‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 7 sur 84 · PREMIÈRE ÉBAUCHE DENTAIRE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE ÉBAUCHE DENTAIRE

Germe dentaire. — Dans le point où une dent doit se former, les tissus mous allectent une disposition particulière. On donne le nom de germes dentaires aux parties des tissus mous ainsi modifiées. La majeure part des tissus qui constituent le germe d'une dent se convertit en tissus dentaires par le dépôt de calcaires dans leur propre substance. Dans la constitution de chaque germe dentaire interviennent plusieurs organes embryonnaires distincts qui fourniront les parties dont se compose la dent, savoir l'émail, V ivoire et le cément ; il y aura donc un organe de l'émail, un organe de Vivoire et même un organe du cément. L'organe de l'émail a pourorigine une papille é|)i théliale de la muqueuse buccale. L'organe de l'ivoire et celui du cément ont pour point de départ commun une condensation papilliforme du tissu conjonctif ou derme de la même mnqueuse. Il y a donc, au début de la formation dentaire, une double ébauche, épithéliale et connective, comparable à l'ébauche double qui est le prélude du développement du poil. Le caractère dentaire des deux ébauches, épithéliale et conjonctive, s'affirme ultérieurement par leur calcification, qui de papilles jusque-là banales fait un organe spécial, la dent.

Lame dentaire et organe de l'émaiL — La première indication de la formation dentaire consiste en ce que l'épithélium buccal qui recouvre le futur bord alvéolaire des mâchoires est fortement épaissi, saillant d'une part dans l'intérieur de la cavité buccale, sous forme de bourrelet gingival, proéminant d'autre part dans l'épaisseur de la future mâchoire sous forme d'une lame épithéliale continue et régnant sur toute la longueur de la mâchoire, que l'on appelle la lame dentaire (tïg. 16, Id). La lame dentaire doit être considérée comme représentant un pli de l'épithélium buccal ; elle comprend jwur cette raison une

APPAREIL DENTAIRE

doubla ('0110116 oxléricMiri' de cellules ciihnjucs et une masse ei'iilrale de cellules pol yédriiiucs.

Jiieiilùl la l'ace exlenic el inférieure de la laine dentaire devient irré'julière et

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bouri^eonnaiife ; elle ])roduit en eiïel, de dislance en distance, une série de bourgeons épithéliaux ofrant la uiénie constitution ([u'elle, les organes de l'émail. Ceux-ci apparaissent coninie une succession de festons de la lame dentaire. Entre ces festons de première génération, il s'en j)roduit ultérieurement une deuxième série intercalée dans la précédeute.

Clia(|ue feston ou bourgeon pi'end bienlT)! la forme d"uue petite massue, qu'un jjédiculcj appelé collel de l'organe de VèmaU, relie à la lame deulaire; le fond de ce bourgeon claviforme ne larde pas à se déprimer, à la façon d'un fond de bouteille. La dépression augmentaul de plus en jtlus, l'organe de l'émail prend une figure caliciforme qui s'accentue toujours davantage (fig. 17, A el B). On com-

Fig. 16. — Coupe montrant la lame dentaire et le début d'une dent chez un embryon humain de 4 cm de long (tl'aprcs Roese).

ms, màclloire supi'rieiire. — /s, lèvre supérieure. — s/, sillon labial. — //, lame labiale aux dépens de laquelle la lèvre s'agrandira. — W, lame dentaire. — e, organe dé l'émail de la dent. — p, papille dentaire.

Fig. 17. — Figures demi-scliématiqucs représentant le développement de la dent riiez les Manunifères.

A est le stade le moins avancé.

/rf.lame dentaire. — e, ortçane dî l'émail. — ce, ei, épitludium externe et interne de l'organede l émad. — jie, pulpe ou réticulum de l'émail. — pi, pai)ille dentaire. — o, couche d'otontoblastes a la surface de cette papitle. — f'i, follicule ou sac dentaire.

prend qu'aloi's la parfii de l'organe adamantin olîi ira trois zones, une externe ((yilJicliuni externe de l'email, ee), une autre interne (épilltélium interne de l'inindl, ei), toutes deux déi ivées de l'assise à cellules cubi<iues des stades antérieurs ; la troisième, interposée aux deux autres, est formée par la masse de

DÉVELOPPEMENT DU TUBE DIGESTIF

cellules polyédriques de la période précédente. Ni l'épithélium externe, ni la zone moyenne n'interviennent danslaproduction de l'émail. Le premier s'amincit déplus en plus, après avoir cependant formé (fig. 18) quelques végétations qui peuvent être le point de départ de tumeurs; il disparaît finalement d'une façon totale, selon la plupart des auteurs. Quanta la couche moyenne, ses cellules polyédriques se transforment en éléments ramifiés qui sont anastomosés entre eux de façon à former un réseau appelé réticulum de l'émail (fig. 17, B et I8,^3e); dans les mailles de ce réticulum se dépose une substance intercellulaire molle et muqueuse, d'où le nom de pulpe de l'émail, qui est encore employé pour désigner la même formation; le réticulum de l'émail n'a d'ailleurs qu'une existence transitoire. C'est à l'épithélium interne de l'organe de l'émail qu'est exclusivement dévolu le rôle formateur de l'émail ; aussi l'appelle-t-on membrane adamantine ou de l'émail. Elle est formée de cellules qui deviennent de bonne heure très longues ; à leur extrémité centrale ou profonde ces cellules sont garnies d'un plateau cuticulaire ; les plateaux de toules les cellules sont unis en une membrane cuticulaire continue, appelée }7?e»ibm?iepré/'ormatiDe; le protoplasma de ces cellules renferme des grains que l'on a reconnus pour des particules calcaires. L'organe de l'émail s'isole de la lame dentaire par résorption de son collet (fig. 18); celui-ci, avant de disparaître, émet quelques bourgeons épithéliaux, qui peuvent avoir le sort de ceux que produit l'épithélium externe. Comme le collet de l'organe, la lame dentaire résorbée, trouée de distance en distance, végétante en d'autres endroits, finit par disparaître en laissant pour un temps variable des vestiges épithéliaux (fig. 18, Id).

Organe de l'ivoire et sac dentaire. — Du temps que se formait l'organe de l'émail, le tissu conjonctif situé au-dessous de ce dernier se condensait, grâce à une prolifération active de ses éléments, donnant naissance à un a mascellulaire plus ou moins bien limité, \ a. papille dentaireou organe del'ivoire. De bonne heure les cellules conjonctives les plus superficielles de cette papille, immédiatement sous-jacen tes à la membrane de l'émail, se différencient en une sorte d'épilhélium, la membrane de l'ivoire, dont les éléments constituants s'appellent les odontoblastes (fig. 18 et 19, o), parce qu'ils vont produire l'ivoire ou dentine. Les odontoblastes sont de grosses cellules piriformes anastomosées entre elles par des prolongements latéraux et par un prolongement central avec les cellules sous-jacentes ; un ou plusieurs prolongements périphériques très fins, les fibres de Tomes, les caractérisent surtout.

Tout autour de la base de la papille dentaire, le tissu conjonctif se condense en une sorte de bourrelet circulaire, qui s'élève de plus en plus vers la surface alvéolaire et arrive bientôt à envelopper complètement les deux organes de l'ivoire et de l'émail dans une sorte de sac ou de follicule, comparable au follicule du poil et nommé sac ou follicule dentaire (fig. 17, fd). Par l'ouverture supérieure du sac sort le collet de l'organe de l'émail ; quand ce collet s'est rompu, le sac dentaire se ferme complètement, contenant l'ébauche totale de la dent définitivement isolée de sa matrice épithéliale et connective. Le sac dentaire, d'abord mou, devient ensuite plus résistant, fibreux, et plus tard se calcifié partiellement pour produire le cément.

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