PARIÉTAL
Le pariétal (parios, paroi) est un os plat, de figure f|uadrilatère, fortement bombé vers l'extérieur; réuni sur la ligne médiane avec son homonyme de l'autre côté par une suture sagittale, il forme avec lui une partie notable, nu [leu plus du tiers, de la voûte crânienne.
Le pariétal o lire à étudier deux farc^, (jiKitre borih c\ ijiiaire ((inilcu.
Placer en dedans la face conca\e de l'os, et tourner en bas et en avant l'angle d'i)ù rayonnent sur cette face des sillons vasculaires.
Face exocrânieune [exlcme) est divisée en deux parties par une ligne nu mieux par une bande osseuse Cdmprise entre deux lignes courbes à concavité inférieure, les lignes temporales, supérieure inférieure. Ces lignes sont plus marquées vers le bord antérieur de l'os que vers le bord postérieur (B).
Au-dessus de la hande temporale, la surface pariétale, lisse, mate, criblée de trous très fins, répond à l'aponévrose épicrànienne; au-dessous l'aspect change, et la face est striée par des lignes radiées que laisse l'insertion du muscle temporal. Vers le tiers postérieur de cette portion, on trouve, dans la moitié des cas environ, un sillon qui descend vers le bord inférieur de l'os pour se continuer
OSTÉOLOGIE
avec un sillon plus nettement tracé sur le tiers postérieur de l'écaillé du temporal : il répond au passage de Vartère temporale profonde postérieure.
La face exocrànienne offre une convexité transversale très prononcée; dans le sens antéro-poslérieur, la convexité est beaucoup moindre. Le sommet de cette voussure forme la hosse pariétale; celle-ci n'est point située tout à fait au centre de la face externe ; placée à égale distance du bord antérieur et du bord postérieur, elle se rapproche un peu plus du bord inférieur de l'os. Très saillante
Trou pariétal
Dnsse pariétalt
Ligne courbe sup.
Lif/tie cfjiirhe i'if
l^ig. 381.— Pariétal, face exocrànienne.
sur les crânes de fœtus et d'enfants, elle est souvent peu prononcée et difficile à reconnaître sur les crânes d'adultes (C).
On trouve encore sur cette face vers le tiers postérieur du bord supérieur un trou, trou pariétal, orifice d'un canal qui traverse l'os obliquement d'avant en arrière pour aller déboucher sur les bords de la gouttière sagittale ; il donne passage â une artériole et à une veine.
Face endocrânienne. — Cette face concave présente des empreintes cérébrales, plus rnar((uées dans sa moitié inférieure que dans sa moitié supérieure : elle est parcourue par deux systèmes de sillons vasculaires, qui logent les branches de l'artère méningée moyenne. Le système antérieur rayonne le plus souvent d'une gouttière unique qui occupe l'angle antéro-inférieur de l'os; ses branches, sinueuses et raniitiées, se dirigent en haut et en arrière, sillonnant l)lus de la moitié antérieure du pariétal : les antérieures montent presque directement en haut, les postérieures se dirigent obliquement en arrière et en haut;
os DU CRANE
— le système postérieur, plus simple, naît du bord inférieur de l'os ; les gouttières qui le composent, moins profondes et moins larges, se dirigent obliquement en arrière et en haut. — Le fond de ces gouttières artérielles est Iisse,régulier et n'offre point d'orifices.
Parallèlement à la gouttière qui loge la branche antérieure (grosse branche) de l'artère méningée moyenne, chemine une gouttière plus large, moins régulière, dont le fond est criblé de fins orifices ; elle répond au sinus sphéno-par'iétal de Brescliet ; celte gouttière s'éloigne de la gouttière artérielle en haut pour se rendre par un trajet bifurqué à des excavations qui logeai les granulations pacchioniennes,en bas pour s'engager sous la petite aile du sphénoïde, et s'abouchei" avec la veine ophthalmiquedans le sinus caverneux; chemin faisant
/)'. su/).
B. aniér
le sinus reçoit des veines diploïques qui émergent des orifices dont sa paroi osseuse est criblée (E).
La face endocrânienne du pariétal présente vers son centre une fosse, la fosse pariétale, de limites indécises, répondant à la hosse pariétale. Tout près et le long du bord supérieur de l'os, surtout vers la partie postérieure, on peut voiries traces d'une large gouttière, que la réunion des deux pariétaux achève, lagrottftière sagittale; continue en avant avec la gouttière frontale, en arrière avec la gouttière de l'occipital, cette gouttière loge le sinus longitudinal supérieur. Çà et là, le long de ce bord, apparaissent les excavations plus ou moins j)rofondes qui répondent aux granulations de Pacchioni. — Vers l'anglepostéro-inférieur,
OSTÉOLOGIE
011 trouve encore une porlioii de la gouttière que nous avons déjà étudiôe sur la lace endocrànienne de roccipital et qui loge le sinus latéral.
Bor^S. — Le bord supérieur (sagittal), épais, montre lesdentelures par lesquelles les pariétaux s'articulent entre eux. Dans le point de ce bord qui répond au trou pariétal, les dentelures sont moins saillantes, la suture sagittale tend à devenir rectiligne sur une longueur de trois on quatre centimètres : c'est Vohélion (Broca, Welcker) (F).
Le bord inférieur (teniporo-sphénoïdal), plus court, très mince, presque tranchant, décrit unecourbe dont la concavité est tournée en bas et en avant; taillé en biseau très oblique aux dépens de la face exocrânienne de Tos, il est uni en avant et sur une très petite étendue à la grande aile du sphénoïde, et, dans le reste de son trajet, à l'écaillé du temporal.
Les bords antérieur (fvonlal) el posté)-ieur (occipital) naissent à angle droit du bord sagittal et se portent en dehors et en bas en convergeant légèrement. L'antérieur, dentelé sur toute sa longueur, s'amincit vers son quart inférieur, et recouvre par son biseau interne le biseau externe que présente la portion correspondante du frontal ; dans le reste de son étendue, au contraire, il est recouvei't par le biseau interne du frontal. — Le postérieur, pourvu de dentelures plus longues et plus grosses que les autres, s'articule par engrenage avec les bords latéraux de l'écaillé occipitale.
Angles. — Ils sont au nombre de quatre. L'angle antéro-supérieur est droit; il fonue en s'unissant au pariétal du côté opposé et au frontal, le bre5f)wa,point de rencontredes trois os. — L'angle antéro-inférieur, tranchant, s'unit à la grande aile du sphénoïde sur une largeur qui varie de quelques millimètres à deux centimètres, il forme la branche horizontale de Fensemble des sutures . décrit sous le nom de ptérion. Très rarement, cet angle n'arrive pas au contact de l'aile sphénoïdale, dont il reste séparé par un prolongement du temporal ou par un os w^ormien. L'angle postéro-supérieur, légèrement obtus, s'articule avec le pafriétal opposé et le bord supérieur de l'écaillé occipitale ; la ligne de suture des trois os affecte la forme d'un X, d'où le nom de sutîire lambdoide. — L'angle poste'ro-in/érieftr, épais, tronqué, souvent concave, s'articule avec la portion mastoïdienne du temporal.
Ossification. — Le pariétal présente un seul point d'ossification, qui apparaît vers le quarante-cinquième jour de la vie inlra-utérino dans l'épaisseur du crâne membraneux, là où sera plus tard la bosse pariétale ; comme l'écaillé temporale et la partie supérieure lie l'écaillé occipitale, le pariétal s'ossifie sans passer par l'état cartilagineux. Do ce centre d'ossification les fibres osseuses rayonnent en deux couches dans tous les sens :1a couche profonde formera plus tard la table interne de l'os, l'autre superficielle deviendra la table externe du pariétal. '
Le pariétal présente pendant longtcnqis une forme circulaire, d'où il résulte entre lui et les os voisins l'existence d'espaces membraneux (fontanelles), qui ne disparaissent quetardivement alors que l'ossification du pariétal est parachevée et qu'il a pris sa forme quadrilatère définitive.
Les trous pariétaux sont des fentes réservées entre les lamelles osseuses allant des bosses pariétales vers l'angle postéro-supérieur.
Architecture. — Séparées par une couche assez épaisse de diploë dans les deux tiers supérieurs de l'os, les deux tables compactes ne sont plus séparées dans le tiers inférieur que par des ilôts iBréguliors de tissu spongieux; aussi à ce niveau le pariétal est-il le plus souvent transparent. Dos canaux veineux parcourent le diploë et se continuent avec ceux des os voisins.
os DU CRANE
Connexions et insertions musculaires — Le pariélal s'articule avec cinq os du cri'uii'. !e IVoiilal, le pariétal ilu ciMé opposé. ruccipilai, le leiiiporal et le sphénoïde. 11 donne insertion au muscle temporal.
Varia. — A. — Tarin, Scemmoring, Grubei'. nul vu le jtariétal divisé^ par une suture plus ou moins oblique en deu.v moitiés supérieure et infërieui'e.
M. — J'ai fait remarquer ailleurs (in To}W(jraphle crrinio-enrép]tali(pii' ). que la bande osseuse interposée entre les deux lignes temporales était sillonnée de lignes parallèles qui marquaient, sans doute, les étapes de retrait du muscle temporal, en \ oie d'atrophie dans nos races civilisées comme l'ensemble do l'aiiparcil masticateur.
C. — J'ai vu assez souvent des sillons vasculaires se concenlrer \ ers la bosse pariétale, où l'on trouve parfois un véritable aqueduc nourricier dirigé en bas et en avant.
1). — Le trou pariélal manque quelquefois : il peut s'éloigner à deux et même à trois centimètres de la ligne sagittale. La largeur du trou pariétal est très variable: il est souvent très petit. Wrany (in Ilenle) a ^ u au musée de Prague quatre voiites crâniennes avec des trous pariétaux énormes. Quelquefois ils contiennent seulement l'artère : la veine passe alors par un orifice impair et médian situé dans la suture sagittale. Dans d'autres cas, l'artériolc très développée trace un sillon endocrànien qui va s'anastomoser avec les sillons postérieurs de la méningée moyenne. — Sur les crânes à large trou pariétal, la suture pariétale est oblitérée au niveau et au delà du trou.
E. — Dans un certain nombre de cas, le sinw! xpliéno-purii-lal esl logé, sur une étciKhu^ plus ou moins grande, dans l'épaisseur du diploè, et l'on ]h?uI alors le ciuisiilérer comme une veine diploïque teinpoi'ale.
F. — Souvent, près du bord supérieur et ijaralleleuieni a lui, existe une saillie qui. avec une saillie correspondante du pariétal opposé, forme une dépression plus ou moins profonde dans laquelle se trouve la suture sagittale (lîarkow).