‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 59 sur 199 · PÉRONÉ · texte numérisé non relu

PÉRONÉ

<Js long, très grêle, situé en dehors et en arrière du tibia avec lequel il s'articule par ses deux extrémités, le péroné présenteun corps eldcu.x exlréinrlés.

Placer en bas l'extrémité aplatie, en dedans la facette articulaire qu'elle présente, et en arrière le bord de cette extrémité qui est creusé d'une gouttière.

CORPS. — Prismati(jue et triangulaire, le corps présente trois faces, qui, comme celles du tibia, doivent être distinguées en e.xterne, interne et postérieure, et trois bords interne, externe et antérieur : ce dernier est, comme sur le til)ia, le plus tranchant.

Le corps du péroné paraît fortement tordu sur son a.xe, mais cette torsion n'est qu'apparente : elle résultede l'apparition sur le tiers inférieurde laface e.xterne de l'os, d'unecrète oblique limitant la gouttière dans laquelle soni logés les tendons péroniei's.

Face externe. — C'eslla facedes muscles péroniers : arrondie dans sa partie la plusélevée qui répond au col de l'os contourné par le nerf si iatique ]i0|>lilé e.xterne, elle oiïre dans sa partie moyenne une gouttière longitudinale. Dans son tiers inférieur, elle devient convexe transversalement et est divisée par une crête oblique, très saillante, en deux parties : une partie antérieure, triangulaire à sommet supérieur, qui répond à la peau ; et une partie postérieure, lisse, en forme de gouttière spirale, qui loge les tendons des péroniers latéi'au.x.

Les deux muscles péroniers prennent insertion sur cette face, le long dans la moitié supérieure, le court dans la moitié inférieure (A).

Face interne. — Elle est divisée en deux hmidcs par une crête longitudinale qui marque l'attache de la membrane interosseuse. La bande antérieure appartient à la loge musculaire antérieure de la jambe et donne attache à l'extenseur commun des orteils, et àl'extenseur propredu gros orteil. La bande postérievrc, plus large, est excavée dans ses deux tiers supérieurs en une gouttière longitudinale très ])rofonde par l'insertion du jambier postérieur.

OSTÉOLOGIE

Face postérieure. - Convexe et rugueuse dans sa partie supérieure où elle donne attache au soléaire, la face postérieure s'élargit danssa partie nnoyenne où s'insère le fléchisseur propre du gros orteil. C'est vers le tiers moyen de cette

ligamenteuses.

face que se trouve le conduit nourricier dirigé, comme celui du tibia, de haut en bas.

Vers son tiers inférieur, le péroné s'aplatit de dedans en dehors, et il n'offre

SQUELETTE DE LA JAMBE

plus que deux faces, l'une interne, l'autre externe ; on peut dire (|u'ii ce niveau la face postérieure se fusionne avec la face interne.

Bords. — Le bord antérieur est mince et tranchant dans sa partie mo\ enne,

-Apopli. sti//.

- r affllf lihiale

- t'^arc i/itfrne

- Crète interne'

-Bnrcl inli'riie

■ Face piistér.

Hord e.rteriie

Hord antérieur

Flic, iixlragal.

Fis;. 230. — PiToné. face interne.

E.rt. coin, rie-:

orteilit

Ext. propre dv gros orteil

Soléoire

Jambier post .

Ft. propre du f/rof! orteit

Lig. pèr. aslr po^f('ric}ir

Fio^. 237. — Insertions niuseulaire>

où il donne insertion à une aponévrose qui sépare les muscles delà région jambière antérieure de ceux de la région externe ; dans son tiers supérieur, il s'incline vers la crête inlerosseuse et cesse d'être visible au niveau du col. Dans son tiers inférieur il est moins tranchant que dans la partie moyenne ; on peut

OSTÉOLOGIE

toutefois le suivre, continuant son trajet vertical pour aller se perdre sur le bor antérieurde la malléole externe (B).

Le bord externe mousse dans son tiers supérieur, est très saillant dans ses tiers inférieurs où il donne attache à la cloison intermusculaire externe. Vers l'extrémité inférieure de l'os, là où la face externe tend à devenir postérieure, ce bord suit le changement de direction de la face externe, et il vient former sur la partie postérieure de la malléole une crête tranchante, lèvre interne de la gouttière des péroniers.

Le bord interne apparaît seulement au niveau du tiers moyen du corps sous la forme d'une crête tranchante : il s'arrondit en descendant et cesse d'être perceptible à la jonction du tiers moyen et du tiers inférieur, lorsque la face postérieure se fusionne avec la face interne.

EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE. — L'extrémité supérieure ou tète du péroné est un renflement pyramidal à base supérieure ; sajonction avec le corps de l'os séfait par une partie rétrécie ou col. Sur la moitié interne de la base de la pyramide, on trouve une facette articulaire, légèrement concave, regardant en haut et en dedans, qui s'articule avec la facette que nous avons décrite sur la tubérosité externe du tibia. En dehors de cette surface, le contour de la tête présente une facette d'insertion en forme de croissant à concavité supérieure; la corne postérieure de ce croissant s'élève en une saillie prononcée, qui a reçu le nom d'apophyse stylo'ide du péroné. Cette apophyse reçoit l'insertion du faisceau principal du tendon du biceps ; les autres faisceaux s'attachent sur le reste du croissantet particulièrement à sa corne antérieure. Dans laconcavitédu croissant vient s'attacher le ligament latéral externe du genou, entouré parle tendon bicipital. — Sous la corne antérieure sont des rugosités résultant de l'insertion du long péronier latéral. — Sous la corne postérieure ou apophyse styloïde,on trouve d'autres rugosités produites par l'insertion de quelques faisceaux du soléaire(C).

EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE. — L'cx trém lté i nférieu re, de forme lancéolée, aplatie de dehors en dedans, constitue la malléole externe ou péronière, plus longue, plus épaisse et plus effilée que la malléole interne ou tibiale.

Sa face interne est rugueuse et convexe dans sa moitié supérieure qui répond à la gouttière que nous avons décrite sur la face externe de l'extrémitéinférieure du tibia ; dans sa moitié inférieure, elle présente une facette articulaire, de forme triangulaire, à sommet inférieur, légèrement excavée dans sa partie moyenne ; cette facette s'articule avec celle que nous étudierons sur la face externe de l'astragale ; elle complète la mortaise tibio-péronière. Au-dessous et en arrière de la facette articulaire, on trouve une fossette ovoïde dont la partie inférieure montre l'empreinte du faisceau postérieur du ligament latéral externe de l'articulation tibio-tarsienne ; la partie supérieure de cette fossette, criblée de trous, loge ce ligament dans l'extension forcée du pied.

Le bord antérieur de la malléole, épais et rugueux, donne attache dans sa partie supérieure aux ligaments antérieurs de l'articulation péronéo-tibiale inférieure. Dans sa partie inférieure, dirigée obliquement en arrière et en dehors, il donne attache aux faisceaux antérieur et moyen de l'appareil ligamenteux externe de l'articulation tibio-tarsienne : les facettes d'insertion de ces liga-

SQUELETTE DE LA JAMBE

meiils sont généralement bien marquées et débordent sur la face externe de la malléole.

Le bord postérieur, très épais, est creusé d'une large gouttière verticale continuant la gouttière des péroniers dont nous avons vu l'origine sur la face externe de Tos.

La base de' la malléole se continue avec le corps de l'os sans rétrécissement notable. — Le sommet, dirigé en bas et en arrière, est mousse et ne donne point insertion , malgré l'affirmation unanime, au faisceau ligamenteux péronéo-calcanéen , qui s'insèi'e sur le bord antérieur de la malléole et se réiléchit sur le sommet de celle-ci.

Ossification. — Le ptironé so dévoloppe par trois points d'ossilicalion : un pr/mi//f el deux complémenta/res.

Le point primitif apparaît du trentième au quarantième jour do la vie intra-utèrine : il donne la totalité du corps de Los, la moitié environ de l'extrémité supérieure et une notable partie de l'extrémité inférieure. Des f/e(/.r points épiphijsaires, \q supérieur apparaît à l'âge do deux ans ; l'inférieur n'apparait que deux ans plus tard.

L'épipliyse inférieure se soude à la diaphyse de 18 à 19 ans : la supérieure de 19 à 22 ans.

Architecture. — Le corps do l'os est formé d'un prisme de tissu compact enfermant un canal médullaire ; il est à remarquer que ce canal s'étend plus vers l'extrémité supérieure que vers l'inférieure. — Les extrémités sont formées de tissu spongieux : dans la supérieure les travées principales sont verticales ; elles formentun tissu assez dense au-dessous de la facette articulaire ; au-dessous de la ligne épiphysaire, elles se superposent en arcades. Dans l'extrémité inférieure les travées, en majeure partie verticales, s'incurvent au niveau de la facette astragalienne sur laquelle elles s'implantent perpendiculairement: la couche compacte du prisme diaphysaire diminue progressivement pour se continuer avec la mince coque uialli'olairo.

Fii.

Connexions. — Le péroné est en bas avec le tibia etl'astragale.

articulé en haut avec le tibia.

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