ROTULE
La rotule, noyau osseux aplati d'arrière en avant, présente deuu; faces {antérieure et postérieure), deux bords, une base et un sommet.
Placer en bas l'extrémité pointue, en arrière la face cartilagineuse, et en dehors la plus large des facettes articulaires de cette face.
SQUELETTE DE LA JAMBE 223
La face, (ultérieure, convexe, triangulaire à base su|iérieure, présente des stries verticales répondant à la direction des fibres du tendon quadricipital qui
T l'iid. li II t/iia<l.
iiiterno
Facette moyenne
Facette externe
. s'avance plus ou moins sur cette face; au fond des sillons on trouve quelques orifices vasculaires (A).
La face postfh'ieure présente une large surface articulaire par laquelle la rotule entre en contact avec la trochlée fémorale. Celle partie articulaire, à grand axe transversal, légèrement concave de haut en bas, est divisée en deux versants ou facettes par une saillie mousse verticale qui répond au fond de la trochlée, tandis que les versants entrent en rapport avec les joues trochléennes. — La facette externe, plus grande et plus concave, s'applique à la joue externe plus large et plus saillante; la facette interne, plane ou convexe, olfre sur son bord interne un méplat accentué (troisième facette de quel(|uesautenrs), résultant du contact de celte jiartie de la rotule avec le bord du condyle, quand la rotule vieni pénétrer dans l'échancrure intercond}'iienne, comme il arrive dans l'exti'éme flexion. xVu-dessous de cette partie articulaire, la face postérieure, libre et criblée de Irons, réj)ond l't la synoviale arliculaire, et ne donne point insertion au ligament ro- Fig. 218. tulien, ([uoi qu'en disent tous les auteurs.
La hase, triangulaire à sommet postérieur, est inclinéeen bas et en avant vers la face antérieure avec laquelle elle se continue sans limites précises ; elle présente dans sa partii> antérieure la facette transversale d'insertion du lendon du
l^otule. Cuce postérieure
OSTEOLOGlli
quadriceps ; elle est légèrement striée dans sa pointe postérieure, recouverte seulement par la synoviale articulaire.
\ues bords, verticaux dans leur partie supérieure, convergent ensuite vers le
Base
Fig. 219. — Rotule, base.
'l'end, du quad.
Fi^. 220. - Insertions musculaires.
sommet de la rotule : ils reçoivent l'insertion de fibres tendineuses appartenant aux muscles vastes et aux ailerons rotuliens.
Le sommet, qui continue le plan de la face antérieure, donne attache au tendon rotulien ; cette insertion empiète de quelques millimètres sur la l'ace antérieure, et laisse libre, je le répète, la face postérieure.
Ossification. — La rotule présente un seul point d'ossification que l'on rencontre vers l'âge fie 3 ans, quelquefois plus tôt, dans l'épaisseur du noyau cartilagineux qui la représente jusqu'alors. Ce point central s'étend dans tous les sens, mais plus rapidement vers la face profonde du tendon quadricipital. Lorsqu'il a atteint son complet développement, il divise ce tendon en deux parties : la supérieure forme le tendon proprement dit ; l'inférieure constitue le ligament rotulien.
Architecture. — t^a conformation intérieure de cet os me parait mériter mieu-ï que la
très brève mention que lui accordent ceux qui en parlent. Depuis la suture osseuse, la rotule est devenue un o.s chirurgical : il importe donc que le chirurgien sache où il doit placer ses points de suture avec le plus de chance de les voir tenir. J'ai figuré cette structure dans les deux schémas ci-contre ; construits d'après vingt coupes, ils en résument les caractères.- On voit sur ces coupes que l'épaisseur maxima de la couche compacte répond à, la face antérieure de l'os où elle atteint une épaisseur de 2 à 4 mm. ; en arrière de cette couche, les travées verticales prédominent dans la moitié antérieure de l'os. La paroi postérieure est formée par une couche mince de tissu compact, un peu plus épaisse au niveau de la facette externe (grande facette) ; des travées implantées normalement sur cette paroi prédominent dans la moitié postérieure de l'os.
Je dois ajouter que cette structure présente d'assez grandes variétés suivant les individus et les âges ; la coque compacte diminue chez les sujets âgés ; sur certaines de mes coupes, elle est réduite à une mince lamelle. Gosselin et Berger ont donc eu raison de parler d'une fragilité spéciale de la rotule.
Connexions. — La rotule s'articule par sa face postérieure avec la trochlée fémorale.
Fig. 221. — Rotule, architecture, coupe horizontale schématique.
Fig. 222. — Rotule, architecture, coupe verticale schématique.
Insertions musculaires. —
c I uad r'i c e p s f é m o ral .
Sa base et ses côtés donnent insertion aux tendons du
SQUELETTE DE LA JA.MBE
Varia. — A. — La l'ace anLérieure répond à doux plans fibreux qui la séparent de la peau; le jeu de ces différentes couches a déterminé la formation de bourses séreuses, en général au nombre de trois, dites bourses séreuses prérotuliennes. (Voy. Art. du genou.)
Dans ma collection de rotules, je possèfle, avec deux fracture.s verticales consolidées par cal osseux^ une fracture transversale consolidée par un cal osseux très net. Toutefois cette consolidation existe seulement dans les 2/3 antérieurs des surfaces en contact ; en arrière, vers la face cartilagineuse, un sillon, haut de 3 mm., a persisté ; Pibrac eût perdu les cent louis d'or qu'il promettait à celui qui lui montrerait une fracture de la rotule consolidée par un cal osseux.
TÎBIA
Le tibia est un os long, volumineux, .situé à la partie antérieure et interne de la jambe, en dedans du péroné, entre le fémur qui repose sur son e.Ktrémité supérieure et. le pied auquel il transmet le poids du corps, ba direction étant verticale, il fait avec le fémur, oblique de haut en bas et de dehors en dedans, un angle obtus ouvert en dehors (A).
Le tibia offre à étudier un corps et deux extrémités.
Placer en avant le bord le plus tranchant du corps do l'os, en bas l'extrémité la moins volumineuse et en dedans la saillie qui prolonge cette extrémité.
CORPS. — Le corps, prismatique et triangulaire, a trois /"«ces et trois Ijords.
Face interne. — Plane, lisse, elle est facile à suivre sous la peau qui la recouvre immédiatement. Large dans sa partie supéi ieure où elle présente quelques rugosités en rapport avec l'insertion du ligament latéral interne de l'articulation du genou et des muscles dits de Ja patte d'oie, cette face serélrécitpeu à peu vers l'extrémité inférieure de l'os. Dans ses tiers supérieurs, elle regarde en dedans et en avant, tandis que, dans son tiers inférieur, elle est tournée en dedans, comme si l'os avait été tordu.
Face externe. — Elle est légèrement excavée dans son tiers supérieur par une gouttière longitudinale, plus ou moins profonde suivant le développement du musclejauibier antérieur qui y prend insertion ; dans son tiers inférieur, elle devient convexe, et, d'externe qu'elle était, elle dévie en avant suivant la direction des tendons extenseurs qui glissent sur elle. Dans sa partie inférieure, elle donne insertion à l'extenseur propre du gros orteil (B).
Face postérieure. — Large en haut, elle se rétrécit de haut en bas ; elle est parcourue, dans son tiers supérieur, par une ligne rugueuse, la ligne oblique, qui commence sur le bord interne de l'os, à la jonction du tiers supérieur etdes tiers inférieurs, et se porte en haut et en dehors jiour se terminer vers la parlie externe de l'extrémité supérieure du tibia. La ligne oblique répond surtout à l'insertion du soléaire dans ses deux tiers inférieurs, et à celle du jambier postérieur dans son tiers supérieur. Je ne puis décrire à cette ligne les deux lèvres et l'interstice qu'on lui donne généralement, bien qu'elle ne les ait pas. Elle divise la face postérieure du tibia eu deux parties inégales: une partie supérieure et interne, triangulaire, recouverte en grande partie par l'insertion du poplité; une partie inférieure et externe sur laquelle une crête longitudinale indi(|ue souvent la séparation entre les champs d'inserlion du jambier postérieur en dehors et du fléchisseur commun des orteils en dedans. C'est sur la
OSTÉOLOGIE
face postérieure, un peu en dehors de la ligne oblique, que l'on rencontre d'ordinaire le conduit nourricier ; très gros, il se dirige, de haut en bas, vers l'extrémité inférieure.
Tub. externe Epines, Tubér, interne Tens. du Vaste
Bords. — Le bord antérieur, très saillant, forme une véritable crête, la crête du tibia. Immédiatement placé sous la peau, il dessine une courbe en S italique très allongée ; sacourbureesten rapport avec le développement du muscle jambier
SQUELETTE DE LA JAMBE 227
antérieur. En haut il répond à la partie externe d'une éminence ovalaire, très prononcée, la tuhérositc antérieure du tibia; en bas, il dévie en dedans et s'efface.— Le bord externe, vxèia linéaire, donne attache à la membrane
f. lata
I^'ig. 225. — Tibia, l'ace externe. Fig. 226. — Insertions musoulaires.
interosseuse. — Le bordinterne, mousse et, arrondi dans sa partie supérieure, devient plus saillant et s'incline en avant dans sa moitié inférieure où il reçoit l'insertion de l'ajjonévrose jambière.
EXTRÉMITÉ SUPÉRIEURE (/'c'oio/'ale). — Elle est constituée par une sorte d'écrasement du (■or|)sde l'os, qui s'aplatit dans le sens transversal et se déjette
OSTÉOLOGIE
légèrement en arriére. L'extrémité supérieure du tibia comprend deux masses latérales, tubéro^ïtes oa condyles tibiaux, excavés supérieurement par con-
Fig. 227. — Tibia, face postérieure. Fig. 228. — Insertions musculaires.
tact articulaire avecles condyles fémoraux. Dans l'ensemble elleest pyramidale à base supérieure.
La haseou plateau tibial, de contourirrégulièrement ovalaire, présente deux surfaces articulaires, séparées par une bande rugueuse antéro-poslérieure. Les facettes articulaires, horizontales, très légèrement concaves, sont dites cavités glénoïdes du tibia. L'interne, ovalaire, est plus longue et plus concave que
SQUELETTE DE LA JAMBE
l'externe (jui présentesoii vent une con vexitéantéro-postérieure.Ces deux suif;! ces articulaires se relèvent en pointe vers la partie moijenne du plalecci tibud et forment ainsi ce qu'on appelle les «pijjes du tibia. Celles-ci, émuiences p>jramidales, articulaires par une de leurs faces, appai'tiennent bien à la surfcice
Plateau ecter . Epim-s Plateau inler. Ménisque ext. Liff. cr. p. iiil. Jleuisrjve iiil.
Afeiiiyqae ext. Ltij. croire Mènis//ur ml . nul. l'.rt.
Fig. i29. - Tibia, plateaux. Fig. 2:30. — Tibia, plateaux,
insertions ligamenteuses.
articulaire ; ce ne sont point du tout, comme on le dit à tort, des tubercules d'insertion. Ce relèvement des cavités glénoïdes augmente la concavité transversale des surfaces articulaires et par suite agrandit la surface de contact avec les condyles fémoraux convexes transversalement (C).
En avant et en arrière des épines, les cavités glénoïdes sont séi)arées par deux surfaces triangulaires, rugueuses ; l'antérieure est large et horizontale; la postérieure,plus petite, descend très obliquement vers laface postérieure de l'os entre les tubérosités tibiales qu'elle sépare par une large écbancrure. Les empi eintes d'attache des h'gameuls croisés sont nettement dessinées sur ccssurfaces qui donnent également insertion aux ligaments ou freins des ménisques articulaires.
La /'«ce rtnteriei(/'e montre une large surface triangulaire dont le sommet répond à la tiihérosité antérieure : cette surface est criblée de gros trous vasculaires. Sur la tubérosilé, une empreinte, très large, limitée en baul par une ligne oblique, montre le lieu d'insertion du tendon rotulien. — Cette face antérieure, dont la base répond au plateau libial, est limitée par deux bords curvilignes, saillants, résultant d'une sorte de bifurcation de la crête tibiale ;la partie moyenne de ces bords, plus saillante, reçoit l'insertion de bandes aponévrotiques très fortes ; l'externe est renflée en un tubercule, parfois très marqué, que l'on appelle tuhercxde de Gerdy, ou tubercule du jamhier antérieur, dénomination mil jusiihée par l'insertion de quelques faisceaux de ce muscle à la face inférieure du tubercule, dont l'existence est surtout liée à l'insertion de l'aponévrose fémorale (tenseur du faseia lata).
Les faces latérales sont essentiellement formées par les tubérosités du tibia, supportant les cavités glénoïdes ; leur contour arrondi présenleune hauteur de deux centimètres environ, c'est la margo i)\fraglcno'idalis. L'interneoiTre à sa partie postérieure une large rugosité due à l'insertion du tendon directdu demi-inembraneux, et utie gouttière horizontale qui loge le tendon ré-
OSTÉOLOGIE
fléchi de ce muscle. — La tubérosité externe présente à sa partie postéro-externe une facette articulaire, de contour ovalaire, inclinée en bas, en arrière et en dehors par laquelle le tibia s'articule.avec le péroné. La face ipostérieure , triangulaire, profondément excavée, répond au muscle poplité.
EXTRÉMITÉ INFÉRIEURE. — EUeest beaucoup moins volumineuseque l'extrémité supérieure : élargie, comme celle-ci, dans le sens transversal, elle présente quatre faces et une hase articulaire. Son axe transversal n'est point dans un plan exactement trçmsversal ; son extrémité externe est portée en arrière : c'est en raison de cette direction de la mortaise que le pied se porte en dehors.
La face antérieure, convexe et lisse, fait suite à la face externe de l'os élargie et déviée en avant. — La, facepostérieure, continuant la face postérieure du tibia, présente deux gouttières : l'une, interne, répondant au jambierpostérieur ; l'autre, externe, peu marquée, répondant au tendon du fléchisseur propre du gros orteil ; on voit quelquefois, entre ces deux gouttières, une troisième gouttière peu profonde qui loge le tendon du long fléchisseur commun des orteils. — La face externe, ou péronière, est constituée par unelarge gouttière verticale dans laquelle vient se loger la partie inférieure du péroné : les bords de cette gouttière sont très saillants et donnent attache aux ligaments de l'articulation péronéo-tibiale inférieure. — Enfin la face interne, qui continue la face interne de l'os, se prolonge en bas en une apophyse épaisse, aplatie de dedans en dehors, la malléole interne.
La base, articulaire, offre une large surface quadrilatère lisse, légèrement renflée vers sa partie moyenne, qui répond à la gorge antéro-postérieure de la poulie astragalienne.
La malléole interne répond par sa face interne à la peau, sous laquelle sa saillie est facilement appréciable; — sa face externe présente une surface articulaire, continue avec la surface articulaire de la base de l'extrémité inférieure, mais faisant avec elle un angle qui dépasse un peu l'angle droit. Cette facette malléolaire est triangulaire à base antérieure ; elle s'articule avec une facette semblable de l'as, tragale. — Le bord postérieur de la malléole est une véritable face creusée en gouttière qui continue la gouttière du jambier postérieur, déjà signalée sur la face postérieure de l'extrémité inférieure. — Le bord antérieur, épais et arrondi, présente quelques rugosités d'insertion ligamenteuses. — Le sommet, tronqué, montre une échancrure profonde dans laquelle prennent attache les faisceaux postérieurs de l'appareil ligamenteux interne tibio-tarsien.
Fig. 231. — Tibia, o.ssifîcation.
Ossification. — Le tibia présente quatre points d'ossification : îin primitif et trois complémentaires. — Le point primitif a.^'pa,raît vers le trente-cinquième jour de la vie intra-utérine ; il s'allonge rapidement et forme toute la diaphyse. Des trois points complémentaires, deux répondent à l'extrémité supérieure : le principal est placé au niveau des plateaux articu-
SQUELETTE DE LA JAMBE
laires ; l'accessoire répond à la tubérosité antérieure. — Le /ro/.v/r///'' poinlcomplémentaire l'orme l'extrémité inférieui'e ou tarsienne de l'os.
Le point épiphysaire supérieur principal apparaît à la naissance ; l'accessoire outubérositaire apparaît vers la treizième année; il se soude par son bord supérieur à l'épiphysc supérieure, et figure alors une sorte de médaillon suspendu à la partie antérieure de cette épiphyse (Sappey) ; cette épipliyse se soude au corps de l'os de 18 à 24 ans; — -le point épiphysaire inférieur apparaît du quinzième au dix-huitième mois après la naissance : il se soude à la tliaphyse de 16 à 18 ans.
Architecture. — La cont'onnation intérieure du tibiaest intéressante. Le cylindre compact deladiaphyse acquiert son maximum d'épaisseurau ni\ oau du bord antérieur ou crête tibiale.
Les lamelles principales du tissu spongieux del'extrémité supérieure forment deux systèmes ; un système de travées verticales qui se détachent de la diaphyse et montent vorticalementdans les condyles tibiaux, vers les cavités glénoïdes dont ils constituent les piliers; et un système de fibres arquées ([ui. s'appuyant sur le cylindre diaphysaire. convergent
Fig. 232. — Tibia, extrémité supérieure, Fig. 2.33. — Tibia, extrémité inférieure,
architecture. architcctun'.
vers l'axe du cylindre en se superposant : quelques-unes de ces travées vont aboutiràcette partie verticale des cavités glénoïdes sur l'existence et le rôle de laquelle j'ai appelé l'attention ; leur présence témoigne de l'importance des pressions que subissent les facettes articulaires des épines tibiales.
Dans l'extrémité inférieure, les travées principales descendent presque verticalement du cylindre diaphysaire vers la facette articulaire sur laquelle elles tombent à peu près perpendiculairement ; les lamelles les plus internes convergent vers la partie centrale de cette surface. Le tissu de la malléole interne est spongieux : mais il est ,i aréoles très fines, et par conséquent très dense.
Connexions. — Le tibia s'articule par ses deux extrémités avec le péroni'\ par son extrémité supérieure avec le fémur cl par l'infi'rieure avec l'astragale.
DSTEOLOGIE
Insertions musculaires —
' Face interne Couturier; droit interne ; demi-tendineus.
Corps ^ Face externe Jambier antérieur.
I ,^ . , . 5 Poplité: soléaire; fléchisseur commun des orteils;
/ tace postérieure • • i • - : , • ; f f jambier postérieur.
Extrémité | Tubercule de Gerdy . Tenseur du fascia lata; jambier antérieur.
supérieure. ) Tubérosité interne . . Demi-membraneux.
Varia. — A. — Anormalement le tibia peut être obliquement dirigé de haut en bas et de dedans en dehors, comme on le voit dans le genu valgum, chez les individus dits cagneux. Il est plus rare de le voir incliner en dehors son extrémité supérieure, comme il arrive chez le bancal.
B. — Sur un grand nombre de tibias de ma collection, je remarque la présence de gouttières vasculaires traversant la face externe de la diaphyse. Tous ces os présentent en même temps un aspect rugueux de leur face interne ; leurs parois sont épaissies, l'os est en général plus gros et plus lourd. Ces gouttières vasculaires répondent au trajet des branches transversales des vaisseaux tibiaux antérieurs ; souvent deux ou trois gouttières marchent parallèlement, gravant le trajet d'une artériole avec ses veines satellites. Je pense que ces tiljias ont appartenu à des sujets variqueux à un haut degré.
G. — Si l'on articule un fémur avec le plateau tibial, on voit les épines s'engager entre les condyleset s'articuler par leur face articulaire a^ ec la l'ace correspondante de chaque condyle ; l'épine tibiale interne et le condyle interne entrent en contact par une surface verticale, sorte de heurtoir qui empêche le glissement du condyle en dehors ou du tibia en dedans. L'épine tibiale externe et la face correspondante du condyle externe entrent en rapport par une surface convexe appartenant à une section de cône, et c'est sur cette partie convexe de l'épine tibiale externe que le condyle externe roule dans les mouvements de torsion dont cette articulation est le siège (Voy. in Arthrologie la coupe frontale de l'articulation du genou).
Platycnèinie. — On a désignésous le nom de platycnèmie ^ irXaTÙç. large, xvr/^ari.jambe), de tibia en lame de sabre, une forme particulière du tibia, signalée par Busk en 1863. Très fréquente chez les populations préhistoriques de l'Europe, cette forme de tibiaserencontre encore aujourd'hui chez beaucoup de peuples sauvages. Cette particularité consiste en un aplatissement transversal de l'os dans le tiers supérieur de la diaphyse, de sorte que sa face postérieure se trouve convertie en un bord parfois presque tranchant. La platycnèmie, étudiée par P. Brocaetun grand nombre d'auteurs, a été considérée comme une survivance simienne, parce qu'elle est normale chez la plupart des singes anthropoïdes. Mais Manouvrier (Soc. d'Anthrop., Paris, 2° S, t. 111, 1888), a montré que la platycnèmie n'atteint jamais, chez ces animaux, le degré qu'elle présente souvent dans l'espèce humaine. Il a montré en outre que l'aplatissement du tibia est produit, chez l'homme, par un agrandissement considérable delà surface d'insertion du muscle jambier postérieur et, parsuite, par la suractivité de ce muscle. Ce n'est pas l'action du jambier postérieur sur le pied qui est en jeu, mais bien sa fonction inverse qui consiste à maintenir solidement le tibia dans l'immobilité pendant quele fémur prend sur cet os son point d'appui dans la station verticale et surtout dans les mouvements de la course et de la marche. Aussi la platycnèmie se rencontre- t-elle chez les peuples préhistoriques qui vivaient presque exclusivement de la chasse, et, en général, chez les peuples habitant les pays montagneux ou accidentés. Si elle tend à disparaître, c'est parce que les dures conditions de la vie sauvage sont devenues plus rares.
Rétroversion de la tête du tibia. — Il arrive parfois que la tête du tibia se trouve plus ou moins infléchie en arrière, de façon à rendre oblique la surface de ses plateaux articulaires. Cette disposition signalée d'abord par le D>' Collignon sur des tibias humains de l'époque quaternaire, étudiée ensuite par M. Fraipont comparativement à un squelette humain de cette époque et sur des squelettes d'anthropoïdes, a été considérée par ces deux auteurs comme une survivance simienne d'où résultait, pour nos ancêtres quaternaires, une attitude imparfaitement verticale. Manouvrier (Soc. d'Anthr., Paris, 2« série, t. IV, 1890), ayant repris l'étude de ce caractère anatomique sous le nom de rétroversion de la tète du tibia, a d'abord montré sa fréquence chez la plupart des populations préhistoriques de la France, chez divers peuples sauvages actuels et même sur un assez grand nombre de parisiens modernes, à un degré parfois égal et supérieur à celui que présentent beaucoup de singes anthropoïdes, L'existence de ce caractère est donc compatible avec une attitude parfaitement verticale dans la station debout. Manouvrier a montré que la rétroversion associée en général à la platycnèmie et à la platymèrie est seulement en rapport
SQUELETTE DE LA JAMBE
avec l'altiliide demi-Jlécliie du lueiiibre inférieur dans une façon de marcher qu'il appelle la marche en flexion encore très commune chez les paysans, notamment sur les terrains accidentés où elle est avantageuse sinon obligatoire. Elle coïncide généralement avec ime cambrure lombaire peu prononcée. Il est aisé de comprendre pourquoi cette disposition était plus fréquente et plus accentuée chez nos ancêtres chasseurs et pourquoi elle tend à disparaître chez les peuples civilisés. Larétrovei'sion est plus marquée sur le tibia du nouveau-né que sur celui de l'adulte. Ilfautaussi remarquer que la cavité glénoïde externe du nouveau-né est toujours convexe ; ces particularités paraissent être en rapport avec la flexion permanente des genoux pendant la vie intra-utérine.
Absence congénitale du tibia. — Laskowski et Reverdin ont publié une remarquable observation de cette anomalie que l'on peutrapproclier de l'aljsence congénitale du radius, puisque, au membre inférieur, c'est le tibia, homotypiquedu radius, qui constitue l'axe surajouté, l'axe primordial passant par le péroné,
Busaclii (Giornale d. R. Acad. di med. 1880, n° 9-12) a décrit un cas d'absence congénitale du tibia de la jambe droite chez une jeune tille de 10 ans. La cuisse et la hanche étaient normales ; mais la jambe était raccourcie et le pied en supination forcée; le péroné était bien développé. L'auteur donne la nomenclature des cas analogues connus jusqu'à ce jour. — Une observation plus récente a été publiée par Laren John Sliaw (Journal of Anatomy, vol. XXIII, new séries,, vol. 111, Part, iv, July 1889, p. .o98 bis. OOC).