : blanche rosée plus ou moins pâle sur le dos de la langue, elle est plus rouge sur les bords et rose sur la face infé -
Trnii borgne
- l'iip. cnlicif.
SUlon mèd.
l'ap. fonçj\f.
Fig. 41. — I*"ace dorsuli' de la langue étalée.
noure. On connait les nombreuses \ariations de couleurs (jue [leut présenter cette muqueuse surtout sur le dos de la langue, dans Félat de santé avant ou après le repas, et dans l'état de maladie.
L'c'paisseitr est Irès variable : sur la face dorsale elle est épaisse sur la ligne médiane et diminue progressivement sur les parties latérales. Ljiaisse encore
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sur les bords, elle l'est beaucoup moins sur la face inférieure. Là, elle est mince et transparente, et laisse apercevoir les veines ranines sous-jacentes.
Sa consistmice, très marquée au milieu de la face dorsale, est très faible sur les bords, la pointe et la base où elle se laisse facilement déchirer. Sur la face inférieure la muqueuse est assez consistante.
\J adhérence aux muscles sous-jacents est surtout marquée à la face dorsale. Là, les fibres musculaires vont s'insérer directement sur un épaississement fibreux blanchâtre, qui double la muqueuse et qu'on a décrit a tort comme une membrane particulière (fascia linguœ, Zaglas). Assez adhérente sur les bords, elle l'est beaucoup moins à la base et surtout à la face inférieure, où un tissu cellulaire assez abondant la sépare des muscles sous-jacents.
Configuration. — La surface libre de la muqueuse présente un aspect difîérent sur les deux tiers antérieurs, portion buccale, et sur le tiers postérieur, portion pharyngienne ou base. La première est hérissée de nombreuses papilles et constitue la région papillaire de la muqueuse ; la seconde présente des saillies et dépressions dues à l'infiltration lymphoïde de la muqueuse et constitue Vamygdale linguale.
Les papilles de la langue ont été divisées depuis longtemps d'après leur volume en grandes, moyennes, petites et très petites (Albinus, 1754); cette division répond à quelque chose de réel. La muqueuse linguale présente en effet des papilles de toutes dimensions.
Les plus petites sont enfouies dans l'épaisseur de l'épithélium, qu'elles ne dépassent guère; comparables en tous points aux papilles de la peau et du reste de la muqueuse buccale, on les désigne sous le nom de papilles hémisphériques ou simples. Ordinairement simples, quelquefois elles sont divisées en plusieurs crêtes à leur extrémité libre. Leur forme est variable, elles sont coniques, hémisphériques, ou filiformes; leur hauteur moyenne est de 0,05 mm. Les papilles hémisphériques sont disséminées sur toute l'étendue de la muqueuse linguale, aussi bien sur la face dorsale et les bords entre les papilles plus volumineuses, que sur la face inférieure où elles existent seules.
Les papilles plus volumineuses, formées par la réunion sur une base commune d'un nombre plus ou moins grand de papilles simples peuvent être divisées d'après leur volume et leur forme en : petites ou filiformes, moyennes ou fongif ormes, et grosses ou caliciformes. Les papilles filiformes, presque uniformément répandues sur la face dorsale de la langue, lui donnent un aspect velouté particulier ; entre elles on trouve par place les papilles fongiformes, tantôt enfouies au milieu des papilles filiformes très hautes, tantôt dépassant ces dernières et faisant saillie à la surface de la muqueuse.
a) Les papilles filiformes (petites, villosœ, arcuatœ, coniques, cylindriques, corolliformes, etc.), hautes de 0,75 à 3 millim., larges de 0,2 à 0,5 millim. (Kœlliker), peuvent présenter des formes diverses. On peut leur distinguer deux portions : un corps, qui est conique, cylindrique, pyramidal, ou prismatique, et une extrémité libre. Exceptionnellement unie, la surface de l'extrémité libre est presque toujours hérissée d'un nombre plus ou moins grand de prolongements filiformes, formés par un bouquet ou pinceau de papilles secondaires simples. Ces dernières de hauteur variable (0,02 à 0,0.3 millim.) sont
LANGUE
recouvertes à leur tour d'une couche épitliéliale dont les cellules superficielles sont disposées de façon à compliquer encore l'aspect de la papille. Plates et allongées, cà grand diamètre parallèle au grand axe de la papille simple, les cellules épithéliales se recouvrent comme les tuiles d'un toit, et sont pourvues de prolongements pointus, allongés en forme de crosse, hauts de 0,'j millim., ou en longs cheveux pouvant atteindre 1,5 millim. Ces prolongements épithéliaux hérissent la papille secondaire, surtout son extrémité libre, de pinceaux libres et flottants, qui augmentent de plus du double la hauteur de la papille. Tantôt tous les prolongements épithéliaux d'une papille secondaire sont d'une hauteur égale; tantôt les j)rolongements centraux plus longs dépassent les périphériques; tantôt enfin les prolongements périphériques, plus longs, dépassent les centraux et donnent à la papille un aspect cratériforme ou en entonnoir, d'une fleur (papi Iles coroili formes) que Sappey a comparé à la corolle. Les papilles filiformes les plus grosses munies des plus longs prolongements se trouvent au milieu du dos de la langue, en avant des papilles caliciformes ; à partir de ce point elles diminuent de volume vers les bords et la pointe, et surtout vers la base de la
Veiyie
Artère
l'ap. sous-épilh.
langue. Au niveau des lignes
Fi^'. 4.T. — Deux papilles filiformes de l'homine; celle (le gauche recouverte de la couche épithéliale avec ses prolongements en forme de pinceau ; celle de droite dépourvue d'épithélium cl recouverte de ses papilles secondaires (d'après ïiiun et Buwmann).
décrites par les rangées de
papilles caliciformes, les filiformes sont situées sur des replis muqueux étroits dirigés parallèlement au V lingual (Henle). Sur les bords de la langue elles forment des trainées verticales, régulières ou légèrement tortueuses se dirigeant du dos vers la face inférieure de l'organe. Ailleurs, sur la face dorsale de la langue, la disposition des papilles filiformes est absolument irrégulière, elles forment des groupes séparés par des sillons on crevasses dans lesquels on voit apparaître les papilles fongiformes.
La papille fongiforme se présente en général sous la forme d'un champignon ou d'une massue, renllée au sommet, rétrécie à la base; enfouie au milieu des papilles filiformes ou les dépassant et formant une saillie appréciable à la surface de la uiu(|iieuse. Haute de 0,7 à 1 mm. 8, large de 0,8 à 1 millim.; la papille fongiforme est constituée d'un cor])s hérissé de nombreuses saillies
TUBE DIGESTIF
formées par des papilles secondaires simples ou hémisphériques. Ces saillies, visibles à la loupe, donnent à la papille des aspects très variables; tantôt les papilles secondaires montent les unes sur les autres en forme d'échelons, tantôt elles divergent en forme de rayons. Souvent ces pointes ou rayons sont masqués par l'épithélium de la papille, dont les couches profondes recouvrent et enveloppent séparément chacune des papilles secondaires, et remplissent les espaces interpapillaires , tandis que les cellules des couches superficielles passent sur toutes les papilles secondaires et forment sur l'ensemble de la papille fongiforme un revêtement lisse, épais de 0,05 millim. environ. On trouve aussi des papilles fongiformes dont les papilles secondaires ou pointes sont ])lus saillantes, et donnent à la surface bombée de la papille l'aspect d'une massue armée de pointes en fer, ou celui d'une étoile (Henle), ou encore, si ces saillies sont moins pointues, la forme d'une mûre (papilles mùriformes) ou d'une framboise.
Epithél...
Pap. secondaire
Fig. 46. — l^apille fongiforme de l'hoiiime chaque côté de papilles simples, la prc-
avec son revêtement épithélial à gauche, et mière prosente un système vasculaire
couverte de petites papilles secondaires à complexe, les secondes des rares anses
droite (d'après Todd et Bowmann). capillaires (d'après Todu et Bowmann).
llenle a vu des papilles fongiformes dont une moitié était lisse, l'autre moilé hérissée de papilles. Le même auteur signale des papilles à pédicule mince et à extrémité étalée en un chapeau large, bombé, à bord tranchant et hérissé de papilles, bombé à la périphérie et déprimé au centre. Enfin il en existe en forme de tubercules plats à base large circulaire (papilke dégénérantes) (Albinus).
Au nombre de 150 à 200 (Sappey) les papilles fongiformes sont relativemeni rares sur la ligne médiane du dos de la langue devant le V lingual, mais leur nombre augmente vers les bords. Entre la ligne médiane et le bord latéral elles sont semées à des intervalles à peu près réguliers. Nombreuses sur les bords de la langue, où elles sont disposées en séries verticales, elles sont tantôt très nombreuses sur la pointe et étouffent les papilles filiformes ; tantôt au contraire elles y sont très rares. Sur la base de la langue on en trouve quelques-unes près el derrière le V lingual. Exceptionnellement on peut en trouver sur la face inférieure et même sur le plancher de la cavité buccale près de la langue (Henle).
Ajoutons qu'il est souvent difficile, même à la loupe, de distinguer les papilles fongiformes parmi les filiformes; les premières pouvant se présenter avec l'aspect particulier des secondes. Mais quand les pa|)illes fongiformes sont relativement lisses et bien saillantes, elles tranchent sur les filiformes par leur forme,
et, sur le vivant, par leur eoloratioii rougeàtre, faisant tache sur le feutrage blanchâtre des |)apilles filiformes.
c) Les papilles caliciformes (va lia lie S. circumvallat,'e ; truncat.-i', llaller; boutonnées ou à tète, Royer; calicifornies, Cuvier), occupent un siège spécial, le V lingual, et se trouvent sur les confins du dos de la langue et de sa portion pharyngienne. Au sonunet du \' on trouve la dépression plus ou moins profonde, trou borgne ou foramen ciecum de Morgagni. Les papilles calicifornies sont au nombre de neuf en général ; Haller en a com|)té jusqu'à vingt.
Examinée à la loupe, la papille caliciforme se présente sous l'aspect d'une papille fongiforme volumineuse, entourée d'un sillon plus ou moins profond, limité en dehors par un bourrelet (|uelquefois très saillant, le calice. On doit donc lui considéier : une papille centrale, mamelon ou cône; un silhju circulaire plus ou moins profond, fossé ou vallée, et un bourrelet péiiphérique, calice ou rempart.
Lu papille centrale ou mamelon, haut de 1 à 1,3 millimètre, ressemble, avons-nous dit, à une papille fongiforme; comme celle-ci, elle a la forme d'une
Pap. centntle
Bourg, gust.
Can. exer, gl.
J'\irisie. nei'n.
Bourrelet
■- Fossé
Cuil. excr. gl.
Fig. 4X. — Cou|io IVonlalc irLiiie papille caliciforme (d'tiprùs Schwalue)
massue ou chamjjignon, à grosse extrémité tournée en haut, et à pédicule rétréci, allant s'implanter au fond de la vallée. La surface libre de l'extrémité renflée du mamelon, large de 1 à 2 millimètres, est hérissée de papilles secondaires, tantôt enfoncées dans l'épithélium qui les recouvre, tantôt au contraire saillantes. Le milieu de la surface libre du mamelon central est légèrement déprimé, en une fossette ou cupule, d'autant plus accentuée que la])apiile est plus volumineuse ; sur les petites papilles en elTet, cette dépression manque, et la massue est uniformément bombée. Ordinairement uni([ue le mamelon peut se dédoubler ou même se diviser en trois ou plusieurs papilles, par des échancrures profondes, et donner l'illusion de [ilusieurs mamelons indépendants implantés au fond d'une vallée unique et entourés d'un bourrelet commun.
Le sillon, fossé ou fente circulaire, profond de 2 mm. (Schwalhe) entoure la papille centrale ; sa paroi interne est formée par le pédicule du mamelon, tandis que la paroi externe légèrement inclinée en pente en bas et en dedans est formée par le bourrelet ou rempart. Au fond du sillon se ti-ouvent les orifices des canaux excréteurs des glandes séreuses sous-jacentes de la jiapille. Les deux parois qui limitent le fossé sont lisses, et dépourvues de iiapilles secondaires.
TUBE DIGESTIF
Le tourreZef périphérique, rempart ou calice, est plus ou moins saillant. Ordinairement il se trouve au même niveau que la surface libre de la papille centrale ; quelquefois il est très saillant, et masque le mamelon. C'est le cas du foramen cœcum, au fond duquel, après avoir écarté le bourrelet qui la recouvre, on trouve une papille généralement volumineuse. Le foramen n"est en somme qu'une grande papille caliciforme avec un profond sillon et un bourrelet très saillant. Souvent le bourrelet est très peu saillant, ou même incomplet, la papille centrale est largement découverte, et ressemble à une grosse papille fongiforme. Lisse et uni, sur sa surface interne où il limite le sillon, le bourrelet présente sur son bord libre superficiel des saillies comparables à celles qui recouvrent la massue de la papille centrale, formées par des papilles secondaires plus ou moins cachées dans l'épithélium. Sur les deux versants du fossé on trouve, dans l'épaisseur de l'épithélium qui les recouvre, des organes spéciaux, les bourgeons du goût, que nous décrirons plus loin.
Les papilles foliées (papilles linguales foliées ou interloeulaires, organes foliés J.-F.-C. Mayer ; organes latéraux du goût; plis gustatifs, fentes guslativcs, Elsaesser) constituent un organe spécial situé sur les côtés de la base de la langue, pas ou très peu marqué chez l'homme, mais prenant un grand développement et une importance de premier ordre chez certains animaux (lapin, lièvre). Chacun de ces organes forme une plaque ovale, plate ou légèrement sadlante, coupée par dix ou quatorze plis parallèles et verticaux, séparés par des profonds sillons, au fond desquels s'ouvrent des glandes acineuses.
Gmelin (de Tubingen) dans un travail récent (1892 , sur la morphologie des papilles caliciformes et foliées arrive aux conclusions suivantes; — Les papilles caliciformes ne dérivent pas des papilles fongiformes ; les papilles foliées ne dérivent pas des caliciformes. Toutes ces papilles sont indépendantes dès leur origine ; il n'y a pas de formes de transition entre elles; chacune garde son type défini. — Le fossé est la partie caractéristique de la papille caliciforme , il est l'homologue de la cavité du follicule de la base de la langue, et des anfractuosités de l'amygdale-palatine. Le fossé, la cavité folliculaire et les cavités tonsillaires représentent à l'origine des canaux excréteurs communs de plusieurs glandes muqueuses de la base de la langue.
Canal de Bochdaleck. — Sous le nom de Canal excréteur de la langue (C. excretorius linguœ), Bochdaleck a décrit en 1866 un cul-de-sac de la muqueuse linguale qui part du fond du foramen cœcum et s'enfonce dans l'épaisseur de la langue en se dirigeant en arrière et en bas — Dans les douze cas (sur cinquante langues) que Bochdaleck décrit, le canal avait une longueur variant de 23 à 34 mm. et se terminait en cul-de-sac en se rétrécissant, ou en s'élargissant ; dans un cas il se divisait en forme de fourche en deux canaux qui se perdaient des deux côtés de la racine du repli glosso-épiglottique médian. Les parois du canal présentaient des trous répondant aux orifices des canaux excréteurs des glandes muqueuses qui entourent le canal en lui formant une gaine glandulaire épaisse de 12 mm. — IJans deux cas le canal se continuait par un petit appendice jusqu'à l'os hyoïde. — En injectant le canal, Bochdaleck constata que sur le canal principal se branchaient des canaux secondaires : au nombre de un ou deux, longs de H à 12 mm., et assez larges, ils se détachaient du canal principal et se dirigeaient obliquement en bas, en avant et latéralement. Dans ces canaux secondaires s'ouvraient deux autres canaux longs de 9 mm. enfoncés dans la masse de la portion postérieure du muscle génio-glosse, et terminés en cul-de-sac comme les autres. — Tous ces canaux ou culs-de-sac sont revêtus par un épithélium cylindrique vibratile, et leur cavité est remplie par des mucus. — Bochdaleck a trouvé dans le revêtement épithélial du foramen cœcum parmi les cellules cylindriques et prismatiques quelques cellules cylindriques vibratiles. Il a constaté enfin des dilatations pathologiques de ce canal et même la production de kystes inclus dans l'épaisseur de la langue et dus à l'oblitération et à la dilatation des canaux secondaires qui abondent dans le principal. — En somme, le canal de Bochdaleck n'est qu'une exagération du foramen cœcum qui envoie des diverticules dans l'épaisseur de la langue (Bochdalek, Prager Vierteljahr, 1866, II, p. 137 — Arch. f. Anat. Physiol., 1867, p. 775).
Canal de His. — His (Anatom. Mensch. Embryon. 1885, p. 97-102), Island Sutton, Raymond Johnson (Lancet. 10 mai 1890), G. F. Marshall (Journ. of. Anat. a. Phys., 1892, t. XXVI, p. 94) décrivent sous le nom de canal thyréo-glosse (Ris) ou canal de His, une for-
mation analogue au canal de Bochdalek. — Parti du foramen cœcum avec lequel il se continue, le canal thyréo-glosse plonge dans l'épaisseur de la langue et se dirige vers la face postérieure du corps de l'os hyoïde. — Le plus souvent le canal cesse d'être perméable avant d'atteindre l'os hyoïde (à un pouce au-dessus, Marshall) et se continue au delà par un cordon lîijreux. Celui-ci passe au-devant du larynx, se met en connexion intime avec l'isthme de corps thyroïde et la pyramide de Lalouette; il s'y arrête ou se continue, redevient creux et vient s'ou^'rir à la peau du cou après s'être dilaté en un sac sous-cutané (Marshall). Ce canal est donc formé d'une portion muqueuse oblitérée, réduite à l'état d'un cordon fibreux et de deux extrémités perméables dont l'une débouche dans le foramen cœcum de la langue, l'autre sur la peau. — Certains auteurs le considèrent comme une fistule médiane du cou due à la fermeture incomplète du sinus cervical (Kostanecki et Miélecki, Virchow's Arch., t. 120-121, 1891; Kanthaek, Journ. of. Anat. 1891) ; d'autres avec His comme une persistance du conduit Ihyréo-glosse de l'embryon aux dépens duquel se forme le lobe moyen du corps thyroïde. His décrit dans ce conduit deux segments : l'un supérieur allant du foramen cœcum à l'os liyoïde, conduit lingual ; l'autre inférieur s'étendant de l'os hyoïde à l'isthme du corps thyroïde, conduit thyroïdien Ces conduits perméables d'abord s'oblitèrent en général plus tard, mais ils peuvent garder leur lumière dans une certaine partie de leur trajet et constituer après la naissance le conduit anormal thyréo-glosse que nous venons de décrire (Voy. Embry.).
Structure. — F^a muqueuse présente une structure diiïéreute sur les deux tiers antérieurs de l'organe : portion buccale ; et sur le tiers postérieur, base ou portion pharyngienne.
Sur \a portion buccale, nous avons à considérer : répitliéliuin, le derme avec ses papilles et la couche sous-muqueuse.
L'épithéliuni est pavimenteux stratifié du type eclodermique; il présente trois couches distinctes : une profonde, formée de cellules à dentelure marginale; une moyenne, à cellules polyédriques légèrement aplaties, dépourvues de dentelures ; et une superficielle, à cellules lamellaires dont le corps est légèrement aplati.
La couche superficielle diffère de la couche cornée de l'épiderme par ses cellules nuclées : de plus elle n'est pas infiltrée de graisse de la même manière que cette dernière. D'après Ranvier, les cellules profondes et les cellules moyennes du revêtement épithélial, élaborent la graisse qui se montre dans leur intérieur sous forme de granulations ou de gouttes distinctes, puis devient diffuse dans la couche lamellaire, tandis que tout à fait à la surface elle est dissoute par les liquides alcalins de la bouche.
Dans l'épithélium lingual, il n'existe pas de stratum granulosum analogue à celui de l'épiderme. En général les cellules polyédriques de la couche moyenne ne contiennent ni goutte ni grains d'é/e/(//?ie; pourtant, chez l'homme sur certaines papilles moyennes, au voisinage du V. lingual, les cellules polyédriques contiennent des grosses gouttes d'éléidine ; il y existe aussi un stratum lucidum formé par des cellules soudées ensemble : mais la couche cornée proprement dite manque (Ranvier).
L'épithélium recouvre les saillies papillaires et s'y comporte de diverses manières, comme nous l'avons dit plus haut (V^oy. papilles).
Dans la couche épithéliale des papilles caliciformes, foliées et fongiformes on trouve les organes nerveux spéciaux; dans l'épaisseur du reste de l'épithélium lingual on trouve aussi des terminaisons nerveuses.
On sait que l'épithélium lingual régresse, se détruit et se développe avec une rare activité, il est le siège d'une mue continuelle. Drasch (1886) a étudié spécialeruent ce processus ; il a remarqué que dans la couche profonde de l'épithélium, au niveau surtout des bourgeons du goût, il existe des figures kariokinétiques nombreuses, qui permettent de qualifier cette assise profonde, formée de cellules à pied, de sone génératrice.
Le derme de la muqueuse ou chorion est formé d'un stroma de tissu conjonctif assez épais, pourvu de fibres élastiques abondantes et d'un grand nombres de vaisseaux sanguins (Frey). Sous l'épithélium le stroma devient presque
TUBE DIGESTIF
homogène et constitue la i)iem5?'ane i^ftsa?e ou basement membrane de TodJ et Bowinann, membrane intermédiaire de Henle. Par sa face profonde, au contact avec le noyau musculaire de la langue, le chorionse continue avec le tissu soifs-muqiieux. Celui-ci, formé de tissu cellulaire lâche sur la face inférieure, est dense, résistant (fascia linguœ) au niveau du dos, de la pointe et des bords de la langue, où la muqueuse adhère intimement aux muscles sous-jacents. La charpente des papilles est formée par une masse de tissu conjonctif, prolongement du chorion muqueux, traversée par des vaisseaux et des nerfs que nous décrirons plus loin .
La muqueuse de la base de la langue a une structure particulière due à l'infiltration lymphoïde qui en fait une véritable amygdale : ['amygdale linguale. Comme nous l'avons déjà vu, cette muqueuse présente un certain nom-
Conpe can. excr. gl. Vaisieau
Fig. 49. — Coupe frontale irun follicule lingual d'homme adulte (d'après Stohu, modifiée). A gauche et en bas l'épitiiélium de la cavité folliculaire est traversé par dos leucocytes, à droite il est en grande partie intact.
bre de saillies facilement visibles, séparées par des dépressions de rigoles plus ou moins profondes. Chaque saillie ou éminence constitue un follicule lingual. Le follicule lingual est un amas de tissu adéno'i'de de 1 à 4 mm. de diamètre, situé dans les couches les plus superficielles du chorion muqueux. Il présente au centre un orifice ponctiforme pouvant atteindre 1 mm. conduisant dans une cavité infundibuliforme, plus ou moins profonde (3,5 mm. et plus) : la cavité folliculaire.
L'orifice folliculaire était considéré jadis comme le conduit excréteur d'un follicule lingual, qu'on désignait sous lenom de glande folliculaire. Ce terme étant né d'une fausse interprétation des choses, on pouvait croire qu'on cesserait de l'employer dès que l'histologie eut démontré la véritable signification du follicule lingual. Il n'en est rien. Tous les
LANGUE
traités J'anatomie, même les plus récents, continuent à décrire les glandes folliculaires lie la langue. Je crois qu'il est temps d'abanilonner un pareil terme, et ne plus donner le nom de glande à un organe qui ne le mérite nullement.
La dimension des follicules est variable : les plus rapprochés des papilles caliciformes sont en général plus petits, leurorilice est très fin. Quelquefois plusieurs follicules se réunissent et forment ensemble une éminence en forme de biscuit ou de feuille de trèfle (Ilenle). Souvent ils ne présentent ni orifice, ni cavité et apparaissent sous la forme de simples tubercules, difficiles à différencier des papilles de la langue.
Sur la coupe la paroi du follicule présente : 1" l'(i|)(</îe7mni pavimenteux stralifié; 2° une coî<c/*6'|)ap(7Z«i,re sous-éijilhéliale ; formée de papilles simples ; 3° le (issu ttdmoït/e contenant un nombre variable de nodules lymphatiques (follicules clos) avec des centres germinatifs (Stohr); il est nellement séparé du tissu conjonctif fibrillaire de la tui)i(jue propre on chorion de la muqueuse ; 4" les faisceaux entrecroisés du chorion muqueux lui forment une capsule on enveloppe fibreuse, très bien développée surtout sur les follicules volumineux qu'elle limite nettement. En somme : la cavité folliculaire creusée au milieu du tissu adénoïde est tapissée par un prolongement de la couche d'épilhélium pavimenteux stratifié de la surface de la langue. — Ordinairement ramassé en nodules lymphatiques, dans certains cas le tissu adénoïde infiltre d'une manière diffuse la paroi du follicule. Les leucocytes s'échappent du tissu adénoïde, traversent l'épithélium de la cavité folliculaire, tombent dans cette dernière, et vont finalement constituer les corpuscules muqueux ou salivaires des sécrétions buccales. L'épithélium subit pendant ce passage des altérations assez profondes, et il est tellement infiltré de leucocytes qu'il est difficile devoir nettement ses limites (Stohr), Ajoutons qu'il existe, à coté ou au-dessous des follicules, de nombreuses glandes muqueuses, dont les conduits excréteurs débouchent dans le voisinage immédiat de l'orifice ou dans la cavité même.
La structure d'un follicule connue, on peut s'imaginer celle de toute l'amygdale linguale, formée par la réunion de tous les follicules et des rigoles qui les séparent. Au niveau des rigoles l'infiltration lymplioïde du chorion muqueux est moins prononcée, plus diffuse, mais n'existe pas moins.
Glandes de la langue. — ■ La langue possède un riche appareil glandulaire, formé par des glandes acineuses, situées sous la nuKjueuse et enfouies ])lus ou moins profondément entre les muscles ou dans leur épaisseur. I^éunies en groupes d'importance variable, elles occupent plusieurs régions de la langue: la base, le V lingual, la partie postérieure des bords, la face inférieure delà pointe, et décrivent dans leur ensemble un cercle, interrompu ])ar place, passant par la pointe, les bords et la base. D'après leur siège on pourrait les diviser en : glandes de la base, glandes du V lingual, glandes des bords, glandes de la pointe. Mais cette division n'est pas fondée, à mon avis, sur un caractère distinctif assez important, aussi je préfère celle qui a pour base leur structure. A ce point de vue on peut les diviser en glandes muqueuses, sécrétant un li({uid(> riche en mucine ; et glandes séreuses ou albumineuses dont le produit de sécrétion est aqueux, séreux, riche en albumine. Les glandes séreuses
TUBE DIGESTIF
annexées exclusivement aux papilles caliciformes et foliées, occupent la région, du V lingual; les muqueuses siègent dans les autres régions glandulaires.
Il est à remarquer que les glandes linguales manquent complètement sur toute la partie dorsale de la langue comprise entre le V, la pointe et les bords.
Les glandes muqueuses sont réunies en plusieurs groupes : l'un occupe la face inférieure de la pointe, un second la partie postérieure des bords, un troisième la base de la langue.
Glandes de la pointe. — (Glande antérieure; glandes de la pointe de la langue; glandes linguales; Blandin; glandes situées à l'intérieur de la pointe de la langue, Nûhn ; glandes de Blandin, glande de Nûhn ; glandes de Blandin- Niihn). Placées à la face inférieure de la pointe de la langue, elles forment deux groupes glandulaires situés de chaque côté de la ligne médiane entre le génioglosse en dedans, et les extrémités antérieures réunies des stylo-glosse et lingual inférieur en dehors. Découvertes par Blandin en 1834 (Anat. topograph., Paris, 1834, p. 17oj , mieux décrites par Nûhn (de Manlieim) en 184o qui découvre leurs canaux excréteurs, ces glandes ont fait l'objet de quelques recherches plus récentes de Tigri (1847), Zincone (1877) et Bréda (de Padoue), en 1886.
Allongée d'avant en arrière, chaque glande ou groupe glandulaire présente la forme d'un petit cône à base postérieure, à sommet antérieur, dirigé obliquement en avant et en dedans. Les deux glandes convergent et se touchent presque par leurs extrémités antérieures, près du sommet de la pointe de la langue. Distante de un centimètre du bord de la langue, de un demi-centimètre de la ligne médiane, la base de la glande se trouve à 22 millim. environ au-dessus de l'extrémité antérieure du filet de la langue. Longue de IS à 20 millim., large de 7 à 8 millim., épaisse de 5 à 6 millim. chez l'adulte, cette glande diminuerait avec le progrès de l'âge (Bréda). Rapprochée de la face inférieure de la pointe dont elle n'est séparée que par une mince couche musculaire et par la muqueuse, elle est recouverte par les fibres musculaires transversales de la langue, dont quelques-unes passent entre les lobules glandulaires. En dedans elle est séparée de la glande du côté opposé par les extrémités antérieures des muscles génio-glosses ; en dehors elle répond aux faisceaux réunis des muscles stylo et palato-glosses et lingual inférieur; l'artère et la veine ranines longent son flanc externe; des filets du nerf lingual abordent la base de la glande et un filet longe son flanc interne.
Quand on relève la pointe de la langue et la renverse en haut et en arrière, on voit se former de chaque côté de la ligne médiane, sur sa face inférieure, deux saillies longitudinales dues au relief de ces glandes.
Ses canaux excréteurs sont très fins, leur nombre est variable; on en a décrit : 1 (Stambio), 2 à 3 (Gritti) ; 4 à 5 (Niihn, Sappey, Myrtl, Henle) ; 4 à 8 (Vlacovich). Ils pénètrent entre les fibres du muscle stylo-glosse et du lingual inférieur jusqu'à la face inférieure du sommet de la langue, en se dirigeant obliquement en avant et en bas, et viennent s'ouvrir le long d'un repli muqueux, peu élevé plissé et dirigé en arrière et en dehors : plica fimbriata de Nûhn, L'extrémité antérieure de ce repli atteint le commencement du filet de la langue, tandis que l'extrémité postérieure se perd dans la muqueuse du plancher buccal
LANGUE
(Niilin). Vlacovich décrit deux ordres d'orifices de ces canaux: les uns médians ont l'aspect de fissures, les autres latéraux sont arrondis; les premiers se voient
Glamlus ilu bord de la langue
■ Canal de "W'ai tnn
Fig. îiO. — Yuo latérale du plancher buccal et de la langue. — On a enlevé la moitié droite du niaxillairo inférieur, sauf le comlyle. Les muscles mylo-hyoïdien et ptérygoidien interne détachés de leur insertion sur le maxillaire ont été conservés. — La muqueuse du sillon alvéolo-lingual, incisée le long du maxillaire, a été conservée ; à sa face profonde adhèrent intimement les glandes rétro-molaire et sub-linguale. — On a eule\'é la muqueuse du bord latéral droit do la langue, et disséqué la glande du bord cachée dans l'épaisseur des muscles.
sur la ligne médiane de la face inférieure de la pointe de la langue, les seconds sur ses parties latérales, sur le plica de Niihn.
Ward (Todd Cyclopedia) a vu une fois, à la place de la glande paire, do la pointe, une glande impaire, placée transversalement, de .3 miUim. de largo cl 4 millim. de long, pourvue de trois canaux excréteurs. — Deville (Med. Times, 1804) a vu les deux glandes de la pointe réunies en forme d'ogive gothi([ne, la partie intermédiaire avait d'avant, en arrière 12 raillim. ; la glande droite 30 millim. de longueur et la gaucho 1.^ millim. Le mémo auteur a retrouvé une disposition de ce genre en 1879 (Soc. anat. d'EdimIjurg, 1879) sur deux langues il'hommo et une do singe.
Glandes des bords. — (Groupe postérieur des glandes des bords, Henle ; glandes de Weber ; glande latérale). Sur la partie postérieure du bord delà langue, de chaque cùté, on trouve, enfouis dans l'épaisseur des muscles, un groupe de petites glandes. Allongée d'avant en arrière, la glande du bord est située dans l'épaisseur des fibres du slylo-glosse et du glosso-palatin , et cachée par le stylo-glosse. Son siège exact répond assez bien h l'extrémité latérale du V lingual et à la limite antérieure de l'organe folié. A ce niveau viennent s'ouvrir sur la muqueuse ses canaux excréteurs, en nombre très variable.
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A part ce groupe bien distinct, les bords de la langue présentent d'autres glandules disséminées ou réunies en petits groupes. — Henle décrit sous le nom de groupe vioyeii des glandes du bord, des glandules situées sur les parties latérales de la langue, à côté du muscle stylo-glosse, en l'ace de l'extrémité postérieure de la rangée des glandes antérieures du bord de la langue (glandes de la pointe). — On trouve encore sur la partie postérieure ou fond du sillon alvéolo-lingual des orifices de glandules isolées qui peuvent être rattachées aussi bien aux glandes sub-linguales, qu'aux glandes linguales ou aux rétro-molaires iHenle). — Un certain nombre de glandules siègent au milieu des fibres de l'hyo-glosse et dans l'épaisseur des replis muqueux verticaux qui occupent la partie postérieure des bords de la langue. Ces glandes et les replis qui les renferment, très développés chez certains animaux, constituent Yorgane de Meger.
Glandes de la hase ou de Vamygdale linguale (glandes sous-muqueuses, glandes du dos de la langue). Ces glandes forment sous la muqueuse une couche continue, épaisse de 4 à 8 mm. (Sappe}-), (6 mm. Henle), étendue du V lingual à l'épiglotle et d'une fosse amygdalienne à l'autre. Situées au-dessous de la muqueuse et entre les faisceaux du muscle lingual supérieur, elles adhèrent assez intimement aux tendons élastiques terminaux des fibres des génio-glosses qui montent entre les glandules. Leurs canaux excréteurs s'ouvrent les uns dans les rigoles qui limitent les follicules, les autres autour des orifices des follicules, ou au fond de la cavité folliculaire.
Les glandes muqueuses sont des glandes acineuses ou en grappe. Les conduits excréteurs sont tapissés d'un épithélium cylindrique, quelquefois à cils vibratiles ; près de leur embouchure ils sont tapissés par l'épithélium pavimenteux de la muqueuse qui y pénètre plus ou moins loin.
Les glandes de la pointe, muqueuses pour la plupart des auteurs, seraient mixtes, séromuqueuses d'après certains auteurs (Gegenbaur, Zincone), et comparables aux glandes sous-maxillaires.
Les glandes séreuses (glandes des organes du goût, Ranvier ; glandes alburaineuses de la langue, glandes d'Ebner), se trouvent dans la région des papilles caliciformes et foliées, et aussi, d'après Frey, au niveau des papilles fongiformes. Ce sont des glandes acineuses, isolées, situées au-dessous des papilles plus ou moins profondément, soit au-dessus des muscles, soit entre les fibres musculaires. Leur conduit excréteur vient s'ouvrir au fond du fossé de la
Fig. 51. — Coupes des glandes muqueuses et séreuses de la langue (d'après Stohr). — 1, Coupe transversale d'une glande muqueuse de la base de la langue. — ■ 2, Coupe transversale d'un tube contenant dos cellules remplies par les produits de sécrétion. — 3, Glande de la muqueuse linguale du lapin. — 4, Coupe transversale d'un tube de glande muqueuse linguale du lapin. — 5, Plusieurs tubes d'une glande séreuse de l'homme.
papille caliciforme, ou dans le sillon intermédiaire aux crêtes papillaires de l'organe folié. Elles diffèrent des glandes muqueuses claires et transparentes, par leur aspect trouble et blanchâtre à la lumière directe (Frey), et par leur structure. La membrane propre de l'acinus, assez délicate, supporte des cel-
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Iules cylindriques ou coniques analogues aux cellules de la parotide (Ranvier). La lumière de l'acinus esL très étroite, surtout chez les animaux. Le conduit excréteur est tapissé d'un épithélium cylindrique à une ou plusieurs couches,, souvent à cils vibratiles (von Ebner) dans une certaine étendue.
Ces glandes, annexées aux papilles de la langue (jui renferment les organes nerveux destinés à percevoir les saveurs, méritent bien le nom de glandes du goût que leur donne Ranvier. Elles sécrètent un li([uide séreux qui d'après von Ebner (I S7.H) serait produit en très grande abondance au moment de la gustation et serait destiné à balayer, à nettoyer, les sillons de manière à enlever les substances sapides qui y ont pénétré, et à assurer ainsi la pureté de la sensation pi'ochaiiic (Ranvier).
Vaisseaux de la langue. — Artères. — La langue reçoit deux ordres
T)\ veiit. l/iyr.-liitf/.-fac.
Fi^. .'12. — Artère linguale et, norls de la langue. — Le muscle Iiyo-glosso a été fcnrtré Ijoiir |ieriiiettrc de luonlrer le nerf glosso-pliaryngien. — L'ai'tére lin^jjualo nait par un Ironc coiiuinm avec l'artère l'aeiale. — Sur cette préparatinn on peut voir aussi les l'apports i[t: la l'ace latérale du pharynx a\-ec les vaisseaux et neris du cou.
d'artères, des 'principales fournies par les artères linguales, et des accessoires formées par quelques rameaux venus de la palatine ascendante, branche de la faciale, et de la pharyngienne inférieure, branche de la carotide
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externe. Les rares rameaux des artères accessoires se perdent dans la base de la langue; il suffit de les avoir mentionnés.
L'artère linguale naît de la carotide externe près de la grande corne de l'os hyoïde. Sur trente-huit cas elle naissait: vingt et une fois à la hauteur de cette corne ; quinze fois au-dessous d'elle (à 2-18 mm.) et deux fois au-dessus (2-9 mm.); son origine peut varier donc de 3 centimètres (Mirault, Mém. Ac. Méd. Paris, 1835, t. IV, p. 56). En général elle naît à un centimètre au-dessus de l'artère thyroïdienne supérieure. Mais elle peut naître aussi : par un tronc commun avec cette dernière ou avec l'artère faciale (sept fois sur 50 cas, Ilaller ; soixante et une fois sur trois cent deux cas, Quain) ; ou bien au-dessus de la faciale. D'un diamètre de 4 mm., à l'origine l'artère linguale est recouverte par le ventre postérieur du digastrique, le nerf grand h\'poglosse et la veine linguale; puis elle se dirige en avant et en dedans, s'approche du bord postérieur de l'hyoglosse, longe sa face interne ou la traverse en séton, et passe audessus de la grande corne de l'os hyoïde, entre les muscles hyo-glosses et constricteur moyen du pharynx. Arrivée au-dessus de la petite corne de l'os hyoïde, elle monte en haut et en dedans entre les muscles génio-glosse et basio-glosse. Sur le bord antérieur de ce dernier elle se termine en se subdivisant en artère sub-linguale et artère linguale profonde. Dans ce trajet l'artère linguale donne plusieurs branches, dont la plupart à la langue: a) des branches musculaires à l'hyoglosse; b) l'artère dorsale de la langue; large de un demi à un millimètre (Krause) qui naît près de l'extrémité antérieure de la portion horizontale ou même de la portion ascendante de l'artère, passe sur la face interne du muscle hyo-glosse auquel elle donne des rameaux, et longe le m. stylo-glosse et le glosso-palatin. Là elle donne des rameaux descendants pour la face antérieure de l'épiglotte, et les ligaments glosso-épiglottiques, et des rameaux ascendants à l'amygdale palatine. Puis l'artère monte vers les papilles caliciformes, fournit des branches à l'amygdale linguale el à la couche musculaire sous-jacente et forme, avec les branches de même nom du côté opposé, un réseau artériel abondant surtout autour du trou borgne.
L'artère dorsale de la langue est parfois double. Elle peut naître do l'artère thyroïdienne supérieure (Tiedemann 1822). Parfois les deux artères dorsales se réunissent en un tronc unique et médian; l'artère îJiédiane de la langue (llyrll) qui se dirige vers le foramen cœcum. Celle-ci peut être formée par l'artère dorsale gauche seule ; d'autres fois elle est formée par les branches des deux artères dorsales, et non par leurs troncs. Parfois l'artère médiane entoure le trou borgne par deux branches qui se réunissent de nouveau devant le trou et pénètrent plus en avant vers la pointe de la langue ; ou bien se divisent de nouveau vers la pointe et les deux branches se recourbent en arc des deux côtés. D'après Langer l'artère médiane (A. azygos lingute de Lauger) serait normale et naîtrait régulièrement d'une branche de chacune des deux artères dorsales. — L'artère dorsale peut être très développée et monter vers le voile palatin (Haller, 1763).
L'artère linguale profonde ou ranine grosse de 3 millim. (Krause) branche de bifurcation de l'artère linguale, monte entre les muscles génio-glosse et lingual inférieur, accompagnée des deux veines linguales profondes, passe au-dessous du nerf lingual, et se dirige vers la pointe de la langue en décrivant des sinuosités nombreuses. — Dans la partie moyenne de la langue, l'artère linguale profonde est éloignée de 1,5 cm. du dos de l'organe (C. Krause). Dans ce trajet l'artère donne des rameaux destinés aux muscles et à la muqueuse : les uns descendants, plus minces; les autres ascendants, se dirigeant
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obliquement en haut et presfjue alternativement en dedans et en dehors. Vers la base de la langue et au-dessus du septum, il existe de nombreuses anastomoses entre les rameaux musculaires superficiels et muqueux. Au-dessus du frein, une branche constante de un millim. de diamètre, forme une anastomose arciforme avec la branche analogue du côté opposé : l'arc mnin^ dont quelques fins ramuscules vont à la muqueuse du frein.
On a signalé parfois une artère lingimJe profonde ou ranine nccexsoirc : elle serait formée par une branche musculaire née île l'artère linguale avant sa bifurcation.
Le tronc de l'artère linguale peut présenter certaines variétés importantes. Zukorkandl (1881) décrit un cas où l'artère linguale gauche manquait : la droite se divisait en deux branches, dont l'une continuait le trajet de l'artère normale, l'autre passait entre le génio-hyoïdien et le génio-glosse du côté gauche et remplaçait l'artère absente. Elle peut manquer des deux côtés et être remplacée par un gros vaisseau qui suit le trajet de l'artère sousmentale (sous-maxillaire des auteurs allemands). Dans un cas de Ilyrtl (nouveau-né) l'artère linguale était remplacée par des anastomoses des artères sous-mcntalc et sub-linguale. Dans quelques cas de Lauth l'artère linguale se terminait à la racine de la langue et était continuée par une branche de la maxillaire interne (?).
On n'est pas d'accord sur la façon dont se terminent les deux artères ranines au niveau de la pointe de la langue. Ruysch (1701) le premier injecta un réseau ternnnal. Luchtmans (1743) poursuivit l'artère jus(ju'au filet de la langue; Mayer (1777) le premier montre l'existence dans la pointe de la langue il'une arcade artérielle par laquelle les deux artères ranines s'anastomosent à plein canal. L'arc raiiin de Mayer fut admis par beaucoup d'auteurs (Soemmering, Meckcl, Lauth, G. Krause, etc.), et nié par Hyrtl (1846). Hyrtl croit que les deux artères ranines s'anastomosent par un système capillaire, opinion admise par Arnold (1847). Actuellement presque tous les auteurs admettent l'existence d'une arcade inter-ranine, mais localisée à des endroits divers : Gloquet et Boismont, Tlieile, Niihn, Lusehka la placent vers l'insertion supérieure du frein de la langue. c'<^st-à-dire assez loin du sommet de la pointe. Sappey et Gruveilhier la décrivent vers le sommet même de la pointe : tandis que Henle la place bien plus bas derrière et au-dessous du frein de la langue. — W. Krause dans un remarquable travail (Prager Vierteljahr, t. GV, 1870. p. 97) arrive aux conclusions suivantes : l'arc ranin existe; il siège sous et près de la muqueuse audessus du frein; il est non pas dans la pointe même mais un peu en arrière. Au-dessous du frein, il n'existe que des branches capillaires destinées à la glande subdinguale, qu'elles perforent pour arriver à la muqueuse du plancher buccal. Donc on ne peut parler à ce niveau ni de l'arc ranin (llenle) ni d'une arcade anastomotique des extrémités des artères sub-linguales (Gruveilhier).
Dans l'épaisseur de la muqueuse les ramifications de Tarière linguale forment un réseau étalé en surface, d'où naissent des ramuscules qui j)énctrent dans toutes les papilles principales et secondaires. Entre les bourgeons du goût, à la base desquels les capillaires forment un réseau spécial exce|)tionnell(>uient riche, on remarque souvent des petites papilles vasculaires, complètement noyées dans l'épithélium stralilié qui les sépare. Au niveau de l'amygdale linguale, les petites branches artérielles perforent la capsule fibreuse du follicule, et se résument en cajullaires qui pénèirenf jus(|ne dans le lissu adénoïde.
Veines. — Les veines de la langue naissent dans l'épaisseur des muscles, dans les glandes, et dans le tissu lymph(Mde et les papilles de la muf[ueuse. Dans les papilleson trou ve une seule veine; dans les fongiformes et caliciformes elle est très volumineuse, occupe le centre de la papille ; dans les papilles foliées, Ranvier décrit dans chaque crête centrale une veine volumineuse qui s'anastomose avec celles des crêtes voisines, et concourt iv former un plexus veineux superficiel. La disposition des veines des pa[»illes fongiforme, caliciformo et foliée, se rapprocherait d'après Ranvier de ce qu'on observe dans les organes érectiles; cet auteur pense qu'il pourrait se produire dans ces papilles
des phénomènes érectiles qui détermineraient la turgescence des crêtes et aiguiseraient la sensation gustative.
Dans l'épaisseur de la langue, Foucher (thèse 1854) décrit deux ylexus veineux, Ynn profond, très riche, variqueux vers la pointe ; Y SL\iive sous-muqueux, enveloppe toute la langue. Au niveau de la pointe ces plexus sont tellement développés qu'ils lui donnent l'aspect d'un tissu érectile.
Les troncs efférents des veines linguales ont été décrits par Foucher (loc. cit., 1854), par Sappey, par Luschka (1871) et surtout par E. Zukerkandl (Médiz.
Fig. 53. — Veines de la base de la langue et delà paroi antérieure de la cavité pliaryngo-
laryngée (d'après Luschka).
Jahrb., Wien, 1876, p. 335-.3i3). — Foucher décrit trois veines linguales : la supérieure résume le réseau dorsal très riche à mailles polygonales ou alvéolaires, elle accompagne le nerf lingual ; la moyoïne continue la veine ranine qui résume les veines de la face inférieure de la langue, elle accompagne le nerf grand-hypoglosse ; V inférieure, très petite, simple ou double, accompagne l'artère linguale. Toutes les trois se rendent dans la veine jugulaire interne, directement ou par l'intermédiaire de la maxillaire interne, de la faciale, ou de la
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thyroïdienne, supérieure. — Cette description est excellente mais incomplète. On peut, avec Zukerkandl, diviser les troncs collecteurs venus de la langue en : veines satellites de l'artère linguale qui débouchent séparément soit dans la veine faciale commune, soit dans une veine pharyngienne, et par son intermédiaire dans la jugulaire interne; veines hypoglosses qui, au nombre de deux, longent le bord supérieur et inférieur du nerf hypoglosse ; [Zukerkandl dit avoir toujours vu une anastomose entre les veines hypoglosses inférieures des deux côtés à travers le muscle génio-glosse ; anastomose comparable à celle qui existe entre les deux nerfs grand-hypoglosses à travers les mêmes muscles (Arnold, Bach, Ilyrtl)]; veines du nerf lingual qui vont avec le nerf lingual jusqu'au plexus veineux qui entoure le m. ptérygoïdien externe ; veines du canal de Wharthon, qui forment autour de ce canal un plexus et débouchent dans les veines de la glande sous-maxillaire ; veines de la base ou de l'amygdale-linguale qui correspondent à la distribution des artères dorsales de la langue et se rendent dans la jugulaire interne.
Lymphatiques. — Les Lymphatiques de la muqueuse linguale ont fait l'objet de recherches minutieuses de Sappey (Acad. des sciences, 1847). Ils naissent par des capillaires très tenus anastomosés entre eux pour former des réseaux à mailles très serrées. Les réseaux sont plus développés dans la région des papilles caliciformes. Dans ces réseaux se rendent les lymphatiques des papilles : dans chaque papille il existe un ou deux ramuscules, autour desquels se groupent des capillaires anastomosés, ayant eux-mêmes pour origine un réseau de capiliicules. Les lymphatiques de chaque papille se rendent dans un anneau lymphatique complet qui entoure sa base.
Les troncs lym2)hatiques qui émanent de ce vaste plexus dorsal se dirigent les uns en arrière, les autres en avant. Les postérieurs sont au nombre de quatre : deux naissent au voisinage du trou borgne, descendent parallèlement jusqu'à l'épiglotte, où ils divergent, perforent la membrane stylo-hyoïdienne et se jettent dans un ganglion situé au-devant de la veine jugulaire interne sur les côtés du cartilage cricoïde ; les deux autres, situés près des bords de la langue et des amygdales palatines, traversent le constricteur supérieur du pharynx et se rendent dans un ganglion situé immédiatement au-dessus du précédent. Les troncs antérieurs ne rampent pas sous la muqueuse, ils s'en détachent à angle droit, plongent dans le tissu musculaire, et apparaissent sur la face inférieure de la langue. lA, les uns, les plus antérieurs, suivent l'interstice des deux génio-glosses, passent sous la glande sub-linguale, traversent le mylohyoïdien et se rendent dans un ganglion situé au niveau de la grande corne de l'os hyoïde ; les autres traversent l'hyo-glosse un peu au-dessus de son insertion à l'os hyoïde et se jettent dans un ou deux ganglions placés sur les côtés du cartilage thyroïde.
Les lymphatiques venus dos bords de la langue donnent dix à douze troncules qui descendent dans les sillons des muscles stylo-glosse et lingual inférieur, s'y réunissent et forment de chaque côté deux ou trois troncs qui, après avoir traversé le constricteur supérieur du pharynx, se terminent dans l'un des ganglions do la partie moyenne du cou. Teichmann a trouvé un riche réseau de canaux lymphatiques dans le tissu sous-muqueux, et de véritables vaisseaux
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lymphatiques dans les muscles. — Dans la muqueuse de la base, les lymphatiques sont très nombreux (1),
Nerfs de la langue. — La langue reçoit ses nerfs du grand hj'poglosse, du lingual, du glosso-pharyngien, du facial, du laryngé supérieur et du sympathique cervical.
Le nerf hypoglosse aborde la langue au niveau du bord postérieur du muscle hyo-glosse, passe sur la face externe de ce muscle, lui abondonne deux ou trois rameaux, dont un pénètre dans le stylo-glosse et par un trajet récurrent l'accompagne jusqu'à l'apophyse styloïde; puis il passe entre l'hyo-glosse et le mylo-hyoïdien sous le canal de Wharton, et arrivé sur le génio-glosse se divise en un grand nombre de branches terminales qui plongent dans le muscle. Les branches terminales sont toutes ascendantes, on les divise en antérieures, moyennes et postérieures; elles s'anastomosent entre elles et forment des arcades d'où naissent les dernières ramifications destinées aux divers muscles de la langue. Dans son trajet sur l'hyo-glosse le nerf donne des rameaux ascendants qui s'anastomosent en arcades avec des rameaux descendants du nerf lingual.
Le nerf lingual, branche du maxillaire inférieur, aborde la langue sur la face externe de l'hyo-glosse où il décrit une anse à concavité supérieure, parallèle et sus-jacente à celle de l'hypoglosse. Situé immédiatement sous la muqueuse du sillon alvéolo-lingual,il affecte desrapports intimes avec le canal de Wharton ; plus loin il gagne l'interstice qui sépare le lingual inférieur du génio-glosse et so dirige vers la pointe en longeant le flanc interne de la glande de Blandin. Dans ce trajet le n. lingual s'anastomose avec le grand hypoglosse, et reçoit un filet inconstant du nerf mylo-hyoïdien (rameau du dentaire inférieur : filet dentolingual de Sappey). — Le n. lingual donne un grand nombre de ramuscules qui pénètrent de bas en haut, dans l'épaisseur de la langue ; de ces ramuscules les uns arrivent dans la muqueuse de la face inférieure, des bords, de la pointe et des deux tiers antérieurs de la face dorsale, les autres vont dans les glandes et s'y terminent.
Le glosso-pharyngien, arrivé à la langue en compagnie du muscle styloglosse, la pénètre au niveau de sa base, près du pôle inférieur de l'amygdale palatine. A ce niveau, c'est-à-dire sous l'extrémité inférieure de l'amygdale, Ilenle signale l'existence fréquente d'un corpuscule fibro-cartilagineux de la grosseur d'un grain de millet, relié à l'amygdale par un ligament, sur lequel se fixent quelques fibres musculaires dirigées d'avant en arrière; il forme une sorte de voûte sous laquelle s'engage la portion linguale du glosso-pharyngien pour pénétrer dans la langue. Au delà le nerf devient sous-muqueux ; ses rameaux terminaux, au nombre de deux ou trois, forment un plexus au-
(1) J'ai injecté les lymphatiques sur 20 langues appartenant pour la plupart à des nouveaunés ou à (les sujets très jeunes ; cinq fois j'ai trouvé deux troncs lympliatiqups naissant de la pointe de la langue U'ace inférieure) et descendant de chaque côté du filet pour se rendre aux ganglions sous-mentaux après avoir traversé le plancher buccal. Je ne crois pas que ce groupe antérieur des lymphatiques linguaux ait été signalé. Son existence n'est pas constante puisque je ne l'ai rencontré que cinq fois sur ?0 cas ; je pense qu'elle est en rapport avec le développement du frein, et que la section ou l'usure de celui-ci déterminent la disparition de ces troncs lymphatiques antérieurs. — Je note encore, en examinant les langues injectées que j'ai conservées à mon laboratoire, que les gros lymphatiques qui passent entre les muscles linguaux, ne présentent pas un calibre uniforme mais oftrent des dilatations fusiformes très allongées (Poirier).
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dessous de la muqueuse de la base, le plexus lingual, d'où parlent des Hlels se rendant à la mu(jueuse voisine, aux papilles caliciformes et foliées et aux glandes. Andral signale un rameau s'avançant jusqu'à la partie moyenne de la langue et s'anastomosant avec un filet rétrograde du lingual. Iluguier a vu les filets terminaux des deux glosso-pharyngiens s'anastomoser ensemble et former un plexus : plexus circulaire de Valentin.
Le facial donne à la langue deux filets : l'un y arrive accolé au nerf lingual, c'est la corde du tympan qui se fusionne avec le lingual avant que ce dernier ait abordé la langue; l'autre y arrive isolément : c'est le rameau lingual du facial. Né au niveau du trou stylo-mastoïdien, ce filet, pénètre de cbaque côté de la base de la langue, en passant entre l'amygdale palatine et le pilier antérieur du voile, et s'y termine dans la muqueuse et dans les muscles stylo-glosse (Guarini) et palato-glosse.
Le laryngé supérieur, rameau du pneumogastrique, donne par sa brandie interne quelques ramuscules terminaux à la muqueuse de la base.
Le Sympathique cervical contribue à innerver la langue (vaisseaux et glandes) par l'intermédiaire des plexus périvasculaires, qui entourent les artères de la langue.
Terminaisons des nerfs dans la langue. — Dans les muscles le nerf moteur se terminerait comme dans tons les muscles striés, malgré les anastomoses (jiie présentent les fibres musculaires de la langue, comparables à celles des fibres cardiaques. Lannegrace (Tbése d'agrég., 1878, p. 1), n'a remarqué que la richesse des muscles de la langue en fibres nerveuses, richesse supérieure à celle de tous les muscles de l'économie. — Fusari et Panasci (Atti de la R. Accad.
Cell. rjustalwei
Cclt. snb-geiiiiiia'e
Plcx. jiérigemmal
intcrgcin-
Fig. 54. — Terminaisons ncr\oiisos nu ni\f'nu îles liourgcons ilu goût des papilles ralicil'onncs et i'oUécs du lapin, traili!'es par la imHliode lie Golgi (d'après von Lunhossék).
délie Se. di Torino, vol. XXV, 1889-90, p. 8')i) ont donné deux exemples d'ar-
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borisations nerveuses terminales des muscles de la langue d'un chat nouveauné, obtenues par la méthode de Golgi. — Quant aux terminaisons musculaires sensitives de Cari Sachs, elles n'ont pas été étudiées sur la langue.
Dans les vaisseaux de la langue d'après Lannegrace les amas ganglionnaires, que l'on trouve sur les branches des trois plexus (fondamental, intermédiaire et intramusculaire) des nerfs vasculaires, seraient plus abondants que dans la plupart des autres régions du corps.
Dans les glandes le mode de terminaisons des nerfs a été étudié par Fusari et Panasci (loc. cit., p. 852) sur les glandes séreuses du dos de la langue de la souris, à l'aide de la méthode de Golgi.
A CCS glandes arrivent deux ordres de fibres nerveuses ; des cordons minces provenant de la région gustative; des faisceaux composés en grande partie de grosses fibres courant entre les muscles; enfin do nombreuses fibres du sympathique qui accompagnent les artères. Toutes ces fibres forment un plexus entre les lobules glandulaires. Dans ce plexus on distingue deux ordres de fibres : des grosses avec des nombreux renflements gangliformes et des minces avec des petits renflements sphériquos ou allongés. Au niveau de ces renflements, le réseau émet de fins rameaux qui traversent la membrane propre de l'acinus et se mettent en relation intime avec les cellules glandulaires. Dans l'intérieur de l'acinus ces rameaux ou fibrilles se subdivisent, s'anastomosent et forment un réseau très serré hypolemmal, avec des épaississements ou points nodaux de dimensions variables. De ce dernier réseau partent des fibrilles (épilemmales) qui pénètrent entre les cellules, de façon que chaque cellule glandulaire est comprise dans une trame nerveuse. Cette trame nerveuse a des rapports intimes avec le protoplasma cellulaire, surtout au niveau des renflements nodaux qui sont presque fusionnés avec le proloplasma cellulaire. Arnstein (Arch. f. mik. Anat., Bd. 41, 1893 p. 195), a cherché à son tour, par la méthode d'Ehrlich, ces terminaisons nerveuses. 11 a vu le réseau péri-acineux, mais il ne peut affirmer si les fibrilles qui en partent pénètrent dans l'acinus entre les cellules, ou si elles restent en dehors de la membrane propre. D'après lui la méthode de Golgi ne donne pas des résultats plus concluants, et il émet des doutes sur ceux obtenus par Fusari et Panasci. Jacques (thèse de Nancy, 1894, p. 54) aurait obtenu au contraire, par la méthode de Golgi, des résultats concordants avec ceux de ces derniers auteurs.
Dans la muqueuse. — Dans la muqueuse linguale on décrit trois réseaux nerveux (Rosenberg, Sit. d. K. Akad. d. Wiss., Zu Wien, 1886) : 1° un sousmuqucux formé de fibres à myéline ; 2" un muqueux, formé de fibres à myéline et sans myéline (Fusari et Panasci), qui occupe le chorion de la muqueuse et devient de plus en plus serré vers la surface ; 3° un réseau sous-épithélial de fibres amyéliniques. De ce dernier partent des fibrilles ascendantes, isolées ou par petits groupes (Fusari et Panasci) qui pénètrent dans l'épithélium : fibres intra-épithéliales .
D'une façon générale la terminaison ultime des fibrilles nerveuses qui naissent de ces réseaux se fait soit directement dans l'épithélium, soit dans des organes ou corpuscules nerveux spéciaux. Parmi ces derniers les uns ne sont pas particuliers à la langue; destinés à percevoir les sensations tactiles, on les trouve dans la peau et ailleurs : ce sont les corpuscules de Pacini, de Krause et de Meissner. Les autres, quoiqu'on puisse les rencontrer aussi sur d'autres régions delà muqueuse buccale, appartiennent presque exclusivement à la muqueuse linguale, ils sont destinés à percevoir les saveurs : ce sont les corpuscules du goût; ils siègent dans certaines papilles (caliciforme, foliée, fongiforme).
1. Les terminaisons intra épithéliales, entrevues par II. Krohn (thèse de Copenhague, 1875), décrites par Sertoli (1874) dans les papilles foliées du cheval, par Ranvier (1882) dans l'épithélium qui entoure les corpuscules gustatifs,
LANGUE
existent sur toute la muqueuse linguale. D'après Rosenberg, les fibrilles intraépithéliales se divisent en deux groupes : les unes verticales montent jusque dans les couches superficielles de Tépithélium et s'y terminent par des grains ou gouttelettes fines; d'autres horizontales s'arrêtent dans les couches profondes de Fépithélium, et s'y terminent par des renflements ou boutons. D'après Fusari et Panasci ces fibrilles s'enfoncent dans la couche de Malpighi et dans la couche granuleuse, là elles émettent quelques rameaux très fins qui s'arrêtent après un court trajet. Ces fibrilles, contrairement à l'opinion de Serloli, ne s'anastomosent pas entre elles.
2° Les divers corpuscules du tact ontété trouvés dans lamuqueuse linguale : les corjjuifcules de Meissner, décrits dans la langue et les membranes du bec des oiseaux (palmipèdes) par Grandry (1867), Merkel (1875), Asper (1870) et Ranvier (Ac. de se, 2G novembre 1877); E. Gerber (Centralb. f. d. med. Wiss., 17 mai 1879) les a trouvés sur la pointe de la langue de l'homme, au sommet de papilles spéciales formant une transition entre les papilles filiformes et fongiformes. — Les corpuscules de Pacini ont été trouvés par Dittlevsen (1872) et Asper (1876). — Les corpuscules de Krause, décrits dans les papilles simples et dans les papilles secondaires des fongiformes et caliciformes, seraient chez l'homme des corpuscules de Meisner,et chez certains animaux (le porc) des corpuscules de Pacini, légèrement modifiés (Suchard). — Signalons enfin les corpuscules de Herbst qu'on rencontre dans la langue des oiseaux, et qui seraient aaalogues aux corpuscules de Pacini.
3" Les corpuscules du goût (bulbe du goût, Loven ; calice du goût, Schwalbe ,
A Fibres fines
de la souris (d'après Fusari et Panasci, méthode de Goi.gi). — En A on voit les connexions des plexus avec les cordons nerveux venant de la région des grains.
DÉVELOPPEMENT DU TUBE DIGESTIF
bourgeon du goût, Ranvier) siègent dans les papilles caliciformes, fongiformes et foliées, et dans la muqueuse du voile du palais et celle de l'épiglotte. Ils constituent de petits amas cellulaires en forme de bourgeon, d'oignon, ou de bouteille à col court et à ventre rebondi, logés dans de petites cavités ou cupules creusées dans l'épaisseur de l'épithélium pavimenteux stratifié.
Parmi les travaux qui s'occupent surtout de la situation et de la structure du corpuscule, seul point qui nous intéresse pour le moment, nous signalerons ; le travail de Merkel (Roslock. 1880), les descriptions de Ranvier (traité technique d'histologie, 1882) et do Schwalb» (Lohrbuch des Anatom. der Sinnesorgane, Erlangen, 1887), le travail de Tuckerman 1888, et la toute récente thèse de Jacques [1894).
Dans les papilles caliciformes les corpuscules occupent les côtés de la papille centrale ou mamelon où ils forment une zone qui, du fond du fossé remonte près de la face supérieure du mamelon (Schwalbe) ; on les trouve aussi, chez l'homme et le chien (Schwalbe), chez le rat et le lapin (Loven), sur la paroi externe du fossé près du bourrelet.
Dansles papilles fongiformes il n'y apas de ceinture de bourgeons gustatifs ; on les rencontre isolés sur la face supérieure libre entre les papilles secondaires en plus ou moins grand nombre ; ils sont rares chez l'homme (Loven).
La cavité ou cupule épitliéliale, qui reçoit les corpuscules, présente à son tour la forme d'une bouteille, dont le fond est formé par le chorion de la muqueuse, tandis que latéralement elle est constituée de cellules épithéliales, dont les plus internes ont la forme concavo-convexe d'un verre de montre. Près du col de la bouteille et de son ouverture : pore gustatif ou pore du goût (Gesmacksporus), les cellulles sont lamellaires.
Le bourgeon du goût, logé dans cette cavité ou cupule épithéliale présente : un fond qui repose sur le chorion muqueux, un corps en contact avec la paroi épithéliale de la cupule, et un col qui traverse la couche lamellaire superficielle de l'épithélium et s'engage par un faisceau de cils dans le pore gustatif.
Structure du bourgeon. —
Le bourgeon du goût est for-
Pore gustatif
— ^ Corpuscule du f/oûl
mé d'un ensemble de cellules disposées comme les éléments
constitutifs d'un bourgeon ou
Fig. 36. — Revêtement épithélial de la papille caliciforme dans la zone des corpuscules du goût, chez le porc (d'après Schwalbe).
d'un bouton de fleur; une série de cellules périphériques s'emboîtant les unes dans les autres à la façon d'un calice, recouvre une deuxième série de cellules, superposées, centrales, représentant les pétales de la fleur non encore épanouie. Les cellules qui le composent sont de deux ordres : cellules de soutien et cellules gustatives, entre elles il existe quelques cellules lymphatiques migratrices.
BOUCHE
a) Cellules de soutien. — (Cellules (le recouvrement, de protection, de revêtement, de soutènement. Deck ou Slutz/.ellen). — Ces cellules occupent surtout la périphérie du bourgeon (cellules de recouvrement) mais on les trouve aussi dans son épaisseur: cellules de soutènement intercalaires (Merkel, Ranvier). Aplaties, incurvées, à contour irrégulier, parfois dentelé, à protoplasma granuleux, à noyau large et arrondi occupant la partie moyenne du corps cellulaire, ces cellules présentent deux prolongements. L'un périphérique ou superficiel est pointu ou conirpie ; l'autre central ou ])rofond habituellement élargi en pied ou renflé en massue, est parfois divisé en deux ou plusieurs digitations d'épaisseur et longueur variables. De ces digitations, les unes atteignent la limite profonde du bourgeon, d'autres, souvent réduites à de simples épines latérales, s'arrêtent à difîérenles hauteurs (Jacques). Le prolongement profond se détache ordinairement du pôle inférieur du noyau, parfois il naît sur le pôle supérieur ou même dans la portion du corps cellulaire sus-jacente au noyau (.Jacques).
h) Cellules gustatives. — (Cellules sensorielles. \ ^ Simes-Sbhmech ou Geschmakszellen). — Fusiformes, minces et allongées, leur corps cellulaire est régulièrement limité. Le noyau ovalaire, à grand axe confondu avec celui de la cellule, plus ou moins volumineux, est situé tantôt, le plus souvent, plus près du pore du goût que de la base du bourgeon, tantôt il descend tout près de cette dernière (von Lenhossék, Jacques). Les cellules gustatives présentent deux prolongements : l'un périphérique ou superficiel, plus épais, légèrement aplati se termine en général par un bâtonnet réfringent et homogène (Ranvier). Schwalbe décrit deux variétés de prolongements périphériques répondant à deux espèces de cellules gustatives : les cellules à pointe ou cône (Stiftchenzellen) dont le prolongement périphérique se termine par une expansion en pointe mince et effilée, le cil qui sort par le pore gustatif ; et les cellules à bâton (Stabzellen) se terminant par un prolongement périphérique court, large, horizontalement coupé. Krause distingue trois variétés de prolongements périphériques, d'où trois variétés de cellules gustatives : fusiformes, à bâtonnets et fourchues. D'après Jacques, la forme la plus fréquente est le prolongement pointu, filiforme, tantôt rectiligne, sur les cellules centrales ; tantôt sur les cellules superficielles. Le prolongement central ou profond, mince et effilé, se dirige vers le chorion muqueux.
Fis
— Cellules isolées du corpuscule flu goût de la langue de l'homnie : i . cellule de soutien. — 2, 3, 4, cellules gustatives, à bâtonnet (.3) et à pointe (4) — (d'après Schwalbe).
r) Cellules lymphatiques. — Vinlschgau (Areh. de Pfliiger, 1880) le premier a observé dans les bourgeons ilu goût des groupes de granulations graisseuses. Ranvier ( 1 882) a d(''montré que ces granulations étaient contenues dans des cellules lymphatiques migratrices, qui, dégagées du derme, ont pénétré dans les bourgeons du goût au niveau de leur base.
DÉVELOPPEMENT DU TUBE DIGESTIF
et ont cheminé entre les éléments qui les composent en vertu de leur activité amiboïde. Dans leur migration elles se sont chargées de granulations graisseuses. D'après Ranvier ces cellules joueraient un rôle important dans la formation du pore du goût, en perforant les cellules épithélialos superficielles.
B. Terminaisons nerveuses dans les papilles. — Nous étudierons les terminaisons nerveuses dans les papilles simples et filiformes d'une part, dans les fongiformes, caliciformes et foliées, siège des corpuscules du goût d'autre part.
Pour les papilles simples il n'y a rien de particulier à dire, là les nerfs se terminent comme dans le reste des papilles semblables de la muqueuse buccale.
a) Dans les papilles filiformes les plus petites, Fusari et Panasci décrivent quelques filets nerveu.x isolés, qui montent jusqu'à l'e-xtrémité pointue et s'y terminent, ou bien pénètrent dans la coucbe épithéliale. A la base des papilles plus volumineuses, les mêmes auteurs décrivent un prolongement conique du plexus nerveux de la muqueuse, contenant parfois une, deux ou trois cellules nerveuses. De ce plexus basai partent des filaments qui pénètrent dans les couclies profondes de l'épithélium, soit à son sommet, soit sur les parties latérales de la papille.
Fibres Fibres intra épithel intra-ép. en touffes Fibres inlra-ép. ansiformes
Plex.-sousgemm.
Cell. du bourgeon
Cell. sousgemm.
CapiU. sang.
Cell. hase-papille
Fig. S8. — Coupe transversale d'une papille caliciforme de brebis, traitée parla métiiode de Golgi, pour poursuivre les terminaisons nerveuses dans la papille, l'epilhelium et les bourgeons du goût (d'après Jacques).
h) Dans les papilles fongiformes, caliciformes et foliées, les terminaisons nerveuses présentent une disposition générale identique, commandée par la présence des corpuscules gustatifs. Ces terminaisons, partiellement décrites par quelques auteurs, viennent d'être très bien étudiées par Retzius, Fusari et Pa-
BOUCHE
nasci, von Lenhossék et surtout par Jacques. Avec ce dernier auteur nous distinguons les nerfs du stroma de la pajMlio, et les nerfs de l'épilhéliuiM.
1» Nerfs du stroma des papilles — Dans la base de la papille calici forme, pénètre un faisceau nerveux central assez volumineux, formé de fibrilles parallèles légèrement onduleuses et lisses, et plusieurs faisceaux latéraux |)lus petits qui montent directement vers la couclie épithéliale. Le faisceau central se ramifie, le plus grand nombre do ses ramifications s'élèvent jusqu'au sommet de la papille, courent au-dessous de la surface libre et s'entrecroisent en tous sens ; le reste s'inOécbit latéralement en renforçant les faisceaux latéraux, et, avec les ramifications de ces derniers font sous l'épitbélium un plexus : le plexus sonsgemmal (.lacipies). A mesure qu'du se rap|)i'0( be de la surface éi)itiiéliale, le nombre de (libres à bords lisses diminiu^, c(dui des fibres variijueuses augmente, dételle façon que dans le plexus sous-gemmal, un ne rencontre plus que de minces filets moniliformes. Dans la ]ja[)ille fongifonne ne pénètre qu'un seul faisceau médian, il se ramifie et se résout en une mullilude de fibrilles presque parallèles, dont la plus grande partie s'enfonce dans les papilles secondaires, vers les capillaires sanguins les plus superficiels. Dans l'organe folié, on trouve au-dessous de chacune des crèles et pai'allèlement à sa direction, un faisceau nerveux, dont partent des branches verlicales qui, après un court trajet, se bifurquent; chacun des rameaux collatéraux de division va prendre part à la constitution du j)lexus sous-genmuil du revers correspondant du sillon.
Le plexus nerveux sous-gemmal, formé comme nous l'avons vu, constitue un feutrage très dense de fibres flexueuses et variqueuses à direclion générale ascendante, entremêlées de faisceaux obIi(|ues et pei'|)en(liculaires aux premières. Ce plexus double la face profonde de l'épithélium dans toute la région des bourgeons du goût.
2° Nerfs de l'épithélium des papilles. — Du plexus sous-gemuial naissent les fibrilles terminales cjui pénètrent dans l'épithélium ; on peut en distinguer trois groupes : cellesqui se ramifient dans l'épithélium intermédiaireaux bourgeons : fibres inter-gemmales, inter-bulbaires, inter ou intra-épithéliales ; celles qui se distribuent à la périphérie du bourgeon : peri-bulbaires ou peri-gemmales ; celles enfin qui sillonnent en tous les sens le bourgeon lui-même, s'insinuant entre les cellules qui le forment : in\.va-]m\ha.h'es o\iintra-gemniales (Jacques).
Tous les auteurs ont admis l'existence, dans le stroma des papilles et dans le plexus sous-épitliL'lial, do ee//i//es f^anglionnaires, qui seraient l'origine de la plupart des fibres pâles qui sillonnent lecliorion et l'épilhélium de la muqueuse (Ranvier, Scliwalbe, Hermann, iJrasch, etc.). Par la niétlioile de Golgi, Fusari et l'anasci en reconnurent deux variétés : les unes, situées à la base de la papille et au milieu du plexus, seraient dos petites cellules ganglionnaires conununes; les autres sont situées au sommet des papilles, sous les papilles secondaires, elles possèdent les caractères des cellules du système nerveux central. Kelzius (18'J2), Von Lenhossék (1893) les retrouvent aussi. D'après Jacques, ce sont des éléments multipolaires à prolongements ramifiés. Irrégulièrement disséminés dans le sein du stroma papiliaire , particulièrement aux abords îles troncs nerveux, on les trouve isolés ou par petits groupes au-dessous de l'épithélium indilïércnt ; ils envoient des prolongements ([ni pi'nètrent peut-être dans l'épithélium. Dans la région des bourgeons, ces éléments cellulaires sont situés dans l'épaisseur du plexus sous-geuimal, allongés paralloleiiient à sa direction. L'un de leurs prolongements oITre parfois les caractères d'un cylindreaxe et se continue par une fine fibrille variqueuse. Ces cellules nuUtipolaires présenteraient d'après Jacques des analogies k des cellules sympathiques figurées par Kœlliker, Van Gehuchten, Retzius et Ramon y Cajal.
TUBE DIGESTIF
3° Connexion des terminaisons nerveuses avec les cellules du bourgeon gustatif. — Nous avons VU qu'il existe dans le bourgeon du goût deux ordres de cellules,
de soutien et gustatives, et qu'il y pénètre de nombreuses fibrilles nerveuses ; il faut essayer maintenant de voir quelle relation il existe entre ces éléments cellulaires et les fibrilles nerveuses. Or les nombreuses recberches faites sur ce point, encore très discuté aujourd'hui, ont abouti à des résultats diamétralement opposés. Tandis que certains histologistes admettent une continuation directe entre le prolongement central de la cellule gustative et la fibrille nerveuse (Loven, Schwalbe, Hoenigschmied, Sertoli , Wintschgau, Ranvier, Tuckerman, Fusari et Panasci); d'autres la nient. Pour ces derniers (Krause, Retzius , von Lenhossék, Arnstein, Jacques), les fibrilles nerveuses rampent à la surface de la cellule gnstative et de la cellule de
Fig. 59. — Coupe d'un bourgeon du goût faite suivant l'axe de ce bourgeon, après traitement de l'organe folié par l'acide osmique. — p, pore du goût ; s, cellule gustative ; r, cellule de soutènement : m, cellule migratrice chargée de granulations graisseuses ; e, cellulles épithéliales : n, nerf afférent (d'après Ranvier.)
soutien, et vont se terminer par des extrémités libres en traversant souvent le pore gustatif, mais sans jamais s'arrêter dans les cellules ou se continuer avec leurs prolongements.
A l'heure actuelle, la majorité des auteurs pensent que : les cellules dites gustatives ne se continuent pas directement avec les fibrilles nerveuses ; les deux variétés de cellules des bourgeons du goût, gustatives et de soutien, morphologiquement distinctes, se comportent d'une façon absolument ana- ^ logue sous l'influence des réactifs, en particulier les sels d'or et d'argent, et ^^S- 60. présentent avec les terminaisons nerveuses des relations identiques. Que penser alors du rôle respectif de ces cellules? Aucune d'elles n'est un élément nerveux, et on ne peut donner le nom de gustative à l'une plutôt qu'à l'autre. Faut-il admettre, avec Drasch et Rauber, l'action purement mécanique de toutes les cellules du goût, qui constitueraient un simple système canaliculaire facilitant l'arrivée des substances sapides au contact des terminaisons?
Disposition des fibrilles nerveuses autour des cellules du bourgeon du goût, d'après Arnstein (méthode d'EnRucn) : — 4, cellule gustative à bâtonnet, entourée de fibrilles nerveuses variqueuses très fines. A côté d'elle on voit un faisceau de fibrilles enlevé d'une cellule. — 2, à gauche une cellule de soutien, à droite une cellule gustative à bâtonnet, entourées de fibrilles nerveuses. — 3, cellule gustative fortement gonflée, à l'extrémité de laquelle les fibrilles nerveuses sont divisées en granules. 4, cellule de soutien avec les fibrilles qui l'entourent.
On pourrait aussi bien, comme le fait
remarquer Jacques, appliquer à ces cellules l'hypothèse que Retzius émit à propos des cellules ciliées de l'épithélium auditif, et les considérer comme des éléments épithéliaux
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ilifférenciés, entrés secondaii'pincnt au service de la conduction norvensc, c'est-à-dire des cellules sensorielles secondaires. Un pourrait enfin les considérer comme de sinjples auxiliaires, perfectionnant l'impression sur les librilles ternjinales du glosso-pliaryngien (Jacques).
Distribution des nerfs dans la langue. — Nous venons de décrire les nerfs qui pénètrent dans la langue et leur mode de terminaison dans les muscles, les vaisseaux, les glandes et la muqueuse: il nous faut dire maintenant quels sont les nerfs destinés particulièrement à chacune de ces parties de la langue.
Les nerfs des rnuftc/es, nerfs moteurs, viennent pour la plupart du granil li\'poglosse, fpielqucs-uns du glosso-pharyngien (m. palato-glosse) et du rameau lingual du facial (m. stylo-glosse et palato-glosse, Guarini, 1842) Quant à l'inlliienco motrice du lingual mixte (avec la corde du tympan) elle ne s'exercerait que dans certains cas, après la section préalable du grand hypoglosse (action pseudo-motrice : Vulpian et Phiiippeau, 1863, Morat, 1890, Werthoimer, 1890).
Les nerfs vanculairex viennent de deux sources : du sympathique et des autres nerfs de la langue : le grand sympathique (rameaux venus du ganglion cervical supérieur, Vulpian), le grand hypoglosse et le nerf lingual (Vulpian) sont vaso-constricteurs. La corde du tympan (pour les deux tiers antérieurs Vulpian) et le glosso-pharyngien (pour le tiers postérieur, Lépine) sont des vaso-dilatateurs. — J Arkharotf (1880) prétend que tous les nerfs vaso-dilatateurs do la langue viennent du grand hypoglosse cl du glosso-pharyngien. OstroumolT, Marcacci (1888) ayant remarqué la proiluction abondante de la lymphe à la suite de l'excitation du n. lingual, en font un nerf vaso-dilatateur des lymphatiques île la langue.
Les nerfs r^r/artf/M/a/re.f viendraient d'après les expériences de Lépine (1870) et de Biedermann (1884) du glosso-pharyngien et de l'hypoglosse. Ajoutons que l'anatomio nous montre des filets venant du lingual, tout au moins pour la glande de Blandin.
Les nerfs de la muqueuse viennent des ramilications du lingual pour les deux tiers antérieurs, du glosso-pharyngien pour la région du V lingual et une grande partie de la base ; du laryngé supérietu' pour la partie voisine des replis glosso-épiglottiques. Le lingual et le laryngé supérieur se terminent dans les parties de la muqueuse douées simplement de sensibilité tactile, le glosso-pharyngien dans la région gustative. Pourtant, certains rameaux du nerf lingual aboutissent aussi à cette région et on s'est demandé si ce nerf serait gustatif. Sans insister ici sur cette question très discutée, je dirai seulement qu'actuellement, on est d'accord à voir dans les filets gustatifsdu lingual les rameaux de la corde du tympan qui, accolés simplement au lingual mixte, s'en déiaclient plus loin ilans la langue. Quant à l'origine exacte de la corde du tympan, les uns ont prétendu qu'elle venait en apparence du facial, mais en réalité du trijumeau par un trajet plus ou moins détourné (ScliilT, Stich, Herzcn, 1 886) ; d'autres la font provenir du glosso-pharyngien : soit par des anastomoses périphériques entre ce nerf et le facial [Duchenne, Cari, Urbantschitsch), soit par le nerf interméiliaire de Wrisberg, véritable fdet erratique du glosso-pharyngien (M. Duval, 1880 ; Spitzka, 1880; Digelow, 1880: Vulpian, 1 883) . En somme, on peut dire que les filets nerveux gustatifs viennent tous du glosso-pharyngien, soit directement, soit par une voie détournée, par la corde du tympan (continuation de l'inteiMuédiaire de Wrisberg).