‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource] (volume 4)Chapitre 84 sur 84 · II. — TIIYIIUIDES ACCLSSUIRES ()L ABLURANTES · texte numérisé non relu

II. — TIIYIIUIDES ACCLSSUIRES ()L ABLURANTES

On donne le nom de tliyroïdes accessoires ou aberrantes à des lobules glaiîdulaires. de dimensions généralement peu considérables, de structure identique à celle de la glande thyroïde, adhéienls à celle-ci par un court pédicule

ORGANES DE LA RESPIRATION

ou plus souvent entièrement libres et disséminés à des distances plus ou moins grandes de l'organe principal.

Les thyroïdes accessoires son t essentiellement inconstantes dans leur existence et leur nombre. Leur siège est aussi des plus variables. D'une façon générale, elles sont toujours comprises dans un triangle isocèle ayant pour sommet la crosse aorlique, et pour base le bord du ma.xillaire inférieur (Wœifler). Suivant

leur siège, on les divise en glandes thyroïdiennes siégeant au niveau de l'os hyoïde et glandes accessoires proprement dites.

Ces dernières se subdivisent encore en gl. ac. srtpéiHeiires (avoisinant la concavité de l'os hyoïde), t/iî/J*. access. moyennes (siégeant à la face antérieure du cartilage thyroïde et de la membrane crico - thyroïdienne), et thyr. acc. i^iférieures (placées immédiatement audessus de risthme du corps thyroïde. D'après ce qui a été dit plus haut, on voit qu'il peut encore exister d'autres glandes accessoires entre l'isthme et le sommet de la crosse aorlique.

Parmi ces dernières, la plus curieuse est la glande aorlique de Wœlflerqui se trouverait au-dessus de la convexité de la crosse (chien). Parmi les premières il faut encore citer la glande hyoïdienne de Zuckerkandl (rencontrées 57 fois sur 200 cas), siégeant sur la convexité de l'os hyoïde, au voisinage de la ligne médiane. Ces glandes thyroïdes aberrantes dérivent du canal Ihyreo-glosse (vestige de l'ébauche thyroïdienne médiane), remplacent la pyramide de Lalouetle quand celle-ci fait défaut, ou enfin seraient des granulations sporadiques détachées (Wœlfler) de la glande principale lors de l'étirement que subit celle-ci lors de la déflexion de la tète chez l'embryon (Tourneux et Ilermann).

m. — GLANDULES THYROÏDIENNES

Sous les dénominations multiples de glandides parathyroides (Sandstrœm), glandules thyroïdiennes (Gley), glandides thyroïdes (Nicolas), corpuscules épithéliaux (Kohn et les auteurs allemands), on désigne de petits corpuscules particuliers annexés aux lobes latéraux du corps thyroïde.

Leur découverte, de date relativement récente (1880) est due à Sandstrœm qui, après les avoir rencontrées chez l'homme, les retrouva chez d'autres

Fig. 273. — Glande thyroïde accessoire forinue aux dépens de la pyramide. Forme anormale de celle-ci.

thyroïde

mammifères. On ne possède néanmoins que fort peu de renseignements à leur sujet.

Ce sont de petits corpuscules arrondis, de quelques millimètros de diamètre, de coloration plus pâle et de consistance plus ferme que la glande thyroïde même. Leur existence paraît constante.

Cesglandules sont an nombre total de i, soit 2 pour chaque lobe (Sandslrœm). Elles seraient situées, en ce qui concerne les glandules humaines, sur la face

Gl.

Fig. 274, "21'). — Glandules paratliyroïdes (d'après Sandstrœm).

postérieure (Sandstrœm), sur la face interne (Kohn) delà glande, à laquelle elles se trouveraient rattachées par un lien conjonctif assez lâche.

Leur structure, qui n"a jamais été décrite d'une façon suffisante, paraît se rapj)rocher beaucoup de celle des parathyroïdes des autres mammifères.

Les glandules tliyroïdicnnes semblent n'être que parties constituantes de groupes plus complexes, hétérogènes, annexés au nombre de deux à chaque lobe thyroïdien. L'un d'eux, enfermé au sein du parenchyme glandulaire, porterait le nom fie groupe interne ; l'autre, situé en dehors de la glande ou dépendant à des degrés divers delà face externe de celle-ci, serait le groupe externe.

Chacun de ces quatre groupes serait srhéinaliquemeat constitué par :

a) une glandnle,

b) un lobule de tissu thymique,

c) une ou plusieurs vésicules, vestiges d'une poche entodermiquc branchiale.

Toutefois selon l'animal considéré, l'un ou l'autre de ces éléments, ou deux à la fois ou peut-être même encore deux de ces quatre groupes seraient susceptibles de faire défaut chez l'adulte : il semble cependant que chez l'embryon ces quatre groupes existent constamment au moins pendant un certain temps (Simon). La plus grande obscurité régnant d'ailleurs encore sur la nature, l'origine, les rapports et quelquefois méuie l'existence de ces formations, on ne saurait accepter une telle exposition ([ue comme un résumé provisoire de nos connaissances actuelles sur la question.

Pour faire comprendre ce qui vient d'être dit sur la constitution de ces groupes et leurs rapports avec le corps thyroïde, il est nécessaire de remonter jusqu'aux premiers déveloiipements de cet organe. On a vu (tome IV, pag. 12) que chacune des deux dernières fentes branchiales donne naissance à un diverlicule creux et par sa paroi dorsale, à

ORGANES DE LA RESPIRATION

un organe glandulaire plein. Pour la quatrième fenle (lig.

276), le diverticule creux représente la thyroïde latérale, et le corps glandulaire la glandule thyroïdien ne. L "avant- dern i è rc fente donne la vésicule thymique, à laquelle s'annexe la ylandule thymique : ces deux organes réunis constituent la portion crdniale du thymus, tandis que le reste de la 3e fente entodermique donne le corps.

A) Groupe interne. — On a vu aussi (loc. cit.) qu'entourée de tous côtés par la masse épithéliale dérivée de l'ébauche thyroïdienne médiane, la thyroïde latérale ne participe que dans une faible mesure à la constitution du corps thyroïde. Elle persiste néanmoins et sa lumière devient le canal central du lobe latéral (Prenant, Simon), tandis que le conduit creux qui le réunissait au pharynx primitif s'allonge et devient le canal thyréo-pharyngien (Simon, Nicolas). La glandule thyroïdienne acconqjagnc l'ébauche latérale :

comme celle-ci, clic se trouve renfermée dans l'épaisseur du lobe thyroïdien. Elle devient

Fig. 270 glandule

- (h'igine de thyroïdienne

la thyroïde latérale et de chez un E. de cobaye

11 mm. (demi- schématique).

tac, larynx ; th. thyroïde latérale ; gl, carotide primitive; g. s, ganglion spinal.

î'iandule

Fig. 277. — Groupe externe annexé au lobe latéral d'un cobaye nouveau-né. th, lobule thymique externe ; v. vésicule thymi([ue ; rjl, glandule externe.

ainsi la glandule interne ou glandule thyroïdienne proprement dite. On ne sait rien du tout de l'origine du lobule thymique interne.

THYI'.OIDE

B) Groupe e.rtei'tie. — Los organes formés aux dépens de la troisième fente branchiale subissent un sort analogue, avec cette diflërcnce cependant qu'ils ne se rapprochent que plus tard du corps thyroïde et ne contractent avec ce dernier que des rapports île beaucoup moins étroits. J^e corps du thymus envoie à la portion cràniale un lobule qui devient le lobule Ihymiquc externe. La figure 277, em])runtée à la région cervicale d'un jeune cobaye nouveau-né, montre la composition du gi'oupe externe et ses rapports avec le lobe latéral du corps thyroïde.

Abstraction faite du groupement de ces formations, on voit qu'il peut exister, pour chaque lobe thyroïdien, 2 glandules, 2 lobules thymiques et des vésicules, dont le nombre n'est pas encore déterminé.

1" Glandulen. — La glandule interne, de dimensions généralement moindres que l'externe, siège assez constamment soit dans le nodule libro-vasculaire qui forme le centre du lobe latéral, soit au voisinage de la face interne de celui-ci. Dans ce dernier cas, elle trouve toujours entourée de toutes parts de tissu thyroïdien, ce qui l'empêche d'être visible autrement que sur coupes. Elle existerait chez les mammifères jusqu'à présent étudiés, sauf chez le cobaye, la souris, le rat (Kohn).

Plus volumineuse que la précédente, la glandule externe est aussi plus fréquente. Les rapports avec le corps thyroïde sont aussi plus variables et ont été ainsi définis par Kohn;

a) Le corpuscule épilhélial interne peut être absolument indépendant de la glande thyroïde. C'est le cas chez le lapin. 11 peut être même accolé à la carotide au niveau de sa bifurcation ; c'est le cas chez le bœuf et la brebis (Schaper).

b) La glandule externe peut être rattachée par un lien conjonclif très lâche aux lobes latéraux dont elle constitue ainsi un appendice. Cette disposition se rencontre communément chez l'homme (face interne du lobe), et assez fréquemment chez le chat, quelquefois enfin chez le lapin (face externe).

c) La glandule externe se trouve quelquefois parliellement enclavée dans le lobe même, en faisant hernie à la surface ex terne de celui-ci ; telle est la règle chez le chat, l'exception chez le rat.

d) A un degré plus avancé enfin, le corpuscule externe se troux'e enfoui dans le tissu thyroïdien, andessous de la capsule fibreuse qu'il affleure par sa face externe. Celle dernière reste libre, non l'econverte de tissu thyroïdien; c'est ce qui dislingue la glandule externe de l'interne. Cette disposition s'observe chez la souris, le cobaye, le chien et moins fi'éqncmment chez le rat.

En ce qui concerne la structure de ces organes, on s'accorde pour attribuer une organisation identique aux Klandules interne et externe. Selon l'animal considéi'é, l'aspect sur coupes varie tians des limites d'ailleurs peu étendues, avec la proportion plus ou moins considérable de tissu conjonclif.

Les corpuscules épithéliaux, comme l'indique leur nom, sont constitués essentiellement par du tissu épithélial. Les éléments cellulaires, de formes polyédriques, posséiienl un protoplasma clair et presque homogène, tant sont fines les granulations qu'il renferme (iig. 278). Quelques éléments, épars dans l'organe, renferment cependant (Schaper) du pigment sous forme de grains plus sombres et plus volumineux. Le noyau, petit, sphérique ou o^•oïde est peu riche en substance chromatique. Ces cellules épilhéliales sont agencées en cordons pleins anastomosés les uns avec les autres et séparés par un réseau vasculaire extrêmement développé. Deux épaisseurs de cellules constituent un cordon, tandis qu'à la périphérie, une zone marginale est formée par une seule rangée d éli'ments qui se continue dans la profondeur avec le réseau épilhélial. Quelques auteurs (Schaper, Sclinfid) disent avoir rencontré dans la glandule thyroïdienne des vésicules à contenu colloïde identiques à colles de la glande thyroïde. Ce fait semble infirmé aujourd'hui du moins pour les glandules des mammifères [Prenant, Nicolas, Simon). Entre les travées du réseau

Anatoiiiit IV 38

l'^ig. 278. — Glandule d'un E de brebis (d'après Scliapei-).

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épithélial, s'étend un second réseau, vasculaire cette fois, formé par des capillaires très nombreux et fréquemment anastomosés. Tantôt ces capillaires sont étroits, tantôt ils sont énormément dilatés : la glandule prend parfois de ce chef une structure véritablement caverneuse (Schaper, Nicolas). A côté de ce réseau vasculaire, entre les travées du réseau épithélial courent enfin quelques faisceaux conjonctifs parfois assez abondants (Brebis) et enfin des nerfs qui proviennent de ceux de la glande thyroïde (Sacerdoti) et dont le mode de terminaison n'est pas encore connu.

La glandule renferme enfin assez souvent de grandes vésicules ciliées (Andersson.

Kohn, Schaper, Nicolas). Celles-ci, iden- A tiques à celles que renferme le thj'mus

^s,. (Remak, Watney, Capobianco, Chiari) se

- ^ f;'^^ "'0 rattachent vraisemblablement (Nicolas) à

. o r.'''^. des débris de l'époque embryonnaire (canal

j f'^* thyréo-pharyngien). Telle qu'elle vient

i u-.?'*^! d'être décrite, la glandule thyroïdienne a

Q '^-^ .-.i o; 'y-, été longtemps considérée comme représen-

'© /j ' ' V ! tant l'état embryonnaire de la glande thy-

'j ''' M roïde et constituant à celle-ci des réserves

■' , : ;n et des matériaux de remplacement (Sand-

' '>■/! < '4 strœm, Baber, Htirtie, Rogowitch, Gley et

. R - Phisalix, Kohn, Schaper, Schmid). Cette

5 '. j '>*,. <■ interprétation, que contredit l'histologie

/r , ■^■' é comme l'embryologie, tend aujourd'hui à

"> ""^ Yés. disparaître (Prenant, Nicolas, Simon).

. f colloïde 2° Lobules tlu/miques. — Comme les

ijf' ' corpuscules épithéliaux, les lobules thy-

; y ^ miques sont, dans la règle, au nombre de

; quatre: mais comme ceux-là, ils se trouvent

', f- s parfois réduits à deux. Ils peuvent même

/ * d'après Nicolas manquer totalement (Pipis-

*a. - ' -a: trelle, murin, rat, taupe, musaraigne, la-

'■^f; • "iw*' D'après leurs sièges, on peut les ranger

en deux catégories : lobules thymiques externes, lobules thymiques internes, t) (Les premiers se trouvent le plus souvent

Kohn) au voisinage de la face dorsale du ^ lobe latéralj à quelque distance, par consé-

(JT^ -y ' "''^ quent, de la glandule externe (chien, chat) ;

A . -. . !?■ \ ils seraient inconstants (Nicolas) chez le

\ chat.

I Les seconds se trouvent au centre du

:i '^j lobe latéral, entourés de toutes parts par

^îf le tissu glandulaire ; ou bien ils affleurent

,; , ij' Epith. la face trachéale du lobe ; dans d'autres cas

<^'^'«' enfin, ils sont entièrement séparés de la thyroïde, placés entre celle-ci et la trachée (Kohn). Les lobules thymiques seraient toujours (sauf dans ce dernier cas) en contijj/ nuité de tissu avec le tissu glandulaire

(Kohn).

Fig. 279. — Vésicules ciliées (d'après Ce ne sont pas d'ailleurs de simples amas

Nicolas). lymphoïdes (Kœlliker) analogues à ceux

A, vésicule annexée à la glandule interne ^î"' o'^* «^^^ signalés plus haut (Lupo). Ils d'un lapin de 6 semaines ; S, vésicule ciliée possèdent, au contraire (Zielinska, Kohn, située dans la gland, externe d'un jeune chat etc.), l'organisation particulière au thyde 8 jours (fort grossissement). On y distingue, en effet, une zone

médullaire épithéliale et une couche cervicale infiltrée de leucocytes. En outre, de place en place, on y rencontre les corps concentriques spécifiques de cet organe.

3» Vésicules ciliées. — On a vu plus haut que la lumière de l'ébauche thyroïdienne latérale, le conduit creux unissant celle-ci à la cavité pharyngienne, la vésicule thymiquc pouvaient persister jusqu'au voisinage do la naissance sous forme de canal central de la glande thyroïde, de canal thyréo-pharyngien ou enfin de vésicule thymique (Prenant, Simon).

THYROÏDE

D'aulro part, chez de jeunes mammifères, ou même chez des adultes, le canal central lie la thyroïde a été retrouvé avec les mêmes caractères qu'il avait déjà chez l'embryon (Kohn). Enfin nn a rencontré soit dans le thynms (Remak, Watney, Capobianco, Chiari), soit dans la thyroïde(Andorsson, Kohn, Nicolas), soit même dans la parathyroïdc (Walter iMlmunds) de grandes vésicules à épithélium cubique cilié, à contenu clair, différent do la substance colloïde dos follicules thyroïdiens proprement dits. De plus l'existence de kystes dans des glandules normales avait été également signalée (Nicolas, Schaper).

L'hypothèse qui rattache ces grandes vésicules ciliées aux formations embryonnaires qui viennent d'être énumérées, est ilc date très récente (Nicolas). C'est d'ailleurs une question encore à l'élude.

Quoi qu'il en soit de leur origine, ces vésicules ciliées (flg. 270) sont tapissées par un épithélium, cubique ou cylindrique, d'ailleurs très inégal. Ce qui caractérise ces éléments, c'est la présence sur leur face cavitaire de longs cils vibratils. Le contenu de ces vésicules est, comme il a été dit plus haut, complètement différent de celui des follicules colloïdes voisins (Nicolas).

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