DÉVELOPPEMENT DE LA FACE
étant transformées en fentes souvent fortiarges, découpent, dans la lèvre supérieure et dans les parties de la face situées au-dessous, des portions de substance qui font saillie et ont inspiré la comparaison à laquelle ces malformations doivent leur nom. Nous ne pouvons qu'indiquer ici celle question qui sera plus amplement traitée plus loin, quand on connaîtra les os qui entrent dans la constitution du squelette facial.
Voyons à présent quelles sont les transformations qui vont s'opérer dans les ébauches de la face sus-menlionnées et quelle sera la destinée de ces diverses ébauches.
Le bourgeon frontal avec les bourgeons nasaux internes, qui forme la partie médiane du bord supérieur de la cavité buccale et qui en même temps borde la fosse nasale en dedans, deviendra :dans sa portion supérieure et superficielle, le 7iez et plus particulièrement le dos du nez; — dans sa portion supérieure et profonde, il s'amincira de plus en plus transversalement jusqu'à constituer une lame peu épaisse; c'est la partie antérieure de la. cloison des fosses nasales. dont nous avons vula partie postérieure formée par une dépendance de la plaque ethmoïdale du crâne; — en bas et superficiellement, il donne naissance à la région médiane de la lèvre supérieure ; — en bas et en arrière, il constitue la région, destinée à s'ossifier, que l'on appelle intermaxillaire et qui forme sur la ligne médiane leplafond de la cavité buccale primitive.
Entre les bourgeons nasaux internes d'une part, les bourgeons maxillaires supérieurs d'autre part (ou d'après certains auteurs les bourgeons nasaux externes), il se fait une soudure, qui transforme le sillon nasal en un canal, le canal nasal primitif. Cette soudure toutefois n'intéresse pas la partie la plus inférieure du sillon nasal, celle qui est contiguë à la cavité buccale. 11 en résulte que maintenant nous avons les formations suivantes : en haut, la fossette olfactive, qui est devenue de plus en plus profonde et dont l'entrée s'est rétrécie par la saillie de plus en plus grande de ses bords en un orifice situé au-dessus de la lèvre, qui est la narine ou orifice nasal externe; — le canal nasal, qui communique avec l'extérieur par la narine ; — un orifice nasal interne, ow fentepcdatine primitive, ou choane primitive, par lequel le canal nasal débouche dans la cavité buccale et tjui est situé juste derrière la lèvre ; il persiste pour former le condxdtnaso -palatin ou de Slenson dont lecanal incisif est le vestige chez l'adulte. Le point de soudure entre le bourgeon nasal interne et le bourgeon maxillaire supérieur tend h constituer une cloison séparative incomplète entre la fosse nasale et la cavité buccale; on peut l'appeler pcdais primitif . Les bourgeons nasaux externes se soudent par l'extrémité buccale de leur bord inféro-externe au bord supéro-interne du bourgeon maxillaire supérieur; d'où ce résultat que la gouttière lacrymale, séparée de la cavité buccale, s'ouvrira dans la fosse nasale. La soudure continuant à progresser vers le haut, la gouttière lacrymale, qui est primitivement béante sur toute sa longueur, deviendra, sur une étendue de plus en plus considérable, un canal, le conduit lacrymonasal, qui, par l'intermédiairede la fosse nasale et de la narine correspondante, communiquera avec l'extérieur. Les bourgeons nasaux externes deviendront les ai/es et les f)«ro2S latérales du nez. Pour la plupart des auteurs, ils ne s'emploient pas à la constitution de la lèvre supérieure ; car à aucun moment de leur évolution, ils ne descendent jusqu'au bord supérieur de la cavité bue-
OSTÉOLOGIE
cale ; selon Biondi, ils prendraient part tout au moins à la formation de la partie la plus élevée de la région externe de la lèvre, mais ne la formeraient pas sur toute sa hauteur; selon Aibrecht, ils constitueraient laportion externe de la lèvre dans toute sa hauteur, c'est-à-dire jusqu'à la cavité buccale.
Le bourgeon maxillaire supérieur enfin produira. \a. région maxillaire supérieure où prendra naissance un massif osseux considérable, ainsi que laportion la plus externe de la lèvre supérieure.
La fossette olfactive devient de plus en plus spacieuse. Par sa partie supérieure, elle s'enfonce toujours plus profondément sous la base du crâne et particulièrement sous la lame ethmoïdale. La portion inférieure au contraire, qui s'ouvre directement à l'extérieur par l'orifice nasal externe et dans la cavité buccale primitive par l'orifice nasal interne, est respiratoire, et mérite le nom de canal naso-pharyngie)i. L'une et l'autre portion augmentent d'étendue, grâce à laformation de replis de leurs parois, replis que nous avons appelés déjà lescornets et qui sont supportés par la lame ethmoïdale, ainsi qu'on l'a vu plus haut, et grâce aussi à la constitution de diverticules ou cavités nasales accessoires nommées sinus des fosses nasales.
Le canal naso-pharyngien s'agrandit principalement à la suite d'un important processus dont le bourgeon maxillaire supérieur est le siège. On voit en effet
B C Fig. 332. — Formation ilii palais chez l'embryon humain (d'après Dursy).
A. Tête d'un embryon de 1, 9 cm. vue de dessous. — ne, narines (orifices nasaux externes).— ni, orifices nasaux internes. — p, pont de soudure entre le bourgeon nasal interne et le bourgeon maxillaire supérieur (palais primitif). — Ip, début de la lame palatine. — m, bourgeon maxillaire supérieur. — mx, coupe de l'arc maxillaire (maxillaire inférieur) — bc, base du crâne.
B. Vue du palais d'un embryon de 8 cm. — mx, m, ne, p. comme ci-dessus. — im, région intermaxiUaii e. — orifices nasaux internes.
C. Palais d'un embryon plus âgé. — fp, fente palatine. — po, moitié latérale du palais osseux. — îjp, moitié latérale du palais membraneux ou voile du palais; les autres lettres comme cidessus.
partir du bord interne des bourgeons maxillaires supérieurs de chaque côté une lame horizontale, que l'on appelle lame palulinc (fig. 352, Ip). Les bords