DES OS DU CRANE EN PARTICULIER OCCIPITAL
L'occipital l'orme la partie postéro-inférieure de la boîte crânienne ; situé sur la ligne médiane, il se compose : 1° d'une partie antérieure épaisse et étroite, \q corps de V occipital on apophyse basilaire; — 2° d'une partie postérieure, large et mince, l'écaillé de l'occipital ; — 3° dedeuxpiècesosseuses, les masses latérales de l'occipital on occipitaux latéraux, qui unissent de chaque côté le corps à l'écaillé, circonscrivant ainsi un grand trou, le trou occipital, qui meten
06 DU CliANE
coinmuiiicatioii la cavité crânienne et le canal vertébral. Cette division de l'occipital, commode pour la description de l'os, est justifiée par le développement et l'anatomie comparée : elle permet seule de donner une description complète et compréhensible de l'os.
Je décrirai donc successivement ces parties constituantes : corps (occipital basilaire), écaille (occipital supérieur), parties ou )nt(sses lutcrales (occipitaux latéraux).
Tourner en avant la lace concave, en bas le grand trou dont l'os est, percé, en le plaçant à peu près horizontalement.
CORPS OU OCCIPITAL BASILAIRE. — Il continue la série des corps vertébraux; mais la forme de ce corps vertébral est bien modifiée, et sa direction bien différente. En effet, il se dirige de haut en bas et d'avant en arrière : épais au niveau de sa face supérieure, laquelle est invisible sur le squelette entier, car elle est soudée avec le corps du sphénoïde, il s'amincit peu à peu et vient finir sur le contour antérieur du trou occipital par un bord tranchant, concave en arrière.
Face endocrànienne (interne, postérieure, encéphalique). — La face endo-
Tnb. oecip.
■ Goiltt. /nl-\il.
Coriji (face snpi'i-)
Fig. 3.>i. — Occipilai, face endocri'inionne.
crânienne de l'occipital basilaire se rapproche plus de la verticale que la face exocrânienne. Elle revêt i'as|)e( t d'une gouttière concave transversalement, la gouttière basilaire, d'autant plus large et plus profonde qu'elle se rapproche davantage du trou occipital. Cotte goullière, lisse en général, répond à la partie
OSTÉOLOGIE
supérieure du bulbe el à la protubérance : il faut cesser de dire qu'elle est « destinée » à recevoir ces organes, car ceux-ci sont séparés de la paroi osseuse par le gros tronc artériel basilaire, et par une épaisse couche de liquide céphalorachidien.
Sur les parties latérales de cette face, de chaque côté de la grande gouttière basilaire, on peut voir deux petites rigoles, descendant le long des bords ; ces deux sillons, réunis à deux rigoles semblables de l'os temporal, composent, sur le crâne entier, deux gouttières, qui logent les sinus pétreux inférieurs. A leur partie postérieure, ces petites gouttières se recourbent en bas et se continuent, sous forme de canal distinct, dans la partie antérieure de ce que nous appellerons bientôt le trou dédiii'é postérieur. .
Face exocrânienne (externe, antérieure, pharyngienne). — La face exocrânienne du corps de l'occipital est rugueuse et convexe transversalement. Elle présente, à quelques millimètres en avant du trou occipital, un tubercule médian, le tubercule pharyngien (crête basilaire des Allemands) qui donne attache au faisceau antérieur du ligament occipito-atloïdien antérieur ; ce tubercule se prolonge en arrière jusqu'au trou occipital par deux lignes sail-
Fig. 3So. — Occipital, corps et masses latérales, face exocrânienne.
A droite une flèche pénètre dans le canal condylien intermédiaire; à gauche une autre flèche pénètre dans le canal condylien postérieur, qui n'existait que de ce coté sur l'occipital qui nous a servi de modèle.
lantes limitant une dépression triangulaire. — En avant du tubercule existe parfois une fossette, la fossette pharyngienne (A). — Latéralement et d'arrière en avant, la face exocrânienne du corps de l'occipital présente : 1° la fossette précondylienne ; — 2° une crête rugueuse, à direction sensiblement transversale, la crête musculaire, qui donne insertion au petit droit antérieur de la tête ; — 3° une fossette en forme d'empreinte qui répond à l'insertion du grand droit. Souvent la crête musculaire est dédoublée : une légère dépression sépare alors la crête musculaire vraie qui reste en arrière, d'une autre crête antérieure, \a crête synostosigue. Cette dernière transversale ou oblique
Caii, inteniiéd.
Can. conâyl.
• ant.
Fosse conrinl.
post.
os DU CRANE
en arrière et en dehors, est bien marquée surfont en dehors, où elle prend parfois la forme d'un tubercule, répondant ù la séparation des deux pièces qui composent la portion basilaire (basi-occipital et basiotique) (B).
Face supérieure (sphénoïdale). — Elle ne peut être vue ([ue sur un occipital jeune détaché par macération du cartilage qui unit cet os au corps du sphénoïde; elle apparaît alors comme formée par la juxtaposition de petits mamelons osseux.
Face inférieure. — Elle est représentée par le bord concave et tranchant qui limite en avant le trou occipital.
Bords. — Les bords de l'apophyse basilaire, taillés en biseau dans leurs deux tiers antérieurs aux dépens de la face exocrânienne, offrent une surface rugueuse sur laquelle vient s'appliquer le sommet de la pyramide temporale (rocher); dans leur tiers postérieur, qui reçoit une crête osseuse terminant la pyramide temporale, ils sont taillés en biseau aux dépens de la face endoorànienne. Il y a donc un véritable engrènement de l'occipital et du temporal. Ces considérations anatomiques sont peu connues malgré l'intérêl qu'elles présentent pour les fractures du rocher. En arrière les bords latéraux se continuent avec les masses latérales de l'occipital.
ÉCAILLE. — L'écaillé comprend toute cette partie de l'os qui est en arrière du trou occipital. Assez mince, de forme losangique, elle est concave en avant et en haut.
Face endocrânienne (antérieure). — Franchement concave, elle apparaît divisée en quatre compartiments par une saillie crurale, dont le point culminant, médian, porte le nom de protubérance occipitale interne. Au niveau de celle protubérance l'os est creusé de nombreux orifices vasculaires.
La branche horizontale de la croix écailleuse représente une large gouttière, qui loge le sinus transverse. — La branche verticale, excavée dans sa moitié supérieure en une gouttière qui continue la gouttière sagittale et répond à la terminaison du sinus longitudinal supérieur, prend, dans sa moitié inférieure, la forme d'une crête qui vient se bifurquer sur le contour postérieur du trou occipital : c'est la crèle occipitale interne, insertion de la faux du cervelet. Des quatre compartiments ou loges, les deux supérieurs, fosses cérébrales, répondent aux lobes occipitaux du cerveau dont ils gardent les empreintes ; les deux inférieurs, fosses cérébelleuses, plus gi-andes et plus unies que les iirécédentes, reçoivent les hémisj)hères cérébelleux.
Face exocrânienne (postérieure). ~ Elle est divisée en deux parties, d'aspect fort différent par une ligne rugueuse, transversale, la ligne courbe ou demi-circulaire supérieure. Les deux lignes courbes supérieures, droite et gauche, se rencontrent au niveau d'une saillie médiane, \a. protubérance occipitale externe, plus ou moins marquée suivant les sujets ; le sommet de cette éminence est souvent attiré en bas par le ligament cervical postérieur qui y prend attache.
La ligne demi-circulaire supérieure répond par sa partie inférieure aux insertions du trapèze et du sterno-cléido-mastoïdien, et, par sa partie supérieure, au muscle occipital et à l'aponévrose épicrànienne.
■il»
OSTÉOLOGIE
Les parties de l'écaillé situées au-dessus et au-dessous de la ligne demi-circulaire supérieure sont fort différentes. — La partie située au-dessus de la ligne courbe supéi'ieure est lisse, criblée de trous ; recouverte par le muscle occipital et le cuir cbevelu. elle répond à la région de l'occiput. — Toute la partie
Pioluh. Ligne courbe
orc. e.ct. Slip.
l''ig. 336. — Occipital, face exocrànieniie.
située au-dessous, jusqu'au trou occipital, se porte en bas et eu avant ; beaucoup moins régulière, elle est sillonnée de crêtes et marquée par les empreintes des muscles de la nuque (fig. 357).
De la protubérance occipitale externe descend une crête médiane, la crête occipitale externe, sur laquelle viennent se rencontrer deux lignes courbes, formant par leur réunion la ligne demi-circulaire inférieure.
Bords et angles. — Les bords du losange écailleux, d'abord obliquement descendants en bas et en debors, sont, dans cette première partie de leur trajet, hérissés de dentelures longues et irrégulières, par lesquelles ils s'engrènent avec le bord postérieur du pariétal.
Dans leur partie inférieure, les bords se portent très obliquement en bas, en avant et en dedans et s'engrènent par des dentelures beaucoup moins longues avec le bord postérieur de la portion mastoïdienne du temporal (C).
A la jonction de leur partie pariétale et de leur partie temporale, les bords de l'écaillé forment un angle (angle latéral), duquel part une fente ou fissure,
os DU CFiANE - 379
souvent visible sur la face postérieure fie l'os; cette fissure est le vestige de la soudure de l'occipital supérieur avec rinter|)ariétal .
PIÈCES ou MASSES LATÉRALES [occipitciux latéroux). — Ce sont deux pièces osseuses, symélriciueraent disposées de chaque côté du trou occipital, traits d'union entre le corps et l'écaillé. A leur union avec le corps, elles sont aplaties
Tra/jczf (}t ■ i- 'i/np/mis
V\g. 3.j7. — (Jci'ipital, l'ace exocrânieniie, insertions iiinsculaires et ligamenteuses.
transversalement, plus hautes que larges; au contraire, dans leur partie postérieure, elles sont élargies de haut en bas, et se continuent insensiblement avec l'écaillé.
Vers leur partie moyenne, elles sont échancrées par une large encoche, qui répond à l'origine de la jugulaire, V encoche jugulaire, qui forme la paroi postéi'ieure et interne du trou déchiré postérieur.
Face endocrânienne [supérieure). — Cette face montre, à son union avec le corps, un tubercule plus ou moins saillant, le tubercule de l'occipilal. J'ai démontré dans mon Traité d'Anatomie médico-chirurgicale (t. I, p. 45) que ce tubercule, dont peu d'auteurs parlent, et dont la signification a été jusqu'ici méconnue, répond à la soudure des masses latérales avec le corps. 11 a la forme d'une pyramide triangulaire dont le sommet se dirige en haut et en dedans; sa face postérieure est d'ordinaire excavée en une gouttière transversale dans laquelle passent les nerfs glosso-phai vngien, pneumogastrique et spinal.
Immédiatement en arrière et au-dessous du tubercule occipital, on voit l'orifice interne du canal condiflicti roUcrieur (hypoglosse), canal qui traverse
OSTÉOLOGIE
l'os obliquement de dedans en dehors et d'arrière en avant : une gouttière large conduit à l'orifice interne de ce canal. Dans le canal de l'hypoglosse passent, avec le nerf, des veines (D).
En dehors du tubercule de l'occipital, on voit une g'buttière large et profonde, terminaison du sinus transverse, qui embrassé dans sa concavité l'apophyse
dp.
indyl- aiil.
iii. /ranso.
Fig. 3b8. — Occipital, corps et masses latérales, face endocràniennc (X droite une flèche pénètre dans le canal condylien antérieur).
jugulaire et vient s'ouvrir dans l'échancrure jugulaire. Plus en arrière, la face endocrânienne des pièces latérales se confond avec la face endocrânienne de l'écaillé.
Face exocrânienne {'mférïeure). — La face exocrànienne de chaque pièce latérale présente une éminence, articulaire, elliptique, tronquée à sa partie antérieure, le condyle de l'occipital, qui s'articule avec les cavités glénoïdes de l'atlas. La surface articulaire de chaque condyle, convexe d'avant en arrière et un peu de dehors en dedans, ne regarde pas directement en bas, mais en bas et en dehors. Les grands axes des condyles sont obliquement dirigés d'arrière en avant et de dehors en dedans; prolongés, ils se rencontreraient vers la limite antérieure du corps de l'os (E).
En dehors des condyles, vers les masses latérales, existe une dépression profonde, la fosse condylienne antérieure, au fond de laquelle se voit l'orifice externe du canal de l'hypoglosse; Trolard a rappelé l'attention sur cette fosse qui répond au confinent veineux condylien antérieur.
L'extrémilé postérieure des condyles plonge dans une dépression profonde, la fosse condylienne postérieure, dans laquelle se trouve l'orifice d'un canal, dit cariai condylien postérieur. Ce canal, d'existence inconstante, se dirige en avant et en haut pour s'ouvrir dans le golfe jugulaire ou dans le canal de l'hypoglosse; il donne passage à une veine, à l'existence de laquelle sa présence est liée (F).
Entre le condyle et l'apophyse jugulaire, on peut voir quelquefois l'ouverture
os DU CHAINE
d'un canal beaucoup plus petit que le précédent, qui va s'ouvrir dans le canal de l'hypoglosse ou dans le canal condylien postérieur, llenle l'appelle c«no/ coiidijUen postérieur et inférieur ; Schwegel le désigne sous le nom de canal condylien iiiterinédiaire parce qu'il se trouve placé entre les canaux condviiens antérieur et postérieur (G).
Bords. — Le bord externe, rugueu.x et dentelé dans sa partie postérieure, est échancré dans sa partie antérieure par l'encoche jugulaire. 11 présente à la jonction de ces deux parties une apophvse très saillante, VajiojjJiiise jiigidaire, qui, recourbée en haut et en avant, se termine par une large surlace iiigueuse sur laquelle vient s'appuyer et s'articuler une surface semblable de la portion pétreuse du temporal : la soudure des deux os en ce point s'opère rapidement (II). — En arrière de l'apophyse jugulaire, le bord externe, mince, rugueux, s'unit avec le temporal par une suture dentelée qui continue la suture dite occipito-masloïdienne.
Ku avant de l'apophyse, le bord externe présente la large échancrure qui contribue à former le trou décltiré postérieur. Cette échancrure est divisée en trois compartimen Ls par deux épines osseuses : l'épine antérieure, constante, toujours bien développée, porte le nom à' épine jugidaire ; l'épine postérieure est souvent peu accentuée. Chacune de ces épines est reliée à des épines analogues du bord postérieur du rocher par des trousseaux fibreux, qui s'ossifient quelquefois; il en résulte que le trou déchiré postéiieur est divisé en trois compartiments: un antérieur, étroit et effilé, répond au sinus pétreux inférieur; un autre postérieur, large, constitue la fosse jugulaire ; un moyen, intermédiair e aux précédents, est occupé par les nerfs glosso-pharyngien (IX), pneumogastrique (X) et spinal (XI) et par une petite artère méningée.
Le bord interne, concave et large, forme les parties latérales du trou occipital ; on voit sur ce bord le large orifice du canal de l'hypoglosse, et au-dessous de celui-ci la face interne du condylequi fait saillie dans l'aire du trou occipital, et qui montre l'empreinte d'insertion du ligament occipito-odontoïdien latéral.
TROU OCCIPITAL Le trou occipital est un grand orifice ovalaire à grosse
extrémité postérieure. Il mesure en moyenne 35 mm. dans le sens antéro-poslérieur et .30 dans le sens transversal. On a signalé son étroitesse anormale chez quelques sujets, et son élargissement chez des vieillards. Ses bords taillés en biseau font qu'il est plus évasé en dedans qu'en dehors. Sa moitié postérieure est assez régulièrement circulaire; sa moitié antérieure, plutôt angulaire, est rétrécie sur les côtés par la saillie des condyles.
Ossification. — L'occipital se développe par Imlls points d'ossification : qualrc poiu' l'écaillé, deux pour les pièces iatérales ou exoccipitaux, deux pour la portion basilaire ou basioccipital. — Vers le quatrième mois de la vie intra-utérine (Ranibaud et Renault), apparaît un neuvième point complémentaire et inconstant, l'osselet de Kerckringe.
aj L'écai/le de l'occipital présente deux parties : la supérieure qui ne dépend pas du cartilage et s'ossifie dans la membrane du crâne embryonnaire et la partie inférieure qui dépend du cartilage primonlial et s'ossilie à ses dépens. — La portion cartilagineuse de l'écaillé présente deux points d'ossification visibles dès la sixiènje et la septième semaine. Dans la porti(in membraneuse de l'écaiUe, les deux points ou centres d'ossification ne sontvisiblcs qu'au deuxième mois de la vie intra-utérine. Les quatre pièces de l'écaillé ainsi formées se soudent ensemble à la lin du quatrième mois. — Les fosses cérébrales sont déjàniarquées sur la partie supérieure de l'écaillé dès le sixième mois. — A la même époque, sur la partie inférieure de l'écaillé, on trouve ti'ois fossettes : ileux latérales, les fosses cerébel/euses xraicf^,
OSTÉOLOGIE
une médiane, la fossette vermienne (qui existe normalement chez tous les mammifères, sauf chez l'homme). Cette dernière est constante jusqu'au moment de la naissance; elle serait due à la pression qu'exerce le vermis médian très développé chez l'embryon sur la face endocrânienne de l'écaillé. Après la naissance se l'orme peu à peu à la place de cette fossette vermienne la crête occipitale interne, grâce à un arrêt subi par le vermis médian dans son développement.
La protubérance occipitale externe (inion) apparaît dès lequatrièmemois de la vie intrautérine: la crête occipitale externe au cinquième mois. Au sixième mois enfin, la surface exocrànienne de l'écaillé présente toutes les différenciations que l'on trouve sur la face externe d'un occipital adulte.
b) Les parties latérales condyliennes ou exoccipitaux se développent chacune par un jioint d'ossification. Ces points apparaissent vers la huitième semaine (Rambaud et Renault).
vers la dixième (Hannover). Le trou condylien antérieur est visible au deuxième mois ; le trou condylien postérieur au cinquième mois ou au deuxième (Hannover), en même temps que l'apophyse jugulaire. — Quelques auteurs ont décrit une épiphyse ou point complémentaire svir la face inférieure des condyles de l'occipital. Rambaud et Renault ont trouvé cette pièce dans la sérieanimale et ne l'ont point retrouvée chez l'homme.
c)hz. portion 6a.v//a/re (basioccipital) présente, dès la sixième semaine de la vie intra-utérine, deux points d'ossification situés sur la ligne médiane, l'un au-devant de l'autre (basioccipital et basiotique d'Albrecht). Le nombre des points d'ossification de la portion basilairç a été très discuté : deux (Rambaud et Renault, Albrecht. Lucy, thèse Lyon, 1889); quatre (Geoffroy Saint-Hilaire) ; un seul (Hannover).
La soudure des différentes pièces constituant l'occipital se fait dans l'ordre suivant : l'écaillé se soude aux portions condyliennes (exoccipitaux) dans le cours de la deuxième année; la portion basilaire se soude aux portions condyliennes dans la troisième ou quatrième année.
La formule que nous avons donnée pour le nombre des points d'ossification de l'écaillé occipitale n'est pas acceptée partons les auteurs. Sappey n'admet que deux points ; Merkel, Hartmann, Kœiliker trouvent huit points, quatre de chaque côté superposés les uns aux autres; Ilagen et Anoutchine décrivent huit points aussi, mais deux seulement pour la portion cartilagineuse, les autres pour la partie membraneuse. — Hannover (1 881 ) revient a l'opinion de Sappey; il n'admet que deux points d'ossification pour l'écaillé, tandis que les recherches les plus récentes de Lucy confirment l'opinion ancienne (quatre points) (Kerckringe, Rambaud et Renault).
Parmi ces points d'ossification plus ou moins rares et qui peuvent expliquer,jusqu'à un certain point, la divergence qui existe encore entre les anatomistes, à ce point de vue.
os nu CRANE
nous devons signaler celui qui l'orme /'osse/et dit de A'erckriiige. Cet os, situé entre 1 écaille d'une part et les deux portions condyliennes d'autre part, se niontreraitplus fréquemment sur la face postérieure de l'occipital (ilannover). S'il n'existe pas constamment, il se trouve dans la plupart des cas, soit en entier, soit à l'état de vestige. Jusqu'au sixième mois de la vie intra-utérine, il conserve son indépendance: ensuite il se soude à l'écaillé et aux portions condyliennes. D'après Lucy, l'osselet de Kcrckringe serait à peu près constant, mais il serait visible k des époques variables de la vie intra-utérine.
Avant que l'occipital (basioccipital) ne s'unisse au sphénoïde, il se forme, au niveau de la synchondrose des deux côtés, deux disques osseux analogues au,xdisques dusaux points complémentaires des corps vertébraux. Au centre de la suture ossifiée il se trouve une masse fibro-cartilagineuse ou une cavité (surtout chez le vieillard) :cette masse est formée surtout par le reste de la notocorde ; elle peut être le point de départ d'excroissances faisant saillie dans la cavité crânienne (Virchow, Welcker, Luschka).
0,5 épactal. — 'Vers la fin du cinquième mois de la vie fndale on voit apparaître de chaque côté de la ligne médiane, dans l'espace laissé libre par le sommet de l'écaillé et les deux pariétaux deux points qui ne tardent pas à se souder en une pièce triangulaire : c'est l'os épaclal ou inlerpovlélal, qui n'est pas un os wormien, car il est constant dans la série ani'male. Chez l'Iioiame, il se soude il'ordinaire à l'écaillé, mais il peut aussi rester indépendant. Rainbauil et Renault l'ont trouvé seize fois sur quatre-vingt-cinq. Chiarugi (Asti d. R. Acad. Siena, 1889) pense qu'il existe un certain rapport entre les os interpariétaux et la suture métopique.
Architecture. — L'uc(.'ii)ital est construit sur le type des os plats dans sa partie écailleuse, et sur le type des os courts dans ses parties condylienne etbasilaire. — On remarque dans l'écaillé des épaississements considérables delà table externe, correspondant aux lignes demi-circulaires et aux crêtes; au niveau des protubérances, l'os atteint quinze à vingt millimètres d'épaisseur, dont six ouhuit pour lalame externe compacte; letissu spongieux <'ontient des canaux veineux. — Les condyles ont une structure radiée, c'est-à-dire que les travées principales du tissu spongieux convergent de la surface articulaire à la lame compacte épaisse qui borde l'oriiice endocrànien du canal condylien antérieur. — L'apophyse basilaire a une table antérieure épaisse; les travées du tissu spongieux se (lé|iloient en lignes entrecroisées du bord postérieur du trou occipital aux deux fables du corps du sphénoïde avec lequel elles se confondent.
Connexions. — L'occipital s'articule avec l'atlas et avec cinq os du crâne, les deux • pariétaiix, les deux temporaux, et le sphénoïde.
Insertions musculaires. —
Écaille * Occipital; sterno-cléido-mastûïdien ; trapèze ; grand complexus; splénius
i grand droit et petit droit postérieurs de la tète, petit oblique. Masses latérales. Droit lali'ral.
Apophyse basilai/-.'. Grand droit et petit droit antérii/urs de la ti'lc
Varia.— A.- — Romiti a l'cncontré la fosse/le phanjiujieiine sept fois sur 990 crânes; suivant cet auteur, elle représenterait un arrêt dans l'ossilication ; on la retrouverait normalement chez certains animaux (phoque) et elle répondrait à un diverticule pharyngien. Il est plus vraisemblable de croire que cetenfoncement résulte il'une soudure incomplèteentre le basioccipital et le basiotique ; en effet, il est démontré que le prolongement pharyngien de Rathke passe fort en avant entreles deux pièces du sphénoïde (Suclianneck).
B. — En 1883, Albrechta montré que la portion basilaire de l'occipital avait la valeur de deux os placés l'un au-de\'ant de l'autre dans le sens crànio-caudal, et que ces deux os représentaient deux corps vertébraux ; il a nommé basioccipital la vertèbre postérieure, qui réunit les deux pièces latérales, et basiotique la pièce antérieure dont les périotiques (Voy. développement) représententlesneurapophyses. Quelquefois unefrace de la réunion dos deux corps vertébraux qui forment l'apophyse basilaire persiste sous forme d'une incisure latérale qui peut être profonde de trois à cinq nullimètres : dans des cas très rares la séparation persiste complètement. — G. Mingazzini (Anat Anzeiger.n» 1-1,1891) ayantétudié les vestiges de la soudure des deux vertèbres basilaires, a constaté que cette soudure était souvent marquée par une crête (crête synostosique) légèrement oblique qui se confond avec la crête d'insertion des muscles droits, mais qui peut aussi en rester isolée et siège alors en avant de la précédente.
G. — On trouve souvent, au nnlieu de la suture occipito-mastoïdienne, l'orifice d'un canal, trou ou canal mastoïdien , qui va s'ouvrir dans la portion femporale ilu sinus transverse et donne passage ;i une grosse veine.
OSTÉOLOGIE
D. — Lecanal condijlien anlérieur esl assez fréquemment double ou plutôt divisé en deux compartiments par une lamelle osseuse plus ou moins épaisse: on l'a même vu subdivisé en quatre compartiments. Jaboulay et Lucy ont trouvé des cas nombreux de la division en deux compartiments donnant passage à un nerf hypoglosse dédoublé ; évidemment c'est le dédoublement du nerf qui commande celui du canal osseux. On sait d'après les recherches de Froriep sur des embryons de veau, que le nerf hypoglosse correspond à trois nerfs raehidiens, et que le canal représente la fusion des trous de conjugaison des protovertèbres qui séparaient ces faisceaux d'origine. — Laduplicité du canal condylien antérieur se rencontre dans la proportion de 15 O/q.
E. — La surface articulaire des condyles est souvent étranglée à la jonction de ses deux tiers postérieurs avec son tiers antérieur ou divisée par une crête en deux segments dont l'antérieur est plus petit. En avant de cet étranglement, qui répond à celui que l'on remarquesurla surface articulaire de l'atlas, on en voit souvent unautre qui répond à la soudure du cinquième antérieur des condy les avec leurs quatre cinquièmes postérieurs développés sur la niasse latérale. Je possède un certain nombre de pièces qui ne permettent aucun doute à cet égard; sur ces pièces, appartenant à des sujets d'âges divers, on voit très distinctement les deux étranglements coupant la surface articulaire.
F. — Le canal conr/ylien postérieur commence dans la fossette condylienne pos'térieure^ au même niveau que l'extrémité postérieure du condyle ; il se dirige en haut et en dehors, et vient se terminer soit dans la fosse jugulaire, soit au voisinage de celle-ci, soit en arrière du tubercule occipital par une gouttière qui vient déboucher dans la fosse jugulaire. — Ce canal est quelquefois bifurqué. — Son abseiice n'est pastrès rare : sur trente crânes, je l'ai observé trois fois ; il existait à sa place plusieurs petits trous.
G. — Le canal condylien intermédiaire est dirigé obliquement en dedans et en avant ; il est limité en dedans par la face non articulaire du condyle, eten dehors parle bord inférieur de la fosse jugulaire, lamelle repliée en forme de cornet. Il se présente tantôt sous forme de gouttière, tantôt sous celle de canal complet. Sur trente et un occipitaux examinés, six fois je l'ai trouvé à l'état de canal complet, et neuf fois à l'état de gouttière.
n. — Apop/iyse paramastoïde. — On rencontre parfois sur la face condylienne des occipitaux latéraux, immédiatement en dehors du condyle, et sous l'apophyse jugulaire, un soulèvement osseux, arrondi, dont la saillie varie de un à dix millimètres : c'est l'apophyse paramastoïde . Cette apophyse est normale chez les mammifères (herbivores surtout), où elle remplace l'apophyse mastoïde. Saréapparition chez l'homme, d'ailleurs très rare (1 à 2 O/o), est un retour atavique.
Hyrtl a vu entre le condyle etl'apophyse mastoïde une apophyse qui, sur une coupe verticale, montrait la structure de l'apophyse mastoïde : ses cellules remplies d'air communiquaient avec les cellules mastoïdiennes : Hyrtl donne à cette apophyse le nom de processus pneumaticus.
Troisième condyle. — On rencontre parfois sur la partie antérieure du trou occipital (bord postérieur du basi-occipital) un tubercule osseux, simple ou double. Dans d'autres cas, il y a à la place du tubercule une facette articulaire; parfois enfin le tubercule est surmonté d'une facette articulaire (Tafani, Romiti, Sergi) : c'est la forme la plus complète de celte anomalie que l'on décrit sous le nt)m de troisième condyle de l'occipital. — Lucy a rencontré quinze fois sur trois cents crânes un tubercule articulaire ; une seule fois il l'a vu articulaire. — Pour beaucoup d'auteurs le troisième condyle est l'homologue du condyle basilaire delà tortue et de la portion médiane du condyle des oiseaux et des crocodiles.
sphénoïde
Le sphénoi'de répond à la partie moyenne de la base du crâne. Sa forme esl irrégulière: à bien regarder, on reconnaît que cet os se compose d'un corps ou partie centrale, impaire, médiane, et de parties latérales ouapophyses se détachant des côtés du corps pour se porter dans des directions diverses. Les premières se détachent des parties antéro-supérieures du corps et se portent en dehors sous la forme de lames triangulaires, aplaties de haut en bas, ce sont les petites ailes ou ailes 07^hitaires — les deuxièmes qui se détachent des faces latérales sont de grosses lames, largement étalées, concaves en arrière ; ce sont les grandes ailes ou ailes temporales du sphéno'ide ; — les troisièmes enfin,.
os DU CRANE
qui naissent au-dessous des précédentes, se portent directement en bas et forment les apophyses ptërygoides.
Une comparaison peut aider à fixer la forme compliquée de cet os : on a comparé le sphénoïde dans son entier à une chauve-souris : le rapprochement peut séduire par la forme pointue des petites ailes, et la forme anguleuse des grandes ; disons donc : le corps du sphénoïde représente le corps de l'animal, dont les ailes orbitaires sont les oreilles, les ailes temporales, les ailes vraies, et les apophyses ptérygoïdes, les membres inférieurs. Tout y est, y compris le bec ou rostrum, et la queue représentée par la soudure basilaire.
Je décrirai successivement : le corps, les petites ailes, les grundes ailes, les apophyses p>térygoïdes.
i'Iacer en haut et liorizontalciiieni, la face lisse des petites ailes, en avant leur boril tranchant et dentelé.
CORPS. — Le corps du sphénoïde, intermédiaire àl'ethmoïde placé en avant, et à l'occipital placé en arrière, apparaît superposé au corps de l'occipital ; il est aussi placé sur un plan antérieur, en raison de l inllexion subie par la colonne vertébro-crânienne : aussi les faces de soudure ne sont plus seulement supérieure et inférieure, comme elles étaient sur les corps vertébraux, elles sont devenues antéro-supérieure et postéro-inférieure.
La face supérieure répond à la cavité crânienne ; — la face inférieure répond au pharynx nasal ; — la face postérieure est soudée à l'occipital ; — la face
Siirfuci; fi iintnlf
\'\'fl. :!(iO. — S|ilit''ri(iïde, \ sii|pi''rii'iire.
antérieure ne répond à fethmoïde que par une bande étroite (|ni suit son bord supérieur : dans le reste de son étendue, elle répond aux fosses nasales ; — les faces latérales sont masquées en grande partie par l'insertion des apophyses qui s'en détachent (A).
Face supérieure {endocrànienne) . — Elle présente d'avant en arriére : h une surface quadrilatère, unie, sur laquelle une crête mousse, sagittale, continuant en arrière l'apophyse crista galli, sépare deux gouttières, à peine indiquées, les gouttières olfactives, qui se continuent en avant avec les gouttières eth-
OSTÉOLOGIE
nioïdales, el répondenl aux bandelettes olfactives. — 2° Une gouttière transversale, dont les extrémités se recourbent en avant pour se continuer avec la paroi interne des canaux optiques: c'est la gouttière optique, qui répond au chiasma (entrecroisement) des nerfs optiques ; il faut remarquer que la partie moyenne de cette gouttière est rarement excavée et beaucoup plus souvent plane ou convexe. — 3" Une excavation profonde en forme de selle, la selle turcique, encore appelée fosse pituitaire ou bypophysaire, parce qu'elle loge le corps pituitaire ou bypophysaire. Le pommemi de cette selle, excavée à la façon des selles turques, est représenté par une crête transversale, la crête optique qui forme le bord postérieur de la gouttière optique ; cette crête se prolonge sur , les côtés et va se continuer avec la paroi inférieure du canal optique, paroi qui forme en même temps la racine inférieure et postérieure de la petite aile du sphénoïde. On trouve parfois, dans la selle turcique, une légère saillie transversale, située immédiatement en arrière de là crête ; cette saillie, qui répond à la soudure des deux sphénoïdes, limite en arrière un sillon qui marque le passage d'un sinus veineux circulaire entourant le corps bypophysaire ; les extrémités latérales de cette crête, ordinairement peu apparente, se renflent parfois en une petite saillie conique, Y apophyse clinoïde 'tnoyenne {\^).
La selle turcique, convexe transversalement, offre une concavité sagittale très prononcée ; sur les côtés elle se continue avec les faces latérales de l'os ; parfois une crête mousse la sépare de la gouttière carotidienne creusée sur les faces latérales. — En arrière, son dos ou troussequin se relève et est formé par une lame osseuse quadrilatère assez mince, qui se porte en hatitet en avant, en continuant le plan antérieur de la gouttière basilaire. On rencontre parfois une crête transversale marquant la ligne de soudure du sphénoïde et de l'occipital. — Les bords latéraux de la lame quadrilatère présentent, dans l'état d'intégrité parfaite, deux échancrures : l'une supérieure, qui répond au passage des nerfs se rendant vers l'orbite ; l'autre inférieure, plus petite, creusée par le passage du sinus pétreux inférieur (G). — Le bord supérieur, quadrilatère, estconcave transversalement; ses angles latéraux sont renflés en saillies coniques, ]es apophyses cliiwïdcs poftlérieures (D).
Face inférieure (pliaryngienne) . — Sur un sphénoïde en état de parfaite intégrité, cette face apparaît comme formée j)ar la juxtaposition de trois pièces triangulaires, séparées par deux sillons. — Le triangle médian, dont la base est jiostérioure, représente la face inférieure proprement dite du corps du sphénoïde. — Les triangles latéraux, disposés symétriquement de chaque côté, ont leur base antérieure : ils sont formés par des os primitivement indépendants du sphénoïde, les cornets do Berlin, qui se soudent ultérieurement au corps de l'os.
Le triangle moyen est pourvu d'une crête sagittale dont l'extrémité antérieure plus saillante porte le nom de bec du sphénoïde. Cette crête est souvent interrompue, vers le bord antérieur de l'os, par une dépression qui répond à la soudure du sphénoïde antérieur avec le sphénoïde postérieur. Sur le crâne entier, la crête est reçue dans un écartemcnt des deux lames du vomer.
Les triangles latéraux sont formés par les cornets de Bertin. Ceux-ci (Voy. osrsificatlon) sont constitués par une lamelle osseuse, mince, enroulée en demi-
os DU (JRANE
cône, (It)iil la Ijase vii'iil se terminer en croissaul sur la lace aiilérieiuo de l'os, tandis que le sommet dirigé en arrière s'unit au corps du s|)hénoïde.
La face inférieure du corps du s|)hénoïde présente : 1° sur la ligne médiane,
Crète nialaire
l"'if<. oCil. — S|)licnoj(li', vue iiilV'rieiiro.
une surface plane, I raiisfunnée en canal antéro-|)uslérienr jiar les ailesdn vonier, le canal sphéno-voménen iinhlian: — 2" un (>en plus en dehors, une gouttière, transformée en canal |iar l'apopliyse vaginale des a[iophvses ptérvgGïdes ou par
Cati. ptér. Cdii. xp/i. Caii. sph.
paUif . nom. Jiieif. voiri. lut.
Sinus i^pli .
Palatin Voiiirr A/m. p/rri/ti.
(npo. vafjrn ) (apn. vagin. )
Fig. 36i. — Spliénoido, coupe V(3rtico-transversaIe sclii''inati(|ue deslinéc à montrer la transformation en canaux des gouttières creusées à la face inférieure du corps du sphénoïde.
l'apophyse sphénoïdale du palatin, c'est le canal sphéno-voinéro latéral; — 3° plus en dehors encore, sur la base de l'apophyse ptérygoïde, une troisième gouttière transformée en canal, le vaxal plih-i/fjo-palal'ni (E).
OSTÉOLOGIE
Face antérieure {etlnnoido-nasale}. — Elle présente sur la ligne médiane une crête verticale, tranchante, qui se continue en bas avec celle de la face inférieure, et contribue à former le bec du sphénoïde ; elle s'articule avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. — De chaque côté de cette crête, la face antérieure présente : i° une large gouttière verticale, qui forme la partie postérieure de la voûte des fosses nasales, et, vers la partie moyenne de cette gouttière, un orifice rond ou ovalaire, de 3 à 6 mm. de diamètre, qui conduit dans le sinus sphénoïdal (V. architecture) ; — 2" une bande verticale, rugueuse, creusée de demi-cellules osseuses qui s'unissent aux cellules ethmoïdales postérieures et à l'apophyse du palatin.
Cette face est limitée en haut par un bord horizontal qui s'articule avec le bord postérieur du frontal et de l'ethmoïde par une suture plus ou moins dentelée.
Face postérieure {occipitale). — Inclinée de haut en bas et d'arrière en avant, elle est constituée par une surface quadrilatère, mamelonnée, légèrement concave, parcourue par des sillons qui répondent à des sillons semblables de l'occipital. Sur la plupart des os, cette surface apparaît plane et spongieuse : ce n'est point la face postérieure du sphénoïde, mais la coupe d'un trait de scie qui a séparé artiQciellement le sphénoïde et l'occipital, qui se soudent de très bonne heure, constituant ainsi un os unique, Vostrihasilaire deVirchow. Quand les deux os, non encore intimement soudés, ont pu être séparés par la macération ou tout autre procédé, la surface apparaît telle que je l'ai décrite. Vers les angles inférieurs de la face postérieure, on peut voir, de chaque côté, le commencement des gouttières caverneuses que nous allons retrouver sur les faces latérales.
Faces latérales. — Des faces latérales se détachent les ailes du sphénoïde : les petites ailes naissent de l'extrémité antéro-supérieure ; les grandes ailes de la partie postéro-inférieure. Au-dessus de la large base d'insertion de la grande aile on voit la gouttière en S creusée par l'artère carotide logée dans le sinus caverneux. — Entre les deux ailes, la face latérale forme le bord interne de la feyite sphénoldale ou orbitaire supérieure, limitée par les deux ailes ; elle est visible au sommet de la paroi interne de l'orbite à la formation de laquelle elle prend part par une petite surface triangulaire.
PETITES AILES {ailes orbitaires. apophyses d'Ingrassias). — Elles naissent de la partie antérieure et supérieure de la face latérale du corps par deux racines, l'une supérieure, l'autre inférieure. Ces deux racines, lamelles osseuses, larges d'un centimètre, s'unissent en dehors et circonscrivent avec le corps de l'os un canal, le canal optique, par lequel le nerf optique et l'artère ophthalmique se rendent dans l'orbite.
Les ailes orbitaires se dirigent horizontalement en dehors; leur forme est celle d'une lame triangulaire, dont la pointe très effilée est dirigée en dehors et légèrement recourbée en arrière ; d'ordinaire celte pointe se trouve placée en arrière du bord supérieur des grandes ailes ; mais elle peut répondre à ce bord et même lui être soudée (F).
Leur face supérieure (endocrânienne), plane et unie, forme la partie posté-
os DU CRANE
Raci7ies îles p. ailes
rieure et interne de l'étage supérieur de la base du crâne sur lequel repose le lobe orbilaire. — Leur /ace ?n/yrteu/-e (orbitaire), qui continue la face latérale du sphénoïde, est plus petite que la supérieure; elle forme la partie la plus profonde de la voûte orbitaire.
Le bord antérieur finement dentelé s'engrène avec le bord postérieur du frontal. — Le bord postérieur, concave et tranchant en dehors, s'épaissit peu à peu et se termine en dedans par une saillie anguleuse, l'ftpnp/jjysc clinoïde antérieure, dont le sommet est attiré en arrière par l'insertion de la tente cérébelleuse (G).
GRANDES AILES (ailes temporales). — Ce
Racines des grandes ailes
sont deux larges ailes, à contour anguleux, pig. 363. - Sphénoïde, racines fortement incurvées en haut et en arrière, épa- des grandes et des petites ailes, nouies en éventail sur les côtés du corps sphé-
noïdal; par leur face interne, concave, elles apparaissent dans l'étage uioyen de la base du crâne, dont elles forment le tiers antéro-interne ; par leur face externe, elles prennent part à la constitution de la paroi orbitaire externe et des fosses temporale et zygomatique. Je décrirai aux grandes ailes : une hase d'implantation, deux faces et trois bords (H).
Base d'implantation. — La base ou racine des grandes ailes sur le sphénoïde, ou leur racine, est large, aplatiede haut en bas, limitée en avant par un bord concave qui forme l'angle inférieur, arrondi de la fente sphénoidale ; en arrière, par un bord également concave, la gouttière caverneuse, limite en dehors la imgfuZa. Cette base ou racine présente sur sa base supérieure une gouttière plus ou moins marquée qui conduit à un trou (canal serait mieux), le trou grand rond ; ce canal, qui traverse obliquement d'arrière en avant le tiers antérieur de la racine, donne passage au nerf maxillaire supérieur (I).
Face endocrânienne {supérieure). — Concave, très allongée transveisalement, étroite d'avant en arrière, elleest parsemée d'impressions digitaleset d'éminences mamillaires, moule grossier de la pointe du lobe temporo-sphénoïdal,qui vient à leur contact. — Sa partie postérieure s'allonge en pointe triangulaire que termine une épine très saillante, visible seulement sur la face externe de l'os, ['épine du sphénoïde (J).
Cette pointe triangulaire porte deux trous : l'un grand, ovalaire, situé à ITi ou 20 mm. en arrière et un peu en dehors du trou grand rond, c'est le iroff ovale, par lequel sort du crâne le nerf maxillaire inférieur, troisième branche du trijumeau ; — l'autre, situé en arrière, en dehors et tout près du précédent, c'est le trou petit rond qui donne passage aux vaisseaux méningés moyens (K).
Face exocrânienne (zygomato-temporale, inférieure ou externe). — Elle est divisée par une crête verticale très saillante, la crête malaire, qui s'articule avec le bord postérieur de l'os malaire en deux parties ou plans d'orienta-
OSTEOLOGIl';
lion très diiïérente : l'une, orbitaire, regarde en dedans et en avant ; l'autre, zijgomato-ternporale, en dehors et légèrement en avant (L).
\.a. portion interne, rjui regarde en dedans et en avant, appartient à la paroi
Fig. [364. — Sphénoïde, vue postérieure.
Fig. 36.Ï. — Sphénoïde, vue postérieure, insertions musculaires.
externe de l'orbite : c'est une surface triangulaire, plane, dontlesonimet répond au sommet de l'orbite, dont la base répond à la crête uialaire, et dont les bords appartiennent, le sujiérieur à \a fente spliénoïdale (fissure orbitaire supérieure), l'inférieur à la fente sphéno-maxillaire (fissureorbitaire inférieure). — Le bord supérieur piésente souvent, dans son tiers postéro-interne, une petite épine sur lai|uelle s'attache le muscle droit externe de l'œil.
os DU CRANE
La. portion cffc*'»'' de la face exocrànieiine des grand'^s ailes sphénoïdaies, beaucoup plusallougée dans le sens vertical et fortement convexe, est, elle aussi, divisée par une crête moussetransversale en une partie supérieure qui regarde m. dehors, fait partie de la fosse temporale, et donne insertion au muscle temporal ; — et une partie inférieure regardant en bas, qui forme la paroi supérieure de la fosse ptérygo-maxillaire, et donne attache au muscle ptérvgoïdien externe ; elle se continue par une courbure à concavité externe avec la face externe de l'apophvse |)térygoïde.
La crête ((ui sépare ces deux parties de la îa.ce tuiérieure (crête trmporale lin, sphénoïde), est concave en bas, parfois tranchante et hérissée de sailliesqui donnent attache à des faisceaux fibreux du muscle temporal ; son extrémité antérieure,qui avoisine la fente sphéno-maxillaire,se recourbe en une apophj'se, à pointe inférieure, le tubercule sphéuoidal (M).
Bords. — Le contour de la grande aile du sphénoïde peut être divisé en trois segments ou bords : un antérieur, v\n postérieur , libres, courts, rectilignes et presque tranchants; et un troisième easferne, très long, àconlour brisé, épais et dentelé, par lequel la grande aile s'articule avec les os voisins.
Le bord antérieur, court, I ranchant, dirigé en avant et en dehors, forme le bord inférieur' de la fente sphénoïdale. — Le bord postéy^ieur , à\r\\xi' en dehors et en arrière, limite en avant l'étroite fente, (|ue l'on désigne sous le nom detrof déchiré antérieur; il est constitué par une lamelle qui ré|iond à la trompe d'EusIache, et donne insertion ]);irsa moitié inférieure au péristaphylin externe.
Le bord externe commence par une très large surface triangulaire, dentelée, qui continue en dehors le bord antérieur : c'est la surface frontale par laquelle un contact articulaire très étendu s'établit entre le fronl.il cl le sphénoïde : sur
OSTEOLOGIE
l'angle postérieur de cette surface frontale vient s'articuler l'angle antéro-inférieur du pariétal. A partir de ce point le bord externe prend l'aspect d'une large échancrure curviligne, ouverte en arrière et en haut, dans laquelle vient s'articuler le bord antérieur de l'écaillé du temporal. Dans sa moitié supérieure le
Kig. 368. — Sphénoïde, vue antérieuiT.
biseau articulaire de cette échancrure est externe, à peine strié ; dans sa moitié inférieure, il est interne, beaucoup plus large et fortement dentelé.
A l'union du bord externe et du bord postérieur, la grande aile forme un angle aigu qui vient se loger dans l'angle rentrant que lui présentent en s'unissant l'écaillé et la pyramide du temporal. C'est à l'extrémité inférieure de cet angle que se trouve l'épine du sphénoïde dont j'ai déjà parlé.
APOPHYSES PTÉRYGOIDES. — Les apophyses ptérygoïdes naissent de la face inférieure du corps et de la base de la grande aile du sphénoïde par deux racines: l'une, externe, grosse, se détache de la base de la grande aile pour se porter directement en bas ; l'autre, interne, petite, naît des parties latérales de la face inférieure du corps. A ces deux racines succèdent deux lames osseuses, qui se fusionnent en avant et s'écartenten arrière : ce sont les ailes, externe et interne, de l'apophyse ptérygoïde : elles limitent en arrière une fosse, la fosse ptërygoiclienne.
En se réunissant dès leur origine, les deux racines ptérygoïdiennes circonscrivent avec la racine de la grandeaile du sphénoïde un canal horizontal, antéropostérienr, qui s'ouvre en arrière dans le trou déchiré postérieur et vient déboucher en avant dans l'arrière-fond ptérygo-maxillaire : c'estle truu, ou mieux le canal vidien, qui donne passage au nerf vidien et à l'artère vidienne.
Aile interne. — Elle est formée par une lamelle quadrilatère, très légèrement concave en dedans. Sa face interne répond à la partie la plus profonde de la paroi externe des fosses nasales. Sa. face externe répond à la fosse ptérygoï-
os DU CRANE
dienne : clans sa partie supérieure, elle présente une fossette allongée en fuseau, la fossette scaphoïde, qui donne insertion au péristaphylin externe.
De l'extrémité supérieure de la racine de l'aile interne se détache une lamelle dite apophyse vaginale, qui s'applique sur le triangle postéro-externe de la face inférieure du corps du sphénoïde, formant ce que nous avons appelé le canal sphéno-vomérien latéral. En dehors de ce canal l'apophyse vaginale forme avecTapophysesphénoïdaledu ])alatin un autre canal, le canal ptérygo-palatin, qui donne passage au nerf |)haryngien de Bock et à l'artère ptérygo-palaline.
Le bord inférieur de l'aile interne descend plus bas que celui de l'ai le externe ; il se termine en arrière par un crochet, recourbé en bas et en dehors, à concavité supérieure, sur lequel le tendon du péristaphylin externe se plisse et se réfléchit. — Le bord antérieur se soude partiellement au bord antérieur de l'aile externe. — Le bord j^ostérieur, mince et tranchant, présente dans sa moitié supérieure une large échancrure qui répond au passage de la I l ompe d'Eustache.
Aile externe. — ("est une lame osseuse quadrilatère, déjetée en dehors. — La face externe regarde en dehors et en avant : dans sa parlie supérieure elle s'incurve en dehors et en bas pour se continuer avec la face externe du sphénoïde ; cette face limite en dedans la fosse ptérygo-maxillaire. — Le bord postérieur concave et tranchant répond à la séparation des deux ptérygoïdiens, dont l'un s'insère à la face interne, et l'autre à la face externe de cette aile.
Les deux ailes se fusionnent en avant par un bord épais formant une véritable face. Dans sa moitié supérieure, ce bord [bord antérieur) limite en arrière l'entrée de l'arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire ; il est creusé d'une gouttière légèrement oblique en bas et en dehors qui continue en avant le canal vidien ; dans sa partie inférieure, cette gouttière est transformée en canal par deux gouttières, creusées l'une sur la face postérieure de l'apophyse pyramidale du palatin, l'autre sur le bord postérieur du maxillaire supérieur ; ce canal, canal palati)! postérieur, donne passage aux vaisseaux et nerfs palatins postérieurs.
En bas, les bords antérieurs des deux ailes, jusque-là réunis, se séparent et se portent en arrière et en bas, présentant un angle à bords dentelés dans lequel vient s'articuler l'apophyse pyramidale du palatin.
La fosse ptérygoidienne, comprise entre les deux ailes en arrière, es( plus profonde en bas qu'en haut. Sa paroi interne est souvent hérissée de crêtes d'insertion par le ptérygoïdien interne. Le péristaphylin externe qui s'insère dans la fossette scaphoïde suit la paroi interne de cette fosse.
Ossification. — Le sphénoïde est un clos premiers os du crâne qui s'ossifie.
Il se compose primitivement de plusieurs pièces qui se fusionnent cliez riiommc à la lin de la vie foetale, mais restent à l'état d'os distincts chez les vertébrés inférieurs.
Le corps de l'os est d'abord formé par deux pièces distinctes, l'une postérieure, le bnxisphénoïde ou sphénoïde postérieur : l'autre antérieure, le prèsphènoule ou sphénoïde antérieur. Du dernier se détachent les petites ailes, tandis (jue les grandes ailes appartiennent au basisphénoïde ; la lame externe des apophyses ptérygoïiles appartient aux grandes ailes, tandis que la lame interne est formée par un os primitivement distinct, l'fw pU'njrjoïdi'.
Le sphénoïde présente quatorze points d'ossilication (Sappey) ; quatre pour le sphénoïch:' antérieur, deux pour la portion antérieure du corps, deux pour les petites ailes, huit pour le sphénoïde postérieur (quatre pour les portions postérieures du corps, deux pour les grandes ailes et l'aile externe des apophyses ptérygoïdes, et deux pour l'aile interne de celles-ci), deux pour les cornets de Berlin.
Tous ces points d'ossification apparaissent enl re deux mois et demi (les points des grandes ailes) et le cnmmencemont du quatrième niois de la \ ie intr;i utérine, sauf les points des cornets qui n'apparaissent (ju'après la naissance.
OSTEOLOGIf'
10 Les quatre points du sphénoïde antérieur s'unissent ensemble vers la fin du cinquième mois. Les petites ailes envoient des prolongements en forme d'arcades qui vont s'unirau corps du sphénoïde antérieur. Sous ces arcades sont réservés les canaux optiques.
20 Des quatre points du corps du sphénoïde postérieur, deux sont internes ou médians : ils forment par leur union (au début du quatrième mois) la partie centrale du corps : tieuv
P. nili' Spl: . aiil.
iiph. pus!, (p. mé I.)
Fig. 360. — Sphénoïde, ossification ifn-lus de 3 inois 1/2 à 4 mois, d'après S.vrrEv).
Sp/i. aiil. P. ni le
Sp/>. pont, (point méri. et lat.)
Fig. 370. — Sphénoïde, ossification (fœtus de 8 mois, d'après S.\pi>iiY).
autres sont latéraux, externes ou caverneux ; ils répondent aux régions des gouttières caverneuses ; allongés dans le sens transversal, ils se soudent aux précédents vers la fin du quatrième mois. Les deux points des grandes ailes et de la portion externe des apophyses ptérygoïdes apparaissent les premiers à deux mois et demi, pour se souder bientôt avec les points de la partie interne des apophyses ptérygoïdes et avec ceux des parties latérales du corps. Au niveau du point où a lieu cette soudure se trouve réservé le canal vidien.
Le sphénoïde antérieur commence à se souder au postérieur au septième niois delà vie intra-utérine. Cette soudure se fait d'abord sur les parties latérales de l'os au niveau des gouttières caverneuses, de façon qu'au huitième mois on voit les deux corps du sphénoïde séparés sur la ligne médiane par un espace cartilagineux triangulaire à base postérieure. Cet espace s'ossifie bientôt de haut en bas. A la naissance, les corps des deux sphénoïdes complètement unis supérieurement sont encore séparés par du cartilage à leur face inférieure.
Chez le nouveau-né, Landzert (Petersburger aiedic-nischo Zeitschrift, 18G8, tome XIV, p. 133) a trouvé dans le sphénoïde postérieur un canal {canal crâaio-pharyngien) s'étendanl de la selle turcique dans l'épaisseur do l'os. — Ce canal atteint la face inférieure du corps de l'os, dix fois sur cent cas : il contient un prolongement dure-mérien. Ce prolongement s'arrête ordinairement au milieu du trajet, mais va parfois se perdre dans le tissu fibreux qui tapisse la face inférieure de l'os. Parfois ce prolongement est creux et se termine en cul-de-sac. Ce canal serait le résidu de l'invagination de la muqueuse pharyngienne, à travers la base du crâne pour former l'hypophyse (Ratkho).
30 La formation des cornets de Bertiri est diversement décrite par les auteurs. D'après Sappey, les deux points qui les forment se montrent six ou huit mois après la naissance, de chaque côté du bec du sphénoïde, sous la forme d'une petite lainelle triangulaire à base
os UU CRANP]
antérieure, s'enroulant sur elle-iiiërne. Vers l'ùgo de deux ans, celte laniello ri^pri'>sente un demi-cone: à trois ou quatre ans, elle formera un cône complet dont la base regarde les gouttières etlimoïdales. En même temjis que les cornets complètent leur évolution, les parties voisines du corps sphénoïdal se creusent et se réduisent à une simple cloison séparant deux cavités, les sinus sphénoïdaux.
Les cornets de IJertin se soudent au corps du sphénoïde ordinairement xers douze à quinze ans, rarement plus tard, souvent plus tôt. D'après Rambaud et Renault, Dursy et KM'lliker, les cornets île Bertin doivent être rattachés aux masses latérales de l'clhmoïde.
Architecture. — Le sphénoïde est presque exclusivement foi'uié de tissu com|)act : on y rencontre du tissu spongieux au niveau de la partie postérieure du corps, de la base des apophyses ptérygoïdes et de la surface frontale des grandes ailes.
Si/u/s sphénoïdaux — Le corps est transformé en deux ou plusieurs cellules, qui constituent les sinus sphénoïdaux. Ces sinus, généralement au nombre do deux, sont séparés l'un de l'autre par une cloison verticale, le plus souvent déviée à droite ou à gauche; ils s'ouvrent dans les fosses nasales par l'orifice que nous avons décrit sur la face antérieure du corps du sphénoïde; quelquefois ils se prolongent en arrière dans l'apophyse basilaire de l'occipital, ou sur les côtés dans la base des apophyses ptérygoïdes. Leurs parois présentent fréquemment des débris de cellules; leurs dimensions et leur forme sont soumises à toutes sortes de variations. — Il existe quelquefois plusieurs cloisons et par suite un plus grand nombre de sinus; en, revanche la cloison peut manquer; dans quelques cas leur orifice est réduit à une simple fente. Les sinus sphénoïdaux, dépendances des fosses nasales, sont tapigsés par la muqueuse pituitaire; ils se développent d'avant en arrière par disparition du tissu spongieux.
Connexions. — Le sphénoïde s'articule ax'Cc tmis les os du cri'iue, l'occipital, les teiii- (loraux, les pariétaux, le frontal et l'ethmoïde, et avec cinq os de la face, le vomcr, les palatins et les os malaires.
Insertions musculaires. —
(h-aiidi's nlli's Temporal.
\ \ile externe ! l'térygoïdien externe.
Ajjo. ptérygoïdes • • ] " ( Ptérygoidien interne.
r Fossette scaplioïde. — Péristaphylin externe.
Varia. — A. — L'embryologie nous a appris que le sphénoïde est formé par doux pièces distinctes, l'une postérieure (basisphonoïde), l'autre antérieure jprésphénoïtle), représentant deux vertèbres. Les petites ailes représenteraient l'arc vertébral de la première de ces vertèbres sphénoïdales ; les grandes ailes, l'arc vertébral do la seconde ; les apophyses ptérygoïdes représenteraient les arcs viscéraux (apophyses transverses et côtes) de ces vertèbres sphénoïdales.
B. — Il n'est pas très rare de voir Vapophyse clinoïde moyenne s'allonger en pointe et se sonder à l'apophyse clinoïde antérieure; il en résulte la formation d'un anneau osseux, Vanneau caro/idien, dans lequel passe la carotide interne. Elle peut être unie à l'apophyso clinoïde postérieure par un pont osseux ; il s'agit là évidemment d'une ossification dans le tissu fibreux do la duro-mère.
C. — L'écliancrure inférieure des bonis latéraux de la lame quadrilatère est parfois transformée en trou par une lamelle osseuse qui va rejoindre le sommet de la pyramiiie temporale; cette anomalie a été bien étudiée par Grûber et Sclnvegel.
D. — La forme des apophyses cl inoïdes postérieures esi très variable; parfois leur exln''mité antérieure s'allonge et s'unit par un pohi osseux avec l'apophyse clinoïde antérieure ; plus souvent elles forment une sorte de crochet à pointe postérieure ; ces variétés de forme sont dues à l'ossification partielle des trousseaux fibreux par lesquels la tonte cérébelleuse vient s'attacher sur l'apopliyse. Grûber a même trouvé ces ossifications sous forme de petits noyaux osseux indépendants, articulés par suture avec l'apophyse clinoïde.
E. — Les canaux' sphéno-vomériens ont été étudiés par Tourtual, Henle, Gray, etc.: pour bien en voir la disposition, il faut les étudier sur une base du crâne complète. — Le canal sphéno-minérien médian, d'ailleurs inconstant, est formé par l'union de la gouttière vomérienne avec la face inférieure du sphénoïde; son orifice postérieur est élargi en entonnoir. Le canal se dirige d'arrière en avant entre le vomer et le sphénoïde, puis entre les deux lames du vomer, tantôt il finit en cul-de-sac, tantôt il va s'ouvrir sur l'une ou l'autre face du vomer.
Le canal sphénn-votnérien latéral s'ouvre par son orifice posl(''rieur à quatre (lu cinq millimètres on dehoi's de la ligm.' médiane. Sa paroi supérieure es:| formi'c par un sillmi
OSTÉOLOGIE
creuso sur la face inférieure du sphénoïde; sa paroi inférieure mince, quelquefois déhiscente, est formée par l'accolement de l'apophyse vaginale ptérygoïdienne avec le bord externe de l'aile du vomer. Il continue son trajet obliquement en haut, en dehors et en avant, en longeant la paroi externe du sinus sphénoïdal, et vient s'ouvrir au niveau de l'angle interne de la fente sphénoïdale, près de la racine inférieure de la petite aile. L'orifice antérieur de ce canal est à peu près constant; mais au lieu de s'ouvrir sur la face inférieure du corps, le canal peut se terminer en cul-de-sac ou s'ouvrir dans le sinus sphénoïdal. Chez les enfants de quatre à cinq ans l'existence de ce canal est constante. D'après Steinberg (Anat. Anzeig., n^ 26, S. 784-786) qui lui donne le nom de canal pharyngien latéral, il existe dans 4 0/0 environ des crânes humains. De petits canaux accessoires s'en détachent pour pénétrer dans le corps du sphénoïde. Ce canal contient un prolongement périostique et des veinules.
Le canal ptérygo-pnlatin est situé plus en dehors et sur un plan plus inférieur que le précédent; sa paroi supérieure est formée par une gouttière creusée sur la base de l'apophyse ptérygoïde ; sa paroi inférieure par l'apophyse sphénoïdale du palatin. Ce canal est court et arqué; son orifice postérieur ordinairement bien visible, situé à un centimètre en avant de l'orifice des canaux sphéno-vomériens, est prolongé en arrière par une gouttière; son orifice antérieur s'ouvre dans l'arrière-fond de la fosse ptérygo-maxillaire. Quelquefois le canal ptérygo-palatin est exclusivement constitué par un conduit percé dans la base de l'apophyse ptérygoïde; d'autres fois il est confondu avec la moitié antérieure du canal sphéno-vomérien latéral.
F. — Schultz (cité par Henle) a vu la pointe de l'aile orbitaire unie au corps de l'aile par une suture dentelée.
G. — La face supérieure de l'apophyse clinoïde antérieure est creusée, le long de son bord interne, d'une gouttière ou empreinte qui répond au passage de l'artère ophthalmique (Henle); le plus souvent cette empreinte manque et l'on remarque une échancrure linéaire qui divise le bord interne de l'apophyse.
H. — Quelques auteurs décrivent à la grande aile du sphénoïde trois faces, et donnent comme justification une coupe portant sur le tiers moyen de l'apophyse. Cette manière de voir n'est pas juste à mon avis : il est plus simple et plus anatomique de subdiviser la face exocrànienne en deux plans, plan temporo-sygoinatique et plan orbitaire.
L — On pourrait encore décrire avec Henle la base d'implantation delà grande aile comme formée de trois racines : une moyenne, large, et deux autres, antérieure et postérieure, qui circonscrivent, en se réunissant à la racine moyenne, les trous grand rond et ovale (Voy. fig. 363. imitée de Henle).
J. — L'épine du sphénoïde donne insertion à une lame fibreuse qui s'insère d'autre part à une épine que porte le bord postérieur de l'aile externe de l'apophyse ptérygoïde et que l'on peut appeler épine ptérygoïdienne postérieure. Cette lame fibreuse (ligament ptérygoépineux de Civini) forme avec la partie postérieure de la face exocrànienne des grandes ailes, un trou ou canal, le trou pférygo-épineux, qui donne passage aux nerfs et artères ptérygoïdiens internes et à une veine temporale profonde. L'ossification du ligament se rencontre assez fréquemment; les parois du canal sont alors complètement osseuses. Dans d'autres cas, le bord postérieur de la lame externe de l'apophyse ptérygoïde présente deux épines superposées, toutes les deux reliées à l'épine sphénoïdale par un ligament; il y a alors deux trous ptérygo-épineus (V. von Brunn, Anat. Anzeiger, 1891).
K. — Le trou petit rond est parfois incomplètement formé et représenté par une échancrure que le bord antérieur du temporal transforme en trou.
L. — On pourrait dire avec raison que la face exocrànienne des grandes ailes affecte la forme d'une pyramide triangulaire dont le sommet répond au tubercule sphénoïdal et dont les trois faces ou plans, nettement séparés, répondent l'un à. l'orbite, l'autre à la fosse temporale, et la troisième, regardant en bas, à la fosse ptérygo-maxillaire, dont elle forme la paroi supérieure.
M. — Le tubercule sphénoïdal peut être un point de repère précieux lorsqu'on va à la recherche du nerf maxillaire supérieur au fond de la fosse ptérygo-maxillaire, comme dans le procédé de mon collègue et ami P. Segond. Le tubercule est relié par un trousseau fibreux à une épine qui fait saillie sur le bord antérieur de l'apophyse ptérygoïde ^épine ptérygoïdienne antérieure) ; de là résulte la formation d'un trou ovale dans lequel s'engage l'artère maxillaire interne et de grosses veines.
ETHMOIDB
L'ethmo'ide est essentiellement formé par deux lames osseuses, Y une , verticale et médiane, l'autre horizontale , con^a-rvi à angle droit la première, en un point
os DU CP.ANE
voisin de l'extrémité supérieure de celle-ci, et par des masses celluleuses latérales, appendues à la lame horizontale. — La lame verticale ou perpendiculaire descend dans la cavité nasale et contribue à Information de la cloison des fosses nasales ; d'autre part, elle s'élève dans la cavité crânienne où elle fcft'me une apophyse très saillante, Vapophyse crista galli. — La lame horizontale ou criblée forme la partie moyenne de l'étage antérieur de la base du crâne. — Les masses latérales constituent les deux labyrinthes ethmoïdaux composés de grandes cavités osseuses, les cellules ethmoïdales ; chaque labyrinthe est limité, du côté de l'orbite, par une lame mince, lisse, carrée, la lame papyracée (os planum), tandis que par sa face interne fournée vers la cloison et hérissée de saillies plus ou moins enroulées en cornets, il prend part à la constitution de la paroi externe de la fosse nasale correspondante.
On peut comparer l'ethmoïde à une balance dont la tige est représentée par la lame perpendiculaire continuée par l'apophyse crista galli, dont le fléau est la lame horizontale portant comme plateaux les labyrinthes, avec leurs cellules et leurs cornets.
L'ethmoïde, situé à la partie moyenne et antérieure de la base du ci'àne, reçu dans l'échancrure médiane du frontal, et placé au-devant du sphénoïde, appartient plutôt aux fosses nasales qu'au crâne.
.Je décrirai successivement chacune des parties qui le composent.
Placer en liaut et horizontalement la portion de l'os qui est criblée de trous, et en avoni la saillie triangulaire qui surmonte cette portion.
Lame horizontale ou criblée. — C'est à elle que l'ethmoïde doit son nom (riQpôj, crible, ttooç, forme). Elle est de forme à peu près rectangulaire, allon-
Kig. 371. — l''J,iinioïde, \w- supérieure.
liée d'avant en arrière. Son bord antérieur s'unit au frontal ; son bord posterieur s'articule avec le bord antérieur du corps du sphénoïde qui s avance audessus de lui ; vers ses parties latérales, la lame horizontale se relève en haut et en dehors pour rejoindre les bords de l'échancrure ethmoïdale du frontal. Dans son ensemble, elle représente une véritable fosse, concave transversalement.
OSIKOLOGIE
concave aussi d'avant en arrière, la fosse ethmoïdale. L'apophyse crista galli et la crête qui la continue en arrière divisent celle fosse en deux gouttières latérales, les gouttières olfactives, qui logent les bulbes des nerfs olfactifs. Le fond de ces gouttières est criblé de trous, de dimensions variables, de distribution irrégulière, plus nombreux en avant qu'en arrière et qui donnent passage à des filets du nerf olfactif. Sappey, qui divise ces trous en grands, moyens et petits, a vu, en les observant à la loupe, que les plus grands représentent de simples fossettes dont le fond est criblé de trous plus petits ; quelques-uns représentent de véritables canaux très courts. Les deux plus antérieurs de ces trous sont intéressants : l'un, interne, adjacent à la base de Tapophyse crista galli, est une véritable fente ou boutonnière dans laquelle s'engage un prolongement de la duremère ; l'autre, externe, est l'aboutissant d'un sillon visible sur la face supérieure de la lame criblée, le sillon ethmoidal, qui succède en arrière au conduil ethmoïdal antérieur (V. Endocràne, base).
Lame perpendiculaire. — Elle forme, au-dessus de la lame horizontale, V apophyse crista galli ; la partie située au-dessous porte le nom de lame perpendiculaire j^raprement dite, et elle contribue à former la cloison des fosses nasales.
L'apophyse crista galli, lame triangulaire, verticale, commence vers le bord postérieur de l'ethmo'ide par une crête qui se renfle et s'élève peu à peu jusqu'au sommet dirigé en avant et en haut. Immédiatement au-dessous du som-