I. — CORPS THYROÏDE
Considérations généi'ales. — Le corps thyroïde, encore nommé glande thyroïde, est un organe impair, généi'alement asymétrique placé au-devant du sommet de la trachée et des parois latérales du larynx. 11 répond à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs du cou.
thyroïde
Quelquefois on peut l'apercevoir de Textérieur sans aucune dissecLinn. Il suffit pour cela que le sujet soit uuiigre et que la tête soit placée dans une forte extension. Au-dessous de la saillie du cartilage thyroïde (vulgairement appelée pomme d'Adam) et de cha([ue côté de la ligne médiane se dessinent alors deux saillies oblongues quelquefois indépendantes, quelquefois réunies i)ar un léger relief transversal. Ce sont les deux lobes et l'isthme du coi'ps thyroïde.
La palpation des régions latérales du cou laisse aussi dans la plupart des cas constater sur le vivant l'existence et la situation de la glande. Tandis que les doigts de l'observateur sont placés le long du bord infero-latéral du cart. thyroïde, le sujet dans un mouvement de déglutition fait remonter son larynx et avec celui-ci le corps thyroïde qui s'y trouve solidement fixé. L'observateur sent alors rouler sous ses doigts deux masses lisses et arrondies, de consistance molle et uniforme qui sont les lobes latéraux de l'organe.
La glande thyroïde fait quelquefois défaut. Cette absence peut être congénitale ou survenir secondairement par atrophie de l'organe. C'est généralement dans le jeune âge que survient cette dispariti(jn : à la dissection, on trouve alors quelquefois des lobules graisseux dans lesquels le microscope a pu révéler l'existence de substance colloïde. D'autres fois, au contraire, le corps thyroïde prend un développement exagéré et peut atteindre des proportions énormes (goitres, kystes). Enfin, il n'est pas rare de ti-ouver un corps thyroïde légèrement augmenté de volume, sans que pour cela son habitus extérieur en soit modifié d'une fac'on quelconque.
IJaspect extérieur de la glande rappelle celui du rein. Lisse et unie, la surface libre présente généralement quelques silkms ])eu profonds, indices d'une lobulation interne qui n'a rien de régulier ni de constant, l^arfois cependant, ces sillons sont plus marqués et tracent des lignes de dénuircations plus ou moins profondes entre les ditîérents lobes de l'organe.
La coloration normale est d'un rouge tirant sur le jaune. Elle est d'ailleurs assez variable et en ra|)port avec l'état fréquemment pathologique de la glande et surtout avec l'état général de la cii'cu lation. Les nombreux ])lexus veineux ([ui émergent du corps thyroïde expliquent suflisamnu^nt la coloration violacée qu'il ])eut prendre, lorsqu'un obstacle quelconque s'oppose au retour du sang vers le cœur.
La consistance est moindre que celle des autres glandes. Normalement, elle esl uniformément molle. P]lle est cependant fréquemment modifiée par l'existence de petits kystes durs enfouis dans l'épaisseur du tissu thyroïdien. La section de l'organe, comme l'ouverture de ces kystes, laisse écouler un liquide limpide, jauiu'itre et un i)eu visqueux qui est \ei substance colloïde produit de sécrétion de la glande.
Le corps thyroïde présente dans sou rolnme des variations individuelles marquées. Toutefois l'âge et le sexe sont les causes les ])lus fréquentes de ces variations. On admet généralement que le corps thyroïde de la femme est jdus volumineux que celui de l'homme. Chez elle encore, il augmente pendant la grossesse et la menstruation.
l'our Merkel l'augmentation de \oluino du corps tli^roïiie eliez la feniine serait non une propriété sexuelle ruais une aplitude plus grande aux manifestations palliologiques.
ORGANES DE LA RESPIRATION
Toutes proportions gardées, l'isthme est de moindre volume chez l'enfant que chez l'adulte (Tillaux, Symington). D'après Huschke, l'organe diminue de volume après la naissance ; il augmente plus rapidement au contraire à la puberté (Kœiiig). Chez l'adulte, le corps thyro'ide mesure transversalement 30 à 00 mm. ; le diamètre antero-postérieur qui, dans les lobes latéraux, mesure environ 18 à 20 mm. .diminue considérablement au niveau de la partie médiane ou isthme, où il ne compte plus que 6 à 8 mm. En hauteur, l'isthme mesure de o à 13 mm. Le lobe droit est généralement plus volumineux que le gauche.
Lecorps thyroïde est chez le vieillard plus réduitde volume (Sappey,Broers). Cette diminution dans les dimensions s'accompagne d'une coloration plus foncée, d'une raréfaction de la substance colloïde, et d'un développement particulier du tissu conjonctif (Pilliet).
Le poids moyen de cet organe atteint 22 à 24 grammes chez l'adulte.
Conformation extérieure. — La forme du corps thyroïde est sujette à des variations assez marquées. On conçoit facilement en etîet que, constitué par la réunion de trois ébauches distincteset originellement indépendantes, cet organe soit, chez l'adulte, susceptible de varier dans sa forme dans des limites assez étendues selon le dévelop[)ement inégal pris par telle ou telle de ses parties. On compare généralement le corps thyroïde à un croissant à concavité supérieure. Comme dans toute ligure de ce genre il faut distinguer deux parties latérales plus ou moins semblables dans leur forme et leur disposition, et une portion médiane unissant transversalement les deux autres à leur partie inférieure.
Les branches latérales sont dans le cas particulier représentées par les lohes latéraux (fig. 264). Ce sont des masses volumineuses larges et épaisses. Leur forme générale dépend de la place qui leur est laissée par les organes environnants. Us moulent en elTet une cavité triangulaire limitée en dedans (voir lîg. 63, tome IV) par la trachée et l'œsophage ; en bas et en haut par les bords postérieurs du larynx et les insertions thyroïdiennes du m. constricteur inf. du pharynx. En dehors, et en avant, cet espace est limité par les plans musculaires et aponévrotiques qui, du sternum et de la clavicule, s'étendent jusqu'au larj'nx, l'os hyoïde ou l'apophyse mastoïde : en arrière enfin, par les muscles prévertébraux et le cordon vasculo-nerveux du cou. La forme des lobes latéraux rappelle donc celle de deux pyramides triangulaires. Aussi leur distingue-ton trois faces et trois bords. La face antérieure ou mieux la face antéroexterne, en rapport avec des aponévroses et des muscles, est lisse et conxexe antérieurement. Les faces postérieures , en rapport avec les vaisseaux et la face interne, conliguë aux nodosités de la trachée, sont plus irrégulières et souvent excavées. Les sommets amincis ont reçu le nom des cornes supérieures. Par opposition, les extrémités inférieures quoique mousses et arrondies ont été quelquefois nommées cornes inférieures.
La partie intermédiaire et transversalement placée du croissant répond à Visthme du corps thyroïde. Ce n'est le plus souvent qu'une bandelette mince étendue entre les deux extrémités inférieures des lobes. On lui distingue une face antérieure, lisse, et une face postérieure ou trachéale, un hord supérieur
thyroïde
et, un bo)'iJ ni jcrleiir. Latéraleiiieii I , des sillons plus ou moins iiroronds marquent la liaiile des lobes latéraux et de l'isthme.
Ce dernier présente des variations morj)holoi;i(|nes assez j'réi|uenles. Tantôt il est plus développé que d'habitude. Son bord inférieur conve.xe vers le bas se continue alors sans tlémarcation avec les cornes inférieui'es des lobes. [,a forme réalisée est ainsi celle d'un véritable fer à cheval. D'autres l'ois il est incomplet et n'est rattaché (ju'à l'un seulement des lobes thyroïdiens (25 jtour 100 des cas d'après Marshall). D'autres l'ois il est remplacé par une petite glande accessoire libre. Oueli[uefois enlin il manque entièrement : les deu.x
Â. thyr. Slip 1