OS DE L.\ PREMIÈRE R.\NGÉE
ASTRAGALE. — L'astragale, dont la partie supérieure s'articule avec la mortaise tiliio-périuiière, forme le sommet de la voûte tai'sienne. Aplati de haut en bas, cet os est allongé d'avant en arriére, f»aralièlement à l'axe du pied. Il est arqué, subissant une sorte de bifurcation qui répond aux deux piliers de la voûte plantaire; par sa face inférieuie, il repose sirr le calcanéum, et par son extrémité antérieure, arrondie en forme de tète et supportée par une partie rétrécie ou co/, il est reçu dans la concavité du seaphoïde.
Placer en avant l'evtri'mité arrondie, en l'orme de (/•le. en bas la l'ace qui présente deux surfaces articulaires si'qiar(''es par uni' gouttière, l'U didiors celle de ees surfaces tpii l'sl l'Oncave.
IjS. face supérieii rc {libicde) présente, dans si^s trois quarts postérieurs, une partie articulaire, convexe d'avant en arrière, concave transversalement, s'a(la|itant exactement à la base articulaire de l'extrémilé infér ieure du liljia. (lelle surface, quadrilatère, large en avant, se réliét il progressivcmcnl \ers la |nirlle
postérieure de l'os. De ses bords latéraux, tous deux en segment de cercle, l'interne est mousse; l'externe, plus élevé, est tranchant dans sa partie moyenne, et taillé en biseau à ses extrémités, surtout à l'extrémité postérieure : là, ce biseaula<re du bord externe fail apparaître une vérifnblc facette Irianeuiaire. le
Kl
OSTÉOLOGIE
h'iseau astragalien, dontles limites sont plus nettement marquées sur l'os revêtu de cartilage que sur l'os sec. — L'angle antéro-exlerne de cette poulie, fort saillant, constitue une véritable apophyse, Vapophyse externe de l'astragale, dont la saillie, très appréciable au travers des parties molles, est un point de repère précieux en médecine opératoire.
En avant de la poulie articulaire, la face supérieure de l'astragale se rétrécit (col), se déjette en dedans, et s'excave en une gouttière transversale qui reçoit le bord antérieur de l'extrémité inférieure du tibia dans l'extrême flexion (A).
La face inférieure {calcanéenne) présente deux facettes articulaires séparées par une gouttière profonde, oblique de dehors en dedans et d'avant en arrière : les deux facettes articulaires ont leur grand axe parallèle à la gouttière. La. facette postérieure est plus grande et plus externe que l'autre; plane dans le sens transversal, elle est fortement concave suivant son grand axe, et emboîte la facette calcanéenne postérieure convexe. — La face.lte antérieure, qui est en mêrrie temps interne, est une bande étroite, souvent étranglée en son milieu, parfois même subdivisée en deux facettes; elle appartient à la tète de l'astragale et entre en contact avec une facette concave du calcalnéum.
La face externe (péronière) de l'astragale offre une facette lisse, par laquelle l'os s'articule avec la malléole péronière. Cette facette est triangulaire à sommet inférieur; sa base, curviligne, répond au bord externe de la poulieastragalienne dont elle continue la surface cartilagineuse; son sommet assez aigu est déjeté
Lig. pcr -asir. Lig . per.-astr.
Facette péi-on. Col. Tète post. ant.
V\g. 243. — Astragale, i'ace cxlcrnc. l''ig. 244, — Insertions ligamenteuses.
en dehors, de telle sorte que la facette péronière de l'astragale est concave de haut en bas. Cette facette est bordée par une bande étroite et rugueuse, qui reçoit l'attache des faisceaux antérieur et postérieur (péronéo-astragaliens) de l'appareil ligamenteux externe de l'articulation tibio-farsieiine (B). En avant de la facette péronière, la face externe de l'astragale offre une surface étroite qui fait partie du col de l'astragale; comme la tête de l'astragale est fortement déjetée en dedans, la face externe du col n'est point sur le même plan que la facette péronière.
La face interne (tibiale), allongée d'avant en arrière, contrairement à la précédente, présente elle aussi une facette articulaire répondant à la facette malléolaire interne. Son bord supérieur, curviligne, est formé par le bord interne de la poulie astragalienne. Cette facette est triangulaire, à base arrondie débordant en avant la poulie astragalienne : la facette tibiale est sur un plan plus
SuljELRTTE DU PIKD
aiilériour (|ue la facétie |)rr'(iiiièro, ce qui répond bien à ce que nous savons déjù de la siluation relative des deux malléoles. — Au-dessous de la facette tibiale, la face interne est excavée et criblée de trous vasculaires : elle montre en arrière
/■'ac. malt- IAq. lih.-nsl . post .
Fig. 24.^). — Astragale, faco iiilecnc. Fig. iiCi, — Insertions lig.niicnlL'usos.
l'empreinte ovalaire très nette, laissée par l'attacbe du faisceau postéi'ieur de l'appareil ligamenteux interne.
La face antérieure, articulaire dans toute son étendue, revêt la forme d'une |aillie arrondie, allongée transversalement : c'est la lète de l'aslragale. En dedans et en bas, la surface de la tète déborde la eu pu le que lui oiïre le scaphoïde et apparaît libre sur le bord interne du pied; sur le vivant cette partie de la tête entre en contact avec un ligament (ligament calcanéo-scaphoïdien) qui complète la cupule scaphoïdienne trop petite : tout à fait en arrière et en bas, la surface lisse de la tête astragalienne se continue avec la facette interne que nous avons décrite sur la face inférieure de l'os. J^a séparation de ces trois champs, scaplio'idien, liganienteux et calcanéen, dont la réunion forme la tête astragalienne, peut être vue tant sur l'os sec que sur l'os revêtu de sou cartilage.
La face postérieure est basse et étroite à cause de l'extension en arrière de la poulie astragalienne; elle est obliquement traversée par une gouttière dirigée en bas et en dedans, dans laquelle passe le tendon du long lléchisseur propre du gros orteil. Des deux tubercules qui limitent cette gouttière, l'externe est toujours le ])lus fort : il donne attache au faisceau |)ostérieur (péronéo-astragalien) de l'appareil ligamenteux externe du cou-de-])ied (C).
Connexions. — I^'astragale s'articule avec le fihi:i, \f pi-roni', le calcanéuni et le scaphoïilc.
Varia. — A. — Quelquefois on ^.rou^■e en ce point une véritable facette articulaire répondant au contact avec le bord antérieur de la mortaise tibiale.
B. — C'est il tort qu'un grand nombre d'anatomisfcs font insérer le ligament p('ronéoastragalien antérieur sur le col de l'astragale.
C. — Assez souvent le tubercule externe constitue une véritable apophyse longue de cinq à dix millimètres; cette apophyse résulte de la soudure à l'astragale d'une pièce osseuse que l'on retrouve parfois à l'état d'os indépendant, r(''unià l'astragale par des liens fibreux. Cet osselet a été ^■u parW. Grùber, qui lui a donné le nom de lah/s scn/iu/ai'his: Bardeleben l'a décrit sous le nom d'os Irigone et a montré qu'il avait la valeur d'un élément normal du tarse, disparu chez l'homme en totalité, mais reparaissant quelquefois, tantôt sous forme d'os isolé, tantôt sous celle d'une apophyse de l'astragale. Stieda, Albrecht, Sutton, Sheperd, Turner, Jaboulay (Lyon médical, 1 889) l'ont également étudié. Bardeleben et Leboucq ont suivi le développement embryonnaire de cette épiphyse. D'après les recherches de ces auteurs, l'épiphyse astragalienne est représentée dans le squelette carpien par un point eartilagineuv annexé :i rex(ri''niili' pi-o\im.Tle du scmi-lnnnire.
ÛSTKOLOllIE
homologue de l'astragale. — Presque toujours on peut retrouver les traces de la soudure de l'épiphyse avec l'astragale, comme Jaboulay l'a bien observé. — Je crois que la persistance de l'os trigone est beaucoup plus fréquente qu'on ne l'a dit : je l'ai rencontré deux fois à l'état d'os nettement distinct de l'astragale, auquel il était uni par des liens fibreux;
Os trigone
Figf 247. — Astragale, , Fig. 248. — Astragale et ealca-
os trigone soudé. néum, os trigone.
d'autre part, sur cent onze astragales de ma collection, je trouve vingt fois l'épiphsse en question ; dans quinze cas, elle a un centimètre de long; dans plus de la moitié de ces cas, en étudiant l'épiphyse par sa face articulaire, on retrouve les traces du sillon de la soudure.
CALCANÉUM. — C'esl le plus volumineux des os du tarse, dont il constitue la partie postéro-inférieure. Allongé d'avant en arrière suivant l'a.xe du pied, il est aplati transversalement et présente une forme irrégulièrement cubique qui permet de lui décrire, comme à l'astragale, six faces.
Placer en arrière la plus grosse extrémité, en haut la face qui porte deux facettes articulaires séparées par une gouttière, et en dehors celle de ces facettes qui est convexe.
La face supérieure (astragalienne) présente dans sa moitié antérieure une vaste échancrure, dans laquelle l'astragale vient se loger; cette échancrure porte deux facettes articulaires, correspondant à celles déjà étudiées sur Ja face inférieure de l'astragale, et séparées par une gouttière; la facette postéro-cxterne est convexe ; V anté ro-internees[ concave, étranglée vers sa partiemo3'enne, parfois même subdivisée en deux facettes complètement séparées. La gouttière calcanéenne, étroite en dedans, évasée en dehors, est moins profonde que la gouttière astragalienne à laquelle elle répond. Lorsque les deux os, astragale et calcanéum, sont articulés, l'opposition des deux gouttières forme un canal, le canal osseux du tarse [sinus tarsi), qui s'ouvre en dehors par une large excavation, Vexcavalion calcanéo-astragalienne. On peut voir dans celte gouttière osseuse l'empreinte d'insertion des puissants ligaments interosseux qui unissent si solidement le calcanéum à l'astragale.
En arrière de l'échancrure, la face supérieure du calcanéum devient plus étroite, convexe transversalement, concave d'avant en arrière; criblée de trous vasculaires, elle répond à une masse celhilo-graisseuse.
SQUELETTE DU l'IEl.) ■ 245
f.a face inférieure {plantaire) est large dans son tiers postérieur, où elle se renlleeii deux lubérosilés, qui rejjrésentenl les points d'appui du calcanéum sur
le sol ; elle devient étroite et légèrement ascendante dans sa partie antérieure où elle se termine par une saillie arrondie ou luluirosili' anferirin-c.
Des deuxtiibérosités postérieures, l'inlerne, plus volumineuse que l'externe,
l'^ig. 251. — ( ialcaiiruin. face ~:'r2, — Insertions inufciiluires i l
inrcricii l'c. ligamenteuses.
donne attache au coui t lléchisseur commun des orteils ; l'externe, plus jjetite, donne insertion à l'abducteur du ])elit orteil (jui s'insère également sur la tubérosité interne. Les deux tubérosités donnent attache, par leur partie postérieure, à l'aponévrose plantaire. Immédiatement en avant de la tubérosité interne, on reniar([ui' une gouttière transversale, dont l'existence n'a point été
'216 OSTÉOLOGIE
signalée ; parfois très profonde, elle répond an passage de vaisseaux artériels et veineux.
La tabérosité antérieure est le point d'attache du ligament calcanéo-cuboïdien. Entre ces deux tubérosités, la face inférieure, striée et criblée de trous, donne attache aux faisceaux superficiels du ligament calcanéo-cuboïdien (A). La face externe, plane, rugueuse, plus haute dans sa partie postérieure que
dans son tiers antérieur sousjacent au creux calcanéo-astragalien, présente à la jonction des deux tiers postérieurs avec le tiers antérieur un tubercule, ou une crête plus ou moins saillante, séparant deux gouttières dans lesquelles glissent les tendons despéroniers latéraux (B).
Au-dessus et en arrière de la crête péronière, on peut voir l'empreinte d'insertion du ligament péronéo-calcanéen.
La face interne revêt l'aspect d'une large gouttière obliquement descendante de la jambe vers la plante, la gouttière culcanéenne. Limitée en arrière, et en bas par la saillie de la grosse tubérosi té que nous avons déjà étudiée sur la face inférieure de l'os, la gouttière est limitée en avant et en haut par une apophysequi se détachede la face supérieure de l'os pour se porter directement en dedans, la petite apophyse du calcanéum. Les anciens l'appelaient siistentaculumtali: on peut voir en effet que cette apophyse se détachede la face supérieure de l'os à la façon d'une console, sur laquelle l'astragale repose : la plus petite des deux facettes articulaires calcanéennes est creusée sur la face supérieure de cette console astragalienne. A la face inférieure de la petite apophyse, on remarque la large gouttière dans laquelle glisse le fléchisseurpropre du gros orteil.
Le fondàe la grande gouttière calcanéenne donne insertion au muscle accessoire du long fléchisseur commun des orteils, sur lequel reposent les vaisseaux, nerfs et tendons qui vont de la région postérieure de la jambe à la plante.
La. face antérieure (cuboïdienne) présente une surface articulaire, concave de haut en bas, convexe transversalement, à laquelle le cuboïde oppose une surface inversement conformée (C),
Là face postérieure, large en bas, étroite en haut, présente, dans sa partie inférieure, l'empreinte large et carrée, si nettement fra])j)ée par l'insertion du
SQUELbirTE DU l'II-D
tendon d'Achille. Au-dessus de cette empreinte la face postérieure est lisse et répond a une bourse séreuse, créée par le contact intermittent du tendon avec l'os ; — au-dessous, elle est rugueuse et se porte en bas et en avant pour se confondre avec les tubérosités de la face inféi'ieui'e.
Petit apoph.
1< ace pont.
ffOutt. p. Iq. Tend.
Ileeh.V' Cluiir carrée d' Acliill"
Surf, cuhoid. (kiiitt. ca/raii. Ahduct. Apunée. Adduct.
au n*^ plant. du l*''
Fig. ioo. — CdlcariiMiiu, l'arc inteine. Kij,r. û'-it]. — Insertions nuisculaires.
Connexions. — Le calrainMim s uiUrulc avei: rasliagali! elle cubdïiie, [)iirfois a\oc le scaphoïde.
Insertions musculaires
Faci' interne Accessoire ilii long (lécliissenr c(iiiiiiiun.
(lourl Oécliisseur des orteils ; abducteur et roni-l IliTliissenr du gros orteil ; abducteur du petit orteil. Face poatérietd-e . . Triceps sural; plantaire grèlc.
Varia. — A. — La t'ni'c infi'rieure du calcamUuii ne iliinne point insiMiion à l'accessoire du long fléchisseur iMiuiiniui îles orteils.
Face /ii/'crie/ire .
I). — Cette cri'le est quidijuidois très (devi'e. Elle sert nussi de pnulie lie ri'dle.xion au Petite apripli.
''ig. 2.t7. — Calcanéuni, r.-u postérieure.
Goutt. p. II), fié ch.
Bourse sércuae.
Tend. d'Achille
l''ig. 25S. — Insertions musculaires.
tendon péronier : llyrtl l'a décrite sous le n Elle peut être subdivisée' en deux tubercules té rai.
G. — On rencontre parfois sur la partie antérieure une petite facette par lafjuelle le le scaphoïde.
OUI (Vnpnplnj^e trochlénire sntis iimllrolairr. qui liniifeni la giiultiere du long jjéronier lasupérieure et interne du contour de la face calcanr'uru entre en contact articulaire avec
OSTliOLOGlE
(18 DE LA DKUXIliMI': R.VXGKE
SCAPHOIDE. — Le scaphoide ou os )iavicuJaire (ainsi nommé parce qu'il a été comparé à une nacelle), est un os court, aplati d'avant en arrière, allongé de haut en bas et de dehors en dedans.
Placer en dedans la partie lapins pointue de l'os, en arrière la surface articulaire concave, en haut le bord le plus régulièrement circulaire de cette surface.
ha. face postérieure, concave, elliptique, allongée suivant le grand axe de
l'os, forme une cavité articulaire qui reçoit la partie antéro-postérieure de la
tète de l'astragale.
La. face antérieure, articulaire également, est divisée par deux crêtes mousses, qui convergent vers le bord inférieur de l'os, et déterminent ainsi trois surfaces ou champs articulaires, répondant aux trois cunéiformes : les facettes qui s'articulent avecle deuxième et le troisième cunéiformes sont planes et triangu-
Tuhe. Faceasir. F ac. cxt. Far. tnny . {V] Fiic. iiif, [Vn
Fig. 2o'J. — Scaphoide, face postérieure. Fig. 260, — Scaphoïde, face antérieure.
laires, à sommet inférieur : la facetteinterne, répondant au premier cunéiforme, plus grande, présente une légère convexité.
Le poitrto»7*du scaphoïde, rugueux et large à la face dorsale, est d'autant plus large qu'on se rapproche davantage du bord interne du pied ; il se prolonge en dedans, en arrière et en bas en une grosse apophyse, la tubérosité du scaphoïde, sur laquelle s'insère un des tendons du jambier postérieur (A). Cette apophyse limite, sur la partie plantaire du contour, une gouttière large qui se dirige vers le troisième cunéiforme et qui loge le tendon du jambier postérieur allant s'insérer au tubercule de cet os. Sur la partie externe du pourtour scaphoïdien , en regard du cuboïde, on trouve régulièrement une facette articulaire, par laquelle le scaphoïde et le cuboïde entrent en contact ; cette facette fait suite aux trois facettes des cunéiformes, si bien que l'on pourrait dire, à la rigueur, qu'il y a quatre facettes articulaires sur la face antérieure du scaphoïde (R).
Coanexions et insertions musculaires. — .Articulé en arrière avec l'astragale, en avant avec les trois cunéiformes et le cuboïde, le scaphoïde donne insertion à un seul muscle, le jambier postérieur.
Variétés. —A. — .Iaboula\- (Lyon médical, lf589)avusur le pied d'un enfant de douze ans une épiphyse du scaphoïde droit et du scaphoïde gauche ; cette épiphyse, grosse comme un pois, était rattachée de chaque côté à l'extrémité proximale du tubercule : un cartilage parfaitement net la réunissait au scaphoïde.
SQUELETTE DU PIED
'2'' Cllf!
I>. — Ou LroLive parfois, en arrière et au-dessous de la l'aretle culjnïilieimo. luiu baiidi? étroite, cartilagineuse, par laquelle le seaphoïile s'articule avec le bord interne de l'extrémité antérieure du calcanéum,
CUNÉIFORMES. — ïous les ti'ois sont prismatiques et triangulaires, en forme de coin ; articulés en arrière avec le scapho'ide,ils s'articulent en avant avecles trois premiers métatarsiens. Nous les avons déjà désignés sous les noms de premier,deuxièmeet troisième ; on les distingue encore en grand (premier), moyen (troisième), petit (deuxième). Ledeuxième et le troisième ont leur arête dirigée vers la face plantaire et sont enclavés à la façon de coins véritables, entre le cubo'ide en dehors, et le premier cunéiforme en dedans. Le premier a son aréle tournée en haut, vers la face dorsale du pied, tandis que sa base large et rugueuse répond à la plante.
Premier cunéiforme. — (j'est un coin à base plantaire, à arête dorsale obliquement ascendante du scapho'ide vers le premier métatarsien.
Placer en haut l'arête du coin, en avant la facette articulaii'e en foi-me de croissant : en dehors le bord concave de cette facette.
La face antérieure, en forme de haricot à grand axe vertical, à concavilé interne, est légèrement convexe de haut en bas; elle s'articule avec le j)remier métatarsien. — La face postérieure, triangulaire et concave, répond à la facette scaphoïdienne. — Les faces latérales xiennenl converger versTarètedorsale : ri)îie>'»e, rugueuse en avant et en arrière par des insertions ligamenteuses, est traversée par une dépression partant de l'angle postérieur pour aboutir près de l'angle antéro-inférieur à une empreinte très nette frappée par l'insertion du jambier aulérieur; le tendon de ce muscle glisse à l'aide d'une bourse séreuse dans cette gouttière jiarfois bien développée. — La /«ce externe, concave dans son ensemble, présente, le long de ses bords postérieur et supérieur, une surface cartilagineuseen équeri'e par laquelle le premier cunéiforme s'articule avec le deuxième ; l'extrémité antéro-supérieure del'équerre cartilagineuse est séparée du reste de la face par une crête verticale, et forme une toute petite facette par laquelle le premier cunéiforme s'articule avec le deuxième métatarsien. Dans le reste de son étendue, la face externe rugueuse reçoit des insertions ligamenteuses.
La face plantaire ou base, rugueuse, présente en arrière un gros tubercule auquel vient s'insérer un des tendons du jambier postérieur. — Le bordsupérieur ou arête est tranchant dans ses deux tiers postérieurs, qui répondent au deuxième cunéiforme ; dans son tiers antérieur, qui répond au deuxième métatarsien, il est mousse et dirigé en avant (A).
Connexions etinsertions musculaires — Le i)remiercunéiforme s'articule en arrière avec le scaplioïde, en avant avec les deux premicu-s métatarsiens, en dehors avec le deuxième cunéiforme. 11 donne insertion au.\' muscles jambiei'S antérieur et postérieur.
Varia. — A. — l'arfois l'arête est émonssée par une gouttière répondant au Irajct de Tarière pédieuse.
— Lt'S ti'ois cunéifornji's, face antérieure.
OSTÉOLOGIE
Deuxième cunéiforme. — C'est le plus petit des trois.
Placer en bas son bord tranchant, en arrière sa facette cartilagineuse triangulaire concave, en dedans la face qui présente la surface articulaire en forme d'équerre la plus étendue.
La base, dorsale, rugueuse, quadrilatère, est un peu moins large en avant qu'en arrière. — La face antérieure, triangulaire, s'articule avec le deuxième métatarsien. - La. face postérieure, triangulaire aussi et légèrement concave, s'articule avec la facette scaphoïdienne moyenne. — Les faces latérales, quadrilatères,convergentvers l'arête plantaire : elles présentent toutes deux, lelong de leurs bords supérieur et postérieur, des surfaces cartilagineuses en équerre pour s'articuler: l'externe avec le troisième cunéiforme, l'interne avec le premier; dans le reste de leur étendue elles sont rugueuses. — L'arête, plantaire, rugueuse, est profondémentenfoncée; elle est masquée par les deux cunéiformes voisins.
Connexions. — Le deuxième cunéiforme est articulé avec le scaphoïde, le premier et le troisième cunéiformes, et le deuxième métatarsien.
Troisième cunéiforme. — Coin à base dorsale, k crête plantaire, il est semblableau précédent, mais plus allongéd'uvant en arrière et beaucoup plus haut.
Placer la base du coin en haut, en dedans le bord concave de cette base, en avant la facette cartilagineuse la plus régulièrement triangulaire.
La face dorsale, rugueuse, estinclinée en haut et en dehors ; — la face antcrieure, triangulaire, s'articule avec le troisième métatarsien; — la facepostériewre, triangulaireaussi,s'articuleavecia facette scaphoïdienne externe. — Les faces latérales, lisses dans leur partie postérieure pour s'articuler, l'externe aveclecuboïde, l'interne avec le deuxième cunéiforme, sontrugueuses dansleur partie antérieure, où elles présentent une petite facette articulaire par laquelle elles entrent en contact, l'interne avec le deuxième, l'externe avec le quatrième métacarpien; cette dernière est inconstante. Dans son ensemble la face externe est convexe; l'interne est concave. L'inclinaison de ces faces est fort différente: l'interne est dans un plan vertical, l'externe s'incline à environ 45°. • — ■ L'arête plantaire prend la formed'un tuberculetrès saillant sur lequel s'insèrent un des tendons du jambier postérieur et un faisceau du court fléchisseur du gros orteil.
Connexions et insertions musculaires. — Articulé avec le scaphoïde, le cuboïde, le deuxième cunéiforme, et les trois niiHatarsiens moyens, le troisième cunéiforme donne insertion au jambier postérieur et au court ftéchissem' du gros orteil.
CUBOIDE. — Le cuboïde, qui continue l'extrémité antérieure du calcanéum sur la face dorsale et le bord externe du pied, afîecte comme les cunéiformes la formed'un coin oud'unprisme triangulaire. Labaseducoin cuboïdien s'articule avec le scaphoïde et le troisième cunéiforme ; son arête répond au bord externe du pied.
Placer en arrière la surface articulaire conformée en selle, en bas la face creusée d'une gouttière, et en dedans la face rugueuse qui est pourvue d'une petite facette articulaire.
Les faces dorsale et plantaire convergent vers le bord externe du pied : la dorsale, très inclinée en dehors, au point de continuer presque le plan de la face externe du calcanéum, est rugueuse ; — la plantaire est traversée par une saillie forte et mousse {crête cahoidienne), qui donne attache au ligament cal-
SQUELETIE DU l'IED
canéo-cuboïdien, et limite par sa face antérieure une gouttière sur laquelle repose le bord du tendon du long péronier latéral : cette gouttière se dirige obliquement en avant et en dedans : prolongée, elle aboutirait vers l'extrémité postérieure du premier métatarsien. C'est sur le versant antérieur de la crête cuboïdieniie, et non dans la gouttière, que glisse le tendon du long péronier et le sésamoïde conlenu dans l'épaisseur de ce tendon ; souvent la crête ])résenle une empreinle
Facf ilomali'
! Tiihé-osilr
.... Face cale.
l'tOUllP p.
' Iniig. pcr. lut
l'ac. y<"a<-. /.-lie. nii'l.
4' met. mèt.
V\g. 2fi2. — Cuboïde, fai'o dorsale. V\^. 263. — ('.uboïde, face plantaire.
résultant de la pression de l'osselet; Stieda a bien vu celte particularité. — La partie de la l'ace plantaire, située en arriére de la crèle, est rugueuse et criblée de trous; elle se prolonge en arrière et en dedans en une forte saillie qui s'insinue sous l'extrémité antérieure du calcanéum et complète la surface par laquelle le cuboïde emboîte cet os.
La surface articulaire calcanéenne appartient toute entière h la face postérieure du cuboïde; très légèrement convexe dans le sens transversal, elle oITre une concavité verticale, |)Ius ou moins |)rononcée suivant le dévelopjjemen t de l'apophyse qui prolonge la face plantaire.
f>a face antérieure olfre une surface articulaire, subdivisée |)ar une crête mousse verticale en deux facettes pour le quatrième et le cinquième métatarsiens.
La face interne ou hase présente vers son tiers mo^'eu une facette triangulaire à base supérieure jionr le troisième cunéiforme, el, continue en arriére avec celle-ci, une autie facette plus petite pour le scaphoïde; le reste de cette face est rugueux ])ar des insertions ligamenteuses.
\Jarèle du coin cuboïditui suit le bord externe du pied et présente rrrre écliaiicnrre creusée par le passage du tendon du long péronier- latér'al qui va s'errgagerdans la gouttièr'e de la face plantaire.
Connexions. — Le euboïdi» onlro en contact avec le calcaiiéuui. le Iroisième ciinéifoniie et les deux derniei's iiu-latarsiens.
Ossification des os du tarse- — Gomme les os du cai-pe, les os du tarse se dé\ eloppent par un seul point d'ossification, à l'exception du calcanéum qui en présente deux.
Les points d'ossification du tarse apparaissent dans l'ordre suivant: astragale, dans les derniers jours de la grossesse; cuboïde, six mois après la naissance ; troisième cunéiforme à l'âge d'un an; deuxième cunéiforme, à trois ans; premier cunéiforme, deti'ois à quati'e ans; scaptioïde, de quatre à cinq ans. Quant au calcanéum, son point primitif apparaît au sixième mois de la grossesse ; il envahit la presque totalité de l'os ; il est ovoïde et représente un petit cylindre antér'o-postérieur, à extrémités arrondies; son point complémentaire se montre vers l'âge de 7 à. 8 ans dans la moitié inférieure de la face postérieure de l'os; il s'étend sur toute celte face, puis sur la face inférieure où il fni-me les di'ux tubi'-
OSTÉOLOGIE
losités; enlin il remonte jusque sur la face supérieure. Les deux points du calcanéuin se soudent ensemble entre 10 et 18 ans. Rambaud et Renault ont décrit au calcanéum un troisième point d'ossification, aux dépens duquel se développerait sa tubérosité externe.
Architecture. — Comme tous les os courts, les os du tarse sont formés de tissu spongieux qu'enveloppe une mince lamelle compacte ; les travées osseuses ont une disposition spéciale que nous étudierons plus loin (Voir architecture du pied).
Soudure congénitale des os du tarse. — Si l'on voit dans certains cas les os du tarse se multiplier par réapparition d'une pièce perdue au cours de l'évolution, on rencontre d'autres cas dans lesquels certaines pièces sont fusionnées d'une façon plus ou moins intime. Une fusion de ce genre s'opère parfois, indépendamment de tout processus pathologique, entre les trois premiers os du tarse : astragale, calcanéum, scaphoide. Ces faits sont connus depuis longtemps; H. Leboucq (Bull, de l'Acad. royale de Méd., 1890) a réuni et étudié plusieurs cas de soudure calcanéo-scaphoïdienue , et de soudure astragalo-calcanéenne : l'intérêt de ces cas est qu'un certain nombre d'entre eux se rapportent à des enfants nouveau-nés, ou à des enfants chez lesquels l'ossification des os du pied n'était pas encore complète. La soudure entre le calcanéum et le scaphoïde se fait au niveau du bord ou de la facette par laquelle ces deux os s'articulent quelquefois. La soudure astragalo-calcanéenne se fait au niveau de la petite apophyse du calcanéum.
Parfois les trois os se sont soudés et forment une masse unique. Ces faits sont très fréquents; il ne se passe pas de semaine où je n'aie l'occasion de les observer dans nos exercices de médecine opératoire ; tous ceux qui ont un peu pratiqué ces exercices sur le cadavre les ont rencontrés. Je veux bien admettre qu'ils peuvent être congénitaux, étant donnés les cas étudiés par A. Robert [Vices congénit. de conf. des artic, Th. Paris, 1851), Leboucq, Gruber, Zuckerkandl, etc., et peut-être relèvent-ils de quelqiie trouble apporté à l'évolution fœtale. Mais, dans la plupart des cas, il faut, à mon avis, considérer ces soudures comme relevant d'un processus pathologique. Un fait étudié par Cliaput (Progrès Médical, 1880) est des plus démonstratifs à ce sujet. Mon expérience me permet d'afiîrmer que ces soudures sont d'autant plus fréquentes qu'on opère sur des sujets plus avancés en âge. On comprend le trouble apporté par ces ankyloses dans la fonction du pied et l'ennui au sous-astragalienne, ou d'un Chopart. Bien souvent il s'agit
i04. — Squelette pied, ossification.
du
cours d'une désarticulation d'une ossification des ligaments.
MÉTATARSE.
Dans son ensemble, le métatarse estformé par cinq os longs, les niétatursiens, disposés parallèlement. En contact par lenr extrémité postérieure ou base, les métatarsiens ont une e.xtrémité antérieure renllée en forme de tète; par suite de la disproportion de volume entre leur corps et leurs e.Ktrémités les cinq métatarsiens interceptent entre eux quatre es|)aces dits espaces interosseux, et forment ainsi une sorte de gril osseux.
Le gril métatarsien est quadrilatère : sa face inférieure, concave dans le sens antéro-postérieur comme dans le sens transversal, continue la voûte plantaire qui s'abaisse en même temps qu'elle s'élargit au niveau du métatarse; la face dorsale, convexe dans l'ensemble, s'incline en dehors; le bord interne ou tibial, répondant au gros orteil, est très épais et descend obliquement vers le sol qu'il
SQUELETTE DU PIED
touche parsoii pxIi riiiilr anlérieure ; le horJ e.clenicou péroïK'.il. lépondaiilan petit orteil, est moins épais et se rapproche hien davantage de la direction horizontale. L'extrémité postérieure, proximale, ou tarsienne est formée par une série de facettes dont l'ensemble forme une surface arh'culaire sinueuse ; cet interligne tarso-métatarsien ne coupe point le ])ied dans une direction exactement transversale, mais suivant une ligne obli([ue de dedans en dehors, d'avant en arrière et de haut en bas. L'extrémité antérieure ou distale présente les cin(| lètes métatarsiennes sur lesquelles s'articule le squelette des orteils.