‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 2 sur 199 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

ture à la fonction qu'ils accomplissent, en d'autres termes que la fonclion fait l'organe, ils ont cherché à éviter la vieille formule , «cet organe est fait pour cette fonction, ceci est là pour cela » , formule que l'on retrouve à chaque page de tous les livres d'anatomie, même les plus récents. La réforme est d'importance : il se trouve par surcroit qu'elle est riche de conséquences, car si Ton veut remplacer le « pour» traditionnel, on est obligé de chercher le «parce que ». — On le trouve quelquefois.

L'anatomie comparée et l'embrj^ologie expliquent l'anatomie normale et l'anatomie anormale de l'homme : d'où la nécessité absolue de recourir à ces sciences. Les auteurs l'ont fait dans la mesure indispensable sans perdre de vue le but principal de l'œuvre : exposer et faire comprendre à des médecins l'anatomie de l'homme. •

L'anatomie humaine est l'étude de l'homme au repos : le cadavre, toujours plus ou moins déformé, n'est qu'un moyen, une nécessité, pour s'élever à la compréhension de l'être vivant : il faut donc, en écrivant l'anatomie, restituer la forme, animer le cadavre.

Les maîtres de tout temps ont insisté sur cette vérité, banale à l'heure actuelle : l'anatomie est la base principale de toute médecine ; il faut ajouter, et de loule philosophie. L'anatomie de dissection, la plus intelligible et la plus applicable parce qu'elle est à l'échelle de nos sens, doit surtout être familière au médecin. Quoi qu'on fasse, pour concevoir et établir la science de guérir, il faut l'étude du corps humain : c'est la machine que nous avonsmission d'entretenir et de réparer. La médecine n'est point chose contemplative ; elle est de son essence agissante et bienfaitrice.

Tj'Ostéologie est la base de riiistruction anatomique indispensable tant au médecin qu'au chirurgien. De toutes les parties de l'anatomie il n^en est pas de plus importante ; je crois bien qu'il n'en est pas qui présente plus de difficultés. Kn revanche, la connaissance précise de l'ostéologie facilite étrangement la com-

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liréhensiuii de toutes les autres parties : qui sait bieu ses os a déjà p(esf|ue appris muscles et articulations.

Pénétré de cette vérité, par une pratique déjà longue de renseignement, j'ai accordé à ce livre du traité une grande im|)ortance. I.es dessins ont été multipliés dans une proportion inusitée jusqu'à ce jour. De ces planches, la très grande majorité est originale : elles ont été dessinées dans mon laboratoire par des artistes do ni l'éloge n'es t plu s ;i fa ire : je remercie particulièiement M. ivlouard Cuver, qui a bien voulu me donner tout le temps que lui laissaient ses travaux. M. (.euba nous a ap|)orté un niticours pr'éoieux dont je lui suis reconnaissant.

F^es planches di>stinées à ligurer les insertions musi ulaires ont été l'objet d'une attention particulière ; je dois prévenir que tous ces dessins représenteni un type moyen, établi api'ès que chaque insertion eût été contrôlée un giand nombre de fois. Trouvant (jue les lignes ponctuées, employées jusqu'à ce jour sont peu distinctes et difficiles à suivre, je les ai rem|)lacées par des plaques rouges, dans lesquelles une teinte plus foncée marque l'insertion des parties tendineuses. Deux de mes élèves, .^[lAl. Friteau et .luvara, externes des hôpitaux, ont été pour moi, dans cette partie de la besogne, de véritables collaborateurs. Ils m'ont encore été d'un grand secours poui' l'étude des os anormaux dont j'ai pu réunir, grâce à M. Tramond, une très riche collection , depuis que je suis chef des travaux anatomiques à la Faculté de médecine.

Il ne m'appartient pas déjuger ici des dessins qui sont ce que j'ai voulu qu'ils fussent ; mais je tiens à constater qu'ils ont été reproduits avec la plus par lailc exarliliidc par d'habiles pbol ogra vcii rs, MiM. Rougernn, Vigneiot el C"'.

Paul Poiiîier.

INTRODUCTION

l'ar .MAXOUVniKIJ

'rofessciir ii l'F.colc (rAiithi'opiilogie.

DÉFINITION, POSITION ET DIVISIONS DK I/ANAToMII':

L' Anatomie (de àvarjuvctv, coiiimt, (lissérjuef) a poiir ohjel i'éliido slaliqiic des èlres oigaiiisés.

Avant de commencer l'étude d'une science, il est très utile d'en avoir une vue d'ensemble pour se rendre compte de sa position par rapport aux autres connaissances liumaines, de son élendue, de ses relations avec les sciences voisines, de sa portée |jhilosophique et pratique.

Méconnaître l'ulililé d'idées générales concernant les rapjiorls des sciences entre elles, ce serait agir comme un ex|)lorateur rpii se canton nerai t dans l'étude d'un pays sans vouloir se préoccupei' de la sitiialion do ce pays, de ses rapfiorls géogra])hiques et cosmographi(jues ; ce serait s'ex|)0ser à ne pas voir, à ne pas comprendre les faits les plus visibles, les plus intelligibles et les |)lus importants. Le défaut de vues générales peut être un obstacle même à rinvestigation des menus faits, à l'analyse aussi bien qu'à la synthèse. Il peut eniraver de toutes façons les progrès d'une science. C'est en grande partie ce défaut qui a fait considérer VAncttomie Immaine couime étant à peu près achevée, alors (|u'elle en est encore à sa jiériode de début; c'est lui aussi qui a fait regarder les varialions infinies du corps humain comme des détails sans iniporlance ou des «jeux de la Nature », alors que leur connaissance est au contraire du ])lus haut inlérèt au point de vue de la science pure aussi bien qu'au point de vue des applications pratiques; c'est enfin ce défaut qui a fait classer l'anatomie humaine parmi les « sciences accessoires » (!), dans le programme des études médicales, alors qu'elle doit y figurer au contraii'e comme la science fondauionlale, sans la connaissance approfondie de laquelle il ne peut |dus y avoir aujourd'hui de médecin digne du titre de docteur.

Pour se faire une idée bien nette de la position de l'Analomie et de ses deux princijjales divisions, il faut l'envisager dans la classification nalurelle des sciences.

Il existe deux séries de sciences qui se complètent mutuellement et qui ne sont l'œuvre d'aucun classificaleur, car elles se sont formées, on peut le dire, spontanément, en vertu de la double façon dont la nature se présente à l'esprit

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