DÉVELOPPEMENT GÉNÉRAL DU SQUELETTE
Développement morphologique. — Le squelette doit être considéré, ce termeétant pris dans son acce]ition la ])lus générale, comme un appareil destiné à supporter les autres et à les unir entre eux. Ainsi compris, il devrait renfermer non seulement les parties dures, f|ui forment la charpente du corps et représentent un appareil de sonlien, mais encore les parties molles qui s'interposent entre les divers organes et constituent un appareil conjonclif. Au sens analomique habituel du mot, le squelette n'est cejiendant que le premier de ces appareils ; aussi l'apjnireil conjonclif est-il décrit d'une façon plus ou moins indépendante du squelette, morcelé en autant de descriptions qu'il y a d'organes unis par lui.
Toutefois la fusion des deux appareils existe, et très intime, dans les picinié-
OSTÉOLOGIE
res périodes du développement. L'un et l'autre, en effet, dérivent en commun de cet organe primordial embryonnaire, dont il a été question dans l'introduction embryologique sous le nom de mésenchyme. Deux restrictions doivent être apportées, il est vrai, à la proposition précédente : l'une relative à la destinée du mésenchyme, l'autre à l'origine des appareils squelettique et conjonctif. En premier lieu, le mésenchyme n'est pas employé dans sa totalité à fournir des organes de sustentation et de connexion ; il donnera encore des muscles et surtout du sang et des vaisseaux. En second lieu, chez les vertébrés supérieurs, le squelette et l'appareil conjonctif dérivent essentiellement, sinon exclusivement, de ce mésenchyme que nous avons distingué comme mésenchijme secondaire, dont une partie devient conjonctive, tandis que l'autre se transforme en squelette.
Le mésenchyme squelettogène, le seul dont il sera question ici, a lui-même pour squelette, pour tige directrice, un organe, la corde dorsale, dont nous connaissons le développement. C'est un organe caractéristique des vertébrés, ne manquant à aucun d'eux, et constituant même, chez les plus inférieurs ou même les plus dégradés d'entre eux, chez l'amphioxus par exemple, le plus important ou le seul organe squelettique.
A cet effet, la corde dorsale, étendue depuis l'orifice buccal jusqu'à l'extrémité
caudale de l'embryon, subit un certain nombre de modificalions structurales. Elle s'entoure d'un étui solide, la cuticule de la corde ou étui cordai (fig. 59, e) . Ses cellules se vacuolisent; leur noyau avec ce qui reste du protoplasma est repoussé à la ])ériphérie de la cellule, et, en s'accolant au protoplasma et au noyau des cellules voisines, donne naissance à une sorte de tissu étoilé et réticulé très particulier, le tissu cordai (t). Les cellules les Fig- SO. plus périphériques cependant ne subissent pas
Coupe transversale de la corde cette transformation, mais se rangent à la façon dorsale chez un embryon de épithélium, Vépithélinm cordai (e»), à la
poisson (demi-schematique). . ' , • i
f, étui de la corde, —ep, épithé- ^'^^^ interne de l'étui de la corde. Cet état persiste corde''^ ~ ''ssu de la (oute la vie chez l'amphioxus; mais, chez tous
les autres vertébrés, la corde dorsale subit ensuite une atrophie de plus en plus complète.
Quant au mésenchyme squelettogène, étant une partie du mésenchyme secondaire, il est un produit de végétation du mésoderme. 11 y a d'ailleurs deux lieux de formation principaux de ce mésenchyme : l'un est pour le squelette axial, c'est-à-dire la colonne vertébrale et le crâne ; l'autre pour le scjuelette appendiculaire, c'est-à-dire pour les membres.
La formation du squelette axial se fait, chez des vertébrés inférieurs tels que les sélaciens, par une invagination typique du mésoderme et spécialement de la région du mésomère (1). On voit en effet, au niveau de cette région, le feuillet viscéral du mésoderme former un repli, une invagination (fig. 60, se), dont les cellules constituantes se désagrégeront ensuite, prendront les caractères
(I) Pour comprendre les descriptions qui suivent, le lecteur est prié de se mettre bien à l'esprit les dispositions du mésoderme décrites dans l'introduction emljryologique.