‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 80 sur 199 · B. — COLONNE CERVICALE · texte numérisé non relu

B. — COLONNE CERVICALE

Segment supérieur du rachis, la colonne cervicale se compose de sept vertèbres superposées, désignées de haut en bas sous les noms de première, deuxième, etc. Elle présente une courbure à convexité antérieure et ses dimensions sont moindres que celles des autres segments.

La vertèbre schématique, que nous venonsde décrire, prend, dans la colonne cervicale, des caractères particuliers^ créant ainsi le type cervical ; réalisé dans les vertèbres moyennes de la région, ce type subit de nouveaux changements dans les vertèbres extrêmes; nous décrirons donc d'abord une vertèbre moyenne (troisième, quatrième, cinquième), et nous étudierons ensuite les première, deuxième, sixième et septième vertèbres cervicales.

VERTÉBBE CERVICALE

Apo. épineuse

Lames

Corps. — Plutôt cubique que cylindrique, et allongé dans le sens transversal, le corps a un diamètre frontal presque deux fois plus grand que le diamètre sagittal.

I^a face supérieure se relève sur les parties latérales en deux saillies en forme

de crêtes, les apophyses semilunaires ou crochets, de telle sorte qu'elle est fortement excavée dans le sens transversal.

Les crochets s'engrènent avec les échancrures creusées symétriquement sur les parties latérales de la face inférieure de la vertèbre sus-jacente (A).

La face inférieure est concave dans le sens antéro-postérieur, et convexe transversalement. Le bourrelet qui la limite est échancré latéralement par la face interne des apophyses

^ Gouttière

Trou transvers

Corps

Tub. ant.

Fig. 283. — Vertèbre cervicale, vue supérieure, schéma.

semi-lunaires de la vertèbre sous-jacente.

La partie antérieure de la circonférence est légèrement concave de haut en

DES VUAIES VERTÈBRES

bas, et criblée d'orifices Vcisculaires. Ses parties latérales présentent dans leur moitié supérieure l'implantation de la racine antérieure de l'apophyse transverse et du pédicule ; leur moitié inférieure montre les échancrures déjà signalées. — Le segment postérieur de la circonférence est à peu près plan ; sa fossette vasculaire est souvent subdivisée en deux par un? crête verticale.

Apo.epin ^kr^^^^S^'Y

A/io art. «iip. 1

PiJdicule

Lame

f Ciinal l'crl.

^ — Tub. post, Tub. uni.

' I I ('()/ia( transv.

1 I Ajvi. Corps se.ini- lunaire

Fig, 284. — Vertèbre cervicale, vue supérieure.

Le hord supérieur est presque tranchant : il se relève sur les côtés, pour se continuer avec le bord supérieur des apophyses semi-lunaires. — Le hord Inférieur, échancré de chaque côté, se détache en bourrelet saillant grâce à la concavité de la face inférieure ; en bas il forme un véritable hec.

Pédicules. — Obliquement dirigés en arrière et eu dehors, les pédicules se détachent du corps eu arrière et en dedans des apophyses transverses. lisse fixent par leur extrémité antérieure au niveau de l'angle de réunion des faces latérales et de la face postérieure du corps ; leur extrémité postérieure se confond en dedans avec les lames, en dehors avec les apophyses articulaires.

Leur face externe, creusée en avant par une gouttière verticale qui forme la paroi internedu canal transversaire, reçoit en arrière l'implantation de laracine postérieure de l'apophyse transverse. — Leur face interne, lisse, constitue la paroi latérale du canal vertébral. — L'échancrure du bord supérieur est plus profonde que celle du bord inférieur. Les bords des pédicules cervicaux sont si épais que le trou de conjugaison mériterait bien le nom de canal.

Lames. — Minces et de forme quadrilatère, les lames cervicales sont fortement inclinées de haut en bas et d'avant en arrière, et imbriquées les unes sur les autres. Leurs dimensions transversales l'emportent sur leurs dimensions verticales. La face antérieure, qui regarde en bas et en avant, présente vers son tiers moyen une ligne de rugosités parallèle au bord supérieur, qui répond à l'insertion des ligaments jaunes. — La face postérieure, rugueuse, regarde en haut et en arrière- — Le bord supérieur, tranchant, n'est point horizontal, mais légèrement descendant vers l'apophyse épineuse ; il se continue en dehors avec le bord supérieur de l'apophyse articulaire supérieure ; en arrière il s'unit à celui du côté opposé suivant un angle obtus : il donne attache aux ligaments jaunes. — Le bord inférieur, mousse, moins incliné que le précédent, s'unit

en arrière, sur la ligne médiane, avec celui du côté opposé suivant un angle plus arrondi qu'aux bords supérieurs : il est libre de toute insertion ligamenteuse.

Apo. épineuse

Lame

Canal transv. Echancrwe Fig. 285. — Vertèbre cervicale, vue inférieure.

Par leur exirémité interne, les lames se réunissent sur la ligne médiane pour constituer l'apophyse épineuse. — Leur extrémité externe s'épaissit en une colonne osseuse, qui supporte les apophyses articulaires.

Apophyses épineuses. — Prismatiques et triangulaires, elles sont inclinées en bas et en arrière. Leurs faces latérales convergent en haut, où elles se réunissent en forme de toit ou de tente, formant le bord supérieur, souvent tranchant. — Leur face inférieure, excavée, présente une gouttière profonde dans laquelle se loge le bord supérieur de la vertèbre sous-jacente dans l'extrême extension de la colonne cervicale. — Lesommetde l'apophyse épineuse se terminepar deux tubercules, séparés souvent par une échancrure très profonde : les deux tubercules, qui donnent attache à des muscles, sont très rarement symétriques.

Apophyses transverses. — Situées sur le prolongement de l'axe transversal

du corps, en dehors des pédicules, au-devant des apophyses articulaires, les apophyses transverses affectent la forme d'une gouttière transversale à concavité supérieure, inclinée en bas et en dehors. La base de cette gouttière, creusée par les nerfs rachidiens, est perforée d'un large trou, le trou transversaire, par lequel passe l'artère vertébrale (B). — Le sommet des apophyses transverses se termine par deux tubercules, très distincts, que l'on désigne sous les noms de tubercules antérieur et postérieur, le second étant en général plus saillant que le premier (C etD).

Nous avons vu (V. développement de la colonne vertébrale, page 281) que l'on devrait réserver le nom d'apopliyse transverse à la racine postérieure ; la racine antérieure serait alors appelée apophyse coati forme, et l'ensemble des deux racines (l'apophyse transverse classicjue) serait décrite sous le nom (Vapophyse latérale.

Apophyses articulaires. — Les apophyses articulaires du même côté sont placées aux deux extrémités d'une colonne osseuse, intermédiaire au pédicule

' Gouttière Apo. arlicul. inf.

Fig. 286. — Vertèbre cervicale, vue latérale,

DES VRAIES VERTÈBRES

et à la lame vertébrale. Cette colonne, continue en arrière avec la lame correspondante, est libre en avant sauf dans son tiers moyen où elle répond à l insertion du |)édicule : au-dessus et au-dessous de celui-ci, elle répond aux échancrures de conjugaison.

Les surfaces articulaires supportées par ces apophyses sont planes, de forme assez irrégulière, le plus souvent ovaUiire ou circulaire, et limitées par un bord net et tranchant.

La facette a eticiilan'e des Kpophijses supérieures regarde en arriére et en haut (quelrjuefois très légèrement en dedans) ; elle s'articule avec la facette des apophyses articulaires inférieures de la vertèbre sus-jacente.

La facettedes, apophyses arllculalres inférieures regarde en avant et en bas (quelquefois légèrement en dehors).

Canal vertébral. — Le canal est grand, de fornie triangulaire à base antérieure, son diamètre transverse est à peu près ledouble du diamètre anléro-postérieur. Par suite de l'obliquité des lames, il s'évase légèrement en descendant.

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