PRODUITS SEXUELS
La premièi'C cellule embryonnaire est formée par la conjugaison de deux éléments cellulaires du corps animal : l'ovule ou cellule-œuf el le spcrniatnzoide ou cellule sperinatique.
a) Ovule. — L'ovule (fig. 1) est une cellule complète dont le noyau iVg), que l'on appelle vésicule germinatice ou de Purkinje, cont ent d'habitude une masse de cliroiuutiiw |)lus ou moins considérable, concentrée d'ordinaire en un ou plusieurs nucléoles, les tacites gerniinatives ou de Wag)}er (td), dont le corps protojdasmique, que l'on nomme vitellus [V), présente des caractères
(1) Ces principes généraux une l'ois indiqués, nous reporterons a plus tard l'examen des modalités les plus importantes suivant lesquelles ils se traduisent dans le développement.
NOTIONS D'EMBRYOLOGIE
qu'il est tout particulièrement important de connaître pour l'intelligence des phénomènes embryogéuiques. 11 est (fig. 1, d), remarquablement riche en matériaux de réserve ou deutoplasmiques dérivés du protoplasma ; il est nu ou entouré par une ou plusieurs enveloppes.
L'œuf humain, par exemple, est enveloppé par une membrane mince, la membrane vitelline (fig.
1, Mv), autour de laquelle règne une seconde enveloppe beaucoup plus épaisse qui a reçu, à cause de sa transparence et de son aspect, les noms de zone 2oellucide et de zone radiée (z).
Deux cas extrêmes, réunis par toutes sortes d'intermédiaires, peuvent se
Mv
Fig. 1.
OEuf tiumain (d'après Nagel). Cette figure est la combinaison de plusieurs dessins de l'auteur.
V, vitellu.s. — p, zone protoplasmique ; d, zone deutoplasmique du vitellus. — Vy, vésicule germinative ou noyau. — '"i>g, membrane du noyau. — r, réticulum nucléaire. — tg, tache germinative. — AJu, membrane vitelline. — epv, espace périvitellin. — I, zone pelUicide ou radiée.
présenter dans le mode de répartition du deutoplasma, suivant que celui-ci est peu ou très abondant. Si le deutoplasma est produit en faible quantité, il est réparti régulièrement ou à peu près dans le vitellus (amphioxus, mammifères) (fig. 2, A). Dans le cas contraire (batraciens, poissons, oiseaux), il est distribué irrégulièrement dans la masse vitelline, de telle sorte qu'une région du vitellus s'en surcharge, tandis que l'autre en est à peu près dépourvue (fig. 2, B). Celle-ci riche en protoplasma, jouera dans le développement le rôle actif et formateur; on l'appelle vitellus for matif (fig. 2, B, vf). Celle-là contenant surtout des substances de réserve, n'aura qu'un rôle nutritif ; ou la nomme vitellus nutritif (fig. 2, B, vn), ou simplement, par abréviation et corruption de langage, vitellus.
Le vitellus formatif occupe l'un des hémisphères de l'œuf ou hémisphère animal ; le vitellus nutritif est situé dans l'autre, dit hémisphère végétatif. Dans la position naturelle des œufs, l'hémisphère animal est siipérienr, l'hémisphère
végétatif inférieur. 11 y a ainsi dans nombre d'œufs un différenciation polaire, telle que les deux hémisphères et par suite les deux pôles correspondants sont dissemblables. Cette différenciation polaire, bien marquée chez la grenouille,
Fig. 2.
Schémas d'un œuf alécithe (A) et télolécithe (B). vf, vitellus formatif. — vn, vitellus nutritif.
NOTIONS D'EMBRYOLOGIE
est plus évidente encore chez la poule, où le vitellus nutritif forme l'énornie masse du jaiuie de l'œuf, tandis que le vitellus forinatif est réduit à une mince couche protopiasmique, le disqiie gemiinatif ou cicatrictde. Les œufs privés de deutoj)lasma, les œuffi alécitlies, soni, on le conçoit aisément, beaucoup plus petits que les œufs qui renferment une cjuantité considérable de matériaux deutoplasmiques accumulés vers l'un des pôles de la sphère vitelline, et que l'on appelle œufs télolécithes (fig. 2, A et B). Ainsi l'œuf humain, qui n'a que de 0,1 à 0,2 millimètres de diamètre, est à peu près 300 fois moindre que le jaune d'œuf qui, chez la poule, représente l'œuf tout entier débarrassé de ses enveloppes.
h) Spermatozoïde. — Le spermalozo'ide reiirésente, comme l'ovule, une cellule. iMais cette cellule est très réduite et très modifiée, de sorte que ce n'est
Fig. .3.
Schéma du développoiiient des speriiialozoïdos d'un Mainniifère.
1, cellule spermatique. — 2-4, stade.s intermédiaires. — j, spermatozoïde définitil". — «, noyau de la cellule spermatique. — pr, son protoplasma renfermant divers corps accessoires. — t, téte du spermatozoïde. — q, sa queue.
que si l'on étudie le développement du spermalozo'ide, c'est-à-dire la spermatogenèse, que l'on peut se convaincre de la nature cellulaire du produit se.\:uel mâle, et constater alors qu'il est constitué d'un corps protopiasmique représenté par la queue et d'un noyau qui n'est autre que la tète du spermalozo'ide. On voit alors, en effet (fig. ,3), le protoplasma de la cellule spermatique se réduire et se transformer peu à peu pour devenir la queue du spermalozo'ide, tandis que le noyau, en se rapetissant et s'allongeant, fournira la tête.