‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 35 sur 199 · OMO P LATE · texte numérisé non relu

OMO P LATE

L'oiiioplale est un os plal, fort nùwce {schuUerhlatl , fe^tiUr de répdule des anatdiiiistes allpiiiaiids) ; de foi'iue Iriangulaire, il présente deffx /"«ces, li'ois bords et trois angles. Appliqué de chaque coté, sur la partie postéro-supérieure du thorax, Fomoplate répond p»ar son bord supérieur au premier es])ace intercostal et descend par son anyle inférieur ou pointe jusqu'à la septième côte, quelquefois même au delà.

Placer en avant la face concave, en bas l'angle le plus aigu, en dehors le bord le plus c''pais. celui qui se termine par une fac''tte articulaire concave et ovalaire.

Face antérieure (</ior«cii:y!(e). — Appliquée sur laçage thoracique, elle est conca\e transversalement, et surtout de haut en bas, d'où son nom de fosse sous-scapidalre : elle ne regarde pas directement en avant, mais en avant et en dedans. A l'union du quai'l supérieur avec les trois quarts inférieurs, la concavité devient une dé|»ression angulaire, transversalement dirigée ; cette dépression répond à la base de l'épine de l'omoplate (voyez face postérieure) ; on dii'aitque la mince feuille osseuse a été soulevée par les muscles puissants qui s'insèrent sur l'épine. La partie de la face antéi'ieure située au-deêsus de cette dépression est plane ou convexe : la partie située au-dessous est concave et présente trois ou quatre crêtes osseuses, qui montent obliquement tlu bord interne vers le bord et l'angle externes de l'os : ce sont les crêtes d'insertion de lames tendineuses logées dans l'épaisseu r du muscle sous-scapulaire qui s'insère sur presque toute l'étendue de celte face.

La face antérieure est limitée en dehors par une saillie longitudinale, d'ordinaire mousse et arrondie, et, au delàde cette saillie, parunegouttièredemême direction et de même étendue. .le décris ces j)arties (saillie et gouttière) avec la face thoracique de l'omoplate, parce qu'elles donnent insertion au muscle sousscapulaire, comme toute cette face de l'os ; mais je notecjue la saillie longitudinale répond à cette portion très épaissie de romo|)lale, qui forme le bord externe, corps, colomie on 2iUicr de l'ouioplale (voyez bord externe). — En dedans, la face thoracique est limitée par le boi'd spinal : aux deux extrémités de ce bord, on trouve deux surfaces, triangulaires, d'étendue et de longueur vaiiables, répondant aux angles supérieur et inférieur de l'omoplate; ces surfaces, limitées par une ligne courbe qui circonscrit la fosse sous-scapulaire, donnent insertion à des faisceaux du grand dentelé. Un sillon très fin, souvent interrompu et assez difficile à voir, unit les deux surfaces, en suivant le bord spinal de l'omoplate ; il marque le lieu d'insertion des faisceaux moyens du grand dentelé.

128 OSTÉOLOGIE

Face postérieure {domale). — Celle face regarde en arrière, en dehors, et légèrement en haut. Elle est divisée en deux portions par une lame osseuse, épine de l'omoplate, qui s'en détache transversalement, à la jonction du quart supérieur avec les trois quarts inférieurs. La portion supérieure de la face dorsale forme avec la face supérieure de l'épine une large gouttière, plus étroite et plus profonde en dehors qu'en dedans ; c'est la fosse sus-épineuse qui loge

le muscle de même nom. La portion située au-dessous de l'épine forme, avec la face inférieure de celle-ci, une fosse plus étendue et moins profonde, la fosse sous-épineuse, d'où naît le muscle sous-épineux. Cette fosse, convexe dans sa partie moyenne, devient concave au-dessous de l'épine; en dehors elle est creusée d'une gouttière large et profonde, parallèle au bord axillaire. Assez sou-

os DE L'ÉPAULE

vent on y voit desci't'tes ni^^iieuses ; moins marquées que celles de la face thoraciqiie, ces crêtes montent obliquement vers l'angle externe : elles répondent ;i l'insertion de lames tendineuses du muscle sous-épineux.

Vers le bord externe ouaxillaire de l'omoplate, la face postérieure de l'os présente une gouttière parallèle à ce bord; la lèvre externe de cette gouttière est formée [)ar une crête qui isole de la fosse sous-épineuse une surface étroite en haut, plus large en bas, et descendant de l'angle externe vers l'angle inférieur

de l'os, tout le long du bord axillaire. Sur celle surface, une crête oblique liinilo netlemenl deux champs: l'un inférieur, large et quadrangulaire, donne insertion au grand rond ; l'autre supérieur, plus étroit, souvent creusé en gouttière, reçoit l'inserl ion du petit rond : ce dernier est d'ordinaire traversé par un sillon vasculaire plus ou moins marqué (branche de Tarière scapulaire

OSTIÎOLOGIE

inférieure). Assez souvent la surface d'insertion du grand rond s'élargit, devient quadrangulaire et fait alors saillie sur le bord axillaire de l'os, formant l'épine du grand rond. Comme la saillie et le sillon qui limitent eu dehors la face thoracique, la bande étroite et plane qui limite eu dehors la face postérieure est parfois décrite avec le bord axillaire de l'os.

L'éjà ne de l'omoplate est une apophyse volumineuse, aplatie de haut en

. Apo. curacoide

KiiT. lis. — Omnplalo, face postérieure.

bas, implantée par sa base sur toute la largeur de la face postérieure de l'os, elle s'élève graduellement du bord interne vers le bord externe, en se portant en dehors, en haut et en avant. Parvenue au niveau de l'angle externe, ou glénoïdien, cette large lame osseuse subit une sorte de torsion et d'inflexion au delà de laquelle elle s'élargit et prend le nom d'acromion. Par le fait de celte

os DP. L'KI'AULR

loisidii, r(''[»iiir el racioniidii se trouvent lu iciilrs dans deux plans |»or|)('udi\ulaires l'un à l'autre.

L'épine ijropreiiient dite est triangulaire ; sa face supérieure répond à la fosse sus-épineuse ; sa face inférieure contribue à former la fosse sous-épineuse; son bord antérieur (base du triangle) adbére au corps de l'os ;son bord externe,

Tiapàzf /liceps (I. /j )

lUioinhoiHe

Fil,'. 1)9. — niiidpl.-ilc, fiirp |in~l,i'Tii'iii'f', iiiscrliims nmsciilairc.-^.

I MNcave el arrondi, se cnnlinue en delioi's avec la face ])rofonde de l'acroniinn. I.e bord postérieur sous-cutané est sinueux, légèronient convexe, éjiais el rugueu.x ; il commence prés du bord spinal par une surface triangulaire sur laquelle glisse l'aponévrose du trapèze ; au delà il se rétrécit un peu, puis se renfle brusi(ucineii t en gros tubercule rugueux sur lequel ]u-ennent inserlinu

OSTEOLOniE

de nombreux faisceaux du trapèze ; on peut appeler ce tubercule le tubercule du trapèze. Plus en dehors, le bord postérieur devient une crête en dos d'àne, dont le versant supérieur donne insertion au trapèze, et le versant inférieur au

Apo coracnïde Sonunet

J'^osse si/s-é/tineuse

Acromion

Angle

Fig. 120. — Omoplate, vue d'en haut.

Pel. pect- Coi .-brach. biceps (c. /) )

Lig. acro-cor.

lÀg. cor.-clav.

ti.C

Sus-epineii.v Trapèze Biceps (l. p.) Deltoïde

Fig. 121. — Omoplato, vue (l'on haut, insertions musculaii'es et ligaïuenleuscs.

deltoïde ; tout à fait en dehors, le bord postérieur s'élargit et devient la face su périeure ou superficielle de l'acromion. J'ai déjà rlit que la face inférieure fprn

os DE L'EPAULE

fonde) de l'acromion pouvait aussi être considérée comme résultant de Télargissementdu bord externe de l'épine.

\j'acromion présente : une face supérieure convexe, rugueuse, criblée de trous vasculaires, et répondant à la peau ; — une face inférieure, lisse, concave, en rapport avec l'articulation de l'épaule. — Le bord externe, convexe, se continue en arrière avec le versant delloïdien de l'épine : sa rencontre avec ce versant se fait suivant un angle droit, très saillant, l'angle de Vacro- )nio)i ;ce bord est entaillé par des encoches qui répondent h l'inserlion des faisceaux moyens si puissants du muscle deltoïde. — Le bord interne continue le versa)it trapézien de l'épine ; sur la moitié antérieure de ce bord est une facette ju ticulaire, de forme ovalaire, qui regarde en haut et en dedans et ré|)ondà la facette inversement dirigée de la clavicule. — Le sommet de l'acromion, ou angle de rencontre des deux bords, est dirigé en avant ; épais et rugueux, il donne attache au deltoïde supérieurement, et au ligament acromio-cnracoïdien inféi'ieurement.

Bord supérieur (cervical). — Court, mince, tranchant, il donne insertion dans sa partie moyenne au muscle omo-hyoïdien , et présente une échancrui'e, V échancrure coracoïdienne ou sus-scapulaire, qui le sépare d'une apophyse longue et recouibée, l'apophyse coracoïde. \ l'état frais un ligament convei tit cette échancrure en un trou ostéo-fihreux par lequel passent le nerf sus-scapulaire et de grosses veines ; au-dessus du ligament passent les vaisseaux sus-scapulaires, artèreet veines (B).

Bord interne (sphtal). — Plus épais en haut et en bas (ju'à sa |)artie moyenne, où il est presque tranchant, le bord interne n'est point rectiligne : il présente à l'union de son quart supérieur avec ses trois quarts inférieurs ui: angle obtus qui répond à la racine de l'épine. A partir de cet angle, le bord spinal descend en s'inclinant légèrement en dehors de telle sorte que l'angle inférieur de l'omoplate est plus éloigné d(> la ligne médiane que l'angle supérieuret interne {<".). (^e bord (îoniie attache au-dessus de l'épine ;i l'angulaire et (Hi |)etit rhomboïde, au-dessous de l'épine au grand rhomboïde.

Bord externe (axillaire). — Très obliquement dirigé en haut et en dehors, ce bord est formé en réalité, comme les deux autres, par une mince crête sépare la gouttière et la saillie longitudinales, décrites avec la face antérieure, de la surface ou bande d'insertion des muscles grand et petit rond décrite avec la face postérieure. Cette crête, fort mince, s'élai'git à sa pai'tie supérieure en une surface rugueuse, tria.n^^u\tùve, empreinle soiis-glé)widie7uie, ipii donne insertion au tendon de l.i longue portion du trice|)s(!)).

Angles. — L'an^/é' .SHpt'cieu/' est ordinairement un angle droit, à sommet arnmdi ; il donne inserli(Mi aux faisceaux supérieurs du muscle angulaire.

\.'a)tgle inférieur est aigu, à sommet arrondi ; parfois il donne insertion à un faisceau surnuméraire du grand dorsal ; il répond à la septième côte, ou au septième espace intercostal .

\,'angle externe ou anlérirur est représenté par une facette concave, la cauife gfie'noïde, jtar laquelle l'omoplate entre en contact articulaire avec la tête de l'humérus. C'est la partie la plus épaisse de l'os ; soutenue par la colonne osseuse que nous avons signalée tout le long du bord axillaire, la cavité

OSTÉOLOGIE

glénoïde, ovalaire à grosse extrémité inférieure, regarde en avuiil, en dehors et en haut (R): son contour osseux présente, dans sa partie antéro-supérieure, une échancrure peu profonde. On peut voir, immédiatement au-dessus de la cavité glénoïde, Tempreinte du tendon bicipital {empreinte sus-rjlénoidienne). Au pôle opposé, au-dessous de la cavité glénoïde, se trouvent les rugosités résultant de l'insertion de la longue portion du triceps.

I^a cavité glénoïde est reliée au reste de l'omo])late par une partie légèrement

Acromion

Apo. coracoide

Bord axitlaire

Fii;. 12^. — Omoplate, hoi'ii i:'xtpriu'.

rétrécie qui porte le nom de col de l'omoplate. Elle est surmontée par une apoph\'se, V apophyse coracoide.

IJapophyse coracoide se détache de l'extrémité externe du bord supérieur de l'omoplate ; elle se dirige d'aborden haut eten avant (portion verticale), puis s'infléchit et se porte horizontalement en dehors (portion horizontale),

os UE L'ÉPAULE 13o

irrondissaiil sa courbe au-devant de la cavité glénoïde. Winslow a comparé 3ette apophyse au petit doigt légèrement fléchi : je préfère cetle comparaison i celle qui a baptisé la même apophyse (coracoïde, de xopxH, corbeau, v.^oç, ;brme). [.es faces de l'apophyse coracoïde, dans sa portion verticale, conti-

Fig. 123. — < )irio|)latc. lioi'd extern(\ insertions niiisculairos.

nueut le plan des faces de l'omoplate ; après que l'apophyse s'est lecourbée pour devenir horizontale, les faces changent de direction. On doit alors décrire à l'apophyse une face supérieure, inclinée en dedans, répondant à la clavicule, c'est la face clavicidaire ; une face inférieure, incurvée en dehors vei's la tète humérale, c'est la face haniéralc. — Le bord supérieur et externe ])evit être dit bord acromial, tandis que le bord inférieur et interne doit jirendre le nom de bord ilioracïque (F).

OSTÉOLOGIE

La face humérale est lisse et concave; vers la base de l'apophyse, elle prend l'aspect d'une large gouttière osseuse, dans laquelle glisse le muscle sous-scapulaire. — La face claviculaire est rugueuse dans sa moitié postérieure, où elle est recouverte par la clavicule et présente les rugosités d'insertion des ligaments Irapézoïde et conoïde qui l'attachent à cet os; dans sa moitié antérieure qui déborde la clavicule et. devient sensible par la palpation, elle est lisse. — Le bord tlioracique reçoit en avant l'insertion du petit pectoral. — Le bord acromial donne insertion au ligament acromio-coracoïdien. — Le sommet, taillé en dos d'âne, présente deux facettes sur lesquelles s'insèrent le coraco-brachial et la courte portion du biceps (G).

Ossification. — L'omoplate présente onze points d'ossification : deux primitifs, neuf complémentaires ou accessoires. — -Les deux points primitifs déjà réunis au deuxième mois de la vie intra-utérine forment la plus grande partie du corps de l'os, une portion de l'apophyse coracoïde, l'épine et une partie de l'acromion.

Les neuf points complémentaires se répartissent ainsi : coracoïdiens (trois), sous-coracoïdien (un), glénoïdien (un), acromial (deux), marginal ou basilaire (un), angulaire (un).

Des trois points coracoïdiens, le principal répond au corps de l'apophyse coracoïde : l'autre à la partie postérieure de sa base : le troisième, qui forme le sommet de l'apophyse, coilfe en dehors le point principal.

— Le pointsous-coracoïdien apparaît dans le cartilage qui sépare le point primitif du point coracoïdien principal. Il répond au tiers supérieur de la cavité glénoïde.

— Le point glénoïdien forme une lame mince à son centre, épaisse de trois millimètres vers ses bords qui « rappelle par sa forme les plaques épiphysaires des corps vertébraux » (Rambaud et Renault). Les points acromiaux apparaissent l'un à la base, l'autre au sommet de cette apophyse. Ces deux points constitués par la réunion de plusieurs traînées osseuses forment toute la partie externe de la saillie acromiale. — Le point basilaire ou marginal est formé par la réunion de plusieurs noyaux dont le principal et le plus précoce est placé au niveau de la base de l'épine de l'omoplate. — Le point angulaire occupe l'angle inférieur.

Les points primitifsapparaissent seuls durant la vie intra-utérine (du 40e au oOe jour). Les points complémentaires apparaissent tous après la naissance, de telle sorte que l'omoplate du nouveau- né est encore cartilagineuse dans une grande partie de son étendue : une lame cartilagineuse longe le bord axillaire; le col, la cavité glénoïde et l'apophyse coracoïde forment un cartilage commun: l'acromion est encore complètement cartilagineux.

L'apparition des points d'ossification complémentaires débute vers le quinzième ou le dix-huitième mois après la naissance par le point coracoï(iien principal. Après une longue période d'arrêt, la formation des points accessoires reprend ; vers l'âge de quatorze à quinze ans ou voit apparaître le point coracoïdien accessoire, bientôt suivi des autres : le dernier qui apparaît est le point marginal (vingt ans).

La soudure des points complémentaires au point primitif débute vers l'âge de quatorze à quinze ans par celle du point coracoïdien principal, pour se terminer vers la vingtdeuxième ou vingt-quatrième année par la soudure du point marginal : ce point marginal est donc celui qui apparaît le dernier et aussi celui qui se soude le dernier au corps de l'os.

Rambaud et Renault ont insisté sur l'analogie complète établie entre l'ossification de la cavité glénoïde et de la cavité cotyloïde de l'os iliaque par l'apparition du point sous-

Fig. iL'i.

Omoplate, ossification.

os UIL L'ÉPAULE

cofncuïdieït . Vers onze ans, trois pièces osseuses concourenl à l'orniei' la .surl'ace glénoi- (lionne : 1° une partie dépcinlant (lu corps de l'os; 2o une portion de l'apophyse coracoïdc eu dedans ; .H" l'os intercalaire ou sous-coracoïdien A ce moment la cavité glénoide a la l'orme d'un angle largement ouvert en dedans; elle

est recouverte de cartilage. Plus tard, l'apparition ""'wJX"^' d'une plaque osseuse, la plaque glénoïdienne, vient lui donner sa forme définitive. En somme cinq points osseux concourent à la formation de la cavité gléno'ide, les deux points primitifs, le point sous-coracoïdien, le point coracoïdien principal et le point glénoïdien qui vient s'appliquer sur les points sous-jacents et transformer en surface régulière et concave la saillie irrégulière et convexe qu'ils forment par leur réunion.

L'acromion peut rester sépan'' île l'épine et constiluer Vos acromial ^Galien. Rambaud et Renault, Iluge, Gruber, Ludwig, Poirier).

Fig. 124 bis. — Omoplate, cavitt glénoïde, ossification.

Architecture. — L'omoplate est formé par une lame assez mince de tissu compact dans toute l'étendue des fosses sus et sous épineuses; il n'est pas très rare de rencontrer dans la fosse sous-épineuse des points où l'amincissement de cette feuille osseuse

est allé jusqu'à la perforation (H). Le long du bord spinal et au niveau de l'insertion de

l'épine de l'omoplate, une couche de tissu spongieux s'interpo.se aux lamelles de tissu compact ; tout le long du borrl axillaire, au niveau de l'angle glénoïdien et dans l'épaisseur de l'apophyse coracoïde, on rencontre une couche épaisse de tissu spongieux. Enfin le bord libre de l'épine et l'acromion présentent également une couche notable de tissu spongieux. Dans le bord axillaire, les lanjelles principales du tissu spongieiix sont fortes et dirigées parallèlement à ce bord; dans l'angle glénoïdien, sous la cavité glénoïde, les lamelles sont disposées comme si elles irradiaient d'un centre placé vers la tête humérale; la lame de tissu compact est épaisse tout le long du bord axillaire et dans cette partie de la fosse sous-épineuse qui répond au fond de la cavité glénoïde; la l'aison de cette architecture doit être éviih'miiient chei-chée dans les pressions transmises par riiuméi'us a la cavité glénoïde et au btu'd axillaire de l'omoplate, colonne île soutien de cette cavité.

Conduits nourriciers. — On trouve toujours sur le pourtour osseux de la cavité glénoïde des canaux assez gros donnant passage à des veines. Presque toujour.s aussi on rencontre sur la face postérieure de l'os deux ou trois orifices, plus grands que les précédents ; ils sont situés au-dessous de l'épine, quelquefois au-dessus, à la base de cette apophyse. 11 n'est pas rare de voir le sillon vasculaire que j'ai signalé sur le bord externe de l'omoplate, aboutir à l'un de ces trous : il suffit d'étudier une vingtaine d'omoplates pour en trouver deux ou trois qui présentent cette disposition : en raison de ces observations, j'ai tendance à qualifier ces trous de trous noin-riciers de l'omoplate: ils sont souvent les orifices d'un véritable canal osseux qui passe sous la base de ré|iiue. allant de la fosse sous-épineuse à la fosse sus- ('pineuse.

Kig. 12o. — Omoplate, architecture du bord externe et (le la cavité arlénoïde.

Connexions. — L'omoplate s'articule avec l'humérus par son angle supéro-externe, avec la clavicule par la pctile facette ([uc porte le bord interne de l'acromion.

OSTEOLOGIE

Insertions musculaires. —

Face antérieure. — Sous-scapulaire.

Face postérieure. — Sus-épineux; sous-épineux; grand et petit ronil.s. Bord interne — Grand dentelé; rhomboïde; angulaire. Bord externe. — Triceps; biceps.

Bord supérieur . — Omo-hyoïdien.

Epine et acromion. — Trapèze; deltoïde.

Apophyse coracoïde. — Petit pectoral; biceps: coraco-brachial. Varia. —

B. — Parfois l'échancrure coracoïdienne est translbriuée en trou par une lamelle osseuse : j'observe celte disposition trois fois sur soixante omoplates. Il est beaucoup plus fréquent d'observer l'absence de l'échancrure : sur les soixante omoplates qui ont servi à ma description, l'échancrure manquait neuf fois.

G — Lorsque le bras est pendant le long du corps, le bord interne de l'omoplate est sen.siblement parallèle à la ligne des apophyses épineuses; il se tient à trois travers de doigt environ de celte ligne : mais il s'éloigne ou se rapproche d'elle suivant les mouvements du membre Ihoracique, auquel il offre un point d'appui mobile.

D. — Celle façon de concevoir le bord externe n'est point admise par tous ; la plupart des auteurs décrivent le bord externe de l'omoplate comme fort épais et formé d'une longue gouttière limitée on avant par la saillie longitudinale de la fosse sous-scapulaire, et en arrière par une crête fort mince. Si cette conception est moins juste au point do vue anatomique, puisque la saillie et la gouttière appartiennent bien à la fosse sous-scapulaire et donnent insertion au muscle sous-scapulaire, elle est défendable au point de vue physiologique. En effet, si l'on étudie l'os par transparence, on voit que toute la partie répondant au bord externe est fort épaisse et forme une véritable colonne osseuse surmontée par la cavité articulaire, chapiteau de celle colonne.

E. — Vers le centre de la cavité glénoïde, on rencontre parfois une très légère saillie osseuse : ce tubercule glénoïdien n'a ni l'importance, ni la signification qu'on lui a attribuées ; à regarder de près, il n'existe pas. Voici ce qui est : en étudiant attentivement la cavité glénoïde, on peut voir que son quart inférieur est plus creusé que les trois quai'ls supérieurs, celte excavation en forme de croissant, à concavité supérieure, i-épond à l'insertion du fibro-cartilage articulaire; son union avec la partie supérieure, vérilablemenl cartilagineuse, de la cavité glénoïde, est marquée par une légère saillie ou rebord, que quelques analomistes ont isolée sous le nom de tubercule glénoïdien en lui attribuant une signification qu'elle n'a pas. Ge n'est autre chose que la ligne de rencontre de deux parties, situées sur des plans différents, et différenciées plus encore à l'état frais par leur revêtement. Sur deux omoplates de ma collection, la séparation entre ces deux parties de la cavité glénoïde est complète; la cavité, comme brisée, est décomposée en deux plans : un supérieur de direction verticale, un inférieur regardant obliquement en haut et en dehors.

F. — Je ne crois pas me tromper en pensant que celte manière de dénommer les faces et les bords de la coracoïde d'après les parties avec lesquelles ils entrent en rapport, est logique et aide la mémoire; pour le lecteur qui n'a pas toujours en main une omoplate, elle permet de mieux orienter l'apophyse coracoïde qu'il imagine. Ces dénominations sont en outre plus simples que celles de supéro interne, d'inféro-externe que l'on donnait aux faces, dénominations au milieu desquelles la mémoire la plus sûre s'égarait sans cesse.

G. — Rennel vient de publier un cas de séparation de l'apophyse coracoïde (Dublin, journ. of. med. se, 1888, p. 07-!l!1).

H. — Je possède, dans ma collection, des omoplates réduites à l'état de dentelle osseuse dans toute l'étendue do la fosse sous-épineuse ; ces os appartenaient pour la plupart à des sujets très âgés; l'atrophie sénile de l'omoplate conduit donc très fréquemment à la perforation de l'os.

Indices de l'omoplate. — P. Broca a donné le nom d'indice scapulnire au rappoi t centésimal de la largeur do l'omoplate à sa longueur, et d'indice sous-épineux au rapport centésimal de la longueur de la fosse sous-épineuse à la largeur de l'omoplate. Ges indic(!s ont été étudiés, après Broca, par Flower, Garson et Livon. Voici quelques chiffres indiquant leurs grandes variations moyennes :

Hommes européens — nègres

Page 1