CARACTÈRES PROPRES A CHACUN DES MÉTACARPIENS
Premier métacarpien. — IMaci:^^!! l)as l'extrétniti' en l'oimo de li'tc, en deliors le bord Ir plus mince du rnrps de l'os. et. I.oiu'ner en niTière et en dehors la plus laryo des faees.
Le cor/js, |)lus court et |ilus volumineux que tous les autres, est aussi plus
Courl /!éc/i. l' i"
Ki^;. 17(1. — Squelette de la main, l'ace antérieure, in-ei'tinn.- musculaires.
aplati d'avant en arrière ; il n'est point placé dans le même plan transversal que les autres, mais sur un plan antérieur ; sa face dorsale ou postérieure,
OSTÉOLOGIE
large, ne regarde pas directement en arrière, mais en dehors lorsque le membre est en supination, car, dans l'attitude normale, elle regarde directement en avant ; ses faces latérales sont franchement palmaires.
L'extrémité supérieure porte une surface articulaire, de contour ovalarre, convexe d'avant en arrière, concave de dehors en dedans, véritable emellureh laquelle la surface articulaire du trapèze, inversement conformée, s'adapte parfaitement ; elle ne porte point de facettes articulaires latérales.
Fig 171. — Squelette delà main, vue postérieure, insertions musculaires.
\j extrémité inférieure ou tête, confoi-mée sur le type général des têtes métacarpiennes, ne présente point l'aplatissement latéral de celles-ci : c'est une tête carrée.
En résumé, par sa configuration, le premier métacarpien participe à la fois
os DE LA MAIN
lies iiiélacarpiens et des phalanges : nous verrons plus loin que son dévclopprment le rapproche plus des phalanges que des métacarpiens.
Deuxième métacarpien. — Placer en haut l'evlrémité qui présente une surlace arlijulairo eoncave. en dedans la face latérale de celte e.xtréniiti' qui présenlo une facette irticulaire. en avant la concavité du corps de l'os.
Le deiixiènip iné(acar|)ien est le j)lus long de (eus (A). Son extréniifé supérieure, très large, bitubcrculeuse et foitrcJiuc, reçoit dans sa concavilé le tra- |)ézoïde, et s'articule encore avec le trapèze et le grand os ;elle n'a point de 'acette articulaire externe ; la facétie articulaire interne, ]»ar la(|iielle elle s'arliculo avec le troisième métacarpien, estohlongue et rétrécie en son milieu. Le luhercule externe porte sur sa face postérieure l'empreinte large du premier radial. La face antérieure de rextrémilé carpienne présente l'insertion du tenlon princij)al du grand palmaire.
Troisième métacarpien. — Placer en liant son cxtréinité en forme de coin, en ai'rière en dehors la ferle apo])liyse qu'elle présente.
Un peu moins long que le précédent, il est un peu plus gros. L'exl)'enrilr iupërieiire, aplatie transversalement, s'articule avec le grand os, et présente îurscs faces latérales deux facettes articulaires pour le deuxième et le quatrième métacarpiens : la surface d'articulation avec le quatrième est dédoublée en leux facettes. L'angle postéro-externe de cette extrémité s'élève en une apophyse pyramidale, Vapoplryse styloïde/a laquelle s'insère le deuxième radial externe B). Sur sa face antérieure, l'extrémité supérieure donne insertion au tendon iccessoire du grand palmaire.
Quatrième métacarpien. — Placer en avant la concaviti' du corps île l'os, en liaul extrémité carrée, en dehors l'empreinte rugueuse que présenti' la face supérieure de cette extrémité.
Son corps est le plus grêle de tous les corps métacarpiens. — L'exlrèmilé nipcricure, carrée, sans tubercule, présente une facette carpienne qui n'enre en contact avec l'os crochu que par sa moitié interne ; dans sa moitié externe ille donne attache à des ligaments. Elle est pourvue de deux facettes articuaires latérales pour le troisième et le cinquième métacarpiens ; celle du troi- ■;ième est dédoublée.
Cinquième métacarpien. — Placer en haut l'cxlrémité la plus aplatie, en dehors la l'acelte aiiiculaire lati-rale qu'elle présente, en avant la concavité du corps de l'os.
L'exlré)n\lé sirpérieure, aplatie d'avant en arrière, porte une facette carpienne pour l'os crochu, et une seule facette articulaire latérale pour le quatrième métacarpien; elle est pourvue à sa partie interne d'un tubercule très saillant pour l'insertion du cubital postérieur.
Conduits nourriciers des métacarpiens. — Les conduits nourriciers se renconticnt sur les laces latérales ou palmaires des mélacai'piens. Pourlcsqualre derniers métacarpiens, ils sont situés sur la face radiale et dirigés de bas en haut. Celui du métacarpien du pouce est situé sur la face cubitale et dirigé de haut en bas. .^vec un peu d'habitude on retrouve facilement ces conduits nourriciers sur lesquels nos traités d'anatomie sont muets: je les ai étudiés sur un grand nombre de métacarpes ; il m'a paru que leur situation était à peu prés- constante: celui du médius est toujours le plus élmi''.
OSTÉOLOGIE
Tableau indiquant les caractères différentiels des cinq métacarpiens.
(Ces caractères sont presque exclusivemeat empruntés à l'extrémité supérieure) A.
Premier
Deuxième
Troisième
Quatrième
Cinquième
Extrémité supérieure . | Corps moins long, plu? \
Tète carrée.
Direction plus oblique.
Extrémité supérieure.
C'est le plus long.
Extrémité supérieure. ^
Extrémité supérieure. | Corps très grêle.
Extrémité supérieure. | Corps moins long et plus
Surface articulaire supérieure en selle pour le trapèze; point de facettes latérales.
olumineux, aplati d'avant en arrière: face postérieure large, regardant en dehors.
Large, bituberculeuse, fourchue ; trois facettes articulaires supérieures pour trapèze, trapézoïde et grand os ; une seule • facette articulaire latérale, interne, pour le 3"'^ rnétacarpien.
Aplatie transversalement, pointue, munie d'une apophyse styloïde; une seule facette articulaire supérieure pour le grand os : deux facettes latérales, l'interne étant dédoublée pour le 4* métacarpien.
Rugueuse, sans apophyse styloïde, avec facettes supérieures pour le grand os et l'os crochu, et deux facettes latérales, l'externe étant dédoublée pour le a° métacarpien.
Tuberculeuse; une facette articulaire supérieure pour l'os crochu, et une seule facette latérale externe pour le 4" métacarpien.
gros que celui du 4''.
Ossification. — Les métacarpiens présentent tous un point primitif et un point complémentaire. Le point primitif des quatre derniers métacarpiens produit le corps et l'extrémité supérieure de l'os; le point complémentaire répond à l'extrémité inférieure. Pour le premier métacarpien, le point primitif forme le corps et l'extrémité phalangienne, tandis que le point complémentaire forme l'extrémité carpienne. Cette dilTérence embryologique entre le premier et les quatre derniers métacarpiens n'est pas la seule : l'ordre d'apparition des points d'ossification diffère aussi. Tous apparaissent après la naissance; mais ceux des quatre derniers précèdent celui du premier ; ceux-là apparaissent dans la première moitié du troisième mois, celui-ci dans la deuxième moitié du même mois. Les points complémentaires des derniers métacarpiens apparaissent vers la cinquième et la sixième année, celui du premier vers la septième ou la huitième.
La soudure des points complémentaires au point primitif se fait pour tous les métacarpiens vers l'âge de seize à dix-huit ans.
Ces différences embryologiques entre le premier et les derniers métacarpiens ont donné naissance à une question encore discutée : le premier métacarpien, qui présente dans son développement (V. développement des phalanges) beaucoup d'analogie avec les phalanges, ne doit-il pas être considéré comme vme phalange?
Architecture. — L'architecture des métacarpiens est celle des os longs : un cylindre de tissu compact forme le corps creusé d'un canal médullaire. Les extrémités sont formées d'un tissu spongieux inclus dans une coque compacte.
Varia. — A. — D'après Braiine, le deuxième métacarpien est le plus long: viennent ensuite le troisième, le quatrième, le cinquième et le premier.
B. — H. Leboucq a particulièrement étudié les divers modes d'augmentation numérique du carpe humain (Ann. de la Soc. de médecine, Gand, 1884), et il a noté la tenflance marquée de Tapopfnjse styloïde du troisième métacarpien à se développer roynme
os DE LA MAIN
os disl/iic/. Lolioiicq est revenu sur le rnëmo sujet plus réceuiuient (Ann. de la Soc. de médecine de Gand, 1887). Cette anomalie n'est point très fréquente : Gniber en a observé dix-neuf cas sur 2859 mains. D'ordinaire l'apophyse styloïde, complètement détachée de la base du métacarpien, forme un os distinct, uni aux os voisins par des ligaments et des surfaces articulaires ; mais elle peut aussi se souder plus ou moins intimement aux os du car|)e eux-mêmes ; enfin, dans quelques cas, elle présente un dévelopjjement anormal. Leboucq s'est demandé si cette anomalie est explicable par quelque disposition normale chez l'homme à l'état fœtal : le résultat de ses recherches a ét(' négatif; sur tous les carpes fœtaux examinés, il a vu dans quarante et un cas l'apophyse styloïde adhérente au métacarpien sans vestige de séparation antérieure ; sur quatre seulement, elle se présentait comme nodule cartilagineux distinct du métacarpien : il croit pouvoir conclure qu'il n'y a pas à cet endroit, ni chez l'homme ni dans la série, d'élément distinct du carpe normalcinenl pré formé à l'état cartilagineux, il y voit cependant un cas particulier de la tendance à la réapparition d'éléments carpiens entre le carpo et les bases des métacarpiens. Lebouct| se rattaclio en somme à l'opinion déjà développée par Albrecht (honiodynamies entre la main et le pied des mammifères, Presse médicale belge, no i2, 1884), à savoir que la main primitive présenterait loir complication beaucoup plus grande que celle généralement reconnue à la main typii/uc. — ,J'ai rencontré un cas d'apophyse styloïde à l'étal d'os distinct; d'autre part, j'ai eu l'occasion d'observer trois ou quatre fois, clicz ries jeunes gens, des gonflements développés en ce point précis:je me demnndes'il n'y a pas quelque relation à établir entre ce symptôme et l'anomalie.