‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 106 sur 199 · S III. — THORAX EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

S III. — THORAX EN GÉNÉRAL

Le thoi'K.i: o.s.sefj.f l'onne uiio véritable cage, la cage Uioraciiine, circonscrite

Orif. snp.

Vraies rnfes

Fausses cilles

Fig. 336. — Tliorax, vue antérieure (d'après P. Richer).

par la superposition des douze arcs viscérau.x de la colonne dorsale. Ainsi constituée, en arrière par la région dorsale de la colonne vertébrale, en avant parle sternum et les cartilages costaux, et sur les côtés par les arcs costaux, la cage thoracique est de forme cylindro-conique (cylindre dans sa partie inférieure, cône tronqué dans son tiers supérieur), et ouverte à ses deux extrémités.

Je décrirai successivement au thorax : 1° sa configuration extérieure ; 2° sa configuration Intérieure ; 3° son orifice supérieur ; 4° son orif ce inférieur ; 5" ses dimensions et ses variations .

CSTEOLOGIE

CONFIGURATION EXTÉRIEURE. — La surface extérieure du thorax présente à étudier :

1" Une région antérieure ou stemale, aplatie, obli({uement dirigée en bas et en avant; elle est constituée sur la ligne médiane par le sternum, latéralement par les cartilages costaux elles extrémités antérieures des sept premières côtes; tout à fait en dehors par les angles antérieurs des côtes. On y remarque la série des articulations chondro-sternales ; en dehors de celles-ci, la série des unions chondro-costales, et, entre les arcs superposés, les extrémités antérieuresdes sept premiers espaces intercostaux.

(jonttir'rP vert.

l'S posfér.

Fig. 337. — Thorax, vue postérieure.

2° Une région postérieure ou dorsale, présentant sur la ligne médiane la crête formée par la succession des apophyses épineuses des vertèbres dorsales, et, de chaque côté de cette crête épinière, les gouttières vertébrales. Ces gouttières, limitées en dehors parla série des angles costaux postérieurs, s'élargissent de haut en bas ; leurs parois sont formées : sur le versant externe, par la partie postérieure des côtes, sur le versant interne par les lames vertébrales et les apophyses épineuses; leur fond montre la série des apophyses transverses masquant la tête et le col des côtes correspondantvîs. — Entre tes arcs osseux, la

THORAX

région posiérienre du thorax montre les espaces intercostaux, plus étroits qu"en avant, etd'autant plus larges qu'ils séparent des cotes plus inférieures.

3"J3eux régions latérales représentant un véritable gril ou éventail osseux, formé par cette partie moyenne du corps des côtes qui va de l'angle poslériourà l'angleantérieur. Convexes d'avanlen arrièreetde hauten bas, ces deux régions affectent une forme losangique.s'élargissanl de iapreniiéreà la septième côte,se rétrécissant de celle-ci à la de la douzième. Les arcs costaux ne sont[)oinl

parallèles : leur obliquité s'accentue au fur et à mesure qu'on se rapproche de la base du thorax,etrangleaigu,;'i sinus inférieur,(iu'ils forment avec la colonne

l''iir. :;:!S. — 'J'hoi-ax, ww laU'ialc (iJ aiiiTs I'. HliaïKi;) .

vertébrale est d'autant plus aigu qu'il estformé par une côte plus inférieure. — Les espaces intercostaux partagent l'oldiquilé des eûtes qui les limitent ; ils n'ont pas une largeur uniforme: tous vont en s'élargissant d'arrière en avant. Sur la plupart des sujets, ces espaces, à l'exception des deux |u'emiei-s et des troisderniers, ne sont guère plus larges que les côtes qui les bordent. La jdupart des dessins nous les montrent beaucoup plus grands qu'ils ne sont eu réalité ; de même leur obliquité est rarement repi'ésenlée avec exactitude.

OSTÉOLOGIE

CONFIGURATION INTÉRIEURE. — \^ue intérieurement, la cage thoracique présente :

1" En avant etsurles côtés, la face postérieure du sternum, les faces viscérales des cartilages costaux et des côtes, entre lesquels s'étendent les muscles intercostaux ;

2° Sur sa. partie postérieure, la saillie verticale et médiane formée par les corps vertébraux de la colonne dorsale. Cette colonne, qui s'avance dans l'intérieur de la cavité, tend à la diviser en deux cavités plus petites communiquant entre elles par tout l'espace compris entre le sternum et le rachis. De chaque côté de la saillie rachidienne,la paroi thoracique paraît s'enfoncer en deux gouttières verticales, larges et profondes. — Cette configuration apparaît nettement sur une coupe.

ORIFICE SUPÉRIEUR. — Encore appelé sommet du thorax, l'orifice supé- "rieur du thorax est constitué en avant par la fourchette sternale, en arrière par le corps de la première vertèbre dorsale, et sur les côtés, par le bord interne de la première côte. Elliptique à grand diamètre transversal, il a la forme d'un haricot dont le bile répond à lasaillie formée par la colonne vertébrale. Le plan de cet orifice est loin d'être horizontal; ce n'est guère exagérer que de dire avec ITenle qu'il continue le plan de la face antérieure du sternum. Ainsi, une tige horizontale rasant la fourchette sternale va rencontrer en arrière, non la première vertèbre dorsale, mais plus souvent le disque qui unit la deuxième dorsale à la troisième, etquelquefois même le corps de celle-ci. Par cet orifice passent tous les organes qui vonlau cou, à la tête, aux membressupérieurs, et tous ceux qui reviennent de ces mêmes parties.

ORIFICE INFÉRIEUR (base). — La circonférence inférieure du thorax est limitée en arrière par le corps de la douzième vertèbre dorsale, en avant par l'appendice xiphoïde, et sur les côtés, par la douzième côte, la pointe delà onzième et par la bordure cartilagineuse que forment en se réunissant les cartilages des dixième, neuvième, huitième et septième côtes. Un plan adapté à ce contour offrirait la forme d'une gouttière transversale dont la lèvre postérieure remonterait moins haut que l'antérieure; c'est ce qui apermis à quelques anatomistes de dire que le plan de la base du thorax était fortement incliné de h^iut en bas et d'avant en arrière. Ce point n'est pas d'importance : en effet, sur le vivant, l'orifice inférieur du thorax est fermé par une cloison musculo-aponévrotique, à concavité inférieure, le diaphragme, qui remonte en forme de voûte dans la cage thoracique agrandissant d'autant la cavité abdominale aux dépens delà cage thoracique.

La circonférence inférieure du thorax présente deux larges échancrures : Véchancrure postérieure est subdivisée par la colonne lombaire en deuxéchancrure anguleuses, à sommet supérieur, limitées par la douzième côte et les apophyses transverses des vertèbres lombaires; — Véchancrure antérieure, limitée par les cartilages infléchis des dernières côtes (jusqu'à la onzième exclusivement), a la forme d'une ogive ayant pour clef l'appendice xiphoïde ; c'est Véchancrure xiphoïdienne ; l'écartement des deux bords de cette échancrure mesure ce que Charpy a appelé Vangle xiplioïdien. Les recherches de cet auteur (mensurations faites sur deux cents sujets) ont montré que l'angle xiphoï-

rilORAX

dien était en rapport étroil avec la forme et l'ampleur de la base du thorax ; l'angle est en moyenne de 67°; il s'élève jusqu'à 80" dans les poitrines à type athlétique; sur les sujets faibles, sur ceux chez lesquels l'usage du corset a abaissé les côtes, il peut descendre jusqu'à 3j°. L'angle xiphoïdien est [)lus large chez l'enfant et les anthri)])oïdes où il mesure plutôt la dilatalion de l'abdomen que celle de la poitrine. Il est moditié par les iniluences pathologiques, agrandi par l'emphysèine et toute distension prolongée de l'abdomen, diminué par la phthisie, le corset, etc.

Thorax aux différents âges. — Cher le fœtua. — Au lien de raplatissomonl antéroposlcrieur observé chez l'adulte, on constate sur le tiiorax du l'œtus un aplatissement latéral. Le sternum est projeté on avant par le cœur et le thymus très développé. La base est évasée parle foie et les viscères abdominaux qui remontent dans la cage thoracique, refoulant en haut les poumons encore inutiles. La colonne vertébrale lïébordo en arrière le plan de la paroi postérieure, comme chez les quadrupèdes : aussi les gouttières pulmonaires sont à peines creusées. — La ressemblance du thorax infantile avec celui des singes et surtout des antlu'opoïdes est frappante : tous les deux ont une poitrine qui semble intermédiaire entre le type antéro-postérieui- tlu quadrupède et le type nettement transversal de l'hounne adulte.

Chez l'enfant. — A la naissance, l'entrée en scène des poumons, doublant de volume, modilie progressivement la forme du thorax ; ses parois postérieure et anléi ieure s'élargissent ; sa base tend à, se rétrécir; en même tenqis que la colonne vertébrale s'incurve, les gouttières pulmonaires se creusent. — D'après Charpy, la forme fœtale se prolonge jusque vers l'âge de cinq ans, époque à laquelle se fait la transformation de la poitrine : de trois à sept ans on observe successivement des types de transilioii qui condxiisent progressivement /^^pe adulte. iJ'après Sappey, la cavité thoracique se l'étrécit sensiblement à sa base vers l'époque île la puberté. C'est à dix-huit ans seulement qu'elle acquierl sa forme définitive ; mais elle continue de s'agrandir jusqu'à vingt-cinq ans chez la femme, jusqu'à trente-cinq chez l'homme.

Chez le vieillard. — Les côtes et les cartilages sont devenus moins flexibles ; certaines de leurs articulations sont ankylosées ; de plus il se produit souvent une sorte de tassement ou mieux de repliement de l'éventail costal, consécutif à la voussure dorsale do la colonne rachidienne.

Différences sexuelles. — Le thorax de la femme est en général plus court et plus arrondi: le resserrement plus accentué de la portion abdominale aboutit à une taille plus line. Sœmmering, Cruveilhier, Sappey ont remarqué que le sternum féminin était notablement plus court. La courbure d'enroulement des cotes est plus prononci''e à la partie postérieure chez la femme que chez l'homme.

Dans le type mâle, la base est bien dilatée; la largeur maxima répond à la huitième côte; le resserrement de la portion inférieure est moins accentué. Le thorax de l'homme est taillé plus carrément que celui de la femme.

L'usage abusif du corset modifie la forme delà cage thoracique; Cruveilhier a bien décrit ces modifications, que l'on peut résumer en quelques mots ; les dernières côtes, refoulées en dedans, en avant et en haut, impriment leur trace sur les viscères (foie, rate, etc.) et les refoulent vers la cavité thoracique; l'abaissement du diaphragme dans l'inspiration est ainsi fort limité; aussi la femme tend-elle à utiliser la partie supérieure du tiiorax dans la respiration. L'étranglement de la taille produit le tassement de l'intestin qui va refouler les organes contenus dans l'excavation pelvienne. Il n'est point rare de rencontrer sur le foie des sillons creusés par les côtes: quelques auteurs ont parlé de sillons de plissement observés sur le foie; à mon avis ce plissement est impossible. Cruveilhier a vu le cartilage do la septième côte droite arrivé au contact de celui de la même cûle gauche.

Au dire d'Engel (Wiener med. Wochenschr., 18GÛ);, l'usage du corset abaisse l'extrémité antérieure des côtes flottantes, qui se rapprochent ainsi de la crête iliaque et arrivent même parfois à la toucher. D'autre part, les extrémités antérieures des côtes de chaque côté se rapprochent et deviennent presque parallèles, de telle sorte que le creux slomacal se présente comme un sillon étroit et long, s'élargissant seulement vers la région ombilicale. — On peut faire observer qu'il y a corset et corset, que la forme de cet instrument de déformation varie avec la mode et qu'il en est de mémo des déformations que son usage peut provoquer; un corset bien fait, serrant la taille immédiatement au-dessus des crêtes iliaques, relève eertainemeut les dcuv dernières côtes comme toutes les autres.

OSTKOLOfilE

Indice thoracique. — Brota a donné le nom d'indice thoracùjue au rapport des deux grands diamètres horizontaux du thorax. Cet indice a été étudié surtout par le docteur Weisgerber (thèse Paris, 1 879) sur 127 squelettes humains et sur un très grand nombre de squelettes appartenant aux divers ordres de mammifèi'es. Le diamètre antéro-poytérieur a été mesuré de la partie inférieure du corps du sternum au sommet de l'apophyse épineuse située dans le même plan horizontal. Le diamètre transverse a été mesuré dans le même plan et a été rapporté à l'antéro-postérieur = 100. Voici les principaux résultats :

L'indice thoracique moyen, pour l'homme adulte vivant et saint = 150 ; pour le squelette monté = 118.

L'indice moyen de la femme est en général inférieur à celui de l'homme; en il'autres termes, le thorax est plus arrondi chez la femme.

L'indice thoracique du fœtus est inférieur ou égal à 100. Il augmente jusqu'à l'âge adulte et décroît dans la vieillesse.

L'indice tiioracique a été trouvé supérieur à 41 8 en moyenne sur les squelettes de Nègres. Les moyennes relevées sur d'autres races ne reposent pas sur des séries suflisantes.

L'indice moyen est de H2 pour les anthropoïdes, de 80 pour les singes pilhéciens et les léujuriens, de 08 pour les cébiens, de 103 pour les chéiroptères, de 418 pour les insectivores, de 76 pour les carnassiers, de 56 pour les ruminants, et de 116 pour les monotrêmes. L'indice est plus élevé chez les mammifères pourvus de clavicules que chez ceux qui n'en ont pas ou dont la clavicule est incomplète. L'élévation de l'indice thoracique chez l'homme est en rapport avec l'étendue des mouvements des membres supérieurs.

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