OS DE LA SECONDE RANGÉE
Ce sont de dehors en dedans : le trapèze, le trajH'zoïde, \e grand os et l'os crochu.
TRAPÈZE. — Intermédiaire au scapho'ide etau premier métacarpien, le trapèze est de forme cuboïde.
OSTEOLOGIE
Placer en bas la face articulaire conformée en selle, en avant la face rugueuse crCMiséc d'une gouttière, et on dehors la lèvre saillante de cette gouttière.
Le trapèze présente : une face supérieure par laquelle il s'articule avec le scaphoïde ; — une face inférieure, concave transversalement, convexe d'avant en ^rrière (en forme de selle) par lariuelle le trapèze s'articule avec le premier métacarpien; — une face intente, articulaire, par laquelle il entre en contact avec le trapézoïde et le deuxième métacarpien ; ces deux facettes sont séparées par unecrête, l'inférieure est très petite; — une face externe, rugueuse et criblée de trous, qui donne attache à des ligaments et à un faisceau du court abducteurdu pouce. — La. face antérieure présente une apophyse très saillante, recourbée vers l'axe de la gouttière carpienne dont elle forme la lèvre externe: ceslï'apophyse du trapèze, sur la face interne de laquelle descend verticalement
Pisiforme Pyramidal ^erni- lunaire Scaphoïde
Os crochu Grand us Trapézoïde Trapèze
Fis- lO.'i. — Os du carpe, vue postérieure.
une gouttière profonde dans laquelle j)asse le tendon du grand palmaire. — La face postérieure, rugueuse et criblée de trous, présente deux petits tubercules qui donnent attache à des faisceaux ligamenteux unissant leirapèzeau premier métacarpien.
trapézoïde. — Cuboïde, enclavé comme un coin entre les quatre os voisins, il s'articule par quatre facettes avec le scaphoïde en haut, le deuxième métacarpien en bas, le trapèze en dehors, le grand os en dedans.
Placer en arrière la face rugueuse la plus large, en bas la face articulaire divisée en deux par une crête mousse, en dehors la face qui présente une surface articulaire convexe.
La facette par laquelle le trapézoïde s'articule avec le deuxième métacarpien, configurée en selle, est reçue dans la fourche de cet os.
Les deux autres faces, la dorsale et la palmaire, sont rugueuses et d'étendue
lis [)K 1,A MAIN
variable : la dorsale est beaucoup plus large que la palmaire ; celle-ci donne attache à quelques faisceaux de l'adducteur.
GRAND os. — C'est le plus volumineux des os du carpe ; de forme cuboïde, il est allongé de haut en bas et légèrement aplati de dehors en dedans.
l'InciT en liant son f'\h-iMiiil(' arronilii' pii lurnu^ de trio, on ni-riore In face rntrueuse In pins large, en deilnns la l'ace qni i)i'ésente nnc l'arrlte articulaire plane ou très légéremoMt, (Mincavc.
11 présente à sa partie supérieure une portion arrondie ou lèle, séparée du reste de l'os ou corps, parunepartie rétrécie, le col. — La tèic, aplatie laléralenu^nt, allongén d'avant en arriére, est reçue dans la cavité articulaire que forment la face internedu scaj)hoïde et la face inférieure du semi-lunaire. — La /aee externe s'articule avec le trapézoïde. — La face interne, articulaire en arrière, où elle répond à l'os crochu, est rugueuse en avant où elle donne insertion à des ligaments interosseux (|ui la rattachent au même os. — La /ace Inférieure présente trois facettes articulaires contiguës, séparées par descrèles plusou moins marquées pour les deuxième, troisième et quatrième métacarpiens: la facette moyenne (troisième métacarpien) est large et quadrangulaire ; la facette externe est étroite et longue ; la facette interne loute petite, triangulaire, située sur la face dorsale, répond à l'apophyse du grand os (voir face postérieure). — La face «nferJeure (palmaire), creusée en haut d'une déiiression transversale qui répond au col de l'os, présente dans le reste de son étendue un gros tubercule, rugueux, allongé verticalement. — Sur la face postérieure, plus large, l'étranglement répondant au col est moins marqué : au-tles^ous, cette face est rugueuse, criblée de trous ; elle descend plus bas vers le (jiiatrième métacarpien ; ce prolongement de la face postérieure a recule nom à'apopliijse du grand os.
OS CROCHU. — Il a la forme d'un prisme triangulaire.
IMacer en bas la surface articulaire en forme de selle, en avant, la foi tc apopli\ se ipjc pi cscnt'' l'une des faces, et on dedans la concavité do cette apophyse.
La face externe, située dans un |>Ian vertical, s'articule avec le grand os; — la face inter)ie, qui descend obliquement vers le petit doigt, s'articule par une baïule étroite avec le semi-lunaire, et par ses trois quarts inférieurs avec le pyramidal, la face inférieure, articulaire en forme de selle, entre en rapport avec le quatrième et le cinfiuième métacarpiens. — Les faces dorsale et ^JrtZinaire représentent les bases du prisme : la première est rugueuse ; de la face |)almaire se détache une aj)ophyse recourbée en forme de crochet, Vapophijse î(nci/'o/'))ie. .\platie transversalement, cette saillie répond par sa face externe àla gouttière carpienne ; sa face interne et son bord inférieur sont creusés d'une goutlière au niveau de laquelle se réfléchit l'artère cubitale profonde ('cubito-j)almaire).
Nous voyons en résumé : 1° que les os des deux rangées carpiennes, articulés entre eux par des facettes planes, sont étroitement unis; — 2° que les deux rangées s'articulent l'une avec l'autre et qu'ellesprésenlent pour cette articulation deux surfaces inversemeiil conformées : trois facettes, appartenant au scapho'i'de,
OSTÉOLOGIE
au semi-lunaire et au pyramidal (première rangée) se réunissent el forment une cavité dans laquelle vient se loger un condyle volumineux formé par le grand os et l'os crochu ; — d'autre part et inversement, la surface articulaire convexe du scaphoide (première rangée) est reçue dans une cavité peu profonde, creusée sur la surface supérieure du trapèze et du trapézoïde (deuxième rangée).
Ossification. — Chacun des os du carpe présente un seul point d'ossification apparaissant après la- naissance. I^our le grand os et l'os crochu, le point d'ossiflcation apparaît dans la première année. Les points d'ossilication des autres os carpiens apparaissent dans l'ordre suivant : pyramidal (deu.xans et demi à trois ans) ; — semi-lunaire (quatre à cinq ans) ; — trapèze (cinq ans) ; — scaphoide (cinq ans et demil ; — trapézoïde (six ans): pisiforme (huit à dix ans). Rambaud et Renault décrivent deux peins d'ossilication pourle scaphoide, et un point complémentaire pour l'apophyse unciforme de l'os crochu (V lig. 175).
Tous ces points affectent une l'orme arrondie jusqu'au moment où leurs lacettes s'étendent pour prendre leur forme définitive.
Architecture. — Ce sont des os courts, formés d'une masse de tissu spongieux enveloppée d'une mince coque compacte : les travées principales du tissu spongieux sont parallèles à l'axe du membre supérieur. Ils sont très vasculaires ; de nombreux orifices percent leur surface. Leur structure est particulièrement favorableà l'évolution du processus tuberculeux.
'Varia. — Persistance de l'os central du carpe. — On rencontre parfois, sur la face dorsale du carpe, au point de réunion du scaphoide, du trapézoïde et du grand os, un nodule osseux pyramidal, mesui-ant de 4 à 5 millimètres île largeur au niveau de sa base; tantôt il estfixé par des liens fibreux aux autres os, tantôt il est articulé avec le scaplioïde. Cette anomalie est des plus intéressantes ; elle rapproche la main de l'homme de la luain typique et fournit un appoint sérieux à la doctrine de l'évolution. En effet l'os central qui se rencontre d'une faç^-on à peu près constante dans la classe des mammifères, semble faire défaut chez l'homme, le gorille et le chimpanzé. Ce n'est là qu'une apparence, car l'os central se retrouve si l'on vient à examiner des carpes envoie de développement, dans la première moitié du deuxième mois, comme l'ont démontré les reclierchesde Henke (1874), de Rosemberg (1 876) et celles plus récentes de Leboucq (Arch. de Biologie, de Van Beneden et Van Bambeke, 1884, page 38). J'emprunte à cet excellent travail les détails suivants, avec bibliographie complète.
A la findu troisième mois de la vie fœtale, l'os central n'existe plus comme partie distincte.
Rosemberg avait expliqué cette disparition du central carpien par atrophie: Ilenke, Reyer et Leboucq ont démontré qu'il ne disparait pas par atrophie, mais qu'il se soude avec le radial du carpe pour former le scaphoide. Leboucqa cherché et trouvé les vestiges do cette soudure sur le scaphoide complètement développé. Si l'on examine une série de scaphoides d'adultes, on remarque une assez grande diversité déformes : les uns présentent une encoche dorsale plus ou moins profonde et paraissent étranglés enleur milieu (c'est laformeen biscuilde Grùber 70 0/0) ; les autres montrent un bord dorsal rectiligno et prennent un aspect plus massif (forme parallélogramiuique de Gruber, 30 0/0). Grûber met cette forme parallélogrammique en rapport avec la soudure du central ; ce sont des scaphoides échancrés, dont l'angle s'est effacé par suite de l'addition de l'os central ; parfois, on retrouve la face de cette soudure sous forme de sillon ou de fissure, Sur d'autres scaphoides on trouve à la place de l'angle rentrant un tubercule saillant : ce tubercule occupe la place du central qu'il représente, et sa soudure avec le corps de l'os est plus ou moins complète. Leboucq conclut que dans la ?naJorilé des cas, on peut retrouver les vestiges du central ; sa soudure se fait de
os DE LA MAIN
la paume vers le dos de la main. Los cas de persistance de l'os central sont rares : depuis 1868, époque à laquelle W. Grubor a sitcnalù et étuiiié le premier cas de central persistant, jusqu'au 17 avril 1 88n. le savant professeur fie Saint-Pétersbourg a étudié 5292 carpes et n'a trouvé que 22 cas d'os central persistant; depuis cette daie. Friedlovvsky, Vincent (sur un arabe), Turner, Ruge, Leboucq ont apporté de nouveaux cas.
Griiber a encore décrit des cas de persistance du deuxième central, et Albreclita pu compter jusqu'à 3 centraux.
Avant les travaux de Gcgenbaiir, on prenait comme type ]Minr la diHeruiination des parlies constituantes du carpe, la disposition de ces parties clicz Tboniine : alors l'os central, presque constant ciiez les uiainmirères, était considéré comme une production surnuméraire, résultantdu partagedu trapiizoïde ou dugranil os(Guvieri, ou du scaphoïde (iMeckel, 0\^en de Blainville, etc.). Gegenhaùr (Carpus and Tarsus, 1864, Gliedmaassenskelet der Enaliosaurier, 1870) montra l'importance do cet os. un des éléments de la main typique.
Ed. Cuyer (sur un os surnuméraire du carpe humain. Bull, de la Soc. tr.\nthrop. ,1 887, pages 303-3061 a trouvé un ox surnuméraire sur la face externe du trapèze ; cet os s'articulait aussi avec le premier métacarpien. L'auteur regarde cet os comme un métacarpien rudimenlaire qui no se serait pas soudé avec la première phalange du pouce (le premier métacarpien classique). Le nondire do ces pièces osseuses surnuméraires peut devenir considérable ; Gruber en a compti' jusqu'à onze (Gruber, Bull, de l'Acad. imp. de Saint- Pctersbourg, 1870, p. 435).
Signification morphologique du pisiforme. — On a longtemps considéré le pisiforme comme un os sésamoïde. Les recherches de Leboucq (loc. cit.i ont prouvé que le nodule cartilagineux du pisiforme était dilTérencié et formé à côté des autres éléments fin carpe sur la main de fœtus de lâmii 1 /2, alors que les muscles n'étaient pas encore différenciés à l'état d'organes distincts : le nodule cartilagineux , formé avant l'apparition du tendon cubital antérieur, ne peut <ionc être considéré comme un sésamoide développé dans ce tendon. Ces recherches sont venues confirmer les vues générales de Gegenbaûr |loc. cit.) qui avait antérieurement montré que le pisiforme devait être compté « parmi les éléments du carpe, et considéré comme l'homologue d'un rayon, fortement réduit, île la nageoire primitive ».