‹ Traité d'anatomie humaine [electronic resource]Chapitre 79 sur 199 · A. — VERTÈBRE SCHÉMATIQUE · texte numérisé non relu

A. — VERTÈBRE SCHÉMATIQUE

Toute vertèbre a la forme d'un anneau ; elle est formée d'une masse antérieure, \e corps, et d'un demi-anneau osseux placé en arrière du corps; deux ponts osseux, les pédicules, réunissent le corps et l'arc postérieur, circonscrivant avec ces parties un canal, le canal vertébral, qui loge la moelle et ses enveloppes.

L'arc postérieur a' ei{\\e en arrière en un prolongement médian, ['apophyse épineuse, et il envoie en dehors deux prolongements laléraux. les apophyses transverses. De plus, il s'articule avec les arcs placés au-dessus et au-dessous de lui par quatre l'acettes surmontant quatre apophyses, les apophyses arliculaires, deux supérieures, deux inférieures. On donne le nom de lames à cette partie de l'arc postérieur (|ui vu du pédicule à l'apophyse épineuse.

Tourner en avant le corps fie la vertèbre, en bas l'orifice le plus large du canal vertébral, en plaçant liorizontaleinent les faces parallèles du corps.

Corps. — F^e corps est un disque osseux, épais, segment de cylindre échancré

Apo. articul.

Fig, 281. -- Vertèbre schématique, vue d'en haut.

en arrière; il présente deux faces, par lesquelles il s'articule avec les corps sus et sous-jacents, deux bords limitant ces faces, et une circonférence.

ha?, deux faces répondent aux disi]ues intervertébraux présentent une

OSTÉOLOGIE

partie centrale, concave dans tous les sens, hérissée de saillies irrégulières et criblée de petits trous, et une bande périphérique, qui entoure la précédente et revêt l'aspect d'un bourrelet annulaire de tissu plus compact. Ainsi déprimées en leur centre, les faces d'une vertèbre sont séparées des faces des vertèbres voisines par un espace de forme lenticulaire, que remplit le disque intervertébral.

La circonférence est excavée en avant et sur les côtés en une large gouttière horizontale; des trous vasculaires se rencontrent surtout vers les parties latérales. Le segment postérieur de cette circonférence, concave transversalement, à peu près plat de haut en bas, forme la paroi antérieure du canal vertébral ; il présente, vers son centre, une fossette plus ou moins large, dont le fond est criblé par les gros orifices des canaux veineux de la vertèbre. Les pédicules sont implantés à l'angle de réunion des segments postérieur et latéraux du corps vertébral (angles postérieurs du corps).

Les faces sont séparées de la circonférence par une créle circulaire, échancrée en arrière, constituant ce qu'on peut appeler les bords, supérieur et inférieur, du corps vertébral.

Pédicules. — Les pédicules sont représentés par deux lames osseuses, aplaties dans le sens transversal. Ils présentent une face interne, qui contribue à former la paroi latérale du canal vertébral ; une /"ace externe continuant la partie latérale du corps : un bord supérieur, concave en haut; un bord inférieur, concave en bas. Ces bords échancrés des pédicules limitent avec les échancrures des pédicules, appartenant aux vertèbres voisines, des trous, dits trous de conjugaison. Le pédicule se continue en avant avec le corps, en arrière avec l'arc postérieur.

Lames. — Les lames, au nombre de deux, l'une droite, l'autre gauche, forment la paroi postérieure du canal vertébral; continues en avant avec les pédicules, elles convergent en arrière et se réunissent en une apophyse, popliyse épineuse. Fortement aplaties dans le sens antéro-postérieur, elles présentent une face antérieure qui répond au canal rachidien, une face postérieure, qui forme le fond des gouttières vertébrales, et deux bords, l'un supérieur, l'autre inférieur.

Les faces de chaque lame vertébrale ne sont pas dans un plan vertical, mais inclinées de haut en bas et d'avant en arrière, de telle sorte que le canal qu'elles circonscrivent est plus large au niveau de son orifice inférieur que de son orifice supérieur.

Apophyse épineuse. — Elle prend naissance à l'angle de réunion des lames vertébrales, et prolonge, sur le plan médian, l'arc postérieur. C'est une lame osseuse,.Lransversalement aplatje, avec deux /aces latérales, l'une droite, l'autre

Apo. transvene

Apo. épineuse

Apo. articiil.

inf.

E'-kancrure

Fig. 282.

Vcrtèljre scliématique, vue latérale.

DES VRAIES VERTÈBRES

gauche, qui contribuent à la formation des gouttières vertébrales; — deux bords, un supérieur, l'autre inférieur, le premier plus long que le deuxième; — une base d'implantation, élargie, et un sommet dirigé en arrière.

Apophyses transverses. — Au nombre de deux, l'une droite, l'autre gauche, elles se détachent de la partie antéro-latérale de l'arc postérieur et se dirigent horizontalement en dehoi's, sous la forme de fortes lames aplaties d'avant en arrière; leur direction est leur seul caractère constant. Elles présentent deux faces (antérieure et postérieure), deuxbords (supérieur et inférieur), une base ou point d'implantation sur l'arc, et un sommet.

Apophyses articulaires. — Les arcs postérieurs sont réunis entre eux par des articulations : chaque moitié de l'arc est pourvue de deux surfaces articulaires. Tune supérieure, l'autre inférieure, supportées par des apophyses : il existe donc pour chaque vertèbre quatre apophyses articulaires, deux supérieures, deux inférieures. Les supérieures débordent en haut la face correspondante du corps vertébral ; les inférieures, qui s'articulent avec les apophyses articulaires supérieures de la vertèbre sous-jacente, débordent en bas le plan de la face inférieure du corps de telle sorte que les articulations des arcs postérieurs répondent aux espaces intervertébraux.

Canal vertébral. — Il est constitué par quatre i^arols se réunissant suivant des angles arrondis. X^a paroi antérieure est formée par la face postérieure du corps vertébral; les latérales sont formées par la face interne des pédicules; la ■postérieure est constituée ])ar la face antéro-inférieure des lames. J'ai déjà dit comment l'inclinaison des lames agrandit l'orifice inférieur de ce canal.

Les canaux vertébraux, mis bout à bout par la superposition des vertèbres, forment un long canal, qui a la hauteur de la colonne elle-même, le canal rachidicn .

Vertèbre type. — La verlobre liumaine scliématique ([ue nous venons de décrire n'est pas la verti'bre-typp que décrit l'anatomie philosopliiquc depuis E. GeolTroy Saint-Hilaire et Ûwen. l*our ces auteurs la vertèbre-type n'est point cet os court réduit à un corps et à une série d'apophyses circonscrivant le canal rertébrnl. niais une pièce squelettique beaucoup plus compliquée.

La verlèbre-fype d'Owen se compose essentiellement :

lo D'un corps ou centri/m, qui fait partie de l'axe du squelette vertébn'' :

2° D'un aix osseux, situé en arrière du corps, et circonscrivant avec lui un canal qui contient le système nerveux central : c'est Vai-c dorsal ou nevral;

3° D'un autre arc, développé en avant du corps, et formant avec lui un second canal plus irrégulier, qui loge l'organe central et les gros troncs du système vasculairc : c'est l'arc hœmal ou ventral.

L'arc neural est formé par les deux tames vertébrales ou ncurapopliijscs. qui se réunissent en arrière en une partie saillante, médiane, l'apophyse épineuse ou neurépine. Aux neui'apophyses sont ajoutés d'autres appendices importants, les apophyses articulaires, ou cj/gapop/ii/ses, ou apophyses obliques.

L'arc hœmal est plus irrégulier et plus complexe : de chaque côté du centrum se détachent deux prolongements transversaux, les apophyses transverses ou diapophyses auxquelles font suite les apophyses costales ou pleurapophyses. lin avant des diapophyses on trouve quelquefois d'autres apophyses Iransvcrses: ce sont les parapophyses. Les pleurapophyses en dehors, le centrum en dedans, les parapophyses en bas, les diapophyses en haut, circonscrivent un petit canal, que l'on observe ordinairement dans la région cervicale et que nous appellerons canal transversal re. Ce canal est représenté à la région dorsale par l'espace compris entre le col de la côte et l'apophyse transverse.

Chez les vertébrés supérieurs, où l'organe central de la circulation et celui delà respiration occupent le canal hamial, les pleurapopliyses prennent un grand développement et

OSTÉOLOGIE

constituent les côtes vertébrales; leur extrémité antérieure se continue ■çi&vXbs côtes sternéhrales ou hœmapophyses, et le cercle osseux, ainsi ébauché, est complété en avant par une nouvelle pièce, le sternum ou hœmépine. 11 y a alors analogie complète entre l'arc neural et l'arc hœmal.

La vertèbre-type, que nous venons de décrire aussi brièvement que possible, ne se trouve nulle part réalisée dans l'échelle animale. Chez l'homme elle subit d'importantes variations- qui concernent surtout l'are hœmal. L'arc neural, en effet, existe dans toutes les régions, sauf au coccyx. — L'arc hœmal, au contraire, n'existe à l'état parfait qu'à la partie supérieure de la région thoracique, de la première dorsale à la septième; à la partie inférieure de cette région, l'hœmépine fait défaut et les cotes sont plus ou moins flottantes.

Dans les régions cervicale, lombaire et sacrée, l'arc hœmal est considérablement atrophié; nous allons voir, en étudiant chacune de ces régions, que, si l'hœmépine a disparu, il reste encore quelques autres éléments de l'arc antérieur de la vertèbre-type; nous signalerons, au cours de notre description, ces vestiges d'un organe disparu.

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